‹ Commentaire sur les Eléments du droit international et sur l'Histoire des progrès du droit des gens de Henry Wheaton [microforme] (volume 3)Chapitre 75 sur 138 · RD · texte numérisé non relu

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Abdication de Victor- Emmanuel If,

Déclaration de Charles- Félix contre la constitution.

Le princcrégent Charles-Albert renonce à ses fonctions le 23

Mars.

Armée autrichienne en Piémont.

236 CONGRÈS DE LAYBACH, [Part. IT, napolitaine atteignait son terme, par suite de l'attaque inopportune dirigée à Rictri contre les Autrichiens, une autre révolution éclatait dans le Piémont. Le roi Victor-Emmanucl I ne pouvait espérer de comprimer le mouvement poli. tique, mais ne voulant non plus lui céder, il prit la résolution d'abdiquer, ce qu'il fit le 13 Mars 1821. Le duc de Gênes, frère du roi et héritier légitime de la couronne, étant alors hors du royaume, Victor-Emmanuel nomma le prince de Carignan (depuis roi lui-même sous le nom de Charles-Albert) régent du royaume, en lui conférant toute son autorité. La constitution espagnole fut promulguée le 13, d’après une résolution du prince-régent.

Cependant le nouveau roi Charles-Félix, esprit honnûte mais étroit et inflexible et que rien ne gênait dans ses dispositions absolutistes et autrichiennes, fit une déclaration à Modène, en date du 16 Mars, disant «qu’il regarderait toujours comme rebelles tous ceux des sujets du roi qui se seraient permis ou se permettraient, soit de proclamer une constitution, soit de faire quelque innovation contraire à la plénitude de l’autorité royale. »

Le 23 du même mois, le prince-régent, qui avait quitté la ville pendant la nuit du 21 au 22, envoya à Turin une déclaration par laquelle il renonçait à ses fonctions, «donnant», disait-il, «l'exemple de la plus respectueuse obéissance à la volonté du souverain. »

Sur la demande formelle du roi Charles-Félix, un corps autrichien de quinze à vingt mille hommes s'était réuni sur la rive gauche du Tessin pour prévenir une incursion subite des insurgés piémontais. Cette armée effectua le passage de la rivière sur divers points pendant la nuit du 7 au 8 Avril. Le général autrichien annonça que l’armée impériale ne franchissait le Tessin que dans l’unique but de soutenir l’armée du souverain légitime. Dans une affaire qui eut lieu le 7, les Piémontais montrèrent plus de courage que n’en avaient montré les Napolitains peu auparavant, mais ils s’en tinrent à cet unique effort.

Le nouveau roi était resté à Modène jusqu’au rétablissement de l’ordre, mais au lieu d’une amnistice générale qui, dans les temps modernes, est généralement accordée en pareils cas, un

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Chap. I] RÉVOLUTION DU PIÉMONT. 231

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du 26 Avril, d’une délégation royale ou commission mixte ci- "+ ces de ile et militaire chargée de poursuivre criminellement les ‘°": principaux chefs ou fauteurs de la révolution. !

On trouve dans la déclaration publiée au nom des cours péctaration d'Autriche, de Prusse et de Russie, lors de la clôture du con- "pative au grès de Laybach, le 12 Mai 1821, ce qui suit: «Au moment même où leur généreuse détermination s’accomplissait dans le royaume de Naples, une rébellion d’un genre plus odieux encore, s’il est possible, éclatait dans le Piémont. Le plan d'une subversion générale était tracé. Les souverains alliés avaient reconnu les dangers de cette conspiration dans toute leur étendue, mais ils avaient pénétré en même temps la faiblesse réelle des conspirateurs à travers la voile des apparences et des déclarations. La résistance que l'autorité légitime a rencontrée, a été nulle, et le crime a disparu devant le glaive de la justice. Uniquement destinées à combattre et à réprimer la rébellion, les forces alliées, loin de soutenir aueun intérêt exclusif, sont venues au secours des peuples subjugués et les peuples en ont considéré l’emploi comme un appui en faveur de leur liberté et non comme une attaque contre leur indépendance.

«Au milieu de ces graves conjonctures et dans une position aussi délicate, les souverains alliés, d'accord avec le roi dès Deux-Siciles et avec le roi de Sardaigne, ont jugé indispensable de prenare les mesures temporaires indiquées par la prudence et prescrites par le salut commun. Les troupes des alliés, dont la présence était nécessaire au rétablissement de l’ordre, ont été placées sur les points convenables. » ?

L'occupation militaire autrichienne des États sardes dura Terme de deux ans et demi. La convention du 14 Décembre 1822, con- no lue à Vérone, en fixa le terme au premier Octobre 1823, *

Lors de notre premier voyage en Italie, en 1822, nous sûmes occasion d’être témoin, dans les pays soumis à l’Au-

1 Lesur, Annuaire, 1821, p. 356.

? Jbid., 1821, p. 642, 648. Joid., 1822, p. 706. — MaRrTens,

Nouveau recueil, tom. V, p. 658.

‘og Cussvx, Précis historique, p. 297.

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238 LE PIÉMONT ET L'AUTRICHE. [Part. II,

triche et dans ceux reconnus indépendants, à Milan et à Venise, de même qu’à Naples et à Turin, de la tristesse universelle produite par l'exil ou l’emprisonnement de la plupart de ses plus éminents citoyens, coupables d’avoir aspiré prématurément à cette autonomie et à cette indépendance italienne, que nous avons vues s’accomplir 38 ans plus tard.

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