TRAITÉ D'UNKIAR SKELESSI
\. [Part II,
uilibre poli- A la fin de Juin, l’armée égyptienne avait entièrement éva-
eué les États du Sultan, et le 10 Juillet, les vaisseaux et les et son fils troupes russes se retiraient à leur tour de Turquie. Cette pait Smyrne retraite n'eut pas lieu cependant avant que le cabinet de St. à rien moins Pétersbourg n’eût converti en droit écrit par le traité d'Unlui-même un kiar Skelessi, du 3 Juillet 1833, le fait de sa prépondérance à
’on avait ob- Constantinople, et n’eût réduit la Turquie au rôle de client cipe de non-MMufficiel, en faisant de la mer Noire un lac russe dont son client dance en ré-Buarderait l'entrée contre les ennemis possibles de la Russie,
n ont mis en sans que rien la gênât elle-même pour en sortir et lancer dans t qui a même h Méditerranée ses vaisseaux et ses soldats. Ce traité stipu- | polonaise, uit que, dans le cas où les circonstances qui pourraient de n des grandes nouveau déterminer la Sublime Porte à réclamer l'assistance n n'aurait pulMnorale et militaire de la Russie, viendraient à se présenter, de prendre la l'empereur de Russie promettait de fournir par terre et par ot, «devant{ner autant de troupes et de forces que les deux parties conterre et l’Au-Biractantes le jugeraient nécessaire. Par un article secret, la s'inquiétaient{Porte, à la place du secours qu’elle devait prêter au besoin, fendre contreMMl'après le principe de réciprocité, devrait borner son action à e idée moins @Sirmer le détroit des Dardanelles, c'est-à-dire, à ne perme re . elle voulaitfi aucun bâtiment de guerre étranger d'y entrer sous un préle dominer entexte quelconque. !
à la question, Quandletraité d'Unkiar Skelessi, conclu dans un accès de peur ingleterre, enfie la part de la Turque, devint public en Europe, les cabinets franétait compli-Muis et anglais témoignèrent leur ressentiment., M. de Lagrené, le sultan et leihargé d’affaires de France à St. Pétersbourg, eut ordre de re- Égypte. » ? nettre au comte de Nesselrode une note par laquelle le gouverancre dans leBnement français «déclarait que, si les stipulations de cet acte dete d'Asie, pen-Mrient subséquemment amener uneintervention armée de la Rus- Danube. Unie dans les affaires intérieures de la Turquie, le gouvernement \Adana avec Mfrançais se tiendrait pour entièrement libre d'adopter telle ligne pour évacuer ie conduite qui lui serait suggérée par les circonstances, agisdéfinitif entreMSsant dès lors comme si le traité en question n'existait pas.» Kutaieh le 58Le gouvernement anglais tint à Constantinople et à St. Péters- Orient. ° bourg le même langage. Les deux cabinets ne se bornèrent pas à des paroles. Ils donnèrent à leurs forces navales daus h Méditerranée un grand développement; on se demandait si
1 Manrens, Nouveau recueil, tom. XI, p. 655.
Evacuation des Etats du Sultan par l'armée égyptienne,
Traité d'Un-
kiar Skeles-
si, le 3 Juillet 1833,
Ressentiment de la France et de l'Angleterre,
contre ce
traité,
Enr SR
beats
Réponse de la Russie.
Arrangement de Kutaieh, rompu en Mai 1839,
Politique de la France en Orient, en Juillet 1839.
Que devraiton faire en présence des stipulations du traité d'Unkiar Skelessi ?
