‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 70 sur 139 · CHAPITRE I. i gâ · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. i gâ

riosengb ne nous éclaire pas davantage , puisqu'il ne fait que transcrire, en le modifiant un peu, le mot rrifndis, et qu’il se contente de le faire suivre des mots « maître de la vérité. ■ Il résulte cependant de ces indications , que les idées do justice et de droiture sont celles qu'expriment raçnôis razistahê, et l’analyse que nous pouvons donner de ces mots mêmes confirme cette opinion d’une manière complète.

Le premier mot, raçnôis, a la désinence d’un nom dont le thème serait en i, comme patois, de paiti. Il n'en est rien cependant, et le thème de ce mot est certainement raçnu. Or, raçnu devrait faire au génitif raçnêus, et c’est une particularité remarquable de la déclinaison de ce mot, qu’il emprunte ce seul cas au thème des substantifs en i. Quand même nous ne remarquerions pas cette même irrégularité dans d’autres substantifs, il nous suffirait, pour acquérir la certitude que ce nom suit un double thème, l’un en u et l’autre en i, de comparer les formes suivantes, raçnus, raçnûm, raçnavé et raçnôis. On peut même admettre que les formes (si toutefois il y en a d’autres que ce génitif) qui sont empruntées au thème raçni, sont irrégulières, et que le véritable nom de l'Ized que les Parses appellent Raschné-râst , et qu’ils regardent comme le génie de la droiture, est Haçnu. Dans ce mot, le suffixe me paraît être nu et non çna, ou, comme il faudrait l’écrire en sanscrit, chnu. Je me fonde sur l’analyse du mot suivant, razistahê, qui, lorsqu’on en détache la caractéristique du superlatif ista, se réduit au radical raz, auquel le raç de raç-na doit être identique; car nous savons que z tombant sur n se change en ç, par exemple dans y a çna , de yaz. Ce radical raz n’est certainement autre chose que celui qui est écrit irez, irez- a (droit). C’est la racine sanscrite ridj (être droit), celle à laquelle nous avons rattaché le zend êrëch (vrai ou vérité); et la modification que subit le radical ridj ( modification qu’on pourrait appeler un gu na irrégulier), est la même que celle qui du sanscrit rit u a fait le zend ratu. Si cette analyse est exacte , nous pourrons citer les diverses formes de ce mot comme un exemple intéressant

des modifications des sifflantes dont nous avons posé les principes dans nos remarques préliminaires sur l’alpliabet zend. Je dis des sifflantes, car une fois le dj de ridja changé en z, il est devenu une sifflante douce , et a été soumis dès lors aux règles de permutation qui régissent les sifflantes. Nous pouvons toujours regarder rùçna comme un adjectif de la même formation que le sanscrit trasnu (timide), et le traduire par véridique.

Le mot suivant, ijtf&yjfj) razistahé, d’après les trois autres manuscrits du Yaçna , leçon qui est plus exacte que celle de notre Vendidad-sadé, appartient au même radical; c’est le superlatif d’un adjectif dont le thème est ërëzu. Nériosengh le traduit par pur; il serait vraisemblablement plus exact de dire * le plus véridique, ou • le plus juste. • Je crois avoir démontré d’une manière définitive que le superlatif razista appartient en effet au thème ëtëzu, lorsque j’ai récemment établi que le principe général de la formation des superlatifs en zend consiste dans le retranchement de la voyelle finale du primitif devant le suffixe du superlatif ista ”. Je dois, pour ménager l’espace, m’abstenir de reproduire ici tous les détails de cette discussion; il me suffira de rappeler, pour les personnes qui ne seraient pas à même de consulter le recueil de la Société asiatique , que le zend raziila se retrouve dans le sanscrit védique sous la forme de ffjre radjichlha, et que Pânini, auquel nous devons la connaissance de ce fait, remarque que le changement du ri primitif en ra est facultatif, et conséquemment que l’on peut dire rîdjichlha ou radjichfha ™. Ici encore, le zend se rapproche plus du sanscrit des Yédas que du sanscrit classique; car une autre règle de Pânini ” exclut positivement r'idju du nombre des mots qui substituent ra au ri primitif, dans le sanscrit postérieur à celui des Védas.

A la désignation de la droiture et de la justice dont les Parses ont fait un nom propre, parce qu'ils ont personnifié ces vertus ellcs-

” Koav. Je um anal t. XIII. p. 63 »qq ” IUJ. VI, 4, 161. Le mot ritÿu csl cx-

" Pânini, VI, 4. 1 6i cln par l'expression halâjéh.

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