LE PIÉMONT ET L'AUTRICHE
D'autres événements appartenant au sujet de cette section et qui sont arrivés depuis que Wheaton a revu son ouvrage en dernier lieu, semblent demander une notice spéciale.
Nous aurons occasion de rapporter ailleurs ! les diverses causes qui empêchèrent la révolution française de 1830 de
Mouvements S’étendre au delà de la Belgique, Les mouvements qui écla-
das. tèrent en 1831, à Modène et dans la Romagne, ne furent que
ve. des tentatives impuissantes ct d'autant plus éloignées de la réussite qu’elles coïncidaient avec l’apaisement de la première ébullition révolutionnaire en France. Ces insurrections éphtmères furent aisément réprimées avec l’aide que l'Autriche était prête à accorder aux États secondaires de l'Italie avec
Influence de lesquels il existait des traités de garantie réciproque. Par ces
l'Autriche. traités, l'Autriche exerçait en effet une sorte de protectorat sur ces divers États.
Le Piémont. : De tous les États de l'Italie septentrionale, le Piémont seul avait préservé son droit égal de souveraineté vis-à-vis de l’Autriche. Les États sardes avaient joui de leur indépendance et avaient maintenu leur autonomie, si l’on en excepte les années d'occupation française, de 1796 à 1814. Le 27 Avril
Charles 1831, Charles-Albert était monté sur le trône. C'était ce AUetE prince qui, ayant été nommé régent du royaume lors de l'abdication forcée de Victor-Emmanuel 1°", avait fait proclamer, pendant son administration d’une semaine, la constitution de 1821, et avait dû se retirer ensuite devant les mesures absolutistes de Charles-Félix. Quoique pendant le temps de son exil, il eût pris part à la campagne d'Espagne dans les rangs de l’armée française et eût paru dans les premières années de
1 Voir $ 11 ifra.
Chap. |
son règ Italie, | dépend que so] l'Autri risme q ennemis Italie s' l'armée sions le Depu et à Na) d'occasi tiques.
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[Part. I,
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Chap. I. LE PIÉMONT ET L'AUTRICHE. 239 P
son règne se ranger à la politique que suivait l'Autriche en Italie, Charles-Albert avait toujours eu en vue l’œuvre de l’indépendance nationale et de l'unité italienne. Il était convaincu que son vœu ne pouvait se réaliser que par l'exclusion de l'Autriche. Il voulait supprimer en même temps le carbonarisme qu'il considérait comme plus dangereux encore que les ennemis étrangers. Et lorsque la propagande de la jeune Italie s'était fait sentir en 1833 à Gênes, à Chambéry et dans l'armée même, elle avait été subitement arrêtée par les répressions les plus sévères.
Depuis quelques années, à Venise, de même qu’à Florence et à Naples, les réunions littéraires et scientifiques servaient d'occasion pour aborder les questions économiques et politiques. En 1846, les commissions militaires avaient été aboles dans lies Deux-Siciles. Dans les États sardes et dans la Toscane, de grandes améliorations avaient été introduites dans l'instruction publique; à Rome, où un pape libéral était sorti du conclave du 17 Juin 1846, la haïne du nom autrichien et l'espérance de la liberté pour l'Italie se mélaient à la joie causée par l'attitude du Saint-Siége. 1
A cette époque, la question de nationalité et la question religieuse ne luttaient pas l’une contre l’autre. Charles-Albert n’hésitait pas sur le büt, il hésitait sur les moyens, sur l'heure, sur la nature extraordinaire de ce mouvement qui emportait l'Italie; mais quand Pie IX protestait contre l'occupation de Ferrare pars l'Autriche, ? le roi de Sardaigne faisait savoir
