GUERRE DE CRIMÉE
Notre Commentaire sur l'intervention des grandes puissances de l'Europe dans les affaires de l'empire ottoman en ;1840— 41 peut servir d'introduction à la guerre entre la Russie et la Turquie, cette dernière ayant l’appui des grandes puissances occidentales.
Lors de sa visite en Angleterre, en 1841, l’empereur Nicolas s’entretint avec Lord Aberdeen, principalement de la question d'Orient, «mais il n'avait eu garde de lui proposer le plan de conquête et de partage de l'empire ottoman, à l’entière exclusion de la France, que neuf ans plus tard il développa a sir George Hamilton Seymour, et qui a coûté à la Russie Sébastopol et l'empire de la Mer Noire. » ?
L'empereur Nicolas avait en effet dit, le 22 Janvier 1853, au chevalier Seymour, en parlant de la chûte de l’empire ottoman: «Si nous arrivons à nous entendre sur cette affaire, l'Angleterre et moi, pour le reste, peu m'importe.» On trouve les passages suivants dans un mémorandum impérial, remis
1 Guizor, Mémoires, tom. VI, p. 408. — Martens, Nouveau recueil general, tom. IT, p. 126 — 128.
2? Ibid., p. 212.
Chap
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[Part. Il, Chap.I.] LA RUSSIE ET LA FRANCE VIS-A-VIS DE LA PORTE. 439 troits des le 21 Février 1853 par le comte de Nesselrode au ministre Mémoransa nature anglais à St. Pétersbourg: «En s’entretenant familièrement PES AE tentiaires avec l’envoyé britannique sur les causes qui d’un jour à l’autre Ut s, ont été peuvent amener la chute de l'empire ottoman, il n’était point RENTE président entré dans les vues de l'Empereur de proposer pour cette de l'affer- éventualité un plan par lequel la Russie et l'Angleterre disconstater poseraient d'avance des provinces régies par le sultan — un une trans- système tout fait —; encore moins une transaction formelle à r, à l'invi- conclure entre les deux cabinets. Dans l'idée de l'Empereur, La con- il s’est agi purement et simplement de se dire confidentiellegnée le 13 ment des deux parts, moins ce qu’on veut que ce qu'on ne la France, veut pas; ce qui serait contraire aux intérêts anglais, ce qui le serait aux intérêts russes; afin que, le cas échéant, on evitât ablie dans d'agir en contradiction des uns ou des autres. » Après avoir dit que la Russie a témoigné envers la Porte Conduite
la France a adopté un système différent: «C’est par menace», envers la y est-il dit, «qu’elle a obtenu, contre la lettre des traités, l’ad- di puissances mission d’un vaisseau de guerre dans les Dardanelles. C'est n "1840 — à la bouche du canon qu'elle a présenté par deux fois ses réut tin clamations et demandes d’indemnités, à Tripoli, puis à Con- ; stantinople. C’est encore par l’intimidation que, dans la con- RRPPARSS testation des lieux saints, elle a amené l'annulation du firman Li Wtodins et ns des promesses solennelles que le sulian avait données a question à l'Empereur. Devant tous ces actes de prépotence, l'Angleser le plan terre a gardé un silence complet. La Porte a dû nécessairetn dr ment conclure que de la France elle a font à espérer comme veloppa à à craindre, et qu'eJle peut impunément éluder les réclamations uen Gé de l'Autriche et de la Russie.» Le mémorandum conclut ainsi: «L'Angleterre comprend que la Russie ne saurait permettre à vier 1853, Constantinople l'étabHssement june puissance chrétienne asapire otto- sez forte pour la contrôler et l'nquiéter. Elle déclare que, } te affaire, pour elle-même, elle renonce à toute intention ou désir de | ! bn troure posséder Constantinople. HOTIRENEUS désavoue également {li al, remis Fo désir ou dessein de s’y établir. L’Angleterre promet Engage | qu’elle n’entrera dans aucun arrangement tendant à statuer "posés à J veau recueil sur les dispositions à prendre dans le cas de la chute de l’em- os | ussie.
la plus grande longanimité, le mémorandum démontre que
pire ture, sans s’en être préalablement concertée avec l'Empe-
différente de la Russie et de la France
Origine des hostilités de 1853—54,
Conférence à Vienne en Juillet 1853.