430 HOSTILITÉS ENTRE LA PORTE {Part. I, Chap.
le jour n'était pas venu de forcer les Dardanelles, d'entrer terre « dans la mer Noire et d'aller brûler cette flotte russe toujours appelé prête à envahir Constantinople sous prétexte de la protéger, M. ouvrir de Nesselrode répondit que «le traité d'Unkiar Skelessi ne con dre
tenait rien qui ne fût dans le droit des parties contractantes D } sult que l'Empereur était résolu de remplir, le cas échéant, leg une tel obligations que le traité du 8 Juillet lui imposait, agissant Le £
ainsi comme si la déclaration contenue dans la note de M. de ès Lagrené n'existait pas. » 1
L'arrangement de Kutaieh fut rompu en Mai 1839, ct les hostilités entre l’armée turque et l’armée égyptienne furent re
était m forte « met-Al
prises. 2 Il pa «La question d'Égypte était bien en 1839 », dit Guizot, «la parties question de l'empire ottoman lui-même. Et la question Gi rlée. l'empire ottoman, c’est bien la question d'Orient; non-sculeÆ :: offot ment de l'Orient européen, mais de l'Orient asiatique. L'em disposé pire ottoman est le chemin, la porte et la clef de l'Asie Loment Appelé le 2 Juillet 1839 à caractériser dans la chambre de je touts députés la politique que la France devait adopter dans cetta pays de question, M. Guizot dit: « Maintenir l'empire ottoman pou porte à maintenir l'équilibre européen, et quand, par la force des Par « choses, par le cours naturel des faits, quelque démembrement per à l’ s'opère, quelque province se détache de cet empire en déca position dence, favoriser la transformation de cette province en un@ des nége souveraineté nouvelle et indépendante qui serve un jour ad à à l'ir nouvel équilibre européen, voilà la politique qui convien®S jéclinait à la France. » ÿ disait q Que devrait-on faire si, en vertu du traité d'Unkiar Skelessi rapproc et d’une demande de la Porte, les vaisseaux et les troupe :5moden russes arrivaient tout-à-coup à Constantinople pour protéger tion de ( le sultan contre le pacha? La France avait envoyé au gou@ sffces. vernement anglais un projet de note qni devait être présent@ indépend à la Porte et qui concluait en lisant. Le gouvernement d Cette roi a la conviction qn m-devant des intentions de Id Russie, Sublime-Porte en demi . que, dans l° cas où les forces dé convenai 1 Guizor, Mémoires, tom. IV, p. 01, prenant |
2 Voir actes et documents concernant les affaires de la Turquie et de l'Égypte. Martens, Nouveau recueil, tom. XVI, p. 10. 1 Guizd 3 Guizor, Mémoires, tom. IV, p. 324, 330. 2 Ibid.
{[Part. II,
>s, d'entrer sse toujours rotéger. M, lessi ne con« ntractantes :
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entions de 14 les forces del
de la Turquie I, p. 10.
Chap. I.] ET LE PACHA REPRISES, 431
terre ou de mer d’une ou de plusieurs des cours alliées seraient appelées à Constantinople, les ordres fussent donnés pour ouvrir immédiatement le passage des Dardanelles à une escadre française qui viendrait, de son côté, protéger le trône du sultan contre les périls dont l’imminence aurait déterminé une telle mesure, » !
Le 21 Juin 1839, l'armée turque fut vaincue et détruite près du village de Nézib, et le 15 Juillet (le sultan Mahmoud était mort le 30 Juin), le capitan-pacha conduisit son escadre, forte de 19 vaisseaux, à Alexandrie, et la livra à Méhémet-Ali.
Il paraïtrait que toute la question eût été vidée entre les parties qui y étaient intéressées, si l'intervention ne s'en était mêlée. Le premier drogman de l'ambassade anglaise écrivait, en effet, le 22 Juillet à Lord Ponsonby, que la Porte était assez disposée à traiter avec Méhémet-Ali sur les bases du gouvernement d'Égypte donné héréditairement au pacha, et de celui de toute la Syrie donné à son fils Tbrahim-pacha, ce dernier pays devant, toutefois, rentrer sous l’autorité immédiate de la Porte à la mort de Méhémet.