1 Lesur, Annuaire, 1846, p. 441.
? L'acte final du congrès de Vienne, du 9 Juin 1815, Art. CII, $ 3, porte «que Sa Majesté Impériale et Royale apostolique et ses successeurs auront droit de garnison dans les places de Ferrare et Commachio.» On s’est demandé toutefois si ce droit pouvait aller jusqu'à méconnaître la souveraineté de la cour de Rome, et si la faculté de tenir garnison devait dégénérer en une occupation militaire, ou plutôt en une véritable invasion. Lesur, Annuaire, 1847, p. 480. Les Autrichiens n'avaient pas cessé d'occuper la citadelle de Ferrare et ils y avaient une garnison au commencement de la guerre, Le 14 Juin 1848, un corps de 5000 hommes traversa le Pô et se porta sur Ferrare. Cette vilie a été occupée par l'Autriche jusqu'en 1859.
Réformes de
Le pape et Ferrare.
Démèêlé commercial de
Charles-Albert avec l'Autriche,
Union douanière entre le Piémont, Rome et la Toscune,
Statuto romano 15 Mai 1848,
240 MOUVEMENT EN ITALIE, [Part. II,
que, si le pape avait besoin de secours, il était prêt à combattre jusqu’à extinction. !
Ce fut cette occupation de Ferrare, le 17 Juillet 1847, et énergique protestation du Saint-Siège à ce sujet, qui, d’après l'historien des événements de cette époque auxquels il prit lui-même part, donna, pour ainsi dire, le signal de la guerre contre l'Autriche. ?
Charles-Albert était, avant la guerre, engagé avec l'Autriche dans un démêlé commercial rapidement aggravé. % La simple question des sels du Tessin n'avait pas seulement remué les esprits dans le Piémont, elle était allée particulièrement reten. tir en Lombardie, en réveillant les pensées de 1821. Le roi choisissait un moment favorable pour éloigner du ministère des affaires étrangères, le comte Solaro della Margherita, et avec celui-ci disparaissait du conseil le dernier élément absolutiste, C'était le 9 Octobre 1847, ct le 30, la gazette officielle publiait une série de décrets de réformation qui simplifiaient l'administration de la justice, instituaient la publicité dans les causes criminelles, créaient un tribunal de cassation en abolissant les juridictions exceptionnelles, posaient les bases d’une organisation nouvelle des municipalités et des provinces, fondée sur l'élection, ct réglaient l’action de la police. + Rome, la Toscane ct le Piémont se liaient par une union douanière qui, dans les circonstances où on se trouvait, était comme la pierre d'attente d'une alliance politique. Des réformes libérales étaient inaugurées dans toute la péninsule italienne. Quoique le statuto romano ne fût promulgué que le 15 Mai 1848, un conseil d'État et une représentation communale pour la ville
1 Cn. De MazaDE, Revue des Deux Mondes, 15 Juin 1854, p. 1108, ? Urroa, Guerre de l'indépendance italienne, tom. I, p. 5.
$ [1 y avait un vieux traité de 1751 entre l'Autriche et le Piémont, par lequel les États sardes renonçaient au commerce actif des sels avec les cantons suisses, obtenant de l'Autriche le libre transit par la Lombardie des sels qu'ils tiraient de Venise Le Piémont ne tirait plus de sel des États vénitiens: la première cause du traité disparaissant, le traité conservait-il la même force? Toujours est-il que la cour de Turin accordait au Tessin le transit des sels de France. Par représaille, le conseil aulique frappa d’un droit exorbitant les vins piémontais à leur entrée en Lombardie.
4 Turorri, Storiu d'Italia, vol. EF, p. 786.
Chap. 1
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LAWRENCE
Part. IT,
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54, p. LIUS, D.
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Chap. I.] RÉVOLUTION DE MILAN ET DE VENISE. 241
de Rome avaient été établis par le pape et mis en vigueur déjà en 1847. A la suite d’une insurrection qui avait éclaté en Sicile, le roi de Naples, soit pour désarmer le mouvement, soit pour arrêter l'agitation qui régnait autour de lui, avait promis une constitution, le 29 Janvier 1848; eile fut proclamée le 10 Février. Le 8 Févricr de cette même année, Charles- Albert promulguait les dispositions essentielles qui sont devenues le statuto de l'Italie. La nouvelle de la révolution, qui venait d’éclater à Paris le 24 Février, parvint à Turin au moment où le roi assistait à une manifestation qui avait lieu le 27 Février pour la convocation de la garde civique. A l'exemple du roi de Naples et du roi de Sardaigne, le grandduc de Toscane introduisit le 11 Février 1848 le gouvernement représentatif dans ses États.
