pér., $ 1 —4, tom. I, p
L'influence que l’on a voulu accorder dans les temps actuels sur les affaires de l'Europe à un congrès des États, ou plutôt à un congrès des États les plus puissants, a été exercée jusqu'à la réformation religieuse du 16° siècle, par le pouvoir temporel des Empereurs et le pouvoir spirituel des papes, ces deux pouvoirs n'étant cependant pas toujours d'accord entre eux. ?
Au temps de l’Empire, la féodalité dominait non-seulement
l La consommation de [coton de l'Angleterre s'élevait avant la recente guerre américaine, à 550 millions de kilogrammes, celle de la France, en 1856, à 85 millions 387,000 kiogrammes, dont 79 millions 824,000 des États-Unis. (LAWRENCE, L'industrie française et l'esclavage des nègres aux États-Unis). Paris 1860, p. 6. Sur 590 navires qui tentèrent de pénétrer dans Charleston, dans la Caroline du Sud, de Janvier 1863 à Avril 1864, 498 y réussirent. Entre le 1°" Mai et le 1°" Juin 1864, 24 vaisseaux entrèrent dans le port de Wilmington dans la Caroline du Nord malgré le blocus. Law Magazine and Law Review, London, Févr. 1867, p. 275.
? Voir Sismonpi, Histoire des républiques italiennes de l'année 476 à 1748, tom. { à XVI, Cet ouvrage présente aussi dans Îles annales des États italiens une admirable étude pour le diplomate,
L'Angleterre et la France sesoumettent aux mesures du gouvernenent fédéral.
Influence de l'Empereur et de l'Eglise,
Charles- Quint.
Influence de la réformation sur a puissance de la maisou d'Autriche,
t nicre guerre de religion,
199 GUERRES DE RELIGION. [Part. IT.
entre le souverain et ses vassaux et ses arrière-Vassaux, mais aussi entre les princes feudataires et l'Empereur. C'était aux Empereurs aussi que ceux mêmes des princes de l'Europe qui ne relevaient pas d'eux s’adressaient comme à des arbitres pour régler leurs différends, Aïnsi l’on voit, au 14° siècle, je roi de Danemarck et les comtes de Holstein se soumettre à l’empereur Sigismond pour juger une controverse entre eux, relativement au duché de Schleswig. Ce duché n’était nullement réclamé alors par l’Empire. Les germes de la question schleswig-holsteinoise qui agitait si récemment encore l'Eurom commencaient cependant à poindre dès cette époque. !
La réunion des Espagnes et des Pays-Bas aux possession héréditaires de la maison d'Autriche dans la personne de Charles-Quint, bientôt après la défaite des Français à la bataille de Pavie en 1525 (où François [* fut fait prisonnier) et la conquête entière de l'Italie, semblaient promettre Ja domination universelle à cette maison riche en outre des trésor du Nouveau Monde. F
La réformation ct les controverses religieuses qui en résultèrent donnèrent lieu à des luttes sanglantes en Allemagne, quoique la religion fût souvent le prétexte plutôt que la cause de l'intervention des autres puissances dans ces guerres. li partage des différents pays allemands entre catholiques et protestants ébranla les bases de l'Empire et porta un coup fatal à la prépondérance de la maison d'Autriche. La réformation enleva à la branche espagnole de cette maison une grande partie des Pays-Bas, alluma en France une guerre civile qui devait durer pendant quatre règnes consécutifs et changea dans la suite la dynastie en Angleterre. On peut également y tracer le cour porté à l'autonomie européenne des temps pricédents par l'entrée, dans la politique internationale, de quelques États jusqu'alors éloignés des affaires générales de l'Europe. La première guerre de religion, celle sous Charles: Quint, avait précédé d'un siècle les traités de Westphalie. Elle né fut terminée que par la paix de religion, suite de la transaction de Passau qui date de 1552.
1 Voir p. L supra. Voir aussi WuEaron, Droit de succession à li
couronne de Danemarck, Paris 1847.
