Qui autem perspexerit in legemperfectam liber tatis
(1) Vultum nativitatis suœ est la même chose que vultum sinon nativum ou genuinum.
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et permanserit in ea, non anditor obliviosns factus, sed factor operis, hic beatus in facto sno erit. « Mais celui qui considère attentivement la loi parfaite de la liberté, et qui s'y attache pour l'accomplir, celui-là n'étant pas un auditeur oublieux, mais faisant l'œuvre commandée par la loi, trouvera le bonheur dans son action. » Il sera heureux, non pour avoir simplement connu le bien, mais parce qu'il l'a fait (1).
In legem perfectam. La loi chrétienne est une loi qui nous montre la perfection, la commande, et nous donne la force de l'atteindre : tandis que la loi de Moïse était une loi imparfaite : nihil enim ad perfection adduxit lex. (Hebr., v, 19.) Ce n'était qu'une préparation à l'Evangile.
In legem libertatis. La loi chrétienne est une loi de liberté : d'abord elle nous délivre de nos péchés et de nos vices, qui sont nos plus funestes ennemis. En outre, étant une loi d'amour, elle nous donne la liberté des enfants de Dieu : tandis que la loi ancienne, loi de terreur, ne faisait que des esclaves. Enfin elle nous a délivrés du joug des rites multipliés de la loi mosaïque. Or c'était un joug très pesant, disait saint Pierre, joug que nos pères et nous-mêmes n'avions pu porter. (Act.Ap., xv, 10.)
Considérons ces mots : perspexerit, permanserit, factor operis. Dans ces trois mots, saint Jacques nous indique les trois principaux caractères de la méditation des saintes Ecritures. — 1° Perspicere. 11 faut méditer la parole de Dieu attentivement, à loisir, oubliant toute autre occupation pendant le temps consacré à cet important exercice. — 2° Permanere. Il ne suffit pas de lire quelquefois la sainte parole avec respect et attention ; il faut l'étudier avec persévérance, c'est à-dire la méditer régulièrement chaque jour. Surmontons notre inconstance ; la méditation et l'oraison fidèlement pratiquées assureront notre
(1) Qui i»rspexerit, b r.y.yj.yJy^y.:, qui intentis oodis inspexerit. Le
verbe t:x^/v-te(v signifie se baisser et fixer les yeux sur un objet pour
>ntidérer attentivement. Saint Jacques oppose l'homme qui lit
et médite sérieusement l'Ecriture h celui qui y jette seulement les
yeux, sans se pénétrer des vérités salutaires qu'il y trouve.
salut. — 3° Faclor operis. Il faut méditer la parole de Dieu pour la mettre en pratique le jour même. On prend le matin une bonne résolution, et le soir on s'impose une pénitence, si l'on y a manqué.
Celui qui fera ces trois choses ne sera point un lecteur oublieux, mais fidèle ; il sera heureux, pour avoir connu et fait le bien : Beatas in facto suo erit.
26. Si qui s autem putat se religiosum esse non refrénons linguam snam, sed seducens coi' siaim, hit jus vana estreliçjio. « Si quelqu'un se croit religieux et ne relient pas sa langue comme avec un frein, mais séduit lui-même son cœur, sa religion est vaine. »
L'Apôtre avait dit plus haut : Que tout homme soit prompt à écouter la parole de Dieu, lent à parler, et lent à se mettre en colère. Après avoir touché en passant la colère ou le faux zèle et montré comment l'on doit écouter la parole de Dieu, il prescrit maintenant de mettre un frein à sa langue, et il motive son conseil par une pensée courte et forte. L'homme, dit-il, qui est inconsidéré dans ses discours, l'homme qui s'abandonne à la médisance, qui juge et censure avec témérité toutes choses et toutes personnes, se flatte en vain d'être religieux ; s'il le croit, il séduit lui-même son cœur, et sa religion est vaine.