Les mouvements en Italie, loin d’avoir été produits par la révolution française de 1848, devancèrent celle-ci.. M. Guizot, dernier ministre de Louis-Philippe, revenait plus d’une fois sur ces mouvements dans ses dépêches, et s'adressant le 25 Août 1847 au comte Rossi, à Rome, il conseille au pape de la modération dans ses réformes, regrettant en même temps que l'affaire de Ferrare ait été portée de prime abord devant le public. Dans une dépêche du 18 Septembre 1847 au ministre français à Turin, M. Guizot s'exprime ainsi: «Les populations italiennes rêvent pour leur patrie des changements qui ne pourraient s’accomplir que par le remaniement territorial et le bouleversement de l’ordre européen, c’est-à-dire par la guerre et les révolutions. Les hommes même modérés n’osent pas combattre ces idées, tout en les regardant comme impraticables, et peut-être les caressent eux-mêmes au fond de leur cœur avec une complaisance que leur raison désàavoue, mais ne supprime pas.» 1
Le 17 Mars 1848 arrivait à Milan la nouvelle de la révolution de Vienne, dans laquelle avait disparu le prince de Metternich. Le 18, les Milanais ouvraient la lutte. Un combat de cinq jours réduisait le maréchal Radetzki à se retirer sur Vérone au milieu des populations soulevées, et laissait les Milanais maîtres d'eux-mêmes. Venise secouait, le 22 Mars,
1 Lesur, Annuaire, 1847, app., p. 126, 130. — Voir Guizor, Memoires, tom. VIII, p. 329 —416.
LAWRENCE-WHEATON. Il. 16
Constitution de Naples,
Statuto sardo,
Dépêches de Guizot sur les mouvements italiens,
Dépêche du 25 Août 1347 au comte Rossi,
Du 18 Septembre 1847 au ministre français à Turin.
Révolution de Vienne en Mars 1848.
Révolution de Milan, le 18 Mars 1548,
De Venise, le 22 Mars.
242 MOUVEMENT EN ITALIE, [Part, 1,
le joug autrichien. La question de l'indépendance surgissait dans toute l'Italie et allait se poser naturellement d'abord à Turin, non plus sur le terrain pacifique, mais sur le terrain bien autrement redoutable de l’action. Tandis que les prêtres prêchaicnt la croisade contre le barbare tudesque, les femmes jetaient des fleurs, distribuaient, des cocardes, et, jusque dans les camps, des patriciennes venaient se mêler au bruit des Troupes di: armes, De tous les points de l'Italie, des contingens mar-
rigées vers
ln Lombare Chaient vers la terre lombarde, Un corps napolitain partait ent du fond de la péninsule sous les ordres du vieux général delai Popé, ancien officier de Joseph et de Murat et généralissime des armées napolitaines en 1820. Les troupes pontificales se dirigeaient vers le Pô, commandées par le général Durando, qui dans une de ses proclamations rappelait le serment de Pontida béni par le pape Alexandre II, et répétait le vieux mot: «Dieu le veut!» Le général d’Arco-Ferrari, bientôt remplacé par le général Laugier, conduisait une division toscane, composée de soldats réguliers et de volontaires de Flo- Bataillons de rence où de Pise. Parme et Modène envoyaient leurs batail- Pau. lons. En Lombardie, des légions de volontaires se formaient. LS En réalité cependant, où était la véritable force, le nerf de la Armée pié- guerre, si ce n’est dans l’armée piémontaise, disciplinée, obéissante et animée d’un même esprit? Sans l’armée pitmontaise, il y aurait eu des insurrections, il n'y aurait point eu de gucrre.
