‹ Commentaire sur les Epîtres catholiques de S. Jacques, S. Pierre, S. Jean et S. JudeChapitre 119 sur 119 · Hi sunt murmuratores, querulosi, secundum desi · texte numérisé non relu

Hi sunt murmuratores, querulosi, secundum desi

(1) In sanctis millibus suis. On voit une allusion à la prophétie d'Enoch dans saint Paul : In adventu Domini nostri Jesn Christi cum omnibus sanctis ejvs. (I Thess., m, 13) ; et dans le Deutéronome : Appariât de monte Pharan, et cum eo sanctoncm millia. (xxxm, 2.) Et dans Zacharie : Et reniet Dominus I)evs meus, omnesque sancti cum eo. (xiv, 5.)

(2) En grec : it€p\ rovtw twv Spyav cfofSs ta; /kùt&v, « il les convaincra de toutes leurs œuvres d'impiété. » Cela suffisait; mais le prophète ajoute par un pléonasme énergique : Su îfliGwxv, impiétés qu'ils ont faites avec impiété. Quibus impie egerunt est un hellénisme, pour 7""' impie egerunt, wv ^i^s-x^ au lieu de à r^iQ^x-j. (Synt., i.xxvi.) — L'Apôtre accumule à dessein les mots qui expriment l'impiété: car c'est un péché, non de faiblesse ou d'iguoranee, mais d<> malice obstinée : péché qui défie la justice de Dieu, insulte sa clémence et conduit, presque avec certitude, à la mort éternelle. (I Joan., v, 1(3.)

MITRES CATIIOMQPKS 33

deria sua ambulantes, et os eoritm loquitur sitperba, mirantes personas quœslus causa. Autant de traits qui les caractérisent et les font connaître.

D'abord ce sont des murmurateurs, fv^fwmi : ils censurent tous les actes de l'autorité, ils rabaissent les vertus et dénigrent les intentions de ceux qui président dans l'Eglise.

Querulosi, us^iW.co-., ils se plaignent toujours, et ils ne trouvent jamais qu'on les traite selon leur mérite. Il en est même qui ont l'audace de murmurer contre la divine Providence.

En second lieu, ce qui dirige leur conduite, ce n'est point la crainte de Dieu ou l'amour des hommes ; ils suivent les mouvements de leurs passions : secundum desideria sua ambulantes.

Troisièmement, leur bouche profère des paroles d'orgueil ; ils sont pleins d'estime d'eux-mêmes et de mépris pour les autres. Et os eorum loquitur superba.

Cependant il y a des personnes qu'ils admirent et qu'ils vantent : ce sont les hommes dont ils attendent des récompenses. L'intérêt les rend flatteurs : mirantes personas quœstus causa. L'apôtre avait déjà dit que l'amour du gain leur faisait imiter la prévarication de Balaam.

A la plus ancienne prophétie qui nous soit parvenue, saint Jude va joindre les plus récentes : celles des Apôtres. 17 et 18. Vos autem, charissimi, memores estote verborum quse prœ dicta sunt ab Apostolis Domini nos tri Jesu Christi; — qui dicebant vobis quoniam in nocissimo tempore veyiient illusores, secundum desideria sua ambulantes in impietatibus. « Pour vous, mes bien-aimés, souvenezvous de ce qui a été prédit par les Apôtres de Notre- Seigneur Jésus-Christ. Ils vous disaient qu'aux derniers temps il viendrait des imposteurs qui marcheraient au gré de leurs passions dans toute sorte d'impiétés. »

Ce passage prouve clairement que cette Epître a été composée après la seconde de saint Pierre, puisque saint Jude en cite, avec les mêmes termes, le verset troisième du troisième chapitre, en attribuant ces paroles aux Apôtres du

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Seigneur. Et s'il indique les Apôtres au pluriel, c'est qu'il entend joindre le témoignage de saint Paul, lequel écrivait aussi à Timothée que, « dans les derniers temps plusieurs abandonneraient la foi pour embrasser des doctrines de démons » ; in novissimis temporibus, discedenl quidam a fide, atlendentes spiritibus erroris et doctrinis dœmoniorum. (I Tim., iv, 1 ; et II Tim., nr, 1.)

