‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 67 sur 139 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

TRADUCTION d'aKQÜÏTIL.

« Je prie et j’invoque Sérosch pur, saint, victorieux, qui donne * l’abondance au monde. (Je prie) Raschné-râst et Aschtâd, qui don- « nent l’abondance au monde et le remplissent de fruits ,0. »

i . Les mots qui composent cette invocation , que nous divisons en deux articles pour plus de clarté, sont au génitif et non au datif comme ceux du paragraphe précédent. En zend, comme en sanscrit, ces deux cas se permutent fréquemment, et le génitif sert très-souvent de cas d’attribution. Nous connaissons déjà çraosahê que lisent de même les deux Yaçnas zend-sanscrits ; le n° 6 S a seul la bonne leçon, mji-ujy çraochahê. Le mot suivant était primitivement écrit dans notreVendidad-sadé, jy osiché ;

une main plus moderne voulant compléter le « y, a inséré un > u pour un a i. Ce mot est lu^yui^yaauayai dans le n° a F, dans le n° 3 S, et ■“ dans le n” 6 S : cette dernière leçon

est la seule bonne; car ce mot est un adjectif en ya dont le génitif est yêhê pour yahé, la voyelle a étant changée en é par l’influence, déjà constatée, de la semi-voyelle précédente. Le thème de cet adjectif, très-fréquemment employé, est dérivé du substantif acha (pureté).

après çrAça ; c'est après coup que l'on a superposé un anusvâra k çrâça et à âdêçapati qui n était pas suivi de visarga. Celte observation est confirmée par la suite du texte relatif à Raschné-râst ; le mot raçnak est mis au nominatif, comme indication d'une glose. En effet , il est naturel qu'après avoir traduit le texte, le commentateur reprenne au nominatif pour dire : « Çrôça est « le maître de l'instruction. • Le n* 3 a

raçna sudda. Je suis le n* a, en lisant toutefois çaddha au lieu de tuddha . Les deux mas. écrivent rasnah la seconde fois que ce mot se présente ; j’ai régularisé cette orthographe- Le n* 3 a tatyapaù, et le n* a ajoute un anusvâra final ; j’ai rétabli le nominatif. Le n* 3 a encore vrtdhrida bhusambkutêh , et pour le dernier mot bkasambhûtê ; le n* a oublie de même le visarga final.

79 Zend Avesta, tom. I, a* part. pag. 8a.

au moyen du suffixe ya n. C’est un des nombreux adjectifs auxquels ce nom a donne naissance, et qu’Anquetil, comme Nériosengh, traduit à peu près indifféremment par saint, pur. Si les Parses euxmêmes ne mettent pas plus de précision dans l'interprétation de ce mot, et s’ils ne cherchent pas davantage à le distinguer de achavan déjà expliqué, et de achivatô que nous allons voir tout à l'heure, on nous excusera de n’avoir pu , avec les secours bornés que nous possédons , arriver à la détermination rigoureuse de tous ces mots.

Le mot suivant, dans les deux Yaçnas zend-sanscrits, et

dans le n° 6 S , est mieux lu par notre Vcndidad-sadé

lithographié, achivatô; j’y vois, après le retranchement du suffixe vatô (au gén.), le substantif achi que nous rencontrerons plus tard, et qui peut signifier sainteté. Ce substantif, dont la finale serait longue en sanscrit, est le féminin de achu qui a dû être primitivement un adjectif, avant d’être pris substantivement. Le mot de notre texte doit donc signifier * doué de sainteté, » ou, en admettant la traduction de Nériosengh , « dont la vertu est la soumission. >

Le mot suivant vërëthrâdjanâ, que le n” 6 S seul divise en deux mots est traduit dans Nériosengh et dans Anquetil

par victorieux. On y reconnaît le mot djanô, génitif de djan, forme absolue de l’adjectif signifiant occisor, et qui n’est que le radical zernl zan pour le sanscrit han. Le mot qui précède djanô ne peut être autre chose que le sanscrit vritra (ennemi), car le ère zend n’est que le ri indien, et l'aspiration du th s’explique par la présence de la liquide r. C’est aussi de cette manière que M. Bopp entend vërèthraghna , atitre adjectif qui a le même sens, et où le radical han a seulement subi, comme nous le verrons tout à l’heure, une modification très-fréquente en sanscrit; savoir, la contraction de han en ghn-a ,s. Une autorité comme celle de M. Bopp est bien faite pour me confirmer dans une explication à laquelle les lois que j’ai établies pour le changement du ri en ërë, et du t en th devant r, donnaient 11 Voyez ci-dcsaua . Invocation, pag. 4o. — ” Salas, èd. i83a, pag. ao3, aoà.

Page 1