Chap. I
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n'avait pas mis fin aux luttes qui déchiraient l'Europe.
Chap. I.] PAIX DE RELIGION.
En concluant le traité du 1° Octobre 1551 avec l'électeur de Saxe et ses alliés protestants, traité qui avait obligé Charles-Quint à souscrire à la transaction ci-dessus nommée, Henri II de France n’avait été nullement guidé par des con-
| sidérations favorables à un culte qu'il ne voulait pas tolérer
dans ses propres États. C'étaient en effet les vues de la maison d'Autriche, portées vers la monarchie universelle et mises en évidence par tous les actes de Charles-Quint et de son successeur pour y arriver, qui avaient déterminé les princes catholiques à soutenir par leur intervention la cause des protestants d'Allemagne et des Pays-Bas. Henri IT prit le titre de vengeur de la liberté germanique, vindex libertatis germanice et principum captivorum. 1
C'était à peu près le même titre que prenait deux siècles et demi plus tard Napoléon I qui, en portant le dernier coup à l'existence de l’ancien Empire germanique, se faisait décarer protecteur de la Confédération du Rhin.
La paix de religion, d’après laquelle les États catholiques hissaient ceux de la confession d’Augsbourg, y compris la noblesse immédiate, dans le libre exercice de leur religion, tandis que ces derniers en agissaient de même à l'égard des États catholiques, fut confirmée par un recès de la diète convoquée à Augsbourg en 1555 par Ferdinand I®", avant même l'abdication de Charles-Quint. 2
La paix signée à Vervins, en 1598, entre la France et l’Espagne, paix précaire qui n'était point une réconciliation, La guerre entre l'Église et la Réforme continuait dans les régions du Nord. Philippe II était mort, mais l’esprit de la maison d'Autriche lui survivait, «et la compagnie de Jésus qui ne meurt pas», dit un historien français de nos jours, «poursuivit ses audacieux efforts pour conquérir l'Europe au Saint- Siège, » 3
Traité de HenriIl avec les princes protestants.
Paix de relgion, 1555i.
Paix de Vervins, 1598.
Un traité de trève pour douze ans, signé à Anvers le 11 Trève d’An-
Janvier 1609 entre l'Espagne et les Provinces-Unies, rendit
1 Scuæzz, Histoire des traités, tom. I, p. 40. ? Jbid., tom. I, p. 45.
% Henri Martin, Histoire de France, tom. X, p. 495.
LAWRENCE-WAHEATON. II,
vers, 1609.
[Part. I],
DROIT D'INTERVENTION
toute liberté de commerce, même dans les Indes, à ces der. nières. !
Traités des
princes pro-
testants d'Allemagne avec
de Henri IV,
But de l'intervention de Henri IV.
Un acte pour la garantie de cette trève fut passé le 17 Juin 1609 entre les rois de la Grande-Bretagne et de France et les États-généraux, par lequel «ils s’obligeaient de s’assister mutuellement en cas qu’ils fussent attaqués par quelque prince que ce fût.» 2
A la diète de Ratisbonne en 1608, les protestants décla. rèrent qu'en matière de religion, ils ne se soumettraient plus à la majorité des suffrages des États assemblés en diète, les catholiques y dominant; et en 1610, les princes protestants qui avaient déjà jugé nécessaire de consolider l'Union qu'ils avaient renouvelée à Hambourg en 1594 % conclurent le 11 Février un traité avec Henri IV. Le roi de France s’engageait par ce traité à faire marcher une armée à leur secours. La ligue catholique fut aussi excitée et fomentée pa” les puissances étrangères. * Le différend au sujet de la .uccession de Juliers, que l'Empereur, en sa qualité de seigneur direct, prétendait être en droit de séquestrer, fournissait alors un prétexte à la lutte. Quoique aucun des droits de la France n’y fût lésé, on déclara «que le traité avait été fait pour corserver les duchés de Juliers, de Clèves et de Berg, et autres
seigneuries, aux plus proches parents.» 5