Note à soumettre à la Russie et à la Turquie,
440 CONFÉRENCE A VIENNE 1853. [Part. IT,
rereur. L'Empereur, de son côté, contracte volontiers le même engagement. Comme il sait qu’en pareille occurence il peut également compter sur l'Autriche, engagée par ses promesses à se concerter avec lui, il envisage avec moins de crainte la catastrophe que son désir sera toujours de conjurer et d’éloigner autant qu’il pourra dépendre de lui.» 1
Les hostilités de 1853—54 furent amenées, en apparence, d’un côté, par l'intervention que l’on voulait faire valoir, en vertu des traités, en faveur de la population chrétienne de la Turquie, et, de l’autre, par le désir de préserver l'empire ottoman, comme élément indispensable de l'équilibre politique entre les nations de l'Europe. Avant que les hostilités fussent inaugurées on chercha à ajuster le différend par des négociations.
Une conférence des représentants de l'Angleterre, de j’Autriche, de la France et de la Prusse, avait eu lieu à Vienne au mois de Juillet 1853, et on était tombé d'accord sur la rédaction d’une note qui devait être acceptée simultanément par la Russie et par la Turquie. Cette note avait été basée sur une note française, et contenait le paragraphe suivant: «Si, à toute époque, les empereurs de Russie ont témoigné leur active sollicitude pour le maintien des immunités et priviléges de l'Église grecque orthodoxe dans l'empire ottoman, les sultans ne se sont jamais refusés à les consacrer de nouveau par des actes solennels qui attestaient leur ancienne et constante bienveillance à l'égard de leurs sujets chrétiens. Le soussigné a reçu l’ordre de déclarer par la présente, que le gouvernement de Sa Majesté le Sultan restera fidèle à la Jettre et à l'esprit des stipulations des traités de Kaïinardji et d’Andrinople, relatives à la protection du culte chrétien, et que Sa Majesté regarde qu’il est de son honneur de faire observer à tout jamais, et de préserver de toute atteinte, soit présentement, soit dans l'avenir, la jouissance des priviléges spirituels qui ont été accordés par les augustes aïeux de Sa Majesté à l'Église orthodoxe d'Orient, et qui sont maintenus et confirmés par elle; et, en outre, à faire participer, dans un esprit de haute
1 Parliamentary Papers, 1854, part, V, p. 13.
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Chap. I.] NOTE A SOUMETTRE A LA RUSSIE ET À LA PORTE. 44
équité, le rite grec aux avantages concédés aux autres rites chrétiens par convention ou disposition particulière, » 1
L'empereur de Russie n’hésita pas à donner à cette note son acceptation pure et simple, mais la Porte ne voulut pas l'accueillir sans modifications. ?
En stipulant que le sultan resterait fidèle à la lettre et à l'esprit des stipulations des traités, en accordant au rite grec des priviléges égaux à ceux des autres chrétiens, c'était vouloir faire entrer douze millions des sujets du sultan dans la même catégorie qu’un nombre limité de chrétiens, qui avaient été relevés par des firmans spéciaux, de toute soumission politique envers la Porte. Le divan modifia le texte de la note, à l'endroit de l'égalité des droits avec les autres chrétiens, en ajoutant comme réserve: «étant sujets de la Porte.» reur refusa de reconnaître cette modification. 3
Reschid-Pacha, dans une note du 19 Août 1853 aux représentants des quatre puissances, proposa de faire trois changements dans le projet. «Le premier des points», dit il, «qui fait hésiter la Sublime Porte, c’est qu'à la rédaction : ‘Si, à toute époque, les empereurs de Russie ont témoigné leur sollicitude pour le maintien des immunités et priviléges de l'Église grecque orthodoxe, dans l'empire ottoman, les sultans ne se sont jamais refusés à les consacrer de nouveau par des actes solennels,’ etc, on a voulu substituer, aux mots signalés par des caractères italiques, ‘Ze culte et l’Église orthodoxe grecque, Les sultans n'ont jamais cessé de veiller au maintien des immunités et privilèges qu'ils ont spontanément accordés à diverses reprises à ce culte et à cette église dans l'empire ottoman, et de les consacrer.»
