‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 58 sur 139 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

* sant , ■ Nériosengh par un terme sanscrit dont le sens propre doit être * celui qui vient le plus à la rencontre. • En suivant cette dernière indication , il semble qu’on peut retrouver dans le yaêtus zend , le ydlu, et au nominatif yâtus, du sanscrit. Ce mot se rencontre déjà en zend avec la signification de magicien ; de sorte que si l'on admettait que yaêtus n’est encore que le même mot, la modification du radical pourrait être regardée comme destinée à distinguer l’une de l’autre les deux acceptions, yaêtus (celui qui va), etydfos (magicien). Mais cette modification elle-même donne lieu à une difficulté qu’il est plus aisé d’indiquer que de résoudre; c’est que si yâtu doit changer sa première voyelle sous l’influence de la semivoyelle y. cette voyelle doit devenir é et non aê, groupe que nous réservons, sauf quelques exceptions, pour exprimer IV guna sanscrit. La seule explication qui puisse rendre compte de la présence de aê pour é , c’est la disposition où sont naturellement les copistes de regarder tous les ê médiaux comme devant être précédés d'un a. L’orthographe yaêtus serait donc, dans celte hypothèse, une faute peut-être ancienne des copistes; et ce qui me confirmerait dans cette opinion, c’est qu’on trouve dans le Vispcred le mot, assez rare, qui nous occupe, écrit yêtaslimâi, sans la voyelle a M.

En admettant donc que yêtus, comme je propose de l’écrire, soit la modification du sanscrit yâln, et en le joignant avec la caractéristique du nominatif au suffixe te nui 1 (datif de tëma ) , nous aurons un adjectif signifiant « celui qui va ou qui vient le plus. » Cette interprétation ne s’éloigne pas beaucoup de celle d’Anquetil , « le plus « agissant; » peut-être le mot rapide serait-il plus exact. Nériosengh ajoute l’idée de rencontre, ce qui fait penser à un passage des Védas où il est dit que le feu s’avance à la rencontre du voyageur qui regagne sa maison. Il ne paraît pas cependant que cette idée se soit présentée aux commentateurs pchlvis du Yaçna; car leur glose, que Nériosengh a traduite , semble signifier : • le feu d’Ahuramazda ,

11 Ms. Aoq. n° 3 F, pag. 44.

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« celui des maîtres immortels qui se présente le plus, parce qu’il a « deux symboles, l’un pour ce monde, l’autre pour le monde supé- « rieur; savoir, le charbon (sans doute le feu) et la lumière. » C’est évidemment à la double l'orme sous laquelle il se manifeste, le feu et la lumière, que les Parses ont attribué le choix de l’épithète par laquelle le texte désigne ici l’élément igné. C’est parce qu’il paraît deux fois dans l’univers qu’on a pu dire que, de tous les Amschaspands, c’était celui qui se présentait le plus, qui venait le plus à la rencontre , sans doute de l’homme. Cette glose me semble déterminer assez heureusement la signification du zend yétustema; ce n’est pas seulement ■ celui qui est le plus rapide » qu’il faut entendre, mais bien • celui qui arrive le plus tôt en présence de l’homme. •

Les deux mots suivants amësanâm çpëntanâm forment, comme on sait, le nom propre des Amschaspands, nom qui n’est que la transcription des mots zends, dont le sens est, selon Anquetil. « immor- ■ tels excellents. • Nériosengh traduit le premier de ces deux mots par immortel, et le second quelquefois par maître, quelquefois par excellent. Les deux Yaçnas zend-sanscrits lisent ce mot ce

qui est fautif; la véritable leçon est celle du n° 6 S améchanâm. Déjà M. Bopp a proposé une explication ingénieuse de ce mot qu’il rend par « non connivcns, > en le comparant au sanscrit amicha **. Mais en admettant que le radical mich , seul et non précédé de ni, signifie connivcrc. et qu’on en puisse former avec l’« négatif un substantif sans guna, ce ne serait pas, selon moi, une raison suffisante pour reconnaître l’identité du zend amëcha et du sanscrit amicha. Je vois contre ce rapprochement Une objection grave; c’est que la voyelle i du sanscrit ne se change jamais en ë dans la langue zende. I.a voyelle ë , dans les mots communs au zend et au sanscrit, n’est que l'adoucissement de la voyelle a, passant au son de e bref.

Or, en suivant ce principe, nous ramènerons amccha à sa forme primitive amacha; et il ne restera plus à déterminer, pour retrou-

M Veryleich. Gramm. pag. a44-

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