Premier Le 8 Avril, l’armée piémontaise livrait son premier combat Avril 1848, Ct poussait victorieusement devant elle les impériaux. En quelques jours, elle s’aguerrissait par plusieurs engagements heureux, et elle se trouvait entre le Mincio et l’Adige. Premierpar- Le 8 Mai, le premier parlement constitutionnel de Piémont pont et de Sardaigne fut ouvert par le prince Eugène, comme lieudette tonant-général du royaume. Le prince adressa aux sénateur Discours €t aux députés un discours qui inaugurait le régime repr senouverture tatif, L'unité italienne y était patronée en ces t «Les partis divisés tendent tous les jours à se rappro , €t nous avons le ferme espoir qu’un commun accord liera vientôt des
peuples destinés par la nature à former une seule nation.» !
1 Lesur, Annuaire, 1848, p. 546.
Les ment Craign Albert tuant avant dance ] ennemi qui neu nexion
Un « guerre Avril.
mier in nistre, ] demande prélat 6 fallait l'Italie.
elle ne
était de l'Église, arrière-] troublée soit enfi provoqui qui étai Alexandi tôt après avec lan pontifica:
‘ait por l'âme rel:
émotion.
Le 15 parlemen
1 Cu, 1
[Part. 1], Chap. I.] LE PIÉMONT ET LE PAPE. 243
surgissait Les différents États de la péninsule devaient malheureuse- Manque d'abord à ment bientôt cesser de coopérer à l'œuvre de l'unité italienne. """** le terrain Craignant peut-être d'être absorbés dans les États de Charles-
*s prôtres Albert, ils désiraient avec le pape une ligue fédérative consti-
»s femmes tuant une autorité collective. Le royaume de la Haute-Italie
sque dans avant d'exister trouvait un ennemi dans l'esprit d'indépen-
bruit des dance locale poussé jusqu’à la plus extrême jalousie. Un autre
jens mar- ennemi plus redoutable encore, c'était le parti de la république
in partait qui neutralisait la tendance monarchique favorable à une an-
X général nexion immédiate de la Lombardie au Piémont.
éralissime Un des premiers coups portés au caractère moral de la Enogelique ificales se guerre de l'indépendance avait été l’encyclique du pape du 29 au 29 Avril, Durando, Avril. Pie IX avait semblé bénir les armes italiennes au pre-
erment de mier instant. Ses troupes marchaïent sur le PÔ. Son mi-
, le vieux nistre, Mgr. Corboli, avait suivi Charles-Albert au camp. A la
i, bientôt demande d’une ligue fédérative entre les États italiens que le Ligue fédévision tos- prélat était chargé de négocier, le Piémont avait répondu qu’il OU es de Flo- fallait d’abord songer à l'indépendance avant d'organiser P“P° is batail- l'Italie. Cette raison ne laissait point d’avoir son poids, mais formaient. elle ne répondait pas à la pensée du souverain pontife, qui
nerf de la était de ne point se mettre directement en guerre, lui chef de
isciplinée, l'Église, avec un État catholique. Soit qu'il crût voir quelque rmée pié- arrière-pensée dans le refus du Piémont, soit que son âme fût rait point troublée, uniquement par le scrupule religieux qui l’agitait, soit enfin qu’il redoutât un schisme nouveau en Allemagne, er combat provoqué par son intervention, Pie IX lançait son encyclique pie 1x dés-
avoue la
jaux. En qui était un désaveu de la guerre et de ce rôle d’un guerre.
gagements Alexandre III que lui avait décerné le général Durando. Biendige. tôt après, il est vrai, il cherchait à concilier son scrupule e Piémont avec la nécessité qui parlait plus haut, en mettant les troupes mme lieu- pontificales sous les ordres de Charles-Albert; mais le coup sénateur Mait porté, le prestige n'existait plus aux yeux du monde, et repr' sen- l'âme religieuse de Charles-Albert en ressentait une profonde « Les émotion. 1 , €t nous Le 15 Mai, le roi de Naples devait ouvrir en personne le Le 15 Mai ientôt des parlement :national, afin que celui-ci s’occupât des modifica- à Naples, tion.» !