Par cet arrangement, la Russie pouvait se féliciter d’échapper à l'intervention commune et à la nécessité de perdre sa position isolée et indépendante, en se retirant par conséquent des négociations projetées à Vienne. C'était au nom du respect dû à l'indépendance des États souverains, que le cabinet russe déclinait toute intervention dans les affaires de la Turquie. Il disait que, puisque la Porte allait d'elle-même au devant d’un rapprochement et adressait à l'Égypte des propositions d’accomodement acceptables, il fallait laisser marcher la négociation de Constantinople et la seconder uniquement de ses bons offices. Il n’y aurait autrement plus de nuissance ottomane indépendante. ?
Cette politique de non-intervention, alors proclamée par la Russie, quelque conforme qu'elle fût au droit des gens, ne convenait nullement aux autres grandes puissances, en y comprenant la France. Le maréchal Soult, en apprenant la dé-
! Guizor, Mémoires, tom. IV, p. 239.
2 Ibid, p. 345.
Défaite des Turcs à Nezib le 21 Juin 1839, Mort de Mahmoud,
Effets de l'intervention,
Le cabinet russe décline toute intervention dans les affaires de la Turquie.
Les autres grandes puissances opposées à la politique de non-intervention,
Craintes du maréchal &oult d'un arrangement sans inter vention,
Lord Palmerston appréhende les démarches du cabinet russe,
Conduite inattendue de la Russie,
Lord Ponsonby à Lord Palmerston le 29 Juillet
Les conces-
sions de la
Turquie arrétées,
432 INTERVENTION [Part. II.
marche pacifique faite par la Porte auprès de Méhémet-Ali. exprima, le 26 Juillet 1839, au chargé d’affaires à Londres sa crainte «que la crise ne se dénouât par quelque arrangement dans lequel les puissances européennes n'auraient pas le temps d'intervenir, et où, par conséquent, les intérêts essentiels de la politique générale ne seraient pas pris en considération suffisante. Pour l'Angleterre comme pour la France, pour l’Autriche aussi, le principal, Le véritable objet du concert, s'était de contenir la Russie et de l’habituer à traiter en commun les affaires orientales. »
«Lord Palmerston », dit le baron de Bourqueney, répondant le lendemain au maréchal Soult, «est très frappé de la crainte que le cabiuet russe ne pousse, à Constantinople, à un arrangement direct entre le sultan et Méhémet-Ali, qui fasse échouer, en les rendant inutiles, les négociations de Vienne et les garanties qui en découleraient. »
Contrairement à ce qu'avaient lieu d'attendre la France et l'Angleterre, dans leur défiance de la Russie, le plénipotentiaire russe s’unit aux représentants des autres puissances à Constantinople, pour adresser, le 27 Juillet, à la Porte une note commune, portant que «l'accord sur la question d'Orient est assuré entre les cinq grandes puissances, et pour l’engager à suspendre toute détermination définitive sans leur concours, en attendant l'effet de l'intérêt qu’elles lui portaient. »
Lord Ponsonby écrivit le 29 Juillet à Lord Palmerston: «Je considère cette mesure comme la plus salutaire qu’il fût possible de prendre. Elle a été aus-i très-opportune, car les ministres ottomans venaient de se résoudre à faire au Pacha d'Égynte des concessions qui seraient, en ce moment même, sur }: route d'Alexandrie, et qui auraient déplorablement compliqué les affaires de cet empire. Notre démarche a donné au grand-visir la force et le courage de résister au pacha ct de défendre les droits ct les intérêts du sultan. Elle a placé le gouvernement de Sa Majesté dans une position qui le met en état de garantir l'intégrité et l'indépendance futures de la Turquie. » 1
Le cabinet français ne tarda pas à s'apercevoir qu’en ôtant
1 Guizor. lémoires, tom. IV, p. 348.
Cha
la p terr tion les-) grai rem men que l'En Fra toir( pacl tout le p:
voir adh:
«Je au b tuel] cabi cru avec prof jusq autr
Lon:
avai qu'il qu'il ture ado} ment dit à son tout évid
[Part. II.