Au lieu de dire, que le gouvernement de Sa Majestê le Sultan restera fidèle «à la lettre et à l'esprit des stipulations des traités de Kainardji et d'Andrinople, relatives à la protection du culte chrétien» — il fallait mettre: «aux ,stipulations du traité de Kainardji, confirmé par celui d'Andrinople, relatives à da protection par la Sublime Porte de la religion chrétienne», et pour «à faire participer, dans un esprit de haute équité, le
L'empe-
1 Parliamentary Papers. — Latin and Greek Churches in Turkey, 1854, part. U, p. 25.
2 Annual Register, 1853, p. 280.
3 North American Review, Oct. 1855, p. 479.
Acceptation pure et simple de la Russie.
Modifications par la Porte,
Refus de la Russie d'accepter le projet.
Lieuxsaints,
La Porte déclare la guerre à la Russie, le 4 Octobre 1853,
442 GUERRE ENTRE LA PORTE ET LA RUSSIE, [Part II,
rite grec aux avantages concédés aux autres rites chrétiens, par convention ou disposition particulière », on proposait d'insérer: ‘Cow qui seraient octroyées aux communautés chrétiennes, sujettes ottomanes. » 1
Les quatre puissances auraient voulu que la Russie acceptat les modifications du Sultan, mais elle fit la déclaration suivante:
«L'ultimatum arrêté à Vienne n'est pas le nôtre. C'est celui de l'Autriche et des puissances qui, après l'avoir concerté, discuté et modifié préalablement dans son texte originaire, l'ont reconnu acceptable par la Porte sans compromis pour ses intérêts et pour son honneur. C’est donc à elles, et non pas à nous, à faire cesser un moment plus tôt les incertitudes de la crise actuelle. Nous ne saurions que nous référer aux assurances et explications renfermées dans notre dépêche du 10 Août, et répéter qu'il suffira de l’arrivée à St, Pétersbourg de l'ambassadeur turc, porteur de la note autrichienne sans changements, pour que l'ordre soit immédiatement donné à nos troupes de repasser notre frontière. » ?
Les différends entre les alliés et la Russie étaient encore aggravés par les prétentions opposées de cette puissance et de la France au sujet des églises grecque et latine, auxquelles se rattachait la question des lieux saints liés à la naissance et aux principaux événements de la vie du Sauveur commun des chrétiens. Ces lieux se trouvaient dans le territoire turc dont ils formaient une partie intégrante. Les clefs de l’église de Bethléem et de la grotte où naquit Jésus avaient donné lieu, en même temps que les stipulations détaillées relatives au culte religieux des deux dénominations dans les endroits consacrés, à des négociations prolongées. #
Les négociations n'ayant amené aucun résultat satisfaisant, la guerre fut déclarée le 4 Octobre 1858 par la Porte à
1 Parliamentary Papers, ut supra, p. 80.
? Le comte Nesselrode au baron Meyendorft, le 26 Août (7 Septembre) 1853. Jbid., p. 100. Voir aussi part. I, p. 306; part. II, p. 1, 89, 100.
5 Voir Parliamentary Papers, 1854. Correspondence respecting the rights and privileges of the Latin and Greek Churches in Turkey, p. I, d. 175.
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Août (7 Sep- 6; part. Il,
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Chap. I.] ALLIANCE CONTRE LA RUSSIE,
l'empereur de Russie, La flotte turque à Sinope fut détruite le 30 Novembre 1853, et, conséquemment, après la déclaration de guerre de la Turquie, mais pendant que des négociations avaient lieu avec l'Angleterre et la France, dont les flottes se trouvaient dans le Bosphore pour protéger la capitale, de même que les côtes turques.