1 Cu, pe Mzane, Revue des Deux Mondes, 1% Juillet 1854, p. 10, 11,
244 MOUVEMENT EN ITALIE. [Part. II
Chap.
tions à apporter à la constitution, conformément au programme ministériel accepté par le roi, le 3 Avril. Le gouvernement R au Pié
avait nommé cinquante pairs parmi les noms désignés ad hoc par les suffrages des colléges électoraux. Cependant le parti libéral exalté était loin d'être satisfait; il était prévaré à une
proviso résulta
; À ise lutte armée, et, dans la nuit du 14 eu 15, de nombreuses Le r' d i see Se à à a barricades étaient élevées dans les rues de Naples. Un officier que | 6 ; ue triona suisse tomba frappé par les balles de la garde civique. Ce fusi À usion
fut le signal d’une fusillade terrible, mêlée de coups de canon, 1 qui dura jusqu’à la nuit. La victoire resta finalement aux troupes du roi. Ferdinand II maintint néanmoins la constitution du 10 Février, et nomma un ministère composé d'hommes de l’opinion libérale modérée. La garde nationale de la capitale fut dissoute.
Consé- Les conséquences des actes de la démocratie furent graves
sardes présidé à ce vot
Ceper de Charl Juillet, 1
quences des a k bardie, actes de la pour l'Italie septentrionale. 20,000 hommes de bonnes troupes À démocratie changée
à Naples. 6taient sur ie point d'aller renforcer le contingent napolitain en Lombardie; ce corps fut retenu. Un corps d'armée napolitain, fort de 10,000 hommes, était déjà à Ferrare le 22 Mai. Ce corps fut rappelé; mais le générai Pepé résista et entraîna les tronpes à passer le Pô. Un ordre de rappel fut également
core par çait vain pension « du minis
£A re Li murs de envoyé à l’escadre napolitaine, (C’était encore là une grande doté Ére É : ernière ressource enlevée à la défense. Le 22 Mai, l’escadre sarde il AS ME OT É PPT EAN pl rice pou s'était réunie, en vue du Lido vénitien, à l’escadre napolitaine P« LEA : AMEL nes : Le devenaier et à l’escadrille de Venise, et ces forces réunies avaient npéré ÉSet , s , é $ situation.
le blocus de Trieste. Là se trouvait engagée la marine au- Le 4 Mao Te e trichienne, de beaucoup inférieure en nombre. Le 27 Mai, : | k rolongé
par suite du départ de l’esc::!re napolitaine, le blocus dut être levé,
Victoire Le 30 Mai cependant se livrait la bataille de Goïto, le point Gates so culminant de la campagne. Les Piémontais restaient victo- Rt. rieux, et cette victoire décidait la reddition de Peschiera, qu'il Peschiera. avait fallu assiéger en règle, mais dont la capitulation était
devenue nécessaire par l'impossibilité de recevoir des secours. Il ne restait plus aux Autrichiens en Italie que quelques for-
teresses, et le sol qu’ils avaient sous leurs pieds.
La ligne « même que pectifs. Le et de Mod schiera, R:
l'escadre s:
Les commi 11 Août, j.
Hg ARR A ; | considérer Annexions La victoire de Goïto jetait un nouvel éclat sur la couronne Det Piémont. À R 4 r + . ycrail mo sarde au moment même où allait se décider la question de MaR'EN
gouvernement pour la Lombardie. Le dépouillement des votes, Fo pe DE, Revu
Part. II,
Chap. I.] LE PIÉMONT ET L’AUTRICHE. 245 pgramm R Nr ; Le 1 presque unanimes pour la réunion immédiate de la Lombardie 2rneme 8 d'a :
! se au Piémont, se fit à Milan, et, le 4 Juin, le gouvernement S au hoc
provisoire lombard proclama solennellement l’acte d'union. Ce résultat, déjà précédé par l’adjonction à la famille piémontaise, de Parme, de Reggio et de Modène, n’attendait plus
t le parti ré à une
breuses UE ; Pa Ê ff " que l'adhésion d’une partie du futur royaume italien septen- C . LA f ° . hI .
y u trional, la Vénétie. Quelques jours après, le 3 Juillet, la que. 4 i ar à ; .
