‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 55 sur 139 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

pose pour le nom de Khordad, et il affirme, sans la discuter, l’identité de ces deux génies Nous devons dire que cette différence est moins grande, si l’on admet notre traduction; car entre l’être » qui produit tout » et qui , selon le Zcnd Avcsta , donne les biens à l’homme, et « le dieu de la richesse, » il y a certainement un rapport qui aura pu paraître suffisant pour autoriser cette dernière dénomination.

L’explication que nous avons donnée de haurvatbya s'applique en partie au nom suivant amërëlatbya. La lecture uniforme des manuscrits ne laisse aucun doute sur la véritable orthographe de ce mot, dans lequel il faut voir, en retranchant la désinence bya , la forme absolue amcrëtaf pour amcrctdt. La seconde partie de ce mot a été analysée sur haarvatât. Le monosyllabe tât subit en effet, dans les divers cas de amcrëldt, les mêmes modifications que dans le nom de Khordad; et il devient, notamment & l’accusatif, tâtëm, • qui pro- * duit. ■ la suppression de tât nous donne amërë, en sanscrit amrï, c’est-à-dire a privatif, et le radical mri (mourir). En supposant que l'emploi d’un radical verbal non infléchi, comme première partie d’un composé , soit régulier en zend , le mot amërëtdt signifiera littéralement * celui qui fait non mourir, • c’est-à-dire • qui donne l’immor- « talité, » sens qui se trouve positivement dans la glose de Nériosengh, lequel traduit amërëtdtëm par amrityupratchdram . « ce qui fait « arriver l’immortalité « Mais je ne crois pas que l’on puisse ainsi employer, comme première partie d’un mot, un radical pur qui n’est encore entré dans aucune catégorie grammaticale; ou plutôt je ne pense pas que le suffixe tôt, qui n’est autre chose que le sanscrit tdti, puisse être joint à un autre mot qu’à un substantif ou à un adjectif. Or, comme amërë ne présente à lui seul l’apparence ni d’un substantif, ni d’un adjectif, je soupçonne qu’il faut lire ici amërcta, dont la dernière syllabe ta aura pu disparaître,

" Anquehl , Mèm. de l'Acad. des < ruer. tom. XXXIV, pag. 3g3. — “ M» Anq. n° a F, pag. 1 36.

comme nous avons vu que cela avait lieu dans haarvat pour haarvatdj. Ce retranchement me paraît d'autant plus facile à comprendre que le mot entier présenterait une accumulation considérable de l , améréiatât. Cette conjecture est justifiée par une leçon, rares! est vrai , mais qui est donnée par un bon manuscrit, le n° a F, qui , dans le passage auquel nous avons tout à l’heure emprunté la traduction de Nériosengh, lit amèrétatdtém , exactement comme nous pensons que le mot a dû être écrit dans le principe. 11 résulte de là que nous pourrons traduire régulièrement amërëtât (pour amërùta-ldt) , par • celui qui rend immortel, • ou vraisemblablement dans un sens moins relevé, « celui (ou ce qui) empêche la mort.» Anquetil est donc exact quand il rend ce mot par . qui fait aller (c’est-à-dirc ,

■ paraître en abondance) les fruits, » ou par «qui donne l'immorta-

■ lité • seulement sa première traduction n’est guère qu’une paraphrase un peu vague. Le mot fruit ne se trouve pas dans le mot rend original; mais il est, si je puis m’exprimer ainsi, dans le rôle meme et dans les fonctions de l’Amschaspand Amerdad, que plusieurs textes nous montrent comme donnant les arbres et les fruits, et les protégeant **. Nériosengh nomme aussi Amerdad « l’immortel , le « maître des arbres. •

Amerdad étant le dernier des Amschaspands, c’est à lui que devra répondre le génie que Plutarque appelle «*i «le a*A«f * J«'«r

*’ Zemt Avenu, loua. I, a‘ part. pag. 8a, note - i. Je ne crois pas ce|iendant avec M. de Bohten ( De oruj. hmj. tend. pag. àg ) que te mot rend que nous expliquons en ce moment soit le sanscrit amritam dâtâ. On voit, par notre analyse, de quels éléments est composé le primitif xend dont les Parles ont fait Amerdad. M. Pott [Etymologischc Foruhaiyen, introd. p. xxxvtil) remarque justement que le nom rend Amerdad n'offre, avec le sanscrit amaradatta , qu’une ressem-

blance accidentelle. M. llopp ( i ërgteich Grau im. pag. a3g et aux notes) traduit le nom d' Amerdad par l’immortalité ; mais il ne s'occupe pas du suffixe qui entre dans la formation de ce mot, non plus que ries diverse? questions auxquelles l'étymologie do ce nom propre nous a paru devoir donner lieu.

" Zend A testa , tom. 11, pag. 70 et 97 (dans deux fragments écrits en pareml : . comparer le Boundehesch , pag 36a.

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