‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 91 sur 139 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

TRADUCTION d'aNQUETIL.

« Je le prie et l’invoque (lui) qui multiplie dans les provinces les • êtres animés, (et qui est) saint , pur et grand lu. »

Le premier mot de ce texte est lu, dans le seul n* 6 S, qui ne le sépare pas du mot suivant par un point, un' ^ L? jja.u W V ■ 11 est en composition avec virdi, que tous les manuscrits lisent de la même

résulte aucun sens des lettres qu’il a placées comme au hasard les unes à côté des autres. Le mot suivant est lu jara. . . quoiqu'il faille certainement para , ainsi que le veut le n° a. Cepassage.au reste, n’est pas fort clairement présenté par le n° a , et l’état dans lequel se trouve ce manuscrit , qui est déjà ancien , ne nous permet que des conjectures sur les derniers mots de cette glose. Je l’ai reproduite textuellement d’après le n” 3 ; mais le n° 3 donne bhayâpa; la syllabe yâ a été retranscrite sur la ligne par une main plus moderne, quoiqu'elle fut primitivement assez claire. La leçon bhayâpa ne fait aucun sens ; et il est probable que c'est parce que ce mot u’a pas été compris, qu'on l'a remplacé par bhaydya, datif de bhaya. Mais il serait possible qu’il fallut lire bhiyâ à l'instrumental de bhi La lettre suivante na sera la négation non. Dans le n* a F le dernier mot est écrit nâpalayd . mais le pa a été effacé |«»r une main moderne, et à la base de Yà long de ndf est placé un signe de renvoi à la lettre ou à la syllabe qui doit remplacer le pa et peut-être l'd long de nd. La correction dont ce signe uous indique

l’existence devait sc trouver à la marge du manuscrit. Malheureusement la partie de cette marge qui correspond au renvoi a été détruite par les vers, de sorte qu’il est impossible d’y découvrir aucune trace de la correction qui a du y être consignée. Guidé par les indications, d’ailleurs asseï vagues, du n* 3 S, je soupçonne qu'il faut voir ici un temps du radical bhi (craindre). Les syllabes babkayâ ne sont pas très-éloignées du parfait bibhâya; et ce qui semble confirmer ce rapprochement , c’est que le n*3, qui nous donne cette orthographe, met le relatif ya au singulier, quoique à la vérité il omette le visarga du nominatif. Comme ce relatif sc rapporte au mot manu chyécha qui est au pluriel , si nous devons supposer ici un parfait de bhi, ce doit être bibhyuh au pluriel. Je proposerai donc de corriger ce texte de la manière suivante : yê pamJôkinâih bhiyâ na bibhyah, et de le traduire : • ceux qui n’ont pas tremblé par «crainte des êtres du monde supérieur.* Nous verrons, au reste, par l'analyse du texte, qu’il n’y a rien de cette glose dans l’original zend.

111 Zend Aves la, tom. I, part, pag.83.

a36 COMMENTAIRE SUR LE YAÇNA.

manière. Anquetil , tout en confondant la traduction de ce terme avec celle du mot suivant ddqyumâitcha , nous permet cependant de découvrir qu’il attache à vira (ici au datif vlrâi ) la signification dVfre animé. Ce sens un peu vague est précisé davantage par la glose de Nériosengh, qui, après avoir transcrit comme s'ils étaient le nom propre d’un génie coopérateur d’Osiren , les mots zends mêmes qui nous occupent, ajoute cette explication: «c’est la divinité coopéra- ■ trice d'Osiren, celle qui augmente les troupes des hommes. » D’après celte interprétation, vira signilicra homme, et il sera identique au sanscrit vira (héros), pris dans une acception moins relevée quedans le sanscrit classique , et ramené peut-être plus près du sens de la racine vira (être fort), et de celui du dérivé virya (force et semence). Je crois même que la signification de mâle est l’acception propre du zend vira, et je me fonde sur ce que, d'une part, Nériosengh traduit fréquemment ce mot par nara (homme) opposé à ndri (femme), et sur ce que, de l’autre, vira est assez souvent joint en composition au mot paça (bestiaux), mot avec lequel il ne peut guère signifier que « le mile d’un animal domestique. * En admettant pour frâdat , dont la valeur propre est » qui donne abondamment, » la traduction d' Anquetil, «qui multiplie, • frâdat virai signifiera «celui qui mul- « tipiie les hommes. •

Nous n’ajouterons cependant pas avec Anquetil : « dans les pro- « vinccs, ■ pour traduire ddqyumditcha. Ce mot, que tous les manuscrits lisent de la même manière, est au même cas que frâdat virdi, avec lequel il est mis en rapport par la particule copulalive te ha. En en retranchant le suffixe ma (ici au datif mai), il nous restera ddqyu qui ne diffère du mot daqyu (province) que par l'allongement de la première voyelle. Cette modification de la voyelle, qui n’est autre chose qu’un vriddhi, est due sans doute au suffixe de dérivation ma. 11 est seulement nécessaire de remarquer que ce suffixe n’exerce une telle action sur la première voyelle du radical, qu’autant qu'elle est brève, c’est-à-dire qu’autant quelle est encore sus-

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