III. MISSION EN PRUSSE
Une année avant la translation de M.'Wheaton, M. Buchanan, Témoignage ex-ministre en Russie, plus tard Sénateur, Secrétaire d'État 8enïsous le Président Polk, et Président des États-Unis, don- "îSSJSîïïî" nait ainsi son opinion sollicitée par le Président Jackson, sur S^m?,* la nomination proposée. « Durant mon séjour à St. Péters- sion bourg, j'ai eu de fréquentes occasions de m'instruire sur la réputation et la considération dont M. Wheaton jouissait à Copenhague, et il n'est que juste de dire, que sur ces deux points l'impression générale était tout en sa faveur et en celle de son pays. Le baron Nicolay, ministre russe à la cour de Danemarck, m'a dit qu'aucun membre du corps diplomatique n'occupait une place aussi distinguée dans l'estime publique. Sa réputation comme auteur, est, je suis porté à le croire, mieux appréciée encore à l'étranger qu'en Amérique, et serait la meilleure introduction qu'il pût avoir à Berlin. Il est, en outre, parfaitement au courant de la littérature allemande, et parle l'allemand, ce qui constitue deux recommandations capitales auprès d'une nation aussi fière de son origine, que l'est la nation allemande. » (M. Buchanan au Président Jackson, le 13 Mars 1834.)
Il n'y avait pas eu de ministre américain à Berlin depuis John Quincy Adams , qui y avait été nommé en 1 797. Le temps était maintenant propice pour faire de nouveau représenter l'Amérique auprès de cette cour. C'était pour nous, non seulement une affaire de courtoisie réciproque , mais l'importance politique croissante de la Prusse, et surtout l'influence prépondérante qu'elle exerçait par le Zollverein, sur les intérêts commerciaux d'une grande partie de l'Allemagne, exigeait aussi, que les États-Unis ne laissassent passer aucune occasion favorable de cultiver avec ce royaume des relations d'intérêt, mutuel.
M. Wheaton arriva à Berlin en Juin 1835. Dans la pre- Arrivée à mière entrevue qu'il eut avec M. Ancillon, ministre des Affaires t*ev«eaT«cU Etrangères, celui-ci l'engagea à lui communiquer les moyens par ""Affaires" lesquels nos relations commerciales avec la Prusse pourraient , ' tra "8 erM être étendues. Par les articles de la Confédération Germanique, établie par le Congrès de Vienne de 1815, la Diète devait régler les rapports commerciaux entre les différents États, et aussi la libre navigation des grands fleuves. Aucune mesure
NOTICE SUR M. WHKATON.
n'avait cependant encore été adoptée à l'égard du premier de ces objets. Les barrières des douanes avaient toutefois été supprimées entre les États séparés, au moyen des unions comunions com- merriales. Il en existait deux, à l'époque de l'arrivée de zoiïïlïril - M. Wheaton en Prusse. Ce pays était à la tête du Zollvercin £'rî-7«. qui embrassait la plupart des États de l'Allemagne, excepté les possessions de l'Autriche, les villes hanséatiques, les duchés de Holstein et de Lauenbourg (appartenant au roi de Danemark), le Meeklenbourg, Oldenbourg, le royaume de Hanovre et le duché de Brunswick. Ces deux derniers États formèrent en 1834 une ligue commerciale distincte appelée Stcucrvcrriv, à laquelle Oldenbourg se joignit bientôt après. Comme les principes sur lesquels ces associations étaient établies reposaient sur un tarif uniforme, dont les droits devaient être perçus par les états-frontières, pour être ensuite répartis entre les divers membres, d'après le chiffre des populations, il devenait nécessaire d'entamer les négociations avec ces associations, plutôt qu'avec leurs membres individuels. Elles étaient représentées, en ce qui concernait leurs relations diplomatiques, par la Prusse d'un côté, et par le Hanovre, de l'autre. M. Ancillon exprima de bonne heure au ministre américain le désir, qu'aucune ouverture pour des négociations commerciales ne tût faite au Zollvercin t excepté par l'entremise de la Prusse, qui en était le fondateur et le chef naturel. (M. Whkatox au Secrétaire d'État, 25 Novembre 1835.) instruction P-es instructions du Secrétaire d'État, M. Forsyth, appelétoï'aù^ùjêi rent l'attention de M. Wheaton sur l'établissement de rapports d 7orai»cr rt8 commerciaux avec l'Allemagne, fondés sur le nouvel ordre des droit Siî- choses, et aussi sur la suppression — rendue facile, grâce à baine, etc. i' umon par \ c Zollvercin de plusieurs des États avec la Prusse — des entraves apportées à l'émigration par le droit d'aubaine et le droit de détraction. (M. Fobsyth à M. Wheaton, 20 Avril 1835.)
