‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 29 sur 139 · CHAPITRE I. ii · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. ii

terminer le sens à l'aide des moyens que nous fournit l’étymologie.

Rapproché du sanscrit vomis, le mot rend pourrait passer pour avoir la signification de vêtement (sanscrit visas). Mais cette interprétation ne donne pas un sens qui s'accorde avec celui des autres mots de notre texte, et elle ne sert pas davantage à l'intelligence des autres passages où figure vaghô. Si , au contraire , abandonnant lés diverses significations que prend le radical sanscrit vas (vêtir, habiter) dans ses divers dérivés, nous nous adressons exclusivement à la langue zende, nous reconnaîtrons que ce même radical, avec une acception nouvelle et à peu près oubliée du sanscrit, y forme un nombre très-considérable de mots, tous importants par leur valeur mythologique. Nous y trouvons d’abord vaghu, qu’Anquetil traduit à peu près invariablement parrain!, ctNériosengh par excellent. Nous devons voir dans ce mot ce même radical vaijh , et sous sa forme première vas, plus le suffixe a, de sorte que le lendvaijhu est, sauf le sens, le sanscrit voju. Ce même radical, changeant s en h sans faire précéder l’aspiration d’une nasale, forme encore l’adjectif vôhu (à la forme absolue), qui a le même sens que varjhu. Mais l’a du radical y a subi une modification importante; il s’est changé en 6 par suite de l'action assimilatrice du v, action analogue à celle du y sur la voyelle a qui vient à le suivre. La même modification et de la sifflante et de la voyelle radicale se trouve dans le substantif vôhâ (les biens) au neutre pluriel, lequel dérive du même radical, et qui en même temps se rapproche du sanscrit vasa (chose, richesse); coïncidence remarquable, et qui donne à la théorie par laquelle nous rattachons ce mot et tous ceux qui lui ressemblent au radical vas, toute la vraisemblance désirable *. C’est encore vas, modifié en va h par le

* M. Bopp (Granun. taïucr. pag. 3a3) a déjà fait le rapprochement du tend viha et du sanscrit valu; mais U est facile de voir que nous sommes arrivés à ce résultat par une autre voie, et que. dans notre explica-

tion, il fait partie d'une théorie dont no parait pas l’Être occupé M. Bopp. Ce savant pense que le changement de l'a radical en d eat dé à l'action ut imitatrice de l'a final , laquelle remonte sur la syllabe précédente .

lia COMMENTAIRE SUR LE YAÇNA.

génie de la langue zende, que l’on reconnaît dans l’adjectif vahya (excellent), que nous donne fréquemment le Vendidad-sadé, et dans le mot célèbre vahista, qu’Ànquetil traduit bien par excellent. et que nous analyserons tout à l’heure, au commencement du texte qui fait l’objet de ce paragraphe.

Je dis qu’Anquetil traduit bien ce mot par excellent ; car en premier lieu Nérioscngh lui donne souvent cette signification, et ensuite les lois que j’ai établies pour le changement de la sifflante

et il cite en preuve les datifs et génitifs atkuruni et athurunô du thème atkarvan.

La preuve ne me parait pas concluante ; car, dans les mots cité#, l’épen thèse appelle devant le r une voyelle identiquement semblable à celle qui le suit ( u-ru ) , tandis que dans véka.la voyelle qui remplace a est bien une modification de l'a, mais non a lui- même. Notre explication parait rendre compte du fait d'une manière plus directe ; elle attribue au v une action sur la voyelle qui la suit, analogue à celle qu'on ne peut s'empêcher de reconnaître au y. Elle explique entre autres la permutation du radical sanscrit vatch en vôtch, comme nous ferons voir que l'écrit le zend. Elle s'étend plus loin encore, et montre comment le bahu sanscrit a pu devenir en singhalais bolu 5 (beaucoup). Ajoutons . pour le dire en passant , que ce dernier adjectif, que les grammairiens indiens dérivent d'un radical bah (croître), peut bien n’être que le sanscrit vota lui-même, sous une forme déjà altérée selon le génie de la langue zende (l'ûÀ-a, bak-u). Il y aurait encore beaucoup de choses à dire sur l'argument que tire M. Bopp du nom de l'Alhorné. L'orthographe qu'il choisit n'est pas la meilleure; car, dans les cas indirects, les manus-

crits anciens donnent athaaran-é,-â, etc.

Gela doit être, si, comme je le pense, le thème est identique au sanscrit atkarvan , rapprochement curieux sur lequel nous reviendrons plus tard. M. Bopp supprime l'a de a thaumni , et il croit que l'a le remplace ; mais l'a est ici épenlhétique , tandis que l'a appartient au thème ; les deux voyelles doivent être écrites. Ces diverses assertions seront mises plus tard dans tout leur jour, et l'analyse détaillée que nous donnerons de ce mot important, fera voir qu'il faut, pour en apprécier les formes variées à leur juste valeur, apporter une grande attention à l'orthographe et à 1a comparaison des manuscrits. Par eiemple, M. Bopp écrit indiïïércmment avec un a bref, et le thème atkarvan , et sa contraction âthrava, qu’il lit athrava. Mais il ne dit pas que . quand le thème par la métathese perd l’a qui précédait r, la première voyelle du radical, fa initial, attire cet a, et qu'ainsi l'on écrit âthrava au nom. , tandis que l'a reste bref au gén. athaaranâ. Cette espèce d’équilibre qui s'établit entre le commencement et le milieu du mot , doit être remarqué. Quelque opinion qu'on s'en forme, il faut le reconnaître, et nous ne voyons pas de raison pour changer la leçon des manuscrits.

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