Dicebant vobis, ils vous le disaient. Maintenant ils ne vous le disent plus; car ils ont été immolés pour le nom de Jésus-Christ. Saint Jude écrivait cette lettre après le martyre de saint Jacques le majeur, de saint Jacques le mineur son frère, et celui de saint Pierre et de saint Paul. Peut-être même restait-il, avec saint Jean et saint Simon, le seul survivant des x\pôtres. Car on ignore l'époque précise de la mort de saint Simon et de saint Jude, qui souffrirent ensemble le martyre en Perse.

Dicebant. Il ne dit pas scribebant, car tous les Apôtres n'ont pas écrit, et ceux mêmes qui ont écrit n'ont pas écrit tout ce qu'ils ont enseigné. Or l'on doit respecter comme divin leur enseignement oral, aussi bien que les paroles qu'ils nous ont transmises par l'écriture.

In novissimo tempore. Le dernier temps est la période qui court du premier au second avènement du Christ.

Venient illusores secundum desideria sua ambulantes. Saint Jude reproduit ici, comme nous l'avons remarqué, les paroles de saint Pierre, c Sachez qu'il viendra, aux derniers temps, des fourbes et des imposteurs qui séduiront les simples et qui marcheront au gré de leurs désirs dans toute sorte d'impiétés. » ( II Petr., ni, 3.)

Illusores, saimxTa'. (d' èaTtatÇw, illiido). Ce sont des imposteurs : ils se jouent de la crédulité des hommes; ils méprisent ceux qu'ils trompent.

Ambulantes in impietatibus. Céder à l'entraînement de la passion, c'est ce qui arrive à un grand nombre de pécheurs : ils tombent, se relèvent et leur faiblesse les fait retomber encore. Mais ce qui rend les inventeurs d'hérésies spécialement criminels, c'est qu'ils marchent constamment dans leurs impiétés, c'est qu'ils légitiment

et propagent les vices non seulement par leurs exemples, mais encore par leurs doctrines impures.

19. 11 i sunt gui segregant semet ipsos, animales, spiritum non habentes. D'abord ils se séparent eux-mêmes du commun des fidèles ; ils forment des groupes qui ne pensent point comme les autres chrétiens; ils prétendent corriger la tradition apostolique et réformer l'enseignement général des pasteurs. Ils veulent se distinguer de la foule.

Secondement, ils sont animales, ^u/txot. Ce mot dérivé Ranima, ^oyf^ présente deux significations, selon qu'on l'entend de l'âme sensitive, ou de l'âme intelligente. Dans la première acception, le terme animales veut dire que les hérétiques se conduisent selon les désirs des sens et qu'ils veulent satisfaire leurs appétits charnels par toutes sortes de voluptés. Ils mènent une vie animale.

Si l'on rapporte animales, <W/yA, à l'âme intelligente, ce mot répondra à peu près à notre terme de rationalistes. Ils ne raisonnent point selon les principes de la foi; ils se bornent aux connaissances qu'ils peuvent acquérir par leurs facultés naturelles ; ils rejettent la parole révélée, et, par un juste jugement de Dieu, ils tombent au-dessous de la raison humaine, perdent le bon sens vulgaire et deviennent insensés. Dicentes se esse sapientes stulti facti sunt. (Rom., i, 22.)

Rien n'empêche d'admettre les deux interprétations. Car Dieu livre à leur sens réprouvé les orgueilleux qui rejettent sa parole ; en sorte qu'on les voit se déshonorer par les actions les plus honteuses. (Rom., i. — Voyez S. Jac, ni, 15 ; et S. Joan., i, 6.)

Enfin, ils n'ont point l'esprit sublime qu'ils se vantent de posséder, spiritum non habentes (1). C'est encore ce

(l) Spiritum non habentes, irveû/ta ,u-ô e^wre». Si l'Apôtre avait mis ib nveû/uœ avec l'article, il eût désigné le Saint-Esprit ; mais ayant écrit seulement irveu/*« sans article, il fait entendre que ces hérétiques n'ont point, comme ils s'en vantent, l'esprit éclairé de lumières supérieures. — Les Gnostiques prétendaient qu'en possédant la science sublime de l'Etre suprême, ils étaient devenus spiritales, TtviupxTtxot, et ils mépri-

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que saint Paul disait aux Corinthiens : L'homme animal, grossier, qui suit les appétits charnels, ou .l'homme qui veut se réduire aux seules lumières de sa raison, ne conçoit point les vérités qu'enseigne l'Esprit de Dieu. Animalis homo non percepit ea quae sunt Spiritus Dei. (I Cor., ii, 14.)

