‹ Commentaire sur les Epîtres catholiques de S. Jacques, S. Pierre, S. Jean et S. JudeChapitre 61 sur 119 · FA Domini nostri longaniiriitatem, salutem arbitremini · texte numérisé non relu

FA Domini nostri longaniiriitatem, salutem arbitremini

sicut et charissimns (rater noster Paulus secundum datam sibi sapientiam scripsii robis;

1<>. Sievt et in omnibus epistolis, loquens in eis de his : in quibus sunt qucedaan difficili" mtellectu, <j"i" indocti et instabiles dépravant, sicut et capteras Scripturas, ad saam ipsorunt perditionem.

17. Vus igitur, fratres, prœscientes custodite, ne insipienthnn crrore traditcti excidatis a propria firmitate.

18. Crescite vers in gratin, et in cognitione Domini >wstri et Salratoris Jesic Christ i. Ipsi gloria et rtunc, et in àiem œternitatis. Amen.

travaillez afin que vous soyez trouvés purs et irrépréhensibles aux yeux de Dieu, dans la paix :

15. Et croyez que la longue patience dont use Xotre-Seigneur est pour votre salut, comme Paul, notre frère, vous l'a écrit lui-même selon la sagesse qui lui a été donnée ;

1(3. Ainsi qu'il fait en toutes ses lettres, où il parle de ces mêmes choses : lettres dans lesquelles il y a certaines paroles difficiles à entendre, que des hommes ignorants et légers détournent, aussi bien que les autres Ecritures, à de mauvais sens, pour leur propre ruine.

17. Vous donc, mes frères, qui connaissez d'avance toutes ces choses, prenez garde a vous, de peur qu'entraînés par l'erreur des insensés, vous ne tombiez de l'état ferme où vous êtes établis.

18. Mais croissez de plus en plus dans la grâce et dans la connaissance de Notre-Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. A lui soit la gloire et maintenant, et jusqu'au jour de l'éternité ! Amen.

1. Banc ecce vobis, charissimi, secundam scribo epistolam. « Mes bien-aimés, voici la seconde lettre que je vous écris. » Elle est donc adressée, comme la première, aux Eglises du Pont, de la Galatte, de la Cappadoce, de l'Asie et de la Bithynie; et quoique saint Pierre désigne les Israélites de ces provinces qui s'étaient convertis au christianisme, on reconnaît qu'il parle en même temps aux chrétiens venus de la Gentilité.

/// [quitus vestram cxcito m commonitione shiceram mentem. Et dans ces deux lettres, je tâche de réveiller, par d'utiles avertissements, vos âmes sincères et dociles. Les bons- chrétiens, les religieux même qui servent Dieu

dans les monastères, ont besoin d'être avertis, encouragés, réveillés, pour être maintenus dans la ferveur ; car nous sommes tous portés au relâchement par notre nature. Que le prêtre s'applique donc à soutenir les justes, et qu'il rallume chaque jour le feu de la charité sur l'autel de son propre cœur.

Sinceram menlem, votre pensée pure. Cette expression désigne une foi orthodoxe et l'intention vraie de plaire à Dieu. Telles sont les âmes que saint Pierre se propose de réveiller et d'exciter à croître en vertus (1).

2. Ut rnemores sitis ; « afin que vous vous souveniez. » C'est l'explication du mot in commonitione. L'Apôtre va marquer l'objet spécial de ses avertissements.

Ut rnemores sitis eomm quœ prœdixi verborum a sanclis prophetis (2), et apostolorum vestrorum prœceptorum, Domini et Salcatoris. Je vous exhorte à vous souvenir des paroles des saints prophètes que je vous ai déjà rappelées. Je vous engage aussi à méditer les préceptes de vos apôtres, qui sont en même temps les préceptes de Jésus-Christ notre Seigneur et Sauveur.