Un traité d'alliance fut signé à Constantinople entre la Grande-Bretagne, la France et lu Porte Ottomane, le 12 Mars 1854 1, et, le 27 et le 28 du même mois, ces deux puissances déclarèrent les hostilités au czar. ? L'’Autriche et la Prusse qui avaient pris part aux premières conférences au sujet de la Turquie, tout en continuant leurs relations diplomatiques avec la cour de St. Pétersbourg, s'engageaient le 9 Avril, par un protocole entre les quatre puissances, à rester unies pour le double objet de maintenir l'intégrité de l'empire ottoman, «dont l'évacuation des principautés est et restera l'une des conditions essentielles, comme aussi de consolider dans un intérêt si conforme aux intérêts du Sultan, et par tous les moyens compatibles avec son indépendance et sa souveraineté, les droits civils et religieux des sujets chrétiens de la Porte.» Elles s’engagèrent en outre à n’entrer avec la cour impériale de Russie, ou avec toute autre puissance, dans aucun arrangement définitif qui ne serait pas conforme au principe du protocole, sans en avoir au préalable délibéré en commun.
La convention entre la Grande-Bretagne et la France, du 10 Avril 1854, déclare «que leurs Majestés l'Empereur et la Reine recevront avec empressement dans leur alliance, pour coopérer au but proposé, celles des autres puissances de l'Europe qui voudraient y entrer. »
Le 20 Avril de la même année une alliance avait été conclue entre la Prusse et l'Autriche, par laquelle elles se garantissaient réciproquement la possession de leurs territoires allemands et non allemands; un article additionnel déclarait que toute attaque contre le territoire de l’une ou de l’autre des deux parties contractantes devrait être repoussée par l’autre
1 Martens, Nouveau recueil général, tom. XV, p. 565. 2 Ibid., p. 552.
Traité d'alliance du 12 Mars 1554 entre la Grande-Bretagne, la France et la Porte-Ottomane,
Protocole du 9 Avril 1854,
Convention du 10 Avril 1854 entre la France et l'Angleterre.
Alliance entre la Prusse et l'Autriche, le 20 Avril
444 CONVENTIONS RELATIVES À LA GUERRE [Part, II,
à l’aide de tous les moyens militaires qui étaient à sa disposition. Toutefois une action offensive des deux parties contractantes ne serait déterminée que par l’incorporation des principautés ou par une attaque ou passage de la ligne des Balkans par la Russie.
Traité aus En vertu du traité du 14 Juin 1854, conclu entre l'Autriche
Juin 185 4 ’ us due Lhu. et la Porte, la première de ces puissances occupa les Princi-
triche ét la Lautés que la Russie avait évacuées.
Porte,
article adai- L'alliance austro-prussienne du 20 Avril fut étendue par un artionnel du 26
Novembre ticle additionnel du 26 Novembre. Les quatre points préliminai- "res qui avaient été arrêtés dans les notes, échangées le 8 Août entre l'Angleterre, la France et l'Autriche, comme bases nécessaires de la paix, sont reconnus comme bases de négociations
futures de la paix. Il est également reconnu que la garantie
d'une action commune de toute l'Allemagne est commandée
par la gravité de la situation où se trouve l'Europe; la Prusse
s'engage à défendre l'Autriche dans le cas où les troupes autrichiennes occupant les Principautés seraient attaquées. Par
Résolutions les résolutions du 24 Juillet et du 9 Décembre, la Confédération
de la Con-
fédération germanique adhéra sans conditions au traité austro-prussien,
du 24 Juillet EN y comprenant la reconnaissance des quatre points,
et du 9 Dé La Prusse ne prit aucune part au traité du 2 Décembre
cembre,
Convention 1854 qui établit une alliance offensive et défensive entre l’Au-
du 2 De-
cembre entre triche, l'Angleterre et la France, dans le cas où les hostilités
gangeterre viendraient à éclater ent'e l’Autriche et la Russie. ! La Sardaigne qui, ainsi au’il fut dit en 1860 dans le Parlement italien «combattit en Crimée pour conquérir le droit Accession d'élever la voix en faveur de l'Italie » accéda par l'acte du 26
de la Sar- à PA , daigne au Janvier 1855 au traité du 10 Avril entre la Grande-Bretagne
traité du 1 , À , , re Avril et la France, et elle signa le même jour une convention mili-
taire avec ces puissances; elle s’engageait à fournir un contingent militaire pour la guerre. ?
