‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 36 sur 139 · CHAPITRE I. ia · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. ia

qu’Anquetil traduit: «je vous prie et je relève votre gloire, Ormuzd,

« juste juge, éclatant de gloire. » Il serait plus exact de dire : «je «loue, j’invoque le créateur Hormëzda resplendissant;» car ces mots dont quelques-uns ont déjà pris la forme du persan moderne, seraient en zend

est très-curieux de rencontrer, dans un dialecte qui a fait de si nombreux emprunts à l'ancienne langue de l'Ane, une forme qui ne se retrouve plus dans cette dernière langue, à en juger du moins par les textes que nous en possédons. Ces deux mots, raévat et raémënt (lequel part des cas indirects de raèmat), nous représentent exactement les deux adjectifs sanscrits rêvât et rayimat, qui sont dérivés de râi (richesse) 15.

R résulte des observations précédentes qu’on peut présenter deux traductions et trois explications étymologiques du zend raévat.

i” Le mot raévat est le participe présent d’un radical raév, primitivement riv, auquel Anquetil donne le sens de resplendir. Cette racine signifie en sanscrit aller. Mais il n’est pas inutile de remarquer, qu’on trouve en sanscrit un nom propre, celui du cinquième Manou du Kalpa actuel, Rdivata ou Révanta, que Wilson regarde comme fils

11 Ce n’est pas le seul rapprochement philologique que pourrait fournir ce dialecte, mélange singulier de formes persanes et de mots rends à peine modifiés. Un des traits les plus remarquables qui le distinguent, c'est qu'on y trouvequelquefois des formes plus voisines du sanscrit qu'en send même. Ainsi le mot bahil ( il devient) semble partir d'un radical qui , comme le péli bhàti, conserve encore le h qui a dispan) dans le rend bavaiti. Le bah al pazend est certainement plus altéré sous le rapport de la désinence: mais il est remarquable qu'il ait gardé le h primitif qui a été séparé du b radical par un a bref intercalé. Ce

n'est pas ici le lieu d'exposer les motifs qui m'engagent à regarder ce dialecte comme ayant existé réellement dans une des provinces de l'empire persan au temps des Sasaanides. Si cet idiome était un mélange factice de mots empruntés aux textes rends, on n’y retrouverait pas des formes telles que même ht et bahnj , (ormes qu'on ne qrée pas à plaisir, et qui suffiraient seules pour prouver l’originalité du dialecte qui les possède. J'aurai peut-être plus tard une occasion plus directe de m’occuper de celte langue et des textes où l'on en peut puiser la connaissance. — Au lieu de jbâtam du texte cité, il faut peut-être lira jbâim.

lu soleil **. Cette parenté permet de supposer que le radical rév a

pu avoir anciennement en sanscrit la même signification qu’en zend.

a* Le mot raévat est un adjectif possessif formé du substantif raé avec le suffixe val, et dans ce cas il peut avoir deux sens, selon celui qu’on adopte pour le primitif raé. Si raé est le guna de ri, qui signifie en sanscrit splendeur, et qui se retrouve encore avec un guna résolu dans le zend raya (éclat), raévat signifiera brillant. Si ruée st le même mot que le sanscrit rdi (richesse), qui, avec les suffixes val et mat, devient ré (sauf à se résoudre en ay devant mat), l’adjectif raévat pourra signifier riche. Mais il vaudra mieux lui donner le sens de libéral que lui reconnaît Anquetil , et que suggère la comparaison du sanscrit rayimat avec notre mot zend.

L’adjectif qui suit celui que nous venons d’expliquer, est de la même déclinaison et au même cas. Le manuscrit lithographié l’écrit qarënaguhatô ; les n“ a F,'p. a, et 3 S, p. 1, ; et le n°6

S, p. 1 (mais d’une main moderne, la page primitive ayant été déchirée), Cette dernière orthographe est trop évidemment

fautive pour que nous nous y arrêtions un seul instant. Celle de qarënaghatâ se laisse analyser de la manière suivante : atô est le suffixe at au génitif, et qarenagh la forme absolue d'un substantif dont le nominatif et l’accusatif sont qarënô, auquel Anquetil attribue invariablement le sens d’éclat ; Nériosengh le traduit par bonheur ou beauté. Cette explication nous donne un adjectif, selon Anquetil , « éclatant « de lumière, » sur le sens duquel il ne peut s’élever aucun doute.

Je ferai toutefois remarquer que , le suffixe at formant à peu près exclusivement des participes d’un radical verbal, plutôt que des dérivés d’un substantif, on aimerait à trouver dans l’adjectif que

" C’est d’après M. Wilson que nous écrivons Révanla. Le code de Manou (1 , 6a ) cl le Bh&gavaU Pourâna (VIII, 5, 1 sqq.) écrivent Hâivata. Ce dernier ouvrage considère ce Manou comme frère de Tamasa cl d’Out-

lama et comme fils de Priyavrala. (Conf.VIU, 1,23) Le titre de fils du Soleil doit , ce me semble, être réservé pour le septième Manou, Vaiv as va ta (fils deVivasvat), nommé aussi Râivata

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