‹ Commentaire sur les Éléments du droit international, et sur l'Histoire des progrès du droit des gens de Henry Wheaton. Précéde d'une notice sur la carrière diplomatique de M. Wheaton (volume 4)Chapitre 52 sur 138 · III. MISSION EN PRUSSE · texte numérisé non relu

III. MISSION EN PRUSSE

le « Droit de Visite » et par l'Histoire des Peuples du Nord. Tous ces ouvrages démontrent le profond investigateur, l'homme d'État accompli, le juriste habile, et surtout, le philosophe capable de considérer les objets d'un point de vue élevé et de découvrir les rapports entre la cause et les effets. »

M. Wheaton devait donner, l'hiver suivant, un cours de lec- Sa mort, tures sur le Droit iuternational, devant le Collège de Droit de Harvard University, en attendant la création d'une chaire de cette science. Toutefois il ne devait jamais s'acquitter de cette tâche. Tandis qu'il était à Washington, il fut atteint d'une maladie , qui hâta son retour dans sa famille , à Providence. Cette maladie prit bientôt une fâcheuse tournure, et il mourut le 11 Mars 1848.

Lors du renouvellement de l'anniversaire de Brown Univer- Notice sur sity, quatre ans après que M. Wheaton y avait prononcé son ior 8 de l'aîdernier discours, l'auteur de la présente notice, alors à la tête Browu Unidu gouvernement de l'État de Rhode-Island , en réponse au vers,ty " toast en l'honneur de l'État, par le Président de l'Université, fit allusion en ces termes à M. Wheaton: «J'ai parlé de l'éclat répandu sur Brown University par ceux qui y ont pris leurs degrés et je ne puis laisser passer cette occasion sans m'arrêter plus spécialement au plus illustre d'entre ceux-ci, à celui dont l'État, dans lequel il est né, de même que cette Université, peuvent à juste titre être fiers, à un homme enfin, avec lequel j'eus le bonheur d'être lié d'amitié pendant plus d'un quart de siècle, et avec qui j'eus des rapports, non seulement comme étant adonné aux mêmes travaux que lui , mais comme son collègue au service des États-Unis. Mon intention n'est pas de faire ici l'éloge de Henry Wheaton. Instruit de bonne heure, et après avoir atteint les honneurs de cette Université, dans les langues et dans la littérature de l'Europe, honoré de différentes marques de confiance par l'État, où il avait transféré sa résidence; attaché pendant, plusieurs années à ce conseil plus qu'amphictyonique, la Cour Suprême des États-Unis; étant déjà parvenu à un rang éminent dans la littérature américaine, M. Wheaton entra au service diplomatique de son pays, et durant une carrière de vingt, années, doué, comme il l'était, de toutes les qualités voulues pour commander l'estime de ses collègues , il sut dignement soutenir la réputation du

NOTICE SUR M. WHEATON.

nom américain, comme un de ses représentants au dehors. Mais il ne se limita pas uniquement à ses devoirs officiels. Ses recherches dans l'antiquité et ses productions historiques lui ont assuré une place distinguée parmi les littérateurs de l'Europe, tandis que ses traités si renommés sur le droit public ont posé pour lui les fondements d'une réputation durable. Ses ouvrages sont considérés comme des autorités dans les principaux cabinets de l'Europe, et tandis qu'il vivait encore, j'ai entendu souvent dire à Albert Gallatin, alors le patriarche des diplomates américains, et qui parut pour la dernière fois en public comme Président de la réunion, tenue pour célébrer le retour de M. Wheaton aux États-Unis, qu'il considérait votre illustre élève comme la première autorité sur le droit international, ce qui est consacré maintenant par tout le monde. Mais je ne veux pas abuser plus longtemps de votre attention et je propose un toast « à la mémoire de Henry Wheaton, commentateur américain du droit international. » sea traita Dans une notice sur la première édition annotée publiée dans «tiques, le Saturday Revicw , de Londres , il est dit : « Aucun Américain n'eut jamais moins que M. Wheaton de ces traits caractéristiques, qui distinguent les citoyens d'un nouvel État. C'était un homme de bonne éducation et de grande instruction, et qui se comportait dans la vie publique de la manière calme et digne , qui est l'apanage ordinaire des fonctionnaires supérieurs des nations européennes. »

Le même article fait ainsi allusion à son traité avec le Danemark : « L'heureux résultat de cette négociation a surtout cela de remarquable, qu'il semble dû presque entièrement aux qualités personnelles du négociateur. Le gouvernement danois a été peut-être intimidé, mais il s'est trouvé certainement flatté, d'avoir affaire à un diplomate si au fait du droit international et qui jouissait d'une si grande célébrité. Il s'agissait précisément d'un cas , où le bon sens simple et logique d'un homme inaccoutumé et peu propre à la diplomatie eut été en défaut. Lorsque la question à débattre est très-simple et qu'elle peut être renvoyée au Home govemment, ou arrangée par une simple intimidation du pouvoir le plus fort, alors le diplomate inexpérimenté peut très-bien réussir dans sa mission , et un pays comme l'Amérique ne perd rien en envoyant

Page 1