‹ Commentaire sur les Epîtres catholiques de S. Jacques, S. Pierre, S. Jean et S. JudeChapitre 70 sur 119 · Et vos unctionem quant · texte numérisé non relu

Et vos unctionem quant

/ Joan.j il.

accepistis ab eo, raaneat in vobis.

Et non necesse Jtabetis ut aliquis doceat vos : sed sicut nnctio ejvs docct vos de omnibus, et verum est, et non est mendaciv.m. Et sicut docuit vos, manete in eo.

28. Et nunc, filioli, manete in eo ; ut quum apparuerit, habeamus fiduciam, et non confundamur ab eo in advenue

ej"s.

89, Si scitis quoniam justus est, scitotc quoniam et omnis qui facit justifiant, ex ipso natifs est.

l'onction que vous avez reçue du Fils de Dieu demeure en vous. Et vous n'avez pas besoin que personne vous instruise. Mais comme cette onction du Christ vous enseigne toutes choses, de même son enseignement est vrai et pur de tout mensonge. Demeurez en lui et dans sa doctrine telle qu'il vous l'a enseignée.

28. Maintenant donc, mes petits enfants, demeurez en lui, afin que, lorsqu'il apparaîtra, nous ayons confiance et que nous ne soyons pas confondus par lui au jour du jugement.

29. Si vous savez qu'il est juste, sachez aussi que tout homme qui fait des œuvres de justice est né de lui.

1. Filioli mei, hœc scribo vobis, ut non peccetis. Sed et si guis peccaverit, advocatum habemus opud Patrem, Jesum Christum justum. « Mes chers enfants, je vous écris ces choses afin que vous ne péchiez pas. Mais si quelqu'un de vous pèche, nous avons un avocat auprès du Père : c'est Jésus-Christ, qui est juste. »

Filioli, mes chers petits enfants. Cette expression de tendresse a été employée par Notre-Seigneur à l'égard de ses disciples. (S. Marc, x, 24, et S. Jean, xiii, 33.) Saint Paul appelait aussi les Galates ses petits enfants : Filioli, quos iterttm partwio. (Gai., iv, 19.) Pour saint Jean, il répète jusqu'à huit fois filioli dans cette Epître, où il parle tout à la fois avec l'autorité d'un Apôtre, et avec la tendresse d'un père.

Uœc scribo vobis. Il désigne ce qu'il vient d'écrire dans

'fsets qui terminent le précédent chapitre : savoir

que nous tombons tous dans des fautes plus ou moins

graves et que nous avons tous des péchés à expier; mais

si nous les confessons humblement, nous en sommes purifiés par Jésus-Christ. Maintenant il va développer cette dernière pensée.

« Je vous écris ces choses, afin que vous ne péchiez point. » Car si nous rappelons souvent à notre mémoire les bienfaits de Jésus-Christ, nous serons pénétrés de sa bonté à notre égard, et nous veillerons sur nous-mêmes pour ne pas l'offenser. Mais l'Apôtre, qui connaît la fragilité humaine, a soin d'ajouter : Néanmoins, si quelqu'un d'entre vous pèche, qu'il ne perde point courage, mais qu'il ait recours à Jésus-Christ : il est notre puissant avocat auprès du Père ; il plaidera notre cause et il la gagnera, parce qu'étant parfaitement juste, il est agréable au Père, qui ne lui peut rien refuser. D'ailleurs, tout ce qu'il demande comme homme, il a le droit de l'obtenir de son Père : et comme Dieu, il nous le donne avec son Père.

Advocatum. Souvent en ce monde un accusé confie sa cause à l'éloquence d'un avocat, qui le sauve. Et vous, dit saint Augustin, si vous confiez votre cause au Verbe lui-même, est-ce qu'il vous laissera condamner?

Justum. Pour être avocat auprès de Dieu, il faut être juste soi-même ; car un coupable n'est pas admis à intercéder pour un criminel. C'est pourquoi saint Paul disait aux Hébreux que nous avions besoin d'un pontife saint, pour être médiateur entre Dieu et le peuple. Talis enim decebat ut nobis esset pontifex, sanctus, innocens, impôtlutus, segregatus apeccatoribus. (Hebr., vi, 26.)

Quelles raisons emploie-t-il quand il plaide notre cause? Il montre ses plaies, dit Bossuet. (Serm. sur rAscens.) En effet, l'Apôtre ajoute :

2. Et ipse est propiliatio pro peccatis ?iostris ; non pro nostris autem tantnm, sed pro totius mundi. Or, non seulement il est notre avocat, « mais il est encore lui-même victime de propitiation pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais pour ceux du monde entier. » Voilà une doctrine qu'il faut enseigner aux autres et nous prêcher à nous-mêmes. Quelque graves que soient nos pé-

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chés, quelque nombreuses que soient nos rechutes, nous ne devons jamais désespérer de notre salut. « Car Jésus- Christ lui-même est notre propitiation. » Toutes nos fautes ont été expiées par le sacrifice qu'il a offert sur la croix ; notre rançon est payée d'avance. Pour devenir justes, il nous suffit d'avoir le regret de nos fautes passées, avec le ferme propos de ne les plus commettre. Si nous en faisons l'aveu dans cette disposition, le prêtre nous absout et tous nos péchés sont remis.

lpse est propitiatio pro peccatis . Qu'aucun péché, même véniel, ne puisse être effacé que par Jésus-Christ notre Rédempteur, cela est certain. Car il a dit à saint Pierre, qui était pur de fautes graves : « Si je ne te lave pas, tu n'auras pas de part avec moi. » Si non lavero te, non habebis partem mecum. (S. Joan., xm, 8.)

Mais d'un autre côté, il n'y a point de péché si énorme que le sang d'un Dieu n'efface. Jésus-Christ nous a tous aimés, et il nous a tous lavés dans son sang : Dilexit ?ws, et lavit nos in sanguine suo. (Apoc. i, 5.)

Or, continue l'Apôtre, quand je dis que le Christ est propitiation pour nos fautes, je n'entends pas seulement les nôtres, mais celles du monde entier. Non pro nostris autem tantum,sed etiam pro totius mundi. Ce texte prouve que Jésus-Christ n'est pas mort pour les seuls prédestinés : cela est de foi. Il prouve, en outre, que Jésus- Christ n'est pas mort seulement pour tous les fidèles, mais encore pour tous les hommes : cela est certain.

Tous les hommes cependant ne sont pas justifiés par son sacrifice, parce que tous ne veulent pas l'être.

3. El in /toc