‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 96 sur 139 · CHAPITRE I. M · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. M

reproduisent d’une manière plus ou moins fidèle. De ces formes, nous venons de citer plus haut nap-tâ, nap-târcm et najcdhrô . qui, s’il vient d’un autre thème que naptar, n’en est pas moins dérivé de nap. 11 en est d’autres, comme naft-6 (nom. et voc.), naf-su (locatif), et nap-âtvm (accusatif), où le même monosyllabe se reconnaît clairement, et où l'aspiration du p en f a sa raison dans des lois euphoniques propres au zcnd m. Nous pourrions encore citer le féminin

><T De tous ces mois, celui qu'il parait le plus difficile de ramener au thème qui nous occupe , est napâtem ; mais la comparaison des passages où il sc trouve avec d'autres textes où paraissent les formes nafédhrâ, nafsn, etc. , me permet d'avancer que le rapprochement propose pour napâlém n’est pas force. Il se trouve encore confirmé , quoique indirectement , par une règle curieuse de Pânini où l’existence de nupàt, comme synonyme de naptri (petit-fils) , est, ce me semble , établie d'une manière positive. Voici celle règle qui fait partie de celles qui soûl relatives aux divers suffixes tatidhila, et qui se trouve au livre IV, cbap. a, r. 37 :

ET: 11 ïmihu

4IÙM!) RTTrl l

4<ÛMfyTii iwta UE! î^ctt wz 1 ssnilsrfipt 11

Ce qui signifie que le suffixe gha (c’est-àdire ira) est employé par les mots ajtônaptri et apàihnaptri, pour former un dérivé qui est apànaptriya et apâthnaptriya. Or, i»our expliquer le sens de cet adjectif, la glose ajoute , faisant allusion sans doute à un sacrifice, • ce dont la divinité est upônapdt ou apâm-

• naptU. • Et comme la régie de Pânini nomme la divinité en question apânaptrï ou apâmnaptn , il en résulte que apânnpât et apâthnaptU sont , d'après le témoignage du commentateur, synonymes tics mots donnés par Pânini, Bhattôdji Dikchitn, dans son Siddhânta Kâumudt (pag. i4s r*), reproduit cette règle après quelques retranchements, et en l’accompagnant, d’un autre côté , d'une glose et d’un exemple où apàitufHÎl et apdrhnapât paraissent au datif 11 me semble inutile de reproduire ici le court commentaire de Bhattôdji, parce que si on le comparait avec le Bhâchya relatif à la règle précitée de Pânini qui se trouve dans l'édition de Calcutta (loin. I , pag. 4?4, I. 3), il en résulterait une discussion étrangère à l’objet de cette note, et dans laquelle Bhattôdji pourrait ne pas avoir l'avantage sur l'auteur du Bhâchya. Au reste, rien ne nous apprend quelle est cette divinité nommée le petit-fils de l’eau ou des futur. Je ne trouve que le nom Apâmvatta donné, selon Colebrookc [Asiat. lies. tom. IX, pag. 354, 355, cd. Cale.), à quelques étoiles de la constellation de la Vierge, et que M. Uaughton, dans son grand Dictionnaire sanscrit, traduit exactement par ■ the offspring of

• the waters ; » je conjecture seulement que ce mot doit être écrit apâfitvatsa avec le pre*

a/i4 COMMENTAIRE SUR LE YAÇNA.

napti et quelques-uns de scs cas, qui tous reviennent à nap, quel que soit le suffixe ou la désinence qui modifie ce radical. Sans insister en ce moment sur l’analogie vraiment remarquable que présentent quelques-unes de ces formes avec le latin nepos , nepotem, neptis, analogie qui ressortira mieux de l’analyse spéciale de chacun des mots précités, nous dirons que des suffixes nombreux semblent s’être réunis pour diversifier ce radical , et en déguiser jusqu'à

mier a bref, el non tlpdmcaUa, comme le donne le savant précité ; car à moins que le nom de cette constellation ne soit un dérivé patronymique, on ne peut expliquer rallongement de la voyelle initiale. Il est probable qu'on veut désigner par apànaptU, Budha, til» de Tchandra (Lunus) , ordinairement cité sou» le nom de Abdja ( fds de l'eau). Brahma , en tant que sorti de l’œuf d‘or, peut être également, quoique moins exactement que Budha , appelé pctit-Jilt des eaux. Quoi qu i! en soit , Forster qui, dan» sa Grammaire (pag. 644)* cite apânaptri et upâinnaptrî , ne donne pas le sens de ces mots. Maintenant , si l'on sc rappelle l'étymologie , très -certainement forcée , que donnent les Brahmanes du mot naptri ( na pal), on s'étonnera moins que napât qui, selon cette hypothèse étymologique, ne diffère de naptri (pic par le suffixe, soit cité comme synonyme de ce dernier mol.

L'existence de napât en xend avec le sens d'umédici», u* est certainement pas favorable à la dérivation proposée par les Brahmanes ; mais sans m’occuper ici de critiquer celle étymologie , je ne veux tirer de la règle de Pànini que cette conséquence, savoir, que napti t et naptri sont synonymes en sanscrit, et que, par analogie, la même chose peut avoir lieu en zend, quel que soit d'ailleurs le

sens que les textes écrits dans cette langue assignent aux mob napât et napâ. Il est assez singulier que I on trouve en zend, comme en sanscrit , la même combinaison de ces deux mob , ap au génitif, et napât. Celte composition désignerait-elle dans les deux langues un seul et même dieu ? Cela ne parait pas être, au moins dans l’état de nos connaissance» ; mais qui 9ait si les Védas ne nous donneront pas quelques lumière» nouvelles sur cette divinité ? Quand on pense combien on trouve déjà, dans le peu qu’on connaît de ces livres antiques , .d'éclaircissements sur la langue zende et sur le» livres qui nous l’ont conservée, on regrette vivement qu'il ne sc soit pas encore trouvé un éditeur pour une partie de ce» livres, ou au moins pour le Ni rukta (Dictionnaire des mots védiques), à Londres surtout oii l’on peut réunir tous les genres de secours pour un travail de cette nature. Il est peut-être permis à celui qui, dans lcaeul désir de tenter quelque chose d'utile au progrès des études orientales, n*a pas craint d’entreprendre l'interprétation des livres «ends sans le précieux secours de» Yédas, el de s'exposer ainsi à bien des chances d’erreur, d’exprimer un regret qui sera partagé par tous les amis de la littérature el de la philosophie indiennes.

Page 1