‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 139 sur 139 · CHAPITRE I. 3j · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. 3j

Cela posé, on traduira, dans la première hypothèse, maidhyâirya littéralement par médius annuus, c’est-à-dire, • l’époque ou la fête • annuelle du milieu;» et dans la seconde, qui paraît, étymologiquement parlant, la plus vraisemblable, « relatif au milieu de « l’année. » Mais si le Gâhanbar Médïareh est la cinquième des époques de ce nom, il est impossible, avec les nombres que nous donne l’Afrin du Gâhanbar pour la durée de chacune de ces six périodes, que Médïareh arrive au milieu de l’année, à moins de supposer que ce nom de • relatif au milieu de l’année » a été donné à cette époque, soit dans le temps même où la fête a été instituée, soit lorsque, déplacée d’un autre point par le cours des siècles, elle était parvenue à celui-là. Dans la première supposition, le nom de ce Gâhanbar, et peut-être celui des cinq autres, aurait été inventé à une époque où les fêtes que ces noms rappellent occupaient une autre place que celle que leur donne l'Afrin du Gâhanbar; en d’autres termes, le thème que l’on trouve dans l’Afrin précité, pour les six époques de la création, n'assignerait pas à chacune de ces époques la place que, d’après le sens de leur nom, elles ont dû avoir dans le principe. Mais je dois me hâter de dire que cette hypothèse, malgré sa vraisemblance, aurait besoin, pour être adoptée, de preuves plus nombreuses et plus solides que l’argument que nous tirons de la valeur conjecturale du mot maidhyûirya. Nous ne voulons pas compliquer une question philologique obscure, d’une question de chronologie plus obscure encore, et nous aimons mieux laisser à des interprètes plus heureux le soin de préciser le sens propre de ce terme. Pour ma part, je ne crois pas qu’il existe, dans tout le Zend Avesta, des mots plus difficiles que les noms donnés aux six époques de la création, mots qui, à l’inconvénient de ne se présenter que dans un petit nombre de passages, joignent celui d’être composés de parties qui,' pour la plupart, ne se trouvent pas ailleurs, et qui ont été réunies sous l’influence d’idées qui ne nous sont qu’imparfaitement connues.

3a8 COMMENTAIRE SUR’ LE YAÇNA.

Une particularité que nous ne devons pas omettre, c’est que, dans le premier chapitre du Vispercd, le nom de maidhydirya est suivi de çarëdha, qui a en rend, comme nous le savons, le sens d’année ,9°. 11 résulte de ce texte que maidhydirya est un adjectif déterminant le mot çaridha , mais il ne ressort de cette combinaison aucun sens satisfaisant. Peut-être faut-il donner à çarëdha le sens d’aoiomnal, du sanscrit çarad (automne), et traduire: « Médïareh qui est

• relatif à l'automne, » ou • qui suit l’automne. » Mais il faudrait, pour établir ce sens, plus de preuves que nous n’en possédons; et s’il est vrai que, suivant le thème de l’Afrin du G&hanbar, Médïareh tombe dans la partie de l’année qui est pour nous l’automne, rien ne prouve, comme je l'ai dit plus haut, que la même chose ait eu lieu dans le principe et lors de la première institution des six périodes terminées par les six fêtes dites Gâhanbars.

Dans l'analyse que je viens de donner de maidhydirya , j’ai supposé que yâirya, dont y à ré est le primitif, formait la seconde partie de ce mot composé. Je crois devoir profiter de cette occasion pour revenir sur ce mot même de yârë, dont M. Lasscn m’a proposé une explication qui me paraît très-satisfaisante. Ce savant pense que yârë est dérivé du radical sanscrit (r, qui est probablement la contraction d’un ancien radical yar, ou (comme 17 est long) yâr. C’est ainsi qu’en sanscrit ayana vient de i (aller), et çarad de fri, c'est-à-dire que l’année a été nommée d’après le perpétuel mouvement des saisons.

Quant aux autres mots de notre paragraphe, nous les lisons tels que les donne le n° a F; les n“ 6 S et 3 S ont et le n“ 6 S

lit seul et confondant toujours a i avec ya é. Comme

le mot qui fait l’objet de cette invocation est un nom propre, nous traduirons avec Anquetil :

• J’invoque, je célèbre Médïareh (Maidhyâirya), pur, maître de

• pureté. •

“ Vtndidadtadi , p»g. 6.

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