CHAPITRE I. ia
6 qui représente un as sanscrit, on peut conjecturer que c’est une nouvelle désinence de génitif surajoutée au mot dalhas, déjà au génitif; procédé de formation qui, sans doute, annonce la barbarie, et, si je puis m’exprimer ainsi, l’hésitation de la langue, mais dont nous retrouverons par la suite d’autres exemples non moins curieux et plus reconnaissables encore.
Nous passons les deux mots ahurahê mazddo, analysés dans le vin* paragraphe de l'Invocation, pour arriver à l’adjectif raivatâ, orthographe fautive qu'il faut remplacer par raêvatô que donnent uniformément tous les autres manuscrits. Anquetii traduit ce mot par brillant, ou en note par libéral, et Nériosengh par pur. C’est bien le génitif d’un nom dont le thème est en at, raêv-at, lequel, en sanscrit, serait révat. Mais la signification de ce dernier mot, participe présent de rêv (aller), ne s’accorde pas avec celle que les Parses attribuent à leur adjectif raévat. Nous n’avons aucune raison de soupçonner les Parses d'inexactitude, et nous pouvons, si nous admettons leur traduction comme valable, ranger le zend raev et le sanscrit fév au nombre de ces mots identiques pour le son dans les deux langues, mais différents quant à la signification. Nous devons en outre remarquer, qu’avec le développement de sa voyelle, le radical rêv présuppose une racine antérieure sans guna, par exemple riv, qui a pu réunir les deux sens que se sont partagés les deux radicaux zend et sanscrit.
Les observations précédentes partent de l’hypothèse que raévat est le participe présent de ruée. Mais l’existence du mot zend raya auquel Anquetii donne le sens de splendeur, nous permet de rapprocher ces deux mots, et d’y voir un radical rué avec le suffixe val, et non plus la racine raév avec at. Le mot raya est la résolution régulière de raê , auquel vient se joindre le suffixe a; et c’est ce mot, moins le suffixe a, qui est entier dans raé-vat. Il faut supposer n ou ri, comme radical primitif de la syllabe raê; et en effet on doit croire qu’il a pu exister en sanscrit une racine avec ce sens, car
i a 4 COMMENTAIRE SCR LE YAÇNA.
Wilson donne au substantif ri, entre autres significations, celle de splendeur.
Ce qu'il y a de remarquable, c’est qu’on trouve dans le sanscrit ancien des Védas le mot rêvât même, employé dans une acception différente, mais qui présente un curieux rapport avec un des sens qu'Anquetil donne au rend raévat , celui de libéral. Cet adjectif prenant un autre suffixe, mal, joint au radical ré par le moyen d’un i, voyelle de liaison, se change en rayimat, auquel les gloses sur Pânini donnent pour synonyme puchtivarddhana, « qui augmente la nourriture w. ■ Le mot rêvât se trouve dans cet exemple cité par le scoliaste : TTf % faST: * que celui qui donne la nourriture vienne vers nous autres « hommes. » Bhattôdjidîkchita, dans son traité connu sous le nom de Siddhânlakdumudi , ne donne pas l’exemple que nous avons extrait des gloses sur la règle de Pânini; il se contente de rapprocher rêvât et rayimat, de cette manière : : K II semble résulter
de ce texte que ces deux adjectifs sont synonymes, que tous deux veulent dire : • qui augmente la prospérité , » qu’ils dérivent du substantif rdi (richesse) changé en ré , mais que la résolution de ré en ray devant i . voyelle de liaison qui précède le suffixe, est limitée à l’emploi du suffixe mat. Ces deux dernières propositions sont établies de la manièfe la plus positive par les gloses de la règle précitée de Pânini, où rayi est donné comme le substitut de rdi.
L’existence du sanscrit rayimat répondant à rêvât a cela d’intéressant, que, traité d’après les lois de la langue zende, ce mot reviendrait i raêmat, sans i voyelle de liaison. Or, c’est exactement cette forme (raémënl) qui, dans l’idiomtf dérivé du zend qu’Anquetil nomme pazend, remplace l’ancien raévat. Pour n’en citer ici qu'un exemple, nous transcrirons le commencement du Néacsch du soleil,
" Pânini, VI, i, 37. Sidjk. Kâitm. pag. hho.
tel que le donne le n° 3 S, pag. 282 : .gayyiqtb
çtâém jbàêam dddhdr hàmièzda raémêiif; ce