: ; fusion de la province de Venise avec la Lombardie et les États e canon, À ; È NRC t , sardes fut résolue par 127 voix contre 6. M. Manin, qui avait nt aux Re : ‘ ; fé ge : présidé le gouvernement depuis son installation, s’associa constitu- : à ce vote.
d'hommes , ; ; , bi Cependant l’heure des revers devait sonner pour l’armée e la capi-
de Charles-Albert. A la victoire de Goïto repondait, le 26 Juillet, la défaite de Custozza; à l'entrée triomphale en Lombardie, une retraite d’abord assez régulière jusqu’à Milan, puis changée en retraite désespérée que les vaincus illustraient en-
nt graves es troupes
litain Nes 4
sd core par trois jours de combats, et que Charles-Albert s’effor- } NAPO- cNbeE SA MÉNARE çait vainement de suspendre en tentant de négocier une susle 22 Mai. à ; : : k ‘ F MER j pension d'armes d’abord directement, puis par l'intermédiaire
t entraina on x A k ; é du ministre anglais. Le 8 Août, le roi se trouvait sous les également
| murs de Milan, suivi par les Autrichiens, et le 4 il livrait la dernière bataille de la campagne. Une capitulation protectrice pour la ville et un armistice pour l’armée piémontaise devenaient, après cette bataille, les conditions fatales de la situation.
Le 9 Août fut signé un armistice de six semaines qui fut prolongé de huit en huit jours jusqu’à la reprise des hostilités. La ligne de démarcation entre les deux armées devait être la mème que celle qui avait existé jusque là entre les États respectifs. Les Piémontais devaient abandonner les duchés de Parme et de Modène, ainsi que la ville de Plaisance, les places de Peschiera, Rocca d’Anfo, Osoppo, le port et le territoire de Venise; l'escadre sarde, qui bloquait Trieste, devait quitter l’Adriatique.! Les commissaires piémontais à Venise déclarèrent cependant le 11 Août, jour où leur parvint la nouvelle de l'armistice, qu'ils considéreraient leur mandat comme terminé, et que Venise se trouverait dans les conditions où elle était avant son annexion au
ne grande dre sarde hapolitaine ient Apéré marine aue 27 Mi, us dut être
o, le point ent victoiera, qu'il ation était bs SECOUTS.
lques for-
b couronne uestion de
des votes, 1 Manrens, Nouveau recueil général, tom. XII, p. 471. — Cu. ne Ma-
ZADE, Revue des Deux Mondes, 1% Juillet 1854, p. 20
Revers «e Charles- Aibert,
Bataille de Custozza,
Bataille sous les murs de Milan,
Armistice le 9 Août 1845.
Conduite des vommissaires sardes à Venise,
246 MÉDIATION DE L'ANGLETERRE ET DE LA FRANCE [Part. II,
Piémont; que l'acte d’annexion n’était plus obligatoire, attendu qu’il était spécifié dans la convention qui l’accompagnait qu’on ne pourrait disposer du sort du pays sans le consentement de la consulte. Le roi Charles-Albert ayant :ipulé la reddition de Venise sans avoir ce consentement, l’annexion au Piémont devait être considérée comme nulle et la souveraineté de Venise regardée comme existant de fait. 1
Fulfane di Après les désastres de l’armée sarde et la suspension
vel-Pinelli. d'armes qui s’en était suivie, la politique du cabinet Revel-Pinelli qui avait remplacé le cabinet Casati-Gioberti, le 19 Août 1848, pouvait se résumer ainsi: accepter l'armistice Salasco, négocier avec le concours de l'Angleterre et de la France, maintenir le plus possible l'annexion de la Lombardie sans y subordonner l'intérêt piémontais, réorganiser l’armée, et, à toute extrémité, choisir son heure pour combattre, si la lutte redevenait inévitable.