éhémet-Ali, Londres sa irrangement pas le temps ssentiels de lération suf- , pour l’Auicert, s'était commun les
y, répondant de la crainte à un arranisse échouer, ne et les ga-
la France et > plénipotenpuissances à orte une note \ d'Orient est r l’engager à ur COnNCOuUrS, nt.»
merston: «Je qu'il fût posne, car les ire au Pacha oment même, blement comrche a donné au pacha et Elle a plact n qui le met futures de la
r qu'en Ôtant
Chap. I.] DES GRANDES PUISSANCES. 433 la prépondérance à la Russie, elle l'avait transférée à l'Angleterre. Il venait de s'engager à ne pas laisser régler la question d'Orient en Orient, entre les deux parties intéressées elles-mêmes, et à la régler en Occident par l'accord des cinq grandes puissances, mais il avait pu entrevoir, même avant la remise de la note du 27 Juillet, combien ses vues sur l’arrangement définitif différaient de celles de l'Angleterre. De même que lorsqu'il s'était agi de faire le premier démembrement de l'Empire ottoman et de constituer le royaume de Grèce, la France avait réciamé pour le nouvel État un plus vaste territoire, le cabinet français voulait maintenant faire accorder au pacha d'Égypte la Syrie ainsi que l'Égypte, en les rendant toutes deux héréditaires, tandis que l'Angleterre voulait borner le pacha à l'Égypte.
On s'était attendu tout aussi peu à Paris qu’à Londres à voir la Russie ahandonner tout-à-coup son attitude isolée et adhérer pleinement à l'acte commun des cinq puissances. «Je n'ai jamais pensé», écrivait le 1° Mai le maréchal Soult au baron de Bourqueney, «que l’on pût, dans la question actuelle, amener la Russie à s'associer franchement aux autres cabinets dont la politique est si différente de la sienne; j'ai cru que, tout en paraissant y travailler, tout en employant avec la Russie les formes les plus conciliantes, on devait se proposer, pour unique but, de la contenir et de l'intimider, jusqu’à un certain point, par la démonstration de l'accord des autres grandes puissances dans un même intérêt, »
Le 17 Septembre, le général Sébastiani, ambassadeur à Londres, écrivit au maréchal Soult que Lord Palmerston lui avait annoncé que, d’après les dépêches de Constantinople qu'il lui avait lues, le divan avait été réuni et avait décidé qu'il ne serait rien accordé à Méhémet-Ali, au delà de l’investiture héréditaire de l'Égypte. L'Autriche et la Prusse avaient adopté le projet anglais, et le cabinet russe s'était uni sincèrement aux intentions du cabinet britannique. Lord Palmerston dit à ce propos: «Je ne doute pas que le cabinet russe, dans son aveugle et folle partialité contre la France, n'ait été surtout préoccupé du désir de bien mettre notre dissentiment en évidence et de prendre parti pour notre point de vue contre le
LAWRENCE- WHEATON, IL 28
Prépondérance dans les affaires de la Porte transférée de la Russie à l'Angleterre,
La Russie, de même que l'Autriche et ia Prusse, s'associe à la politique de l'Angleterre.
Le général Sébastiani au maréchal Soult, le 17 Septembre 1935,
L'Autricheet la Prusse adoptent le projet anglais.
Motif de la politique
russe.
fl È |
Politique de la France vis-à-vis de Méhénmet- Ali.
Demandes du cabinet de St. Pétersbourg.
M. Thiers à
M. Guizot,
le 2: Juillet
Instructions à l’ambassadeur français à ! Londres.
vôtre.
DISSIDENCE ENTRE L'ANGLETERRE (Part. II,
C’est pourquoi il semble abdiquer l'influence prépondérante et le protectorat exclusif. »
La France prit le parti de ne pas exiger de Méhémet- A];
qu’il renonçât à la possession héréditaire de la Syrie et de ne pas s'associer contre lui s’il maintenait ses prétentions, à des mesures coërcitives.
