CHAPITRE I
vation du substantif sanscrit saihhanana (corps) , littéralement compages, lequel est formé de sam (cum) et de han (verberarc).
Nous ne nous arrêterons pas à expliquer le génitif gèas (du taureau) de gâus au nominatif; nous avons suffisamment parlé de ce mot, qui répond au sanscrit gôs. Le dernier mot de notre paragraphe, urané, que le seul n° 6 S lit j|>^> uruni, est le datif d’un mot dont l’accusatif est urvâném, et dont le thème doit être urvan. Quoique je ne trouve pas en sanscrit d’autre analogue de ce substantif que aras (poitrine), que l’on tire d'une racine peu commune ur et du suffixe as M, je crois cependant que le mot zend qui nous occupe est dérivé d’un radical ur avec le suffixe van. Je déduis l’existence de ce suffixe de l’accusatif ur-vdn-ém, où il s’augmente régulièrement; et quant à la signification à! âme que les Parses attribuent à ce mot , j’observe d’un côté, quelle est justifiée par celle du persan yljy qui n’est qu’une altération très-légère du zend urvan, et de l’autre, que le même radical qui en sanscrit a donné naissance au mot uras (poitrine), peut avoir produit en zend un mot désignant l’àmc ou le coeur. On remarquera que le suffixe van, perdant son a, se contracte en un, au moyen du retour de la semi-voyelle v à son élément voyelle, sans doute par un principe analogue à celui qui supprime l’a du suffixe an dans lachan. et en fait au datif laçné, comme nous avons proposé tout à l’heure de l’écrire. Le datif étant un des cas que M. Bopp nomme faibles, le suffixe doit s’y présenter sous sa forme la plus abrégée; il faut pour cela qu’il perde une partie des éléments qui le composent, et, parmi ces éléments, celui qui doit être sacrifié sera plutôt la voyelle médiale que la semi-voyelle initiale, qui donne en quelque sorte son nom au suffixe.
7. Le premier mot de cet article, âthrë, est lu l<j)) mi âlhrë par le n* 2 F et par le n“ 3 S; ce dernier manuscrit réunit à tort ce mot au
M On le tire aussi de la racine ri (aller) ; avait déjà remarqué que cette dérivation mais Wilkins ( Gramm. sa mer. pag. 455) était forcée.
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!7o COMMENTAIRE SCR LE YAÇNA.
suivant ahurahé. Les autres copies du Yaçna ont âthré , au datif, d’un thème dont le nominatif est âtars, et l’accusatif dtarém. Ce mot peut être présenté comme un des appuis les plus solides de notre théorie sur l’aspiration d’une consonne et particulièrement d’une dentale, lorsqu’elle vient à rencontrer la liquide r. En effet, tant que le t reste éloigné de la liquide, au nominatif et à l'accusatif par exemple, il ne s’aspire pas. Mais si la suppression de la voyelle a, suppression qui est régulière pour les cas faibles , rapproche le r du t, de manière que de âtar on ait âlr, le / s’aspire nécessairement. Je regarde dlar comme la forme absolue de ce mot qui suit le thème de la déclinaison imparisyllabique, et dont j’ai proposé, à la fin de la note R, une double explication. Je dois dire qu’aucune de ces explications ne me satisfait complètement, et que la véritable étymologie de âtar (feu) est encore obscure pour moi.
Je passe les mots bien connus ahurahé mazdào, ■ de Ahuramazda , • pour arriver à l’adjectif yaëtuçlëmâi qui modifie le datif dthrê. Le n* a F, p. 4, et le n" 3 S, le lisent et le n* 6 S qegj uyç
La première de ces deux leçons est, selon toute apparence, la meilleure; car nous devons voir dans les deux dernières syllabes tëmâi, que donnent trois manuscrits, le suffixe du superlatif ténia : d’où il résulte que le tumâi du n* 6 est fautif. Nériosengh et Anquetil s’accordent de. plus à trouver ici un superlatif. Le commencement du mot est écrit par trois copies du Yaçna yactas, sauf la variante de la sifflante finale que notre Vcndidad-sadé remplace, sans doute à tort, parla palatale» ç; le n° 6 seul écrit yaétis. Il me semble plus sûr de suivre la leçon donnée par le plus grand nombre des manuscrits, d’autant plus que nous pouvons reconnaître dans yaêtus le suffixe tas qui forme fréquemment des substantifs désignant des agents, tandis que le suffixe tis du n" 6 S indique plus souvent des états. Or, que nous devions trouver ici un nom d’agent, c’est ce ^ dont le témoignage d’Anquctil et celui de Nériosengh ne nous permettent pas de douter. Anquetil traduit ce mot par « le plus agis-