Traité du 21 Un traité entre la France, la Grande-Bretagne et le royaume
1855 entre la de Suède et de Norvége pour l'intégrité des Royaumes-Unis France et la passes 1 Marrexs, Nouveau recueil général, par SAMWER, tom. XV, p. 567, 572, 579, 599, 600. — Aimanach de Gotha, 1856, p. 3, 8, 12, 13, 18, 29, 31,
2 Lesur, Annuaire, 1855, p. 630.
Chap.
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XV, p. 907, 8, 12, 13,
Chap. I.] CONTRE LA RUSSIE.
fut conclu à Stockholm, le 21 Novembre 1855. Par ce traité, le roi de Suède et de Norvége s'engage à ne céder à la Russie, à n’échanger avec elle, et à ne lui permettre d'occuper aucune partie des territoires appartenant à ses couronnes. Dans le cas où la Russie ferait au roi de Suède et de Norvége quelque proposition ou demande ayant pour objet la cession ou l'échange d'une partie quelconque de ses territoires, Sa Majesté s'engage à communiquer immédiatement cette proposition à l’empereur des Français et à Sa Majesté Britannique, qui prennent, de leur côté, l'engagement de fournir au roi de Suède et de Norvége des forces navales et militaires suffisantes pour coopérer avec celles de Sa Majesté Suédoise dans le but de résister aux prétentions et aux agressions de la Russie. !
L'empereur Nicolas mourut le 2 Mars (18 Février) 1855, et son fils Alexandre IT lui succéda. Un mémorandum embrassant les quatre points préliminaires contenus dans les notes du 8 Août, ayant été communiqué le 28 Décembre 1854 par les plénipotentiaires de France et d'Angleterre au prince Gortschakoff, avait été admis par la Russie comme base de la paix. Des conférences furent tenues à Vienne entre les plénipotentiaires d'Autriche, de France, de Grande-Bretagne, de Russie et de Turquie, depuis le 15 Mars 1855 jusqu'au 4 Juin.
Le premier jour, le comte Buol-Schauenstein, plénipotentiaire de l'Autriche, à qui la présidence des Conférences avait été déférée, fit connaître les bases auxquelles l’envoyé russe déclarait être autorisé à adhérer. Voici quelles étaient ces bases:
«19 Le protectorat exercé par la Russie sur la Moldavie et la Valachie cessera, et les priviléges reconnus par les sultans à ces principautés, ainsi qu'à la Serbie, seront dorénavant placés sous la garantie collective des puissances contractantes.
«20 La liberté de la navigation du Danube sera complètement assurée par des moyens efficaces et sous le contrôle d’une autorité syndicale permanente.
«3° Le traité du 13 Juillet 1841 sera revisé dans le double
1 MaRTENS, Nouveau recueil general, tom. XV, p. 608, 628,
Mort de l'empereur Nicolas.
Mémorandum commupiqué a la Russie,
Conférences de Vienne.
Bases auxquelles la Russie aurait adhéré.
La Russie rejette nn article limitant ses forces dans la Mer Noire.
Séance du 4 Juin. de l'Autriche,
446 CONFÉRENCES DE VIENNE, 1855. [Part. II,
but de rattacher plus complètement l'existence de l'empire ottoman à l'équilibre européen, et de mettre fin à la prépondérance de la Russie dans la Mer Noire.
