CONGRÈS DE VIENNE
crraité de Le traité de Chaumont du 1% Mars (17 Février) 1814,
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a Mars n'avait été conclu qu'entre l'Autriche, la Grande-Bretagne, ha e
ii. Russie et la Prusse. Ce traité avait pour objet déclaré «de mettre fin aux malheurs de l'Europe et d’en assurer le repos futur, par le rétablissement d’un juste équilibre des puissances.» Chacune des huit puissances qu’on a appelées signa-
Gyxes d4. 00 taires du traité du 30 Mai 1814, avait conclu avec la France
des traités patents, qui, quoique séparés, furent identiques: mais il en était autrement des «articles additionnels», et des
‘ «articles séparés et secrets », annexés à ces traités. Il est
dit dans l’article XXXII de ces traités que dans le délai de deux mois, «toutes les puissances qui ont été engagées de part
Chap. I
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Chap. I.] CONGRÈS DE VIENNE. 221
et d'autre dans la présente guerre, enverront des plénipotentiaires à Vienne pour régler dans un congrès général les arrangements qui doivent compléter les dispositions du présent traité.»
Le Portugal est compté parmi les huit puissances signataires des traités du 30 Mai 1814 et il a pris place comme une de celles-ci à Vienne. Un traité littéralement conforme aux traités signés le même jour entre la France et les puissances alliées, ne fut pas ratifié par le prince régent de Portugal, mais il reçut sa consécration définitive par l'échange des notes du 11 et 12 Mai 1815 entre la France et le Portugal. 1
Les autres parties aux traités avec la France, étaient l’Autriche, la Grande-Bretagne, l'Espagne, la Prusse, la Russie et la Suède. Dans les traités avec les quatre puissances, parties au traité de Chaumont, le premier article séparé et secret
| porte que «la disposition à faire des territoires auxquels Sa
Majesté Très-Chrétienne renonce par l'article III du traité patent, ? et les rapports desquels doit résulter un système d'équilibre réel et durable en Europe, seront réglés au congrès, sur les bases arrêtées par les puissances alliées entre elles et d’après les dispositions générales contenues dans les articles suivants, etc. »
Nous avons cité cet article pour montrer sur quoi était fondée la prétention des quatre puissances, prétention dont Wheaton parle dans son Histoire, et qui était de tout régler etre elles, en excluant les autres de la direction des affaires. M. de Talleyrand, qui exerça dans la suite une grande infuence, ne pouvait accepter un rôle secondaire, ni pour son pays, ni pour lui-même, et la France fut admise aux réunions des grandes puissances. Ce furent les plénipotentiaires des luit puissances qui vérifièrent les pouvoirs des représentants des autres États, et ce furent eux aussi qui nommèrent les commissions secondaires.
On avait refusé d'admettre au congrès le ministre du roi de Naples (Joachim Murat), par le même motif qui en avait fait
1 Careriqug, Histoire du congrès de Vienne, part. I, p. 116, 161, 177; part. II, p. 1180.
? La totalité de la masse des populations conquise sur Napoléon et ses alliés, s'élevait à 31 millions 751,639 âmes. FLassan, Hisboire du congrès de 7’ienne, tom. I, p. 175.
Dispositions relatives aux territoires cédés par la France,
Prétentions des quatre grandes puissances.
Congrès de Vienne,
222 INTERVENTION. [Part. II,
écarter les représentants de la Saxe, du Danemarck et de Gênes. Les réunions générales, ajournées de temps à autre, ne furent tenues à aucune époque du congrès: on distinguait les affaires que l’on nommait européennes de celles de l’Allemagne. Nous avons déjà parlé des négociations à propos de ces dernières. 1 Réunion des A léfaut de réunions générales, celles des huit et des cinq cinq puis- puissances, forment ce qu’on appelle le congrès de Vienne, Se Aux réunions des cinq puissances assistaient l'Autriche, la France, la Grande-Bretagne, la Prusse et la Russie. On appelait aux autres, les plénipotentiaires d'Espagne, de Portugal ot ! nède. ?
nn as questions qui avaient occupé le congrès, furent ri. ue solues par le retour de Napoléon de l’île d'Elbe, et par les aux Açores octes de Murat. Il paraîtrait que, malgré le traité de FontaineL.cau, ! :Aipereur Alexandre avait été, dès le premier jour du congrès, le seul obstacle à la translation de Napoléon aux îles Açores. Louis XVIII tenait beaucoup à la déposses- Déposses- Sion de Murat, mais on avait ajourné cette question, de même Se que l'examen du titre de l’impératrice Marie-Louise au duché de Parme, accordé à elle et à son fils par le traité de Fontainebleau, mais réclamé par l'Espagne pour la reine d'Étrurie.
