‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 69 sur 139 · CHAPITRE I. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. i

nomme mara ou «ce qui est mortel, » par exemple dans YAilarêya.

Le mot gaétha, dont la signification est certaine, quoique l'étymologie en soit encore obscure , est précédé de frâdat , où l’on reconnaît à la première vue les éléments fra et dâ. Si l’on s’attachait rigoureusement aux lois de la composition des mots en sanscrit, il faudrait que frâdat fût un participe parfait passif, de sorte que la réunion de ce participe avec gaétha produirait un composé ayant le sens de * fertilitatc donatum mundum habens. ■ Mais frâdat ne nous annonce en aucune manière un passif, et il n’est pas facile de comprendre comment le véritable participe parfait passif data n’aurait pas été conservé dans cette circonstance. J’aime mieux regarder frâdat comme un participe présent à la forme absolue, avec retranchement du redoublement da, redoublement qui du reste est usité à peu près aussi régulièrement en zend qu’en sanscrit pour le radical dâ. Le retranchement de la syllabe de redoublement a son analogue dans la suppression de la syllabe ta du mot amiretatât, qui devient amërëtâ /. On peut supposer encore, quoique cette supposition me semble moins vraisemblable, que dat est le résultat de l’abrégement de dâ en da, monosyllabe qui a pris un t final, comme cela se voit en sanscrit dans gai, de gam. L’allongement de l’d dans frd est dû, soit à ce que l’accent a porté sur cette partie du mot, soit à ce que dans frâ sont fondues les deux prépositions fra et <1. En admettant que le préfixe fra indique l’intensité, l’augmentation, ce que nous établirons plus tard par de nombreux exemples, nous pourrons traduire frâdat. qui représente pour nous frâdadat , par « qui donne avec abondance, ■ ou même avec Anquetil, « qui donne l'abondance ‘ i . »

” C'est , scion toule apparence, frâdat 011 fradiita qui a donné naissance aux noms propres roèdes, persans cl par thés, que l’on rencontre fréquemment dans les anciens auteurs. comme Phrahates ( Just. I. XLI , c. 5 )* Phraatcs (Tac. Ann. 1. U ,c. i), noms qui ne

sont que l'altération légère de Phradates que l’on trouve dans le Av-nç de Xéno-

pbon ( Ages. 1. II, c* aG) et d'autres auteurs. Voyez les nombreuses formes de ce mot rassemblées par M. Pott ( Etym. Forsch. introd. pag AU il 1

Ce participe frûdat est mis à la forme absolue pour qu’il puisse se joindre en composition avec le mot gaêtha; mais le mode de cette composition, loin de ressembler aux bahuvrihi indiens, ne peut s'expliquer que par l’analogie de ces composes si fréquents en grec, où un verbe, conservant sa nature et son action sans la manifester, précède son complément direct auquel il s’unit, comme et les nombreux comjtosés où est pour Cette classe de composés est inconnue en sanscrit et les nombreuses analogies qu’on remarque entre cette dernière langue et le zend pourraient faire croire quelle n’est pas connue davantage de l’ancien idiome de l’Arie. Cependant les rapports non moins frappants qui existent entre le zend et le grec, et, par-dessus tout, la facilité avec laquelle on explique le composé frâdat gaêlha , si l’on consent à admettre qu’un radical verbal puisse, en zend, précéder en composition le mot qui lui sert de régime, tout cela me parait donner quelque vraisemblance à mon explication, qui d’ailleurs n’est que la démonstration scientifique et la vérification de celle d’Anquetil.

a . Le premier mot de cet article est lu dans tous les autres manuscrits avec un 6 long, ce qui est nécessaire, parce que l’o bref ne précède i que quand cette dernière voyelle est épenthétique. Le n° a F a et les n“ 6 et 3 S ce qui est sans doute la

véritable orthographe. Anquetil, réunissant ce mot au suivant, en donne cette traduction : « qui fait arriver (paraître) la justice, » ce qui est plutôt une paraphrase qu’une interprétation littérale. Né-

M Les seuls faits analogues que présente le sanscrit , se trouvent dans les composés avyayfbhAva , comme par exemple dans le Je Manu (I, 7), qui signifie « supérieur aux organes des sens . > et dans lequel le préfixe ati, précédant mdnya ,

exerce sur lui son action. Cest ce que le commentateur fait bien comprendre, quand il résout ce composé de la manière suivante :

11 (Voy. Ma

nasamhit. loin. 1, pag. ta, éd. Cale. i83o; conf. Pinini , Il , 1 , 5 sqq. )

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