Bssode Line Un des premiers éléments de la situation, ce fut l’interven-
étrangère. tion étrangère sous la forme d’une médiation de l'Angleterre ct de la France. Elle prenait pour base une proposition faite par l'Autriche alors que le sort des armes était encore favorable à Charles-Albert, et communiquée en même temps à Milan et à Londres. La lettre suivante adressée le 5 Avril 1848,
Le ministre par M. de Ficquelmont, ministre des affaires étrangères
des affaires : KE
étrangères d'Autriche, à l'ambassadeur autrichien à Londres nous fera
d'Autriche F RS ALES à l’ambasaa- Connaître cette proposition: «J'ai dit à Lord Ponsonby que les
deur au- , HR ET PS : ° trichien à difficultés intérieures étaient notre affaire; que nous nous en
sis, tirerions comme nous pourrions; mais que, si le gouvernement de Sa Majesté britannique adhérait encore à la vicille alliance
qui pendant si longtemps a fait la base des relations de nos
L'Autriche deux gouvernements, il lui serait possible de nous assister dans l'assistance OS difficultés extérieures; que le mouvement général qui s’est dates die emparé de la péninsule italienne avait enveloppé nos provinces: he que la guerre que nous avions à faire en Italie réagirait ici FRS d'une façon très-embarrassante pour nous. ‘C'est le côté de vos affaires qui nous occupe le plus, m’a dit Lord Ponsonby,
parce que l'Italie peut devenir l’occasion d’une guerre générale:
le gouvernement de la république française aura besoin d'une 8 pubnq 1
1 ULLoa, Guerre de l'indépendance italienne, tom. IL, p. 135.
Chap.
guerre fournis «Lo sur le :
que le avait c envahi sur leu de sour l'assura nos fron «La bardie € sion d’a fication.
Le 12 merston verneme complète prendror détail à demain c un ou de «Les .
vice-roi de tout a de stabili de Modèr de Modèr l'Autrich est assuré tivement tribueraie
| de l'assist
triche est ritoire véi et pour 1 Ce qui em entrer en
Part. Il,
, attendu ait qu'on ement de reddition | Piémont té de Ve-
uspension Revel-Pie 19 Août e Salasco, a France, die sans y née, et, à si la lutte
l’intervenigleterre et n faite par favorable à Milan et à ril 1848, étrangères nous ferà nby que les bus nous el vernement Ile alliance ons de n0$ ssister dans al qui s'est provinces; éagirait ici le côté de Ponsonby, e générale:
esoin d'une
| de Modène.
Chap. I.] EN FAVEUR DE L'ITALIE.
guerre pour se soutenir: nous souhaitons que vous ne lui en fournissiez pas le prétexte en Italie.”
«Lord Ponsonby appréhendeit que si la guerre nous amenait sur le territoire piémontais, la France n’intervint. Je lui dis que le soulèvement générai du royaume lombardo-vénitien avait changé l’état de la question; que les Piémontais avaient envahi la Lombardie; que si nous réussissions à les refouler sur leur propre territoire, nous aurions suffisamment à faire de soumettre et de pacifier nos propres provinces, et que je l'assurais d’avanc: ‘ue nous ne poursuivrions pas au delà de nos frontières les -“:cès que nous pourrions obtenir.
«La position que l’armée autrichienne a prise entre la Lombardie et le territoire vénitien, aura pour résultat une suspension d'armes momentanée dont on va tirer parti pour la pacification. »
Le 12 Mai, Lord Ponsonby écrivait à son tour à Lord Palmerston: «Le comte de Ficquelmont m'a déclaré que le gouvernement autrichien est prêt à accorder aux Lombards la complète jouissance de leur indépendance, à la condition qu'ils prendront certaines mesures qui seront communiquées en
détail à Votre Seigneurie par le baron Hummelauer, qui part
demain de Vienne pour Londres.
un ou deux des points principaux.
