LES ÉTATS-UNIS, LE MEXIQUE ET LE TEXAS
C’est en 1825 seulement, ct après La chute de l'empire d'Iturbide, que la légation des États-Unis au Mexique a été définitivement établie. Le 12 Janvier 1828, un traité de limites fut conelu entre les deux États %; mais avant qu'il eût été mis à exécution, la séparation du Texas le rendait sans objet. Le 5 Avril 1831, une convention de commerce fut également conclue.
Les messages annuels des Présidents des États-Unis ne cessèrent, à partir de cette époque, de faire mention des luttes intestines dont le Mexique était le théâtre, et qui s’opposaient à toute entreprise industrielle.
1 Voir HaurTereuiLze, Droits des nations neutres, 2° édit., tom. I, p. 274. Voir aussi part. IV, chap. 11, $ 28 infra.
? Lesur, Annuaire, 1839, app., p. 23, 25, p. 130, 131.
8 Voir Martens, Nouveau recueil, tom. XII, p. 264.
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Chap. I.] LE MEXIQUE ET LE TEXAS.
Dans son message de Décembre 1836, le président Jackson, après avoir parlé de la neutralité observée par les États-Unis dans la lutte entre le Texas ct le Mexique, annonçait que lenvoyé extraordinaire de ce dernier pays avait quitté Washington, uniquement parce que les devoirs du gouvernement américain envers lui-même, qui n’excluaient nullement «e qu'il devait au Mexique, ainsi que les stipulations d’un traité, l'avaient forcé de permettre à un officier superieur de l'armée américaine de se porter sur le territoire réclamé comme partie intégrante du Texas, afin de protéger, s'il était nécessaire, soit la frontière américaine, soit la frontière voisine, contre les déprédations des Indiens.
Dans le même message au congrès le Président disait: «Ce gouvernement refuse de faire droit à d’anciennes plaintes en injustice soulevées par nos concitoyens, et il s'est élevé de nouveaux motifs de mécontentement dont quelques-uns ont pris un tel caractère qu’ils exigent une prompte remontrance et une satisfaction complète et immédiate. Il est de mon devoir de vous rappeler qu'aucune mesure n’a été prise pour axécuter le traité conclu par nous avec le Mexique au sujet de la délimitation de frontières entre les deux pays.» 1
Le président Van Buren, dans son message de 1837, exprimait le regret de n’avoir pu faire lever tous les obstacles qui s’opposaient au rétablissement des relations entre les deux républiques et d’avoir si peu de raison d'espérer le succès de ses efforts pour atteindre ce but. «Mon prédécesseur», dit il ensuite, «ne croyant pas qu’il fût possible d'amener à bien «tte malheureuse controverse, l'avait renvoyée au congrès comme réclamant son intervention. Les documents qui seront fournis démontreront la manière dont a été accueillie une nouvelle demande conforme au vœu de la législature. Après mûr examen, considérant l'esprit manifesté par le gouvernement mexicain, je me suis vu dans la pénible nécessité de soumettre de nouveau la question au congrès, auquel il appartient de fixer l’époque, le mode et la proportion de la réparation à exiger. » À
1 Lesur, Annuaire, 1836, app., p. 129.
? Jbid,, 1837, app., p. 1930.
Message du président Jackson sur la question du Texas,
Plaintes contre le Mexique de la part des États-Unis.
Message du président Van Buren 1837,
Message de 1838, Réclamations contre le Mexique,
Convention signée le 11 Avril 1839 relativement aux réclamations.
Message du président Tyler du 5 Décembre
Guerre entre le Mexique et le Texas,
334 LES ÉTATS-UNIS, {Part. If,
Dans son message de 1838, M. Van Buren s’exprima ainsi à propos du Mexique: «Un pas a Cté fait vers l'ajustement de nos différends avec le Mexique, et vers le retour à des sentiments de bonne intelligence entre les deux nations. Cet important changement a été effectué au moyen de négociations conciliatrices qui ont abouti à la conclusion d’un traité entre les deux gouvernements, qui, lors qu’il sera ratifié, renverra à l'arbitrage d’une puissance amie tous les sujets de controverse entre nous, provenant d'insultes faites à des individus. !
L'année d’après, M. Van Buren annonça que la convention dont il avait parlé l’année auparavant n'avait pas encore été ratifiée, mais qu'il en avait accepté une nouvelle dont il attendait les meilleurs résultats. Cette dernière convention fut signée le 11 Avril 1839 et dûment ratifiée. Elle stipulait qu'une commission mixte serait nommée pour prononcer sur les réclamations des citoyens des États-Unis. L'arbitrage du roi de Prusse devait être invoqué dans le cas où les commissaires ne pourraient s’accorder. ?
Le 23 Avril 1842, les commissaires nommés en vertu de la convention présentèrent un rapport définitif sur ce qu'ils avaient fait. Deux autres conventions furent négociées dans la suite pour régler le paiement des indemnités, mais la guerre éclata entre les deux pays avant que ce paiement eut été effectué, ou que la dernière de ces conventions eût été ratifice.