Alliance L’Autriche avait conclu avec Joachim Murat, comme roi ne de Naples, un traité d'alliance et de garantie mutuelle de leurs reur d'Au- États respectifs, et l’empereur d'Autriche avait non-seulement promis d'employer ses bons offices pour faire accéder ses alliés à cette garantie, mais il avait assuré au roi de Naples une acquisition de territoire du côté des États pontificaux. En outre, d’après les instructions données aux plénipotentiaires autrichiens, et communiquées au duc de Gallo le 8 Janvier 1815, l’empereur devait employer même la force pour amener le roi de Sicile à renoncer au royaume de Naples et à en ga-
Déclarations F : . é de Lord Wil. rantir la possession au roi Joachim Murat. 3 RL. Lord William Bentinck avait également, comme ministre plé-
1 Voir part. I, chap. 1, $ 23, tom. I, p. 358, ? ScnœuL, Histoire des traités, tom. XI, p. 27, 96, 115, 189, 205. 3 Martens, Nouveau recueil, tom. V, p. 38.
Chap. 1
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Chap. I.] CONGRÈS DE VIENNE.
nipotentiaire et commandant des forces britanniques dans la Méditerranée, déclaré officiellement au ministre napolitain, le 1° Avril 1814, que son gouvernement approuvait les traités atre les gouvernements autrichien et napolitain. 1
Tout était donc terminé à Vienne (Février 1815) sauf ré- «action, tout, excepté les affaires de Parme et de Naples, et M. de Talleyrand n'avait pu obtenir de Lord Castlereagh que la promesse de saisir le cabinet britannique de la question de Naples le jour de son arrivée à Londres. Quant à la question
| de laisser Napoléon à l’île d'Elbe ou de le transférer aux
Açores, on avait évité de s'expliquer catégoriquement en présence du traité du 11 Avril, auquel Alexandre croyait son honneur attaché. On allait se séparer, lorsque Murat vint au secours de ceux qui voulaient le détruire, mais qui n’en savaient pas trouver le moyen. (Croyant l’occasion bonne, il avait imaginé d’expédier au duc de Campo Chiaro (son représentant à Vienne) une note, exposant tout ce qu'on faisait contre lui au congrès; il demandait une explication formelle afin de savoir s’il était en paix ou en guerre avec les deux maisons de Bourbon, et signifiait que, dans le cas où il serait réduit à se défendre, il aurait besoin de prendre passage sur k territoire de plusieurs États italiens. L'’Autriche répondit par la réunion publiquement annonçée, de 150 mille hommes en Italie.
En même temps fut terminée la question de Parme. Le roi d'Espagne fit valoir les droits incontestables de son neveu, le roi d'Étrurie, sur le patrimoine de la quatrième branche de la maison de Bourbon. La France et le roi des Deux-Siciles se joignirent à ce monarque. Ces puissances pensaient qu’il serait dangereux pour la tranquillité de l'Europe, d'accorder une souveraineté à un enfant, à l'existence duquel les perturbateurs du repos public rattachaient leurs criminelles espérances. 2
On était gêné par le traité du 11 Avril dont Alexandre demeurait le constant défenseur. On l'avait violé cependant quant aux intérêts du fils de Napoléon, en ne donnant Parme
l Annual Register, 1814, State Papers, p. 344. ? ScnæLz, Histoire des traités, tom. XI, p. 192, 378.
Menaces de Joachim Murat,
Parme,
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Marie- Louise.
Bernadotte, prince royal de Suède,
Refus de signer du plénipotentiaire espagnol.
224 INTERVENTION. [Part II
et les autres duchés à Marie-Louise que viagèrement. Sur ces entrefaites, on apprit tout-à-coup la nouvelle de l'évasion de Napoléon et de son débarquement au golfe Juan. !
Après la déchéance de Murat, il ne restait de tous les souverains issus de la révolution française que le prince royal de Suède. Plus heureux que son ancien compagnon d'armes de Naples, il sut non-seulement s'établir comme souche d’une nouvelle dynastie et enlever la Norvège au roi de Danemarck, mais comme signataire du traité de Paris, il agit au congrès de Vienne en dernier ressort comme un des arbitres européens, La position de Gustave IV, qui revendiquait la couronne de Suède, perdue par lui à la suite de l’élevation au trône de son oncle le duc de Sundermanie, était presque identique à celle de Louis XVIII. Les légitimistes avaient bien droit de demander pourquoi il n'en serait pas pour lui de même que pour le roi de France.