Verborum a sanclis prophetis quœ prœdixi. Toute la première Epître de saint Pierre est pour ainsi dire composée de textes pris dans l'Ancien Testament. Si les fidèles relisent et étudient ces saintes paroles, elles seront pour eux une lumière qui les guidera et une force

(1) Sinceram mentem, t^v ethxpwT} 6iû.voixv, Le mot latin sincerus (quasi sine cerpt) désigne proprement une substance sans mélange, comme mel sincerum, du miel pur ; vinitm sincerwn, du vin qui n'est pas fraudé. Le mot eiïiy.pi-<ï,i (veiut èv tu?, xpivôftevoç, examiné à la clarté du soleil) a la même signification.

(2) Voici le grec : A'£-/îî/îc.>y(uwv... 7r,v 6iy.voiv.v, p.'jri<;9?)va.i twv Tzposip-sty-îvoy; pr,u6(7co'j bnb twv «yt'wv 7r/55j?y;Twv. Il semble au premier coup d'œil que le grec signifie simplement : Je vous exhorte à vous souvenir des paroles qui ont été précédemment dites par les saints prophètes. Mais l'auteur de la Vulgate a pensé que, dans le langage ordinaire, xv. irpottpvipïvx indique ce qu'a déjà dit celui qui parle, et il a traduit quœ prœdixi. Mais d'un autre côté bnb twv Ttpoptrr&v dépend aussi de Ttpoetpqftévx, et signifie ce qui a été dit par les prophètes. Le sens complet du grec comme du latin serait donc : « Je vous exhorte à vous souvenir des paroles que je vous ai dites précédemment et que j'ai puisées dans- les saints prophètes. »

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qui les soutiendra. Il répète la même pensée qu'il avait exprimée plus haut, lorsqu'il les exhortait à lixer leur attention sur les discours des prophètes, comme sur une lampe qui luit dans un lieu ténébreux. (II Petr., i, 19.) Et apostolorum vestrorum prœceptorum, en grec, xal

TT,ç T(ov XTrosTÔAiov OuàW svTOAïjç, et manda ti apostolorum VeS-

trorum; mais vous ne devez pas non plus oublier les préceptes de vos apôtres. Par leurs apôtres il entend non seulement ceux qui ont été immédiatement institués Apôtres par Notre- Seigneur, mais encore les prédicateurs que les premiers Apôtres, ou les églises fondées par eux, ont envoyés prêcher l'Evangile dans ces provinces.

Prœceptorum Domini et Salvatoris. Les préceptes que vous ave/, reçus de vos apôtres sont les préceptes mêmes du Seigneur et Sauveur Jésus (1).

Ce texte est fort important : il nous apprend que c'est par les Apôtres et par leurs envoyés ou leurs successeurs, que nous connaissons la doctrine et les lois de Jésus-Christ. Ce qu'ils ordonnent ou enseignent, c'est Jésus-Christ même qui l'enseigne et l'ordonne.

3. Hoc primum scientes, quod venient in novissimis diebus in deceptione illusores, juxta proprias concupiscentias ambulantes. « Car sachez avant toutes choses que, dans les derniers jours, il viendra des imposteurs artificieux, qui suivront leurs propres convoitises. »

Hoc primum scientes. L'avertissement le plus important que l'Apôtre doit donner aux fidèles avant de mourir, c'est de ne pas se laisser séduire par les faux docteurs qui pervertiront la saine doctrine. Car la foi est la racine même du salut, et sans la pureté de la foi il est impossible de plaire à Dieu.

Venient in novissimis diebus. Les derniers jours sont, comme on sait, tout l'Age compris entre la venue du Christ et la fin du monde.

(I) Comme on le voit, le mot prœceptorum, qui n'est écrit qu'un»1

fois, doit se construire d'abord avec apostolomon, qui est son prenier

régime, pui- »e répéter avec Domini. C'est comme s'il y avait en grec :

tffi rw> dhrorrdtav It/kûv ivro)ifc, hroi^s reC Kvjeiou xa\ Surif/so;, Ap<>-

ttotorum vestrorum mandat/', mandati Domini et Salvatoris.

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