20. Vos autem , charissimi , supergedificantes vosmet ipsos sanctissimœ vestrœ fidei, in Spiritu Sancto orantes. Pour vous, mes bien-aimés, ayez soin d'élever dans vos âmes un édifice spirituel sur le fondement de votre très sainte foi, en priant dans le Saint-Esprit.

C'est la conclusion de l'Epître. Saint Jude a prémuni les fidèles contre les hérétiques. Maintenant il leur dit : la foi que vous avez reçue et que vous gardez, est véritable, inébranlable et très sainte. Il faut bâtir sur ce ferme fondement l'édifice de votre perfection.

Superœdi/îcantes. Chaque fidèle doit faire de son cœur un temple orné de vertus, afin que la majesté de Dieu y réside. Rien de plus fréquent dans les discours aposto liques que ce terme d'édifice spirituel que nous élevons, de maison que nous bâtissons, de temple saint que nous édifions et dont nous faisons partie nous-mêmes, étant posés, comme des pierres vivantes, sur le fondement qui est Jésus-Christ. Et ipsi tcuujuam lapides vivi superaedifïcamini, domns spiritualis. (I Petr., ir, 5.) Nous entrons dans la structure de cet édifice de vertus pour devenir la maison de Dieu par le Saint-Esprit qui habite en nous. Et vos coœdificamini in habUaculum Dei in Spiritu. (Eph., ii, 22.) C'est ce que saint Augustin explique avec clarté par ces paroles : « La maison de Dieu est fondée par la foi, élevée par l'espérance, achevée et per fectionnée par la charité. » Domus Deicredendo fundatur, sperando erigitur, dilicjendo perficitur. (Sermo xxvi, 1.)

In Spiritu Sancto orantes. Il faut invoquer l'Esprit- Saint pour bien prier; car c'est lui qui nous excite à la

saient le reste des ho mains qui n'étaient a leurs yeux que des animales ou psychites, ^-/ia-â. Saint Jude déclare au contraire qu'ils sont euxmêmes animales et ni 'ii tpiritaUê.

prière, lui qui prie en nous, lui qui gémit en nous ; et sans sa grâce, nous ne pouvons pas même invoquer le nom du Seigneur Jésus. (Rom., vin, 26; I Cor., xn, 3.) Ils se trompent donc ceux qui croient pouvoir prier par la seule force de leur volonté. Falluntur qui putant esse a nobis, non dari nobis, ut petamus, quœramus, pulsemus. (S. Aug., De Dono persev., xxni.)

21. Vosmet ipsos in dilectione Dei servate exspectantes miser icordiam Domini nostri Jesu Christi in vitam œternam. Elevant dans vos âmes l'édifice des vertus chré tiennes, « conservez-vous dans l'amour de Dieu, et atten dez la miséricorde de Notre-Seigneur Jésus-Christ pour obtenir la vie éternelle. » Nous nous conserverons dans l'amour de Dieu, si nous posons des œuvres pieuses sur le fondement de la foi, et si nous prions dans le Saint- Esprit qui prie avec nous et pour nous, lorsque nous l'invoquons. (Rom., vin, 26.) Alors nous pourrons attendre avec confiance la vie éternelle, qui nous sera donnée par la miséricorde de Notre-Seigneur et Sauveur Jésus- Christ.

In dilectione Dei, conservez-vous dans l'amour de Dieu. Est-ce l'amour dont Dieu nous aime, ou par lequel nous aimons Dieu ? C'est l'un et l'autre amour, car celui qui aime Dieu est aimé de Dieu.

Misericordiam Domini in vitam œternam. Nous devons opérer nous-mêmes notre salut. Cependant nous attendons la vie éternelle bien plus de la miséricorde divine que de nos mérites, puisque nos propres mérites sont dus à la miséricorde et à la grâce, sans laquelle nous ne pouvons faire aucune bonne œuvre digne du ciel. Quand Dieu nous donne la couronne de gloire, ce sont ses dons qu'il couronne : coronando mérita coronas dona tua. (Liturgie.)