L'invasion de Napoléon avait fait différer la signature de l'acte final du congrès de Vienne jusqu’au 9 Juin, mais toutes les résolutions qui avaient été prises auparavant, furent maintenues.
Le plénipotentiaire espagnol, bien qu’il eût pris part à toutes les affaires générales de l’Europe, refusa de signer l'acte final (traité du 9 Juin 1815) pour la raison entre autres, que le traité contenait une stipulation contraire à la restitution immédiate et intégrale des trois duchés de Parme, Plaisance et Guastalla, et qu'il ne pouvait admettre que les plénipotentiaires d'Autriche, de France, de la Grande-Bretagne, de Prusse et de Russie, décidassent sans son concours du sort futur de la Toscane et de Parme. ?
Par une déclaration expresse, en date du 7 Mai 1817, l'Espagne accéda pleinement et sans réserve au nom de Ferdinand VII, à l’acte final du congrès de Vienne. 5
1 Tniers, Consulat et Empire, tom. XVIII, p. 615, 625.
2 CareriGue, Congrès de Vienne, part. II, p. 1433. — Scaœut, Histoire des traités, tom. XI, p. 340.
3 Recueil espagnol par Cantillo p. 745, cité par Capeñigue. Voir le traité du 10 Juin 1817 qui détermine la reversion des duchés de Parme, Plaisance et Guastalla, dans Martens, Nouveau recueil, tom. IV, p. 416.
Chap. I.]
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Chap. I.] CONGRÈS DE VIENNE. 9295
Les délibérations du congrès ont duré du 3 Octobre 1814 au 9 Juin 1815.
Voici ce que dit Thiers des actes de ce congrès: «Ta seule différence de conduite qu’on peut apercevoir entre les puissances coalisées et Napoléon, c’est qu'elles étaient quatre au lieu d'une et qu'il fallait bien que chacune s’arrêtât où com- Tout ce qui n’était pas des quatre, ou ne les intéressait pas directement, fut partagé comme butin trouvé au milieu d'une ville prise d'assaut, Peits princes allemands, villes libres, biens de l’ordre teutonique, biens de l’ordre de Malte, principautés ecclésiastiques, anciennes républiques, furent engloutis sans pitié pour constituer leterritoire des vainqueurs ou de leurs clients.
«De politique, le congrès n’en eut qu'une, celle d° accumuler les précautions contre la France. Au lieu d’être replacée sous le sceptre des Bourbons, la France aurait été encore dans les mains du conquérant redoutable contre lequel on avait tant de représailles à exercer, tant de précautions à prendre, qu'on n'aurait pas autrement agi envers elle. » !
Jette politique a été poussée plus loin après la dernière défaite de l’empereur Napoléon. Le préambule du traité de Paris du 20 Novembre 1815 portait «que les puissances alliées ayant, par leurs efforts réunis et par le succès de leurs armes, préservé la France et l'Europe des bouleversements dont elles ‘taient menacées par le dernier attentat de Napoléon Bonaparte, et par le système révolutionnaire reproduit en France pour faire réussir cet attentat», ont signé les articles suivants. Le I de ces articles déclare que «les frontières de la France seront telles qu'elles étaient en 1790, sauf des modifications, qui se trouvent indiquées dans l’article présent. »
Le traité du 30 Mai 1814 avait fixé les frontières de la France au point où elles se trouvaient le 1% Novembre 1792 Lette fois, les dispositions relatives aux cessions à faire par la France furent faites sans l'entremise de cette puissance et par un protocôle signé de même le 20 Novembre et ayant force l'une convention. 2
Tiers, Consulat et Empire, tom. XVIII, p. 627—631. * CaPeriGue, Congrès de Vienne, part, I, p. 1595. LAWRENCE-WHEATON. IL. 15
Thiers sur le congres dé Vienne,
Délimitation des frontières de la France par le traité de Paris du 20 Novembre
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Alliance des puissances pour régler les affaires de l'Europe.
Proscription de la famille Bonaparte,
Réunions entre les quatreCours.