D'un autre côté, tout en acceptant le concert européen pour
d'Unkiar Skelessi.
les affaires d'Orient, le cabinet de St. Pétersbourg demandait que ses vaisseaux et ses soldats entrassent seuls, au besoin, dans la Mer de Marmara pour défendre la Porte au nom de l'Europe. C'était là abandonner et maintenir à la fois le traité
Le 6 Décembre cependant, Lord Palmer-
ston informa l'ambassadeur français que l'ambassadeur russe reviendrait incessamment avec des pleins pouvoirs pour conclure une convention où le principe de l'admission simultanée des pavillons alliés dans les eaux de Constantinople, ou de leur exclusion générale, serait formellement consacré. En cas d'intervention, le nombre et la force des vaisseaux admis sous chaque pavillon, seraient réglés par une convention parti-
culière. !
Il s'agissait toujours du plus ou moins à accorder au pacha. C'était à la note du 27 Juillet 1839 que M. Thiers, devenu ministre des affaires étrangères, et s'adressant le 21 Mars à M. Guizot, nommé ambassadeur à Londres, faisait remonter
tout le mal.
Il fut recommandé à l'ambassadeur français de se refuser à toute délibération commune avec les quatre puissances; de n'avoir en quelque sorte de rapports officiels qu'avec les ministres anglais, et de dégager ainsi le gouvernement français des liens que la note du 27 Juillet 1839 lui avait imposés. M. Thiers s’appliqua à bien établir que la France ne négociait sous main, entre la Porte et le pacha, aucun arrangement direct, et qu’elle ne manquait pas aux obligations de concert européen qu'elle avait contractées; mais il espérait qu'avec le temps, le pacha et le sultan finiraïent, en effet, par s'arranger directement; ou que les puissances elles-mêmes se résigneraient à accepter et à garantir entre la Porte et son vassal le
1 Guizor, Mémoires, tom. IV, p. 368.
des ci eu d’a grand ou bie
seuls France les qua roi, ce des Ét saurait faire, €
Ce q que les traité € en préc
! Gui ? Ma pour la Confédé 3 Gui + Jbic
(Part, II, prépon-
émet -Ali > et de ne ns, à des
péen pour lemandait au besoin, u nom de s le traité d Palmerleur russe pour Consimultanée le, ou de é. En cas idmis sous ion parti-
au pacha.
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se refuser sances ; de ec les mit français
imposés. è négociait bement dide concert qu'avec le s'arranger
résigne-
vassal le
Chap. I.] ET LA FRANCE. 435
maintien du statu quo: ce qui était, à son avis, la meilleure des combinaisons. 1
Le 15 Juillet 1840, fut signée à Londres, sans autre avertissement donné à la France, une convention entre les cours de la Grande-retagne, d'Autriche, de Prusse et de Russie, d’une part, et la Sublime Porte, de l’autre, pour Ja pacification du Levant. Cette convention se trouve dans l’«Histoire», tom. IT, p. 253. Un article séparé indiquait les conditions de l'arrangement du sultan avec le pacha. ?
Ce ne fut que le 17 Juillet que Lord Palmerston fit part à M. Guizot de la convention qui venait d’être conclue. Il avait yris le parti d'écrire d'avance un mémorandum de la communication qu’il allait faire. Il était dit, dans cette pièce, que tous les efforts des quatre cours pour produire le concours des cinq puissances avaient été infructueux, et qu’elles n’avaient eu d’autre choix que d’abandonner aux chances de l'avenir les grandes affaires qu’elles avaient pris l'engagement d'arranger, ou bien, de prendre la résolution de marcher en avant sans la coopération de la France. à
Après avoir entendu le mémorandum, M. Guizot dit que: «Le gouvernement du roi ne compromettrait jamais pour les seuls intérêts du pacha d'Égypte la paix et les intérêts de la France. Mais si les mesures adoptées contre le pacha par les quatre puissances avaient, aux yeux du gouvernement du roi, ce caractère et cette conséquence que l'équilibre actuel des États européens en fût altéré, le gouvernement du roi ne saurait y consentir; il verrait alors ce qu’il lui conviendrait de faire, et il garderait toujours à cet égard sa pleine liberté. » 4
Ce qui ajoutait au juste ressentiment ue la France en voyant que les alliés avaier. agi sans elle, c'était qu'au texte de ce traité avait été joint, le même jour, un protocole réservé pour en précipiter l'exécution. D’après ce protocole, les mesures
1 Guizor, Mémoires, tom. V, p. 64.
? Martens, Nouveau recueil général, tom. I, p. 156—266. Voir pour la communication de la convention du 15 Juillet 1840 à la Confédération germanique, Ibid, p. 538.