Cette dernière parole est grave : elle fait entendre que des hommes qui se croient religieux peuvent tomber dans des fautes mortelles par l'intempérance de leur langue. « Les lèvres de l'insensé, dit Salomon, sont la ruine de son âme. » (Prov., xvm, 7.) C'est pourquoi le prophète David disait : Mettez, Seigneur, une garde à ma bouche, et à mes lèvres une porte qui les ouvre et les ferme selon la prudence. (Ps. cxL.)Le prêtre surtout n'oubliera point cette parole du Sage : « Les longs discours ne seront point exempts de péché : in midtiloquio non dcerit pecca- /M;72.»(Prov.,x,17.)La loquacité est un vice dont l'homme pieux se corrige.
27. Relù/io munda et immaculata apud Deum et Patrem, hœc est : Visiteuse pupillos et viduas in tribulatione eorum^ et immaculatum se custodire ab hoc sœculo. « La
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religion pure et sans tache aux yeux de Dieu notre Père, la voici : Visiter les orphelins et les veuves dans leur affliction, et se conserver pur de la souillure du siècle présent. »
Cette pensée soudaine est amenée par le mot religio qui termine la phrase précédente. C'est comme s'il disait : La religion de l'homme qui ne sait pas retenir sa langue est une religion vaine. Mais voulez-vous connaître la religion qui plaît à Dieu? c'est celle de l'homme qui secourt le prochain et qui garde sa conscience pure de la contagion du monde. L'Apôtre ne veut pas dire que ce soit toute la religion: mais il déclare que, sans l'amour du prochain et la pureté de cœur, tous les hommages qu'on pourra rendre à Dieu ne lui seront point agréables.
En effet le mot religio, 8p7|«ce^a9 pris dans son sens propre, signifie le culte extérieur que l'on rend à Dieu en lui offrant de l'encens, des prières, des hymnes de louanges, des sacrifices. Mais ces hommages ne suffisent pas pour plaire à Dieu. Il faut encore observer sa loi, qui se résume en deux points : éviter le mal et faire le bien, déclina a rnalo, et fac bonum. (Ps. xxxvi.) Saint Jacques spécilie le bien qu'il faut faire et le mal qu'il faut éviter. D'abord le bien qu'il recommande, c'est de secourir le prochain dans ses nécessités.
Visitare pupillos et viduas. Il y a dans tous les siècles et dans tous les pays des veuves et des orphelins qui ont besoin d'être secourus. Mais au temps où écrivait saint •Jacques, c'était là un devoir spécial. Car un grand nombre de chrétiens étaient persécutés à Jérusalem et dans les provinces. Plusieurs étaient mis à mort, d'autres en prison, d'autres expulsés de leurs biens et envoyés en exil. Il y avait donc alors, parmi les chrétiens, beauroiip de veuves à soulager et beaucoup d'orphelins à nourrir.
Visitare pupillos et viduas in tribulationc eorum. Visiter soi-même les orphelins, les veuves, les pauvres, les malade-, et Leur porter des secours et des consolations, est une œuvre beaucoup plus excellente que de leur envoyer
simplement des aumônes. En les visitant, on fait du bien à leur cœur, on les traite comme des frères.
El immacidatiim se custodire ab hoc sœculo. Enfin, la religion qui honore vraiment Dieu consiste à se préserver de la corruption du siècle présent. C'estle mal qu'il faut éviter. Par le siècle, on entend la multitude qui se laisse entraîner dans l'erreur et qui obéit à ses passions. Quand on voit la foule des hommes emportée par l'ambition, l'avarice et l'amour des plaisirs, il est difficile de conserver son cœur pur au milieu de tous ces scandales. Necesse est de mundano pulvere etiam religiosa corda sordescere, dit saint Léon. (Serm. iv de Quadr.)Le prêtre lui-même, obligé de toucher à toutes ces lèpres, a de la peine à se préserver de la contagion. 11 le faut pourtant : le salut est à ce prix. On a d'ailleurs un moyen sûr de conserver l'intégrité de sa foi et la pureté de son cœur : prier beaucoup et méditer l'Evangile.