226 INTERVENTION. [Part. I Le jour même du traité du 29 Novembre 1815, les quatre cours, l'Autriche, la Grande-Bretagne, la Prusse et la Russie font un autre traité qui les lie avec la dynastie alors régnante en France. Elles déclarent dans le préambule, que le but de l'alliance du 25 Mars 1815 avait été heureusement atteint par le rétablissement en France de l’ordre de choses que le dernier attentat de Napoléon Bonaparte avait momentanément subverti, qu'elles considèrent que le repos de l’Europe est essentielle. ment lié à l’affermissement de cet ordre de choses fondé sur le maintien de l'autorité royale et de la charte constitutionnelle, et résolvent de donner aux principes consacrés par le traité de Chaumont du 1° Mars 1814 et de Vienne du 25 Mars 1815. l'application la plus analogue à l’état actuel des affaires.
Vu le fait que l’empereur Napoléon IIT est depuis plus de dix-huit ans le chef du gouvernement français, on peut se de. mander ce qu’est devenu l’article II du traité du 20 Novembre 1815, portant que «Napoléon Bonaparte et sa famille, « suite du traité du 11 Avril 1814, ont été exclus à perpétuit du pouvoir suprême en France, laquelle exclusion les puis sances contractantes s'engagent par le présent acte, à maine. nir en pleine vigueur, s’il était nécessaire, avec tout leurs forces. » 1
Schæll regarde les conférences qui avaient lieu à cette époque entre les quatre cours comme le commencement de cette espèce de conseil amphictyonique, qui a réglé depuis pendu tant d'années et à quelques exceptions près, tous les grank intérêts de l'Europe. Il a même été convenu par l’article VI «de renouveler à des époques déterminées, soit sous le auspices immédiats des souverains, soit par leurs ministres re spectifs, des réunions consacrées aux grands intérêts commu et à l'examen des mesures qui, dans chacune de ces époque seront jugées les plus salutaires pour le repos et la prospt rité des peuples, et pour le maiïntien de la paix de l’Europe. Les monarques, avant de quitter Paris, étaient convenus qu la première de ces réunions aurait lieu en aut#mne 1818. ?
Ce traité fut communiqué le 20 Novembre par les ministr
1 CaPeriGue, Congrès de Vienne, part. IE, p. 1637. ? ScuæLL, Histoire des traités, tom. XI, p. 562 — 564.
Chap. I.
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Chap. I.] LA SAINTE-ALLIANCE,. 9297
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des quatre cours au duc de Richelieu. Son objet, déclaraientils, avait été de donner aux principes consacrés par les traités de Chaumont et de Vienne, l'application la plus analogue aux circonstances actuelles et de lier les destinées de la France i l'intérêt commun de l'Europe. 1
v, CONGRÈS D’AIX-LA CHAPELLE, DE TROPPAU ET DE LAYBACH,.
ELémentrs, part. IT, chap, 1, $ 5, tom. I, p. 81,
Hisroire, 4° pér,, $ 22, 23, tom. II, p. 199, 200, LA SAINTE-ALLIANCE ET LES CINQ PUISSANCES.
On confond souvent, même dans les pièces officielles, la Sainte- Alliance du 14 / 26 Septembre 1815, rédigée par l’empereur Alexandre lui-même, et qui proclamait une espèce de confraternité chrétienne, avec l'alliance déjà mentionnée du 20 Novembre 1815, qui fut conclue entre les quatre puissances prépondérantes au congrès de Vienne, alliance qui constituait une espèce d’autorité suprême ct permanente pour les affaires internationales de l'Éurope. A cette dernière alliance, la France ne fut admise qu'après l'évacuation de son territoire.
L'empereur Alexandre, en proclamant le 6 Janvicr 1816, (25 Décembre 1815) l'alliance entre lui, François I‘ et Frédéric-Guillaume, à laquelle les autres puissances étaient également invitées à accéder, disait: «Par cette alliance, nous ous engageons mutuellement à adopter dans nos relations, soit entre nous, soit pour nos sujets, comme le seul moyen propre à la consolider, le principe puisé dans la parole et la doctrine de Notre Sauveur Jésus-Christ. » ?
A ce traité du 14 / 26 Septembre, presque tous les États chrétiens de l'Europe, la Grande-Bretagne exceptée, donnèrent
1 CareriquE, Congrès de Vienne, part. IX, p. 1639. ? Marrens, Nouveau recueil, tom. II, p. 656.
Traité du 20 Novembre 1815 com muniqué au
Due de Richelieu
Sainte-A lliance du 14/26 Sup terubre, et alliance du 20 Novembre