LA FRANCE AU MEXIQUE
était grande : régénérer un peuple, y implanter des idées d'ordre et de progrès, ouvrir à notre commerce de vastes débouchés et laisser, comme trace de notre passage, le souvenir de services rendus à la civilisation, tels étaient mon désir et le vôtre.
« Mais le jour où l'étendue de mon sacrifice m'a paru dépasser les intérêts qui nous avaient appelés de l’autre côté de l'Océan, j'ai spontanément décidé le rappel de notre crps d'armée. Le gouvernement des États-Unis a compris ya’une ‘titude peu conciliante n'aurait pu que prolonger l'occupation et envenimer des relations qui, pour le bien des deux pays , doivent rester amicales. »
La question est discutée plus au long dans l'Ærposé, auquel nous empruntons le passage suivant: «Nous n'avons pas àrevenir en ce moment sur les nécessités qui nous ont fait atrepren'lre l'expédition du Mexique. Nous poursuivions le redressement des vexations de toute nature et des dénis de justice dont nos nationaux souffraient depuis plusieurs années, et, animés de ce sentiment généreux qui conduira toujours la France à rendre son intervention utile partout où elle sera amenée à porter ses armes, nous n'avons pas refusé de venir en aide à un essai de régénération dont tous les intérêts auraient profité, L'évacuation devait s'effectuer en trois détachements. Des raisons tiré2s de la situation militaire ont déterminé l'Empereur à modifier les premiers arrangements, en substituant à une évacuation partielle et successive le rapatriement simultané de tout notre corps d'armée au printemps de cette année. Ces mesures sont dès à présent en voie d'exécution, etau mois de Mars prochain nos troupes aurent quitté le Mexique.» !
Au nombre des documents relatifs au Mexique communiqués, le 20 Mars 1866, par le président à la chambre des représentants, se trouve une communication de M. de Arroyo à M. Corwin, à la date du 2 Mars 1865, et soumise par ce dernier à M. Seward. Dans cette pièce, M. de Arroyo exprime le désir de voir M. Seward extra-officiellement, et de savoir si
l Exposé de la situation de l'Empire, 1867. Le Nord, 19 Février 1867. D'après l'Almanach de Gotha de 1867, il y avait, en 1866, en fait de ministres accrédités auprès de Maximilien, ceux ‘des pays suivants: l'Autriche, la Belgique, l'Espagne, la France, la Grande- Bretagne, l'Italie, la Prusse. Il y avait aussi des consuls-généraux des Pays-Bas, du Portugal et de la Suisse.
LAWBRENCE-WHEATON. JI, 25
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Lessacrifices sont devenus trop grands.
Exposé de
Modification des premiers arrangements,
380 RECONNAISSANE DE LA RÉPUBLIQUE. (Part. IT, Chap
a n, la reconnaissance des consuls mexicains ne pourrait être ob- qui r qrandée à tenue, à cause des embarras que suscitait l'absence de cette franc id Aï- reconnaissance, et en réciprocité de la position qu'occupent Mexi fusée. les consuls américains au Mexique, où ils continuent à exer- de M cer leurs fonctions, sans être dérangés. M. de Arroyo établit, le pa
en outre, que le gouvernement représenté par Juarez n'existe pouv
ni de facto ni de jure. A cette communication, M. Seward élu à
avait répondu par le mémorandum suivant qu'il avait lu à M. pirer ,
Corwin: «La règle constante de ce gouvernement-ci est de 1865.
