‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 21 sur 139 · ZEND SEUL · texte numérisé non relu

ZEND SEUL

k kh g gh g.

tch dj h.

kh gh.

Ih dh.

t th d dh n.

ç ch s h.

J’ai répété dans les colonnes propres au zend , les quatre aspirées des gutturales et des dentales , parce que , si elles sont communes au zend et au sanscrit, elles sont devenues propres au zend par l'extension que celte langue leur a donnée. Dans la partie des sons purement zends, j’ai placé immédiatement l’une sous l’autre les aspirées des gutturales, dentales et labiales, sans les séparer par y et z, qui appartiennent, quant à leur origine, aux palatales, mais qui, une fois entrées dans la langue, ne doivent plus prendre rang au nombre des consonnes de cet ordre.

Ce qui résulte évidemment de ce tableau, c’est l'originalité d’une partie des consonnes zendes, consonnes dont quelques-unes sont complètement étrangères au dévanâgari. Quant aux combinaisons de ces consonnes soit avec les voyelles , soit avec les consonnes elles-mêmes, nous devons nous y arrêter un instant pour résumer ce que notre analyse de l'alphabet nous a permis de reconnaître comme propre au zend.

Le trait le plus caractéristique des combinaisons des consonnes avec les voyelles en zend, combinaisons qui, en général, sont les mêmes qu'en sanscrit , c’est l’épenthèse d’un i et d’un u devant certaines consonnes précédées d'une voyelle quelconque et suivies de

ALPHABET ZEND. cxxxm

l’une ou de l’autre des voyelles i et u 57. Les consonnes soumises à l’épenthèse d’un i, sont t, th, d, dh, n, p . b, v>, r; la liquide r est la seule qui admette l’épcnthèsc do l’a 5*. Toutes les autres consonnes, les gutturales, les palatales, les sifflantes, l’aspiration, et

,T Je rapporte . comme on le voit , l’épenthèse de l*i et de l u à la consonne qui précède immédiatement ce» voyelles, plutôt qu’à la voyelle après laquelle se place fi et l’u épenthétique. En d’autres termes, je dis : un i s’insère devant r,p, t, etc. suivis d’uni dans pairi.aipi, aiti , plutôt que de dire : un i s'ajoute à la de pain, etc., à l’o de yaoiti et ainsi des autres. C'est que je n’ai pas remarqué que la voyelle à la suite de laquelle prend place l’i épenthétique, exerçât sur la production de ce phénomène singulier, une influence aussi reconnaissable que celle qu’on ne peut s'empêcher d'attribuer aux consonnes. L’i s'ajoute dans l'intérieur d'un mot, quelle que soit la voyelle qui se trouve devant lui ; tandis qu'on n’en peut pas dire autant de la consonne qui suit l’i épenthétique, puisque nous avons déjà vu que certaines consonnes arrêtaient l épen thèse de K. Je dois dire cependant qu’il y a une voyelle après laquelle l'épcnlhèse est certainement plus rare qu’après les autres; c’est l’d long. Ainsi pendant qu'on dit au msc. aêibyu (à eux) , on a invariablement au féminin âbyâ et non pas dibyâ ; de même encore on trouve zaotkrâByâ, et non zaothrdibyâ . La voyelle d exerce donc aussi quelquefois une certaine influence sur l’application de la loi de l'épcnlbèse. Mais j'avoue que je n’ai pu jusqu'à présent en déterminer les limites. Peut-être faudrait-il encore ici tenir compte de la consonne , car il est certain que l’on

dit ndirt, et non pas nân. C’est sans doute que la liquide r est de toutes les consonnes celle qui aime le mieux à être enveloppée du son qui la vocalise, et qu’dors l'opposition qui résulte quelquefois de la présence de l’d, disparaît complètement devant l’usago qui veut que r soit, autant que cela est permis par l'étymologie, précédé et suivi de la même voyelle.