8 Guizor, Memoires, tom, V, p.#221.
4 Jbid., tom. V, p. 225.
Traité du 15 Juillet 1840,
Lord Palmerston fait part à M. Guizot de la convention qui a été conclue,
Réponse de M. Guizot,
Protocole joint au traité,
PRE The
A retro a TE UAR
436 CONVENTION DE 1840. [Part. I
préliminaires seraient mises à exécution immédiatement, et sans attendre de ratifications.
Pourquoi M. Guizot nous fait connaître la raison pour laquelle Lord
Lord Pal- Ë : + 4 merston Palmerston n’avait pas fait part de cette convention à laFrance,
Érte avant toute signature entre les quatre puissances. Voici ce
A qu’il dit à ce propos: « L’arrangement direct entre le sultan
à la Fran. {Je pacha lui paraissait imminent; il regardait le gouvernement français comme le promoteur secret de cette solution de la question; il ne s’inquietait plus que de la prévenir et d'y substituer en toute hâte la solution européenne dont il s'était fait l’auteur.
«Lord Palmerston croyait avoir une excellente occasion de raffermir l'empire ottoman en réprimant le pacha d'Égypte, et de soustraire la Porte à la domination de la Russie, en plaçant, de l’aveu de la Russie elle-même, les affaires turques sous le contrôle du concert européen. C'était là, pour l'Angleterre, de la puissance en Orient. » !
PT A L'emploi des forces navales pour intercepter toute commuonvention, nication entre l'Égypte et la Syrie était, d’après Lord Palmerston, le principal objet de la convention.
«Il en coûtait à Lord Palmerston», ajoute M. Guizot, «de me dire expressément que l'entrée d’un corps d'armée russe à Constantinople, combinée avec celle d’une flotte anglaise dans la mer de Marmara, était un point convenu. Il revint alors sur l'immense avantage qu’il y aurait pour toute l'Europe à faire cesser le protectorat exclusif de la Russie sur la Porte.» ?
Cependant les mesures pour faire exécuter le traité du 15 Juillet traînaient en longueur, et l’on cherchait à Londres quelque nouvelle ouverture à faire à la France. Au milieu des agitations intérieures du cabinet anglais, arriva à Paris et
Reyour 1e. à Londres la nouvelle télégraphique que, le 11 Septembre, Anglais. Beyrout s'était rendue à l’escadre anglaise, et que le sultan pense avait prononcé la déchéance de Méhémet-Ali comme pacha d'Égypte.
M. Thiers M. Thiers déclara dans une dépêche du 8 Octobre que «la sm dé déchéance du vice-roi, mise à exécution, serait, aux yeux de LA
1 Guizor, Mémoires, tom. V, p. 240.
2 Ibid, p. 242,
Chap
la F avait des 1 sulta aban COIN Po Lord tabli l'inve à rest Syrie D’
à Ale l’enga dès q héréd à bor l'ordr ventio missio avait L’a naître aussit( nier, | avait & sonby Turqu vernen gouver Le ] sances questic essenti respect de laq
1 Gu
re
hap I. CONVENTION DE ; Ti (Part. 1 Chap I.] VENTION DE 1841 437 [|]
: RARE TE > s mn | NE et la France, une atteinte à l’équilibre général de l’Europe. On En À L avait pu livrer aux chances de la guerre engagée la question If | $ lb Lord des limites qui devaient séparer, en Syrie, les possessions du !
sultan et du vice-roi d'Égypte, mais la France ne saurait
laFrance à ; h |
Voici de abandcner à de telles chances l'existence de Méhémet-Ali ji tai stilian comme prince vassal de l’Empire. f M Poussé par l'impression produite par la dépêche française, Lord Pal. 4] gouverne- I I L pe Ï | ? merston re- |
Lord Palmerston recommande le 15 Octobre au sultan de ré- commande
de rétablir
tablir Méhémet-Ali comme pacha d'Égypte, en lui donnant Méhémetl'investiture héréditaire de ce pachalik, si le pacha s’engageait Fr à restituer la flotte turque et à retirer ses troupes de toute la Syrie, d'Adana, de Candie et des villes saintes, !
