CHAPITRE I
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Anquetil traduit ce passage de la manière suivante : « (Au bout de) « quatre-vingts jours (est le Gâhanbar) Médîarcm, (dans le mois) Dée, ■ (du jour Mithra au jour) Behram. En quatre-vingts jours, moi Or-
• muzd, avec les Amschaspands , j’ai bien travaillé : j'ai donne les
• animaux; j’ai (ensuite) célébré le Gâhanbar, et lui ai donné le nom « de Gâh Médîarcm. Dans le mois Dée (dixième mois), prenant du
• jour Behram au Mehergâh (du 20 au 16), le jour Behram à la
• fin, c’est Médïarem m. • Je n’insisterai pas sur les variantes que pré-
sente ce morceau pour le nom du Gâbanbar de notre paragraphe. La leçon maidhydrayalté doit être fautive; il faut lire **>*>(*** .ç
J0O1; et quant à çpMMQiMi, il me semble que cette lecture vient uniquement de l’altération parsie du primitif zend maidhyâirya. Anquetil , qui écrit le nom de ce Gâhanbar de deux manières différentes , Médïareh et Médïarem, le traduit par «grand et lumineux;» mais c’est là une de ces interprétations vagues qu’il est d’ordinaire trèsdifficile de retrouver dans le texte. L’adjectif maidhydirydi (au datif, ainsi que tous les mots de ces invocations) est lu, dans le n” 2 F, comme notre texte le donne. Le n* 3 S a , ce qui est
w Ms. Anq. n° 3 S, pag. 387; n* 4 F, pag. 261 et a 6a. Nous pouvons constater ici un nouvel exemple des variations si fréquentes que l'on remarque dans le dialecte qu'Anquetil nomme pazend. Ainsi le relatif Au est écrit ici Ao, et la voyelle finale de bahât est précédée d'un a. Il est probable qu'il faut lire en deux mots gâspénd ddt , c’est-à-dire , « j'ai créé les troupeaux. * Remarquons encore hastdt pour le zend atiâiti
sans h. Je lis datkuché au lieu de datkusâ que donnent les deux manuscrits. Il est probable que vérëthraghni est une faute, pour rèréihraghnahc. Le nom zend de Médïareh se trouve dans l’Aferghan du Gâhanbar, écrit au génitif, maidkyârayahi, ms. Anq. n* 4 S, pag. 78, et n* 5 F, pag. 66; maidhyâiryahê, n*3 S, pag. 355, et n" 4 F, pag. 1 go; maidh yârayi, n* 3 S, pag. 355, et n* 4 F, pag. 1 8G.
*• Zend Awita, tom. Il, pag. 86.
3a6 COMMENTAIRE SUR LE YAÇNA.
fautif, puisqu’il est de règle que r suivi de y prenne devant soi un i; enfin, le n° 6 S lit en deux mots suusuï Il est permis de
supposer que c’est une orthographe de ce genre qui a suggéré aux Parses le sens de lamineur que, d’après leur autorité , Anquelil attribue à ce mot; car raya signifie réellement éclat, splendeur, et la leçon du n° 6 S donne à penser que ce substantif est une des parties constituantes du nom de l'Amschaspand Médïareh. Mais je me vois autorisé, par le témoignage presque uniforme des manuscrits, à regarder cette leçon comme fautive; car ce même manuscrit n" 6 donne, ainsi que nous le verrons au second chapitre du Yaçna, en un seul mot.
On n’a pas de peine à reconnaître , dans le commencement de ce mot, l’adjectif maidhya (médius) que nous avons déjà vu figurer comme un des éléments du nom de deux autres Gihanbars. La fin est peut-être airya ou dirya; car, d’un côté , il n’est pas vraisemblable que la voyelle longue tu â appartienne au seul mot maidhya; et, de l’autre, il est naturel que deux a brefs se réunissent pour former un û long. Ajoutons que si maidhya ne devait pas être considéré ici comme intimement uni, par sa voyelle finale, à un mot commençant par une voyelle , on ne comprendrait plus pourquoi il n’est pas mis au nominatif, comme dans les autres composés de la même espèce. Mais il ne résulte aucun sens de la réunion des deux mots maidhya (médius) et airya ou dirya (vcncrandus). L’impossibilité où je me suis vu de tirer un sens de la réunion de ces deux termes m’a fait penser à diviser autrement maidhyâirya , et j’ai ainsi trouvé, en commençant par la fin, yâirya (annuel), soit que ce mot doive être considéré ici comme le nom commun qui désigne les Gàhanbars, soit que la formative adjective ya porte sur le composé tout entier. Une fois ydirya retranché, il reste maidh qui n’est pas un mot complet, mais qui peut n’être que la contraction de maidhya, la syllabe ya ayant dispru, parce qu’elle est suivie de yd , de la même manière que, dans le dérivé amërëtâf, ta a été supprimé devant le tdt final.