LA FRANCE ET LA MEXIQUE
ité complétée, le gouvernement français devait assumer la même attitude de non-intervention que le gouvernement des Depuis que cet arrangement avait été conclu, l'Empereur nous a donné, à plusieurs reprises, l'assurance que l'évacuation promise aurait lieu à l'époque déterminée, ou plus tôt même,
«Il était raisonnablement permis de croire que les mesures que l’on avait en vue produiraient dans la république du Mexique une crise d’un grand intérêt politique. Le ministre des États-Unis, nouvellement nommé, M. Campbell, fut donc envoyé, le 9 Novembre 1866, pour remplir les fonctions de ministre plénipotentiaire des États-Unis auprès de cette république. Il fut également jugé à propos de le faire accompagner per le licutenant-général de l’armée des États-Unis, afin d'obtenir les informations qui pourraient nous servir pour déterminer la marche à suivre, par les États-Unis, en ouvrant et en maintenant avec la république du Mexique les rapports nécessaires et convenables.
«Tel était l’état de nos affaires relativement au Mexique, lorsque, le 22 Novembre dernier, nous fûmes informés officiellement de Paris, que l'Empereur des Français avait, depuis quelque temps, décidé de ne pas retirer un détachement de ses troupes au mois de Novembre dernier, ainsi qu'il s’y était engagé, mais que cette décision avait été prise dans le dessein de rappeler la totalité des forces au printemps suivant. Cependant les États-Unis n'avaient reçu ni avis, ni notice de cette détermination, et aussitôt que l'information en fut parvenue au gouvernement, il s’est empressé de faire connaitre son dissentiment à l'Empereur des Français.» 1
Dans les instructions adressées en date du 23 Novembre 1866 à M. Bigelow, il était dit, en effet, que la décision de l’empereur Napoléon de modifier les arrangements existants sans s’entendre aucunement avec les États-Unis, de manière à laisser toute l’armée française au Mexique pour le moment, au lieu de retirer un détachement en Novembre, comme il l’avait promis, était jugée sous tous les rapports inconvenante et blessante. Ilest à noter que la dépêche adressée à M. Bigelow n'a jamais été communiquée au gouvernement français, quoiqu'elle ait paru dans les documents diplomatiques américains.
1 Voir Mémorial diplomatique, 1866, p. 809.
Mission
Sherman- Campbell, Novembre
Départ des troupes françaises dif-
féré.
Instructions adressées à M. Bigelow,
le 23 No-
vembre 156
Les États-
Unis se
plaignent des
nouveaux arrangements de France,
la
Explications de M, de Lavalette.
L'époque du rappel des troupes françaises annoncée 4 Washington.
Les explica- #tions du gouvernement français sont acceptées.
Discours de l'empereur
Napoléon à la session de 1867.
Pensée qui avait présidé à l'expédition du Mexique.
384 LFS ÉTATS-UNIS ET [Part. II.
C'est à ce propos que le marquis de Lavalette (pour le marquis de Moustier absent) adressa, en date du 3 Décembre 1866. ln note suivante à M. Bigelow: «La raison, qui a empêché le gouvernement français de commencer au mois de Novembre l'évacuation du Mexique, a été expliquée dans une dépêche du 16 Ov. tobre adressée par le ministre des affaires étrangères à M. de Montholon. Le sens de cette dépêche a été communiqué à M. Seward. Celui-ci avait paru satisfait des déclarations qui lui avaient été faites par notre représentant; je m'étonne done du malentendu dont vous m'avez entretenu. Les résolutions du gouvernement français ne sont pas changées ; mais, par des considérations militaires, il a cru devoir substituer un rapatriement collectif à des départs partiels, et notre corps d'occupation doit s’embarquer au mois de Mars prochain. J'ajouterai que le gouvernement français est tout disposé à s'en. tendre avec celui des États-Unis, en vue des éventualités qui pourront se produire au Mexique. » 1
Le 5 Décembre 1866 fut reçue à Washington une dépêche dans laquelle l’empereur Napoléon déterminait l’époque à laquelle l’armée française serait rappelée du Mexique, et exprimait sa satisfaction de la mission Sherman-Campbell, proposant de concourir au rétablissement du gouvernement républicain. L'empereur pensait, néanmoins, qu’il appartiendrait aux États-Unis de maintenir le gouvernement ainsi établi.
M. de Montholon ayant remis l'original même de la dépêche du 16 Octobre entre les mains du secrétaire d'État américain, M. Seward s’empressa d'envoyer à M. Bigelow un télégramme ainsi conçu: «Il sera dûment et amicalement fait usage de la dépêche de M. de Moustier à M. de Montholon, du 16 Octobre.»
Dans son discours à l'ouverture de la session de 1867, l’empereur Napoléon s'exprima ainsi: « Dans une autre partie du globe, nous avons été obligés de recourir à la force pour redresser de légitimes griefs, et nous avons tenté de relever un ancien empire. Les heureux résultats obtenus ont été compromis par un fâcheux concours de circonstances.
«La pensée qui avait présidé à l'expédition du Mexique
1 Mémorial diplomatique, 1867, p. 240.
? Archives diplomatiques, 1867, tom. I, p. 387.
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Chap. I.]