ne point avoir de rapports officiels avec les agents des partis n'avai qui, dans n'importe quel pays, se trouvent en état d'antago- geait € nisme révolutionnaire vis-à-vis de l'autorité souveraine dans ne pe le même pays avec laquelle les États-Unis entretiennent des la co rapports diplomatiques sur an pied amical. De même, ce suprê gouvernement a pour règle fixe, de n’accorder aucune entre- . peuda vue non officielle ou privée aux individus avec lesquels il ne ce pos peut avoir de rapports officiels. C'est pourquoi l'ouverture faite le déc par M. Corwin au secrétaire d'État ne saurait être accueillie, » ! n'étaie Il se trouve également, parmi les documents déposés, un les rên mémorandum de M. Seward, dans lequel le secrétaire d'État décret remarque que le marquis de Montholon s'est présenté, le 17 dernièt Juillet 1865, au département d'État, et a annoncé qu'un agent que les spécial était arrivé de Mexico, porteur d'une lettre (dont le L'év ministre français soumettait une copie) de l’empereur Maxi- à la foi: milien au Président, et de communications expliquant certains 13Mar faits qui se seraient passés sur le Rio-Grande, et au sujet des- Mai sui quels le gouvernement des États-Unis avait adressé des repré- Traduit sentations au gouvernement impérial de France. fsillé | Le lendemain, M. Seward, après en avoir conféré avec le pétence Président, avait renvoyé la lettre au marquis de Montholon, tionner en Jui annonçant que le gouvernement des États-Unis étant Le poi en relations amicales avec le gouvernement républicain du civile, f Mexique, le Président refusait de recevoir cette lettre et donnée d'avoir aucun rapport avec l'agent qui l'avait apportée. lecarac Les États- Cependant, quoique les États-Unis eussent ainsi déclaré À notabili
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connaissent que le gouvernement républicain de ce pays était le seul avec LA que le gou- a 3 : FD ET Re A à fa A: : on vernement lequel ils entretinssent des relations d'amitié, il eût été difficile ne républicain part, 1,
du Mexique. pour eux de trouver un gouvernement soit de fait soit de jure don) 1 Cong. Doc., No. 73. House of R. 39° Cong., 1" sess., p. 74. Lago au
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sess., p. 014.
Chap. I.] MORT DE MAXIMILIEN. 387
qui répondit à leurs vues. Avant la concentration des troupes françaises, lorsque leur départ fut décidé, le territoire du Mexique se trouvait, en effet, presque en totalité sous le sceptre de Maximilien. Pour ce qui était du gouvernement de jure, le parti républicain ne pouvait non plus se flatter d'avoir un pouvoir exécutif régulièrement constitué, Juarez avait été élu au mois de Janvier 1861, et son administration devait expirer, d’après la constitution, au plus tard le 30 Novembre 1865. Cependant, à cet:o dernière date, aucune mesure n'avait été prise pour lui donner un successeur. Juarez prolongeait donc son autorité, en sc basant sur le fait que l'état du pays ne permettait pas de s'occuper de nouvelles élections. D'après la constitution du Mexique, c'était au président de la cour suprême de justice que revenait la présidence, en cas de vacance pendant le terme présidentiel. Gonzalez Ortega, qui occupait ce poste, revendiquait donc la présidence et protestait contre le décret par lequel Juarez déclarait que les circonstances n'étaient pas de nature à autoriser le juge en-chef à prendre les rênes du gouvernement. Juarez s'appuyait aussi sur Île décret extraordinaire du congrès mexicain, qui avait tenu sa dernière session le 31 Mai 1863. C’est avec son gouvernement que les États-Unis ont entretenu des relations diplomatiques. ! L'évacuation du Mexique par les troupes françaises a mis fin, à la fois, à l'Empire et à l'intervention étrangère. Ce ne fut que le 13Mars 1866, que le maréchal Bazaine quitta la Vera-Cruz; le 15 Mai suivant Maximilien lui-même fut fait prisonnier à Quérétaro. Traduit devant un conseil de guerre, et condamné à mort, il fut fusillé le 19 Juin. Nous examinerons, en temps et lieu, la compétence du tribunal qui statua sur son sort. Il suffira de mentionner ici ce qu’écrivait le représentant de l'Autriche à Mexico: ‘Le point qui, outre l’usurpation du pouvoir suprême et la guerre civile, figure en première ligne dans l'accusation, est la sanction donnée à la loi du 30 Octobre 1864 (loi refusant aux républicains lkcaractère de belligérants), conformément à laquelle, d'après des notabilités libérales, 40,000 personnes auraient été exécutées, » ?
1 Cong. Doc. 39° Cong., 1" sess., H. of R. Ex, Doc., No. 73, part, 1, p. 574.
? Archives diplomatiques, 1868, tom. IIT, p. 998. Le baron de Lago au baron de Benst, le 25 Juin 1867.
Ortega revendiquant la présidence du Mexique,
Maximilien condamné à mort; fusillé le 19 Juin 1866.
Réincorporation de la partie espagnole de St, Domingue à l'Espagne, en 1861.
Historique de l'ile,