«Les Autrichieus proposent que les Milanais nomment ‘un vice-roi héréditaire’ totalement indépendant de l'Autriche et de tout autre pouvoir: héréditaire seulement comme garantie de stabilité. Ils devront faire choix du second frère du duc de Modène qui apportera comme en dot une portion du duché Parme serait aussi incorioré à la Lombardie, l'Autriche abandonnant le droit éventuel de réversion qui lui est assuré par les traités. Les Lomb."ds assumeraiïent définitivement une certaine portion de la dette autrichienne, et contribueraient aussi dans une certaine proportion aux dépenses
Je vais donc me réduire à
| de l'assistance militaire qu’on pourrait réclamer d'eux. L'Au-
triche est disposée à tout abandonner, sauf les parties du territoire vénitien qui sont nécessaires pour la défense du Tyrol, et pour la liberté des communications entre Vienne et Trieste. Ce qui embarrasse l'Autriche, c’est de ne point voir avec qui entrer en négociations sur ces bases, et elle désire que le gou-
Lord Ponsonby à Lord Palmerston le 12 Mai
248 MÉDIATION DE L’ANGLETERRE ET DE LA FRANCE [Part]
vernement de Sa Majesté lui facilite cette portion de sa tàche, et lui offre ses bons offices etc. »
M. de Hume Le 23 Mai, M. de Hummelauer adressa une note à Lord melauer à je Lord Pa- Palmerston, lui faisant connaître sur quelle base le gouverneee ment autrichien réclamait l'intervention amicale du gouverne. ment de la reine. «Le royaume lombardo-vénitien», dit-il, «continuerait à être sous la suzeraineté de l’empereur. I] Administra- Tecevrait une administration distincte de celle du reste de du ds l'empire, entièrement nationale, et dont les bases seraient 1ombardo- réglées par les représentants du royaume eux-mêmes, sans nie aucune intervention de la part du gouvernement impérial. »
M. de Hummelauer dit plus loin: «L’invasion de nos provinces par une armée piemontaise et par les troupes et les bandes du reste de l'Italie, est calculée pour attirer la France en Italie. Si demain les Français passent les Alpes et entrent en Lombardie, nous n’irons pas à leur rencontre. Nous commencerons par garder notre position à Vérone et sur l’Adige. Si les Français viennent nous y chercher, nous nous retirerons vers les Alpes et l'Isonzo, maïs nous n’accepterons pas de bataille; nous ne mettrons pas obstacle à l'entrée et aux progres des Français en Italie. Ceux qui les y auront appelés ferant pour la seconde fois l'épreuve de leur intervention, Pe’sonne ne viendra nous chercher derrière nos Alpes, et nous demeurerons spectateurs des conflits dont l'Italie sera le théâtre. »
M, de Hume Le lendemain, 24 Mai, M. de Hummelauer adressait à Lord 24 Mai 1848. Palmerston une nouvelle note dans laquelle il disait: «La Le Lémbar- Lombardie cessera d’appartenir à l'Autriche, et sera libre soit de rester indépendante, soit de s'unir avec tout autre État italien qu’il lui conviendra de choisir. D'un autre côté, elle prendra à sa charge une part proportionnelle de la dette nationale de l'Autriche. Cette part sera transférée définitivement et irré- L'État vént- vocablement à la Lombardie. L'État vénitien demeurera sous sous, la sou la souveraineté de l’empereur.» Les conditions étaient essenl'empereur, tiellement les mêmes que celles proposées pour tout le royaume lombard.
Note du 26 Le 26 Mai, le même ministre écrit encore à Lord Palmerston: « Sir Robert Abercromby regarde l'abandon par l'Autriche de
Î LESUR, Annuaire, 1849, app., p. 190, 191, 192.
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