D’après les conseils du commodore Napier qui se trouvait Conseils du à Alexandrie à la date du 25 Novembre, Méhémet-Ali prit Mr
è k Méhémetl'engagement de renvoyer la flotte turque à Constantinople, ‘at,
olution de enir et d'y t il s'était
ecasion de Égypte, et en plaçant,
es sous le à À \ : ; | dès que les puissances lui auraient assuré le gouvernement La flotte |
Angleterre, HAS PTE TA ARS ë 2 , turque ren- [1 héréditaire de l'Égypte. Un envoyé égyptien s'étant embarqué voyée à Con- ||
opus à bord d’un bâtiment anglais alla porter à Ibrahim Pacha RE |!
| Lord Pal l'ordre d’évacuer la Syrie avec toute son armée. Une con- cuer. | 4
vention formelle consacra tous ces arrangements. La soumission de Méhémet-Ali était entière, et le traité du 15 Juillet avait reçu sa pleine exécution.
L'’ambassadeur d'Angleterre avait refusé d'abord de reconnaître l’autorité du commodore Napier, mais Lord Palmerston, aussitôt qu'il avait eu connaissance de la conduite de ce dernier, l’avait approuvée, tout en déclarant que le commodore avait agi sans instructions. Le 10 Janvier 1841, Lord Pon- conseil de sonby fit informer le ministre des affaires étrangères de la Portes Turquie, qu’il avait ordre de donner à la Porte, au nom du gou-
xuizot, «de née russe à glaise dans @ evint alors l'Europe à la Porte.» ?
raité du 15 à Londres
, Vie , à 10 Juillet sances, parties au traité du 15 Juillet 1840, n an terme à la 1841,
question d'Égypte. Ce même protocole dit: «Qu'il importe essentiellement de consacrer de la manière la plus formelle le respect dû à l’ancienne règle de l'Empire ottoman, en vertu de laquelle il a été de tout temps défendu aux bâtiments de
Au milieu j À ; ARE à S-Darnis dt vernement britannique, le conseil d'accorder à Méhémet-Ali le gouvernement héréditaire de l'Égypte.
Septembre, : Er ; À Le protocole du 10 Juillet 1841, signé par * ‘ quatre puis- Protocole du e le sultan k
ame pacha
bre que «la ux yeux de
1 Guizor, Mémoires, tom, V, p. 329.
Convention du 13 Juillet 1841,
Guerre entre la Russie et la Turquie,
L'empereur Nicolas en Angleterre,
en 1841.
Projet de partage de l'empire ottoman,
438 GUERRE DE CRIMÉE. [Part. II,
guerre des puissances étrangères d'entrer dans les détroits des Dardanelles et du Bosphore. Ce principe étant par sa nature d’une application générale et permanente, les plénipotentiaires respectifs, munis à cet effet des ordres de leurs cours, ont été d'avis que, pour manifester l'accord et l'union qui président aux intentions de toutes les cours, et dans l'intérêt de l’affermissement de la paix européenne, il conviendrait de constater le respect dû au principe sus-mentionné, au moyen d’une transaction à laquelle la France serait engagée à concourir, à l’invitation et d’après le vœu de Sa Hautesse le Sultan.» La convention qui confirmait le principe du protocole fut signée le 13 Juillet 1841 par les cinq puissances en comptant la France, et par la Porte. !
En prenant part à ce traité, la France a été rétablie dans le grand système européen.