22 et 23. Et hos quidem arguite judicatos ; — illos vero salvate, de igné rapientes; aliis autem miseremini in timoré. Saint Jude trace maintenant la manière de se conduire à l'égard des divers pécheurs. Il les partage en trois classes.

Pour les hérétiques obstinés, qui continuent de soutenir

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des erreurs réprouvées par l'Eglise, combattez-les, dit-il aux fidèles, réfutez-les, confondez-les. Ce sont des pécheurs condamnés et retranchés de l'Eglise : arguite judicatos (1).

Quant aux âmes simples, qui courent le péril d'être séduites, ou que les hérétiques ont déjà trompées, mais qui ne sont pas obstinées dans l'erreur, sauvez-les, arrachez-les du feu de l'enfer, où elles brûleraient, si elles ne revenaient pas à l'intégrité de la foi : illos vero salvate, de igné rapientes.

Enfin il y en a d'autres que la fragilité humaine a fait tomber dans le péché : au lieu de les mépriser et de les traiter avec hauteur, ayez pitié d'eux en craignant pour vous-mêmes : aliis autem miseremini in timoré.

C'est le conseil que saint Paul donnait aussi aux Galates : Si quelqu'un d'entre vous tombe dans une faute, disait-il, redressez-le avec douceur, en considérant votre propre faiblesse et en craignant d'être tentés vous-mêmes et de faire une chute semblable. Considerans te ipsum, ne et tu tenter is. (Gai., yi, 1.)

Odientes et eam quœ carnalis est maculatam tunicam. « Et haïssez la tunique qui est souillée par la corruption de la chair. » On voit dans le Lévitique que les vêtements d'un homme impur sont impurs, et qu'on ne peut les toucher sans devenir immonde. (Lév., xv.) Par cette allusion aux vêtements impurs, saint Jude recommande aux chrétiens de se préserver avec soin du contact de ceux dont la vie n'est pas chaste, ou dont la croyance n'est pas orthodoxe ; car, en les fréquentant, l'on pourrait être infecté du même mal. Une allégorie de l'Ecclésiastique donne un semblable précepte : Celui qui touche la poix, en sera souillé : Qui tetigerit picem inquinabitnr ab ea. (Eccli., xm, 1.) On évite les personnes qui ont la

(1) Judicatos. Le grec <3iaxprjoy.l*ou; présente deux sens : Qui sese ipsi discernant et segveyant ; ou bien, qui judicio Ecclesiœ discerna ntur et damnati sëparantur. La Yulgate a pris le second sens : Leur cou damnation est prononcée : réfutez-les, afin qu'ils ne pervertissent pas le< autres.

peste et l'on se garde de toucher leurs vêtements : fuyez de même les hommes corrompus ; ou, si la charité vous porte à les secourir et à les avertir, faites-le avec pru dence, afin qu'ils ne vous perdent pas vous-mêmes.

Saint Jude termine sa lettre par une magnifique doxologie, qui est tout à la fois une louange de Dieu et une prière pour les fidèles, afin qu'ils soient conservés dans la sainteté, jusqu'au jour où Notre-Seigneur viendra juger tous les hommes et couronner les saints dans la gloire.

24 et 25. Et autem qui potens est vos conservare sine peccato, et constituer e ante conspectum cjloriae suœ immaculatos in exsultatio?ie> in adventu Domini nostri Jesu Christi, — soli Deo Salvatori nostro, per Jesum Christum Dominum noslrum, c/loria et magnificentia, imperium et potestas ante omne sœculum, et mine, et in omnia sœcula sœculoruni. Amen.

« A celui qui est assez puissant pour vous conserver sans péché. » Demeurer sans péché malgré les séductions du monde, la corruption de la concupiscence et les tentations du démon, est sans doute une vertu supérieure à la nature humaine. Mais rien ne nous est impossible avec la grâce que Jésus-Christ nous a méritée et qui nous est offerte. C'est là une vérité qu'il faut persuader aux justes et aux pécheurs : aux justes, afin qu'ils se confient dans la puissance de Dieu, tout en se défiant de leur faiblesse ; aux pécheurs, afin qu'ils sachent bien que leur salut est possible, facile même, s'ils le veulent. Car, avec la grâce de Dieu, il n'est point de tentation qu'on ne surmonte, point de chaîne qu'on ne rompe, point de vice qu'on ne déracine.