Le président Tyler dit dans son message du 5 Décembre 1843: «La guerre, qui a existé si longtemps entre le Mexique et le Texas, s’est bornée, depuis la bataille de San-Jacinto, en grande partie à des excursions accompagnées de pillage et de brigandages qui, en causant des maux considérables aux particuliers, ont tenu les frontières des deux pays dans un état constant d’agitation et d'alarme, sans atteindre aucun résultat définitif. Le Mexique a fait des armements considérables sur terre et sur mer pour subjuguer le Texas. Huit années se sont écoulées depuis que le Texas a déclaré son indépendance, et depuis lors il a été reconnu comme État indépendant par plusieurs des États civilisés. Néanmoins, le Mexique persiste
1 Lesur, Annuaire, 1838, app., p. 126, 129.
2 Martens, Nouveau recueil, tom. XVI, p. 624.
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Chap. I.] LE MEXIQUE ET LE TEXAS. 330 dans son projet de reconquérir le Texas et refuse de reconmaitre son indépendance. Les États-Unis sont immédiatement ntéressés à ce que les hostilités entre le Texas et le Mexique se terminent. Cette gucrre, en se prolongeant et en affaiblissaut les deux parties belligérantes, pourrait amener une intervention de nations plus puissantes qui, n'ayant en vue que leurs intérêts pécuniaires, pourraient dicter aux deux parties des conditions aussi désavantageuses à la nation qui les subirait qu'aux États-Unis. Nous ne pourrions tolérer une intervention qui serait à notre désavantage. Le Texas n'est séparé des États-Unis que par une ligne géographique. Le Texas, suivant l'opinion de plusieurs personnes, faisait partie intégrante du territoire de l’Union: sa population est homogène, son commerce est le même que celui des États limitrophes; la plupart des citoyens de ce pays ont appartenu à l’Union ct les institutions politiques y sont les mêmes. Les devoirs politiques pourront contraindre les autorités des États-Unis à adopter une politique déterminée par l’obstination du gouvernement mexicain. Dans cecas, le pouvoir exécutif fera un appel au patriotisme du peuple pour qu’il soutienne le gouvernement. !
Le sénat ayant rejeté un traité négocié en 1844 par le pouvoir exécutif pour l'annexion du Texas,? le Président adressa le 10 Juin un message à la chambre des représentants. «L’autorité du congrès», dit-il, «est compétente d'autre manière pour faire tout ce qu’aurait pu faire une ratification formelle du traité, et je croirais manquer à mon devoir vis-à-vis de vous ou vis-à-vis du pays, si je ne vous communiquais pas toutes les pièces qui ont été sous les yeux du pouvoir exécutif, afin de vous mettre en état d'agir en pleine connaissance de cause, si vous le jugez à propos.»
Nous avons indiqué ailleurs % l’action du congrès dans cette affaire du Texas qui se termina par une résolution d’annexion passée par le congrès et approuvée par le Président, le 1 Mars
l Lesur, Annuaire, 1843, app., p. 235, 236.
? Voir message au sénat, Martens, Nouveau recueil général, tom. VI, p. 23.
* Voir part. I, chap. 11, $ 10, 11, 24; tom. I, p. 197, 210; tom. II, p. 129.
Les Etats- Unis no toléreront aucune intervention à leur désavantage à l'endroit du Texas,
Traité d'annexion rejeté par Îc sénat,
Annexion par l'acte du congrès.
La France et l'Angleterre offrent leurs bons offices, entre le Mexique et le Texas.
Appel du congrès du Mexique au peuple contre les Etats-Unis led4Juin 1845.
Mission de M. Slidell au Mexique.
336 GUERRE DU MEXIQUE. {Part. II,
Les ministres accrédités auprès du gouvernement du Texas par la France et l'Angleterre avaient offert leurs bons offices pour négocier un arrangement entre le Mexique et le Texas sur la base de l'indépendance de cette dernière république, mais en présence des résolutions adoptées par la législature du Texas, ces ouvertures faites à l'instigation du Mexique tombaient d’elles-mêmes. Elles avaient été du reste repoussées à l'unanimité par les deux chambres du Texas !,
Le 4 Juin 1845, le congrès du Mexique adressa un appel au peuple mexicain contre les États-Unis. Cette déclaration roposait sur l'acte du congrès des États-Unis qui sanctionnait l'annexion du «département du Texas» au territoire de l'Union. «La nation mexicaine», était-il dit, «appelle tous ses enfants à la défense de son indépendance nationale menacée par l’usurpation du Texas, qui doit être réalisée aux termes du décret d'annexion adopté par le congrès et sanctionné par le Président des États-Unis du Nord. » 2
Cette déclaration ne fut pas suivie néanmoins d’hostilités immédiates. On essaya même d'entamer des négociations dans la suite, et le ministre des affaires étrangères du Mexique ayant fait savoir dans une communication officielle que son gouvernement était disposé à renouer des rapports diplomatiques, M. Slidell fut envoyé au Mexique avec pleins pouvoirs. On ne lui permit pas cependant de remettre ses lettres de créance au Président, et M. Castillo y Lanzas lui écrivit le 12 Mars 1846» que la ferme intention du gouvernement mexicain, en admettant un plénipotentiaire des États-Unis, était de ne le recevoir qu'avec des pouvoirs «d hoc, c'est-a-dire spéciaux quant à l'affaire du Texas.» «Et en effet,» continuait M. Castillo, «c'était là le seul point à traiter, c'était le préliminaire d'une reprise de bonnes relations entre les deux pays et la condition expresse à laquelle était subordonnée l'ammlosion de cet envoyé près de notre gouverneme ! Le gouvernement mexicain se tient prêt, si les incons l'exigent, à * 1der le différend par les armes; mais ce t pas sans conserver
1 Lesur, Annuaire, 1845, p. 478.
2? Ibid., 1845, app., p. 115.
Chap. I
l'espoir troublé4 Le »
par sui État, le \ Corp avancé !
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{[Part. I,
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in appel au laration reanctionnait de l'Union.
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Chap. I.] 337