‹ Commentaire sur les Epîtres catholiques de S. Jacques, S. Pierre, S. Jean et S. JudeChapitre 48 sur 119 · DEUXIÈME ÉP1TRE DE SAINT PIERRE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME ÉP1TRE DE SAINT PIERRE

PREFACE

1. La seconde Epître de saint Pierre n'a pas été d'abord reconnue comme authentique par toutes les églises. Mais au ive siècle, elle figure dans le catalogue des saintes Ecritures dressé par le concile de .!.:•. odicée en 364, et dans le me concile de Carthage tenu l'an 3l>~ . Enfin le pape saint Innocent I dans sa lettre à Exupère, et le pape saint Gélase dans son décret célèbre de l'an 414, ont attesté et fixé la tradition de l'Eglise romaine touchant cette Epître. D'ailleurs elle est citée par un grand nombre de Pères d'Orient et d'Occident. On peut nommer saint Cyrille de Jérusalem, saint Athanase, saint Jean Ghrysostome, saint Basile, saint Grégoire de Nazianze, saint Augustin, saint Jérôme, saint Hilaire, saint Ephrem, saint Jean Damascène. Aussi fut-elle comprise dans le catalogue des saintes Ecritures que les Grecs et les Latins rédigèrent à Florence d'un commun accord, en 1437. Enfin, après le concile de Trente et celui du Vatican, les catholiques ne peuvent plus disputer sur l'auteur de cette Epître : il est de foi qu'elle est de saint Pierre et qu'elle fait partie des Ecritures canoniques.

La principale raison qui avait autrefois suggéré des doutes à plusieurs, c'est La différence de stylo qu'on remarque entre k ''U\ Kpîtres. Mais suint Jérôme fournit lui-même la solution de cette difficulté. Suint Pierre, dit-il. aura fait écrire l'une et l'autre par des secrétaires différents. Dnœ epistolœ quœ feruntur Pétri stylo interse et charactere discrepant, stmtcerberum .■ eœ qua intejligimus pre nécessitais wi diversiseum uêum interpretibus. (AdHedib. Ep. 120j

quœst. 11.) En clïet saint Marc, son premier secrétaire, l'avait depuis longtemps quitté, et Clément d'Alexandrie nous apprend qu'il en eut un autre du nom de Glaucias.

Mais il n'est pas même besoin de recourir à la supposition de saint Jérôme. Entre la première et la seconde Epître, il s'était écoulé une vingtaine d'années. Le style d'un écrivain peut se modifier dans un si long intervalle. D'ailleurs, est-ce qu'un écrivain n'a qu'un style ? Dans sa première Epître, saint Pierre donne des préceptes avec calme. Dans la seconde, sachant qu'il va mourir, et voyant les églises d'Asie menacées par des hérésies déplorables, est-il étonnant que son discours s'anime, qu'il exhorte avec des paroles émues les chrétiens à demeurer fermes dans la foi, et qu'il trouve des termes énergiques pour stigmatiser ceux qui veulent les corrompre ? Le péril de tant d'âmes et la charité qui remplit son cœur suffisent pour rendre son éloquence plus vive et plus entraînante.

Nous ajouterons que des hommes instruits pensent qu'on a beaucoup exagéré la différence de style entre les deux écrits de saint Pierre.

2. Cette Epître contient trois chapitres. Dans le premier, saint Pierre recommande aux chrétiens de s'attacher fortement à la doctrine qu'ils ont reçue, et à la pratique des vertus qu'elle exige. Il donne pour premier fondement à leur foi, la parole céleste qu'il a entendue lui-môme sur la montagne et qui disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; écoutez-le. » Il s'appuie en second lieu sur le témoignage des anciens prophètes, qui démontre que Jésus est le Christ.

Dans le second chapitre, il les exhorte à fuir les hérétiques, dont il décrit les vices en termes pleins de force, et il prédit qu'ils seront punis avec les démons, avec les coupables qui furent engloutis par le déluge, et avec les habitants impurs de Sodome.

Dans le troisième chapitre, il fait souvenir les chrétiens que la destruction du monde et le jugement général approche. Ils doivent donc vivre dans la sainteté, afin d'être toujours prêts à paraître devant Dieu.

3. Saint Pierre a écrit cette Epître à Rome, l'an &j ou 67 de Notre-Seigneur, quelque temps avant sa mort. Peut-être n'était-

il pas encore enfermé dans la prison Mamertine, où il passa les neuf derniers mois qui précédèrent son glorieux martyre.

Saint Jude, qui écrivait après saint Pierre, a reproduit plusieurs pensées de cette Epitre, et presque dans les mêmes termes. Il semble qu'il avait pour but de rendre témoignage aux prédictions de l'Apôtre. Saint Pierre dit, par exemple : « Il \iendra des hommes menteurs qui introduiront des sectes de perdition » : et peu d'années après, saint Jude déclare « qu'ils sont venus. »

Cette seconde Epître de saint Pierre est un des morceaux les plus éloquents du Nouveau Testament.

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