Constituere immaculatos, « A celui qui est assez puissant pour vous faire paraître purs et sans tache devant le trône de sa gloire. » Comment un pauvre pécheur, qui a commis beaucoup de fautes mortelles depuis son baptême, pourra- t-il se présenter devant le tribunal du Souverain Juge, entièrement purifié, sans tache, sans aucune dette envers la justice divine? Cela est difficile, même avec les sacrements de la Pénitence et de l'Eucha-

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ristie. Cependant si nous voulions profiter des grâces et des indulgences qui nous sont offertes, ce bonheur serait moins rare ; et les peines terribles du purgatoire seraient, pour un grand nombre, ou supprimées ou abrégées.

In exsultatione , in adventu Domini nost?%i Jesu Christi. « Paraître dans un ravissement de joie à l'avènement de Notre-Seigneur Jésus-Christ », est un bonheur qui, malgré l'impiété du siècle, est souvent accordé à des religieux et à des religieuses, à des prêtres et à des laïques, qui ont passé leur vie dans l'humilité et la pureté, dans la pénitence, la prière et les bonnes œuvres. Ils meurent en paix ; ils sortent avec joie de ce monde pour aller à la rencontre de Jésus-Christ qu'ils ont aimé (1).

2o. Soli Deo salvatori ?wstro, « à Dieu seul notre Sauveur. » Ce titre de Sauveur, qui est habituellement réservé à Jésus-Christ, est ici attribué au Père, car il nous a sauvés en nous donnant son Fils. On peut aussi le rapporter à la très sainte Trinité, qui nous a sauvés par le Christ. C'est ainsi qu'on interprète cette parole de saint Paul : « Nous espérons dans le Dieu vivant, qui est le Sauveur de tous les hommes et principalement des fidèles. » (I Tim., iv, 10. Voyez encore même Epître, n 3.)

Gloria et magnificentia, imperhim et potestas. « A Dieu la gloire et la magnificence, l'empire et la puissance. » Dieu possède par lui-même la gloire dans son essence. La magnificence est dans ses œuvres, puisqu'il a fait les cieux et la terre. Il exerce l'empire dans le gouvernement de ses créatures, qu'il a tirées du néant par sa parole ; en sorte que sa volonté s'accomplit en toutes choses, et que rien ne résiste à sa puissance (2).

(1) In adventu Domini nostri Jesu Christi. Ces mots ne sont pas dans le grec, et ne se lisent pas non plus dans tous les exemplaires latins. Ils semblent une glose très estimable empruntée à saint Paul, qui écrit aux Thessaloniciens la même pensée : Ad confirmant! i corda vestra sine querela in sanctita.te, ante Deum et Patron nostrum, in adventu Domini nostri Jesu Christi non omnibus sanctis ejvs. (I Thess., ni, 13.)

(2) Imperium, xfsrro?, est la force avec laquelle Dieu fait tout ce qu'il veut. Potestas, iÇouvl*, est l'autorité suprême à laquelle toute rolonté soit des hommes soit des an^es doit obéir.

Avec gloria, magnificentia, impcrium et potestas, on sous-entend tout à la fois est et sit. Dieu possède la gloire, je le confesse avec joie. Qu'il possède la gloire ! c'est le vœu de mon âme.

Que toutes les créatures rendent gloire et hommage à Dieu par Jésus-Christ, notre Seigneur et notre Médiateur, qui est, dans son humanité, le Chef de toute la création : Per Jesum Christum Dominum nostrum.

Et que Dieu possède la gloire et la majesté maintenant et dans tous les siècles des siècles, comme il la possédait au sein de son éternité, avant qu'aucun siècle eût commencé son cours. Ainsi soit-il ! Ante omne sœculum, et nimc, et in omnia sœcula. Amen.

Ante omne sœculum, « avant tout siècle. » Cette expression est une de celles qui expriment le plus clairement l'éternité.

Comme on le voit, cette magnifique doxologie ressemble beaucoup à celle qui termine l'Epître aux Romains et à celle que l'Eglise a consacrée dans sa liturgie.

Répétons-la pieusement sur la terre, afin de la chanter dans le ciel avec les saints et les anges.

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