«49 La Russie abandonne le principe de couvrir d’un protectorat officiel les sujets chrétiens du sultan du rite oriental: mais les puissances chrétiennes se prêteront leur mutuel concours pour obtenir de l'initiative du gouvernement ottoman la consécration et l’observance des droits religieux des communautés chrétiennes sujettes de la Porte, sans distinction de rite.» 1
La conférence demeura sans résultat, par suite du refus de la Russie de laisser insérer un article qui limitait ses forces dans la Mer Noire. A la dernière séance de la conférence, celle du 4 Juin, le comte Buol essaye de revenir à une proposition formulée par M. Drouyn de Lhuys, le 19 Avril, et à laquelle Lord John Russell avait donné son assentiment: «les plénipotentiaires de la Russie et de la Porte s’entendraient entre eux, au sein de la conférence, sur une base de pondération de leurs forces respectives, laquelle base serait consignée dans un arrangement qu’ils signeraient entre eux et qui, annexé au traité, aurait la même valeur et la même force. »
«L’Autriche, je suis autorisé à le déclarer», dit le comte Buol, «verrait dans l’acceptation de ce programme les bases complètes d’une solution efficace et honorable pour toutes les parties.» ?
Le comte Westmoreland et le baron de Bourqueney, restés les seuls plénipotentiaires de l'Angleterre et de la France, après le départ des premiers plénipotentiaires, déclarent leurs instructions épuisées.
Ali-Pacha déclare que le projet d’une entente directe entre la Sublime Porte et la Russie avait pour base, comme les autres systèmes discutés au sein de la conférence, le principe de la limitation. Le rejet reitéré et catégorique de ce principe de la part des plénipotentiaires de Russie ayant amené l'abandon de tout plan de ce genre, son collégue et lui n'ont
1 ManrrTens, MVouveau recueil general, par Samwer, tom. XV, p. C4 — 55.
? Jiid., p. 695.
Ch
pas ce mê Gra ress pas port pliqt à sc pri Grai tenti pren A rencd Sard Sé cemb timat Fran( de la que le pléni] procé concl piénif trois :
Le au mi Sarda La dants Mars pas re 1 M.
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[Part. II,
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d'un proe oriental:
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lu refus de ses forces conférence, une propo- Avril, et à ment: «les ntendraient le pondérat consignée et qui, anorce. »
lit le comte 1e les bases * toutes les
ney, restés ance, après t leurs ins-
recte entre comme les le principe de ce prinant amené
lui n’ont
, tom. XV,
Chap. I.] CONGRÈS DE PARIS, 1856. 447
pas cru devoir provoquer des instructions de leur cour sur ce même projet, etils se trouvent, par conséquent, dans la même position que les plénipotentiaires de France et de la Grande-Bretagne. !
Le baron Prokesch (second plénipotentiaire autrichien) fait ressortir que les plénipotentiaires de Russie ne rejettent pas absolument le principe de limitation, que leurs objections portent plutôt sur la forme sous laquelle il pourrait être appliqué. Les plénipotentiaires de Russie s'étant declarés prêts à soumettre la proposition autrichienne à leur cour, il exprime l'espoir que les plénipotentiaires de France et de la Grande-Bretagne en feront autant, de leur côté. Les plénipotentiaires de France et de la Grande-Bretagne déclinent de prendre à ce sujet un engagement.
Aucun plénipotentiaire sarde n'avait assisté à cette conférence, mais le dernier article du projet de traité déclarait la Sardaigne incluse dans la paix.
Sébastopol tomba le 8 Septembre 1855. Au mois de Dé- prise de sécembre 1855, le prince Esterhazy fut chargé de porter un ul- "°°" timatum comprenant les bases sur lesquelles l'Angleterre et la France consentaient à entrer en négociations. Le protocole de la conférence tenue à Vienne, le 1°* Février 1856, pote que les gouvernements des signataires nommeront chacun des plénipotentiaires munis de pleins pouvoirs nécessaires pour procéder à la signature des préliminaires de paix formels, conclure un armistice et un traité de paix définitif. Les dits piénipotentiaires auront à se réunir à Paris dans le terme de trois semaines. ?