NOTICE SUR M. W HE A TON
le droit de visite absorbait l'attention publique, mais aussi en xSÎTïidï 18 ^4 — 1845, que les liaisons intimes avec les hommes qui Mflxiquc influençaient l'opinion publique nous profitèrent. En ce moment-là, il devenait important que l'on sût à quoi s'en tenir sur la marche que nous voulions suivre au Texas et au Mexique. M. Calhoun, Secrétaire d'État, dans une lettre particulière, datée du 26 Décembre 1844, lui écrivait ainsi à ce sujet: «Vous n'avez nul besoin d'expliquer ni d'excuser votre séjour prolongé à Paris. Je suis persuadé que votre temps est utilement employé dans ce grand centre des relations diplomatiques du monde civilisé. Dans l'état actuel de nos relations avec l'Angleterre, il est de toute importance de créer des impressions correctes sur le Texas, le Mexique et sur notre continent , en général. Le besoin s'en fait en effet sentir en Europe. La politique de la France, à l'égard des affaires de cette partie du monde, est actuellement loin d'être profonde ou sage. Elle devrait en tous points être contraire à celle de l'Angleterre. Si je reste au poste où je suis, vous pouvez être assuré que je ne serai pas indifférent à ce qui vous concerne vous-même. »
Affaire de Dans l'affaire des difficultés de l'Orégon, grâce à sa connaissance parfaite du sujet de la controverse, Mr. Wheaton put exposer avec lucidité cette question, dans des rapports intimes avec Sir Robert Peel et Lord Aberdeen. Par ses soins, les autres représentants américains, à l'étranger, furent mis à même de justifier et de soutenir les droits de notre pays. m. wheaton Au mois d'Avril 1842, M. Wheaton avait été élu membre ,n re™ P ou e dau r t correspondant de l'Institut de France. M. Lackanal , par qui de i institut. cçtte nomination fut annoncée, déclare, que pendant les quarante sept années qu'il avait été membre de ce corps, il n'avait jamais été présent à une élection aussi flatteuse pour celui qui en était l'objet. Cette élection avait eu lieu sur le rapport de M. Bérenger, pair de France, secondé par M. Rossi, également pair de France, et le même qui avait fait en 1838, à l'Académie, le compte-rendu des «Éléments»), et dont on se rappelera la mort prématurée en 1849 , pendant la révolution de Rome, ainsi que par M. de Tocqucville. M. Lackanal ajoutait que M. Wheaton serait indubitablement nommé un des cinq académiciens libres , dès que la première vacance se ferait.
m. MISSION EN PRUSSE.
A l'époque de son admission , feu le baron de Gérando proposa de déterminer si le récipiendaire serait reçu dans la section d'Histoire ou dans celle de Jurisprudence Ce fut à cette dernière section qu'il fut attaché.
Pendant son séjour à Paris, il prépara et lut devant l'Insti- Mémoire sur
■ ' x ln succession
tut son mémoire sur «l'Histoire du droit de la succession à la cou- ai» couronne
du uane-
ronne de Danemarck», dans lequel il élucidait une question deve- marck. nue, bientôt après, d'une importance européenne, par des faits que le temps qu'il avait passé à Copenhague l'avait mis à même de connaître. Ce fut eu citant après la mort de M. Wheaton, l'opinion de celui-ci sur cette question, que le Times, de Londres, disait: «Nous ne pouvons passer le nom de Henry Wheaton , sans payer un juste tribut au caractère, au savoir et aux vertus d'un homme, qui, comme grand avocat international , n'a pas laissé d'égal. »
M. Wheaton retourna finalement dans son pays, au printemps Ketour^aux de 1847. A New-York qu'il avait habité longtemps, un dîner iw pubiïr public lui fut offert, et eut lieu le 10 Juin. James Kent (le * Ne " Wk - Chancelier) et Albert Gallatin (doyen de la diplomatie américaine), les deux citoyens les plus éminents de l'Amérique dans leurs branches respectives le Droit et la Diplomatie, qui toutes deux faisaient le fond des études et de la réputation de M. Wheaton, étaient les premiers signataires de l'invitation. La réunion était présidée par le vénérable Gallatin, et comprenait, sans distinction de parti, tous les hommes de la métropole américaine, qui s'étaient fait un nom dans les ditférentes professions ou qui étaient distingués par leur position politique ou sociale. Lorsque le Vice-Président, M. Bradish, ex -gouverneur de l'État de New-York , qui avait remplacé au fauteuil M. Gallatin, auquel son âge n'avait permis de rester que peu de temps au banquet, présenta le convié par ces mots : « Henry Wheaton, qu'il soit le bienvenu dans ses foyers et dans nos cœurs », le toast fut accueilli avec enthousiasme. L'Ex-Président John Quincy Adams et Daniel Webster, que nous avons si souvent cité comme juriste et comme homme d'État , exprimèrent leurs regrets de ne pouvoir participer en personne à ce témoignage public de respect et de gratitude, envers un citoyen qui avait aidé si longtemps à soutenir l'honneur de notre caractère national au dedans et au dehors.
NOTICE SUE M. WHEATON.
Il ne fallait pas que la démission, donnée forcément par M. Wheaton, laissât aucune tache sur son écusson sans souillure. A cet effet , M. Buchanan, Secrétaire d'État (plus tard Président), s'exprima ainsi en cette occasion : «M. Wheaton est digne en tous points du témoignage d'estime dont il est l'objet. Il a fait honneur à son pays, au dehors, et mérite d'être honoré par ses compatriotes , au dedans. Je propose le toast suivant : 'A l'auteur des Éléments du Droit International.' Si nous nous plaisons à acclamer avec enthousiasme le général victorieux, qui combat pour son pays , nous devons aussi témoigner notre reconnaissance au citoyen éclairé, qui en expliquant avec clarté les droits et les devoirs des nations , contribue à maintenir la paix du monde. »
Dîner offert M. Wheaton fut complimenté de la môme façon par les ci-
a Philadcl-
phie. toyens les plus distingués de Philadelphie, y compris M. Dallas, alors Vice-Président des États-Unis.
Le conseil municipal de Providence lui souhaita la bienvenue dans la ville où il était né, par un vote en forme, et il fut invité par ses concitoyens à faire faire son portrait, qui devait être placé dans la Chambre du Common Council, à l'Hôtel de Ville.
nucours sur II prononça son dernier discours le l r Septembre 1847, Jt revenir devant la Société Phi Beta Kappa, de Brown University, à
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mague. l'occasion de l'anniversaire de son Aima Mater. C'était un essai sur le progrès et l'avenir de l'Allemagne.
La Prenssische allgemeine Zeitung, en rendant compte de ce discours , conclut ainsi ses remarques , fournissant une nouvelle preuve de l'estime dans laquelle l'auteur était tenu en Prusse: «Il existe en Amérique un désir sincère de répandre la connaissance des mœurs et de la culture allemandes. Nous en trouvons la preuve dans le discours cité ci-dessus et prononcé devant une assemblée éclairée de sa ville natale, par un homme, qui, durant une longue résidence parmi nous, avait su gagner notre affection et notre respect par la simplicité de son caractère, par son esprit moral élevé et par ses connaissances étendues. Nous voulons parler de Henry Wheaton, bien connu dans le monde savant et politique par ses « Éléments du Droit International » : par une esquisse du Droit des Gens, depuis la paix de Westphalie, par une brochure sur