“ L’épen thèse de Ta est une des lois euphoniques zendes qu’il est le plus nécessaire de prendre en considération. Elle dé- Ggurc quelquefois les mots sanscrits presque complètement ; mais une fois qu’on connaît la portée de cette régie, il est facile de ramener à leur forme primitive le» mots les plus dtérés en apparence. Il y a épenthese, lorsque la voyelle u précédant r est elle-même précédée d’une voyelle. Lorsqu’au contraire l’n qui tombe sur r est seul , et sans voyelle qui le précède, il n'est pas épenthétique , mais radical. Ainsi dans le mot arraru (arbre), lu, au moins dans son état actuel, n’est pas épenthétique: il est étymologiquement nécessaire dans le mot. Pour qu’il fût intercale, il faudrait que le mot fût écrit aarvara ; mais dors la forme primitive ne serait plus urvam, mais arvara. Or, comme ce mot n’est jamais écrit aurrara dans les manuscrits, il faut admettre que le premier u y est radical ; et dors arvara sc rattache au sanscrit et au tend ara (large) , qui est le grec iupi/f. U n'en est pas de même de aurvut,

ALPHABET ZEND

les semi-voyelles y et v. la repoussent invariablement. Quelle peut être la cause de cette différence? D’où vient qu’on écrit d'un côté paiti (maître) avec l’épenthcse d’un i, et de l’autre aji (serpent) sans épenthèsc ? J’avoue que la raison de ce fait m'est encore inconnue. Lepenthèsc ne me paraît, jusqu’à un certain point, explicable que pour la liquide r. La mobilité de cette lettre permet en effet de comprendre comment elle peut flotter entre deux voyelles identiques. Si l’on prononce trcs-rapidcment le mot arval (cheval), en donnant au v la valeur d’un ou, de cette manière a rouai. il semble que le son ou fasse corps avec la liquide r, et l’enveloppe en quelque sorte complètement. Cette observation ne s’applique peut-être pas aussi rigoureusement à la liquide r suivie dey, dans narya que l’on écrit nairya (viril). Mais qui sait si cette lettre n’avait pas, chez les peuples qui parlèrent le zend, une prononciation particulière qui rendait en quelque façon dominante la voyelle dont elle était accompagnée? Ce qu’il y a de certain, c’est qu’en zend la liquide r aime à être précédée de la voyelle qui la suit, et c'est ainsi qu'on trouve ërë pour le sanscrit ri, iri pour ri, uni pour ru.

l'un des mois sur lesquels Anquetil a commis les erreurs les plus graves, mais un de ceux aussi que la loi de l'épcnthèse éclaircit de la manière la plus satisfaisante.

Les manuscrits le donnent , tantôt avec la voyelle a , tantôt sans celte voyelle , arval.

Je ue doute pas cependant que la pre mière orthographe ne soit la véritable , et que aarvaf ne revienne au sanscrit védique arvat (cheval), du radical ont (ffllcr) et du suflixe at. Cette dérivation du mot rend compte du plus grand nombre des passages où ü se trouve en tend. Il y si gnific d’abord, selon moi , qui va, qui court . et comme tel, il sert d'épithète au Cheval, dans lë composé aurvat-açpa (cheval rapide), ou avec le sens possessif, « celui qui a un cheval ra-

• pide. • Puis 3 désigne un cheval rapide par excellence , celui qui va vite. Anquetil s'est mépris sur le seus de ce mot, dans plusieurs passages très importants , et notamment dans une phrase du Séroschlesclit, très-remarquable sous le rapport philologique. Voici une partie de ce passage que n’a pas compris le traducteur, et auquel notre interprétation donne un sens satisfaisant : Çraochém achîm yazmaidhê yëm

tchathuârù aarmn/S vazcnti. Anquetil

traduit : * Je fais heoschné à Sérosch pur, à « qui appartient l'un des quatre oiseaux « célestes ; • il faut dire : « Noua offrons le « sacrifice à Çraocha qu'emportent quatre ■ chevaux rapides.» ( Yaçnu , chap. lxiv, Vend. lilh. pag. 5ao. )

ALPHABET ZEND

D'un autre côté, on ne comprend pas aussi aisément pourquoi les labiales et les dentales repoussent l’épenthèse de l’a, tandis qu’elles admettent celle de l’i. Qu’y a-t-il dans la nature de ces consonnes qui explique leur attraction pour i? 11 n’est pas facile de se figurer comment devaient s’épeler les mots où se remarque l’épenthèse. Disait-on pai-ti, ou pa-iti? Pour comprendre comment i a pu s’intercaler entre la syllabe pa et la syllabe ti, il faut nécessairement admettre que le second i était intimement joint à la consonne t. et que l'on disait pa-ti et non pat-i. C’est, en quelque sorte, dans l’intervalle des deux syllabes que s’insère l’i épenthelique , auquel il faut supposer plus d’attraction pour la syllabe ti que pour pa. Le choix de la voyelle i, plutôt que celui de a, c, 6 par exemple, doit avoir aussi sa raison , qu'il est peut-être plus facile de découvrir. On comprend d'abord qu’une voyelle longue n’ait pu être intercalée de cette manière : une brève seule pouvait être ainsi répétée deux fois, sans que le poids de la syllabe, si l’on peut s’exprimer ainsi, en fût notablement augmenté. Or, de toutes les voyelles, i est peut-être celle dont la prononciation est la plus rapide et exige le moins d’effort. On sait de plus que certaines langues admettent cette voyelle i devant les groupes ou réunions de deux consonnes pour en faciliter la prononciation. Il y a même des idiomes qui vont plus loin. Nous citerons entre autres le tamoul , qui prépose la voyelle i devant des lettres simples comme y, r, lorsqu’elles sont initiales d’un mot. On voit bien pourquoi y consonne peut être précédée de la voyelle i; l’addition de cette lettre est une sorte de préparation à la prononciation de la consonne. Mais écrire irâyen pour râyen, altération du sanscrit rddjan (roi), c'est là un fait plus remarquable et qui n’est pas sans analogie avec l’épenthèse de l’i devant r zend, en ce sens du moins qu’il prouve la facilité avec laquelle la liquide r se laisse accompagner de la voyelle i. Cependant si l’insertion de cette voyelle est aussi naturelle, d'où vient qu’un grand nombre de consonnes en sont si complètement affranchies?

cxxxvi ALPHABET ZEND.

Je livre ces diverses questions aux philologues qui ont fait leur étude spéciale des idiomes de la Perse ancienne et moderne. Peutêtre que la découverte de quelque nouveau dialecte appartenant à cette famille de langues viendra quelque jour les éclairer. Quant à présent , on peut remarquer que l’épenthèse de Pi et de l'a est un des traits les plus caractéristiques de la langue zende, un de ceux qui la distinguent le plus nettement du sanscrit, idiome auquel cette loi est à peu près complètement étrangère w. On peut ajouter que les Grecs ont reçu plusieurs des mots zends où l’on en voit l'application d'un dialecte qui ne la connaissait pas plus que le sanscrit. C’est ce qu'on peut remarquer dans les noms anciens âe«<, *e*«, <vam, d&ari, àtuàia, àppieutf, àttpjtn », qui sont des ethniques dont la véritable forme zende est airya , airyana et airyaman “. Le dialecte auquel les Grecs ont emprunté ces appellations, les écrivait donc, ce qui est fort remarquable, comme on le fait en sanscrit.

Passons maintenant aux combinaisons des consonnes entre elles. Les différences que l’on remarque entre les consonnes isolées du zend, comparées à celles du sanscrit, se retrouvent, comme on doit s’y attendre, dans les groupes qui résultent de leur rencontre.

Il en est en zend plusieurs dont le sanscrit n'offre pas de traces; quelques-uns même ne pourraient en aucune façon être prononcés par un organe indien. Nous donnons ici ces combinaisons telles

“ Le* formes vwnili, djralili, pour ramait, question des rapports et de l'identité pri-

djvalati , formes que M. Lasscn a extraites mitivc des peuples qui parlèrent d‘un cité

de la grammaire de Pànini . sont peut être le tend . et de l'autre le sanscrit. Je me renie produit oublié de la loi d'épenthèse, loi tente en ce moment de signaler au lecteur

dont il semble quoi) retrouve l'application le rapprochement bien connu de iurya

dans le substantif ijiri (montagne) . radical indien et de l’airyana rend, et l’identité non

jo r. (Voyez Lasscn, Ind. Dibl. loin. III, moins incontestable, mais jusqu'à présent

pag. go.) non remarquée, du zeud airyaman avec le '

*' J'aurai plus tard occasion de revenir sanscrit aryaman. On verra par la suite

sur chacun de ces mots zende, dont les for- quelle lumière ce dernier rapprochement

mes correspondantes en sanscrit donnent peut jeter sur des textes qu’Anquetil n a

lieu à des remarques importantes pour la compris qu’imparlaitement.

ALPHABET ZEND

qu’on les trouve dans le Vcndidad-sadé; la lecture complète de tous les Icschts et des Néaeschs, ainsi que la découverte de nouveaux morceaux, pourraient vraisemblablement en enrichir la liste. Nous doutons cependant que les additions qu’il y faudrait faire fussent bien considérables, et nous avons la conviction qu'elles n’apporteraient pas de modification sensible au tableau que l’on peut dresser des combinaisons des consonnes en zend. Voici celles de ces combinaisons que je suis autorisé, par la comparaison des manuscrits, à regarder comme réellement existantes dans la langue : j’ai exclu celles que j’ai cru pouvoir considérer comme le résultat d’une erreur de copiste. ,

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