Tour en Al- Peu de temps après son arrivée, M. Wheaton profita d'une rïaSrmtr' suspension des affaires diplomatiques, pour faire en juillet sou'rcercôin- et en août, une tournée dans quelques parties de l'Aileme pays?* " magne. Il se rendit par voie de Lubcck , de Hambourg et de Hanovre, dans les provinces prussiennes de Westphalie et du Rhin, et recueillit en outre quantité d'obser-
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valions utiles sur les ressources commerciales et autres de ces provinces , ainsi que sur celles des États intermédiaires, de Nassau, de Hesse-Darmstadt et de Bade. M. Ancillon lui fournit des lettres d'introduction pour les autorités locales, chez lesquelles il passait, lettres qui lui procurèrent toutes les facilités voulues pour compléter ses investigations. A son retour à Berlin , M. Wheaton suggéra au gouvernement américain, l'idée d'ouvrir des négociations séparées avec la Prusse et sa ligue, et avec le Hanovre et ses associés. Il reçut en conséquence des instructions, pour s'informer si la Prusse et les autres États d'Allemagne , qui faisaient partie avec elle du Zollverein, seraient disposés à entrer en négociations avec les États-Unis, . pour établir des relations commerciales réciproques sur des bases conformes aux grands principes régulateurs, d'après lesquels nos rapports avec les autres nations étrangères avaient été uniformément fixés. Les conditions spéciales, dans lesquelles se trouvait « l'union commerciale » , devaient déterminer les modifications et les stipulations additionnelles qui seraient jugées nécessaires.
Avant qu'aucune démarche sérieuse n'eût été faite à l'endroit de ces négociations, M. Wheaton avait été promu par le Pré- Promu au sident Van Buren, au rang d'Envoyé Extraordinaire et Ministre Plénipotentiaire, et cela, dans des circonstances on ne peut d« Ministre plus honorables pour le gouvernement qui le nommait. P1 tlaSe! e "
Ce fut à la fin de la session, qui précéda immédiatement l'inauguration de l'administration du Président Van Buren, que circoustanle Congrès vota une somme pour les appointements d'un En- "îi'ïïeîè- voyé Extraordinaire et Ministre Plénipotentiaire en Prusse, en place de ceux d'un Chargé d'Affaires, rendant par là une nouvelle nomination à Berlin nécessaire. M. Wheaton, ainsi qu'on l'a vu, avait été le premier à obtenir, dans des circonstances exceptionnelles, une indemnité pour des réclamations envers des États étrangers, et son traité avait été suivi d'un succès marqué dans d'antres négociations. M. Van Buren avait pu se convaincre de ses aptitudes comme ministre, alors qu'il était lui-même Secrétaire d'État, et aussi tandis qu'il était encore son collègue en Europe. A Londres, il avait eu occasion de se rendre compte des avantages que notre pays recueillait de sa réputation littéraire et de ses aptitudes spéciales à la carrière diplomatique.
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Il se trouvait toutefois, comme il est d'habitude à l'inauguration de tout nouveau Président, beaucoup d'hommes possédant une influence locale, ou s'étant distingués au service de leur parti, lesquels réclamaient tout le patronage que pouvait accorder le pouvoir exécutif, et on ne considérait pas comme des titres indispensables chez ceux qui sont chargés de nos relations internationales, la connaissance du droit public, pas plus que celle de la langue et des usages de la diplomatie. D'un autre côté, M. Van Buren avait été reconnu à New- York, comme le chef du parti que, dans la lutte de 1824, M. Wheaton avait contribué si puissamment à faire échouer. Cependant, les « Éléments du Droit international » venaient précisément d'être publiés, et quoique l'ouvrage n'eût pas atteint alors la célébrité dont il jouit aujourd'hui, il avait attiré l'attention de V Attorney Général (Butler), dont les devoirs spéciaux étaient directement liés au sujet traité. M. Butler avait été en outre l'associé de notre auteur, pour la révision des lois de New-York. Dans le cours d'une conversation entre M. Van Buren et M. Butler, avant même que le premier fût entré en fonctions, M. Butler prenant en considération, qu'en dehors de son mérite, M. Wheaton, de tous ceux qui avaient été employés dans la diplomatie depuis l'établissement du gouvernement des États-Unis, était le seul qui eût produit un ouvrage durable sur la science du droit international, et faisant en outre ressortir ses aptitudes personnelles, et les services éminents qu'il avait rendus dans la négociation du traité danois, engagea le nouveau Président à braver les clameurs de quelques hommes politiques éphémères, et à accomplir un acte, qui ferait éternellement honneur à son administration, tout en rendant justice à un fonctionnaire public expérimenté. « Toute la portion respectable et intelligente de la nation , disaitil, sanctionnera votre manière d'agir, et tous les partis ne tarderont pas à l'approuver. »> 11 fut secondé dans cet avis, par le vénérable chef (Jackson) qui était sur le point de quitter le gouvernement , et qui lui-même avait agi avec indépendance, en conservant d'abord M. Wheaton à Copenhague, et en le transférant ensuite au poste plus important de Berlin. Il est inutile d'ajouter que le conseil donné à M. Van Buren par ses amis les plus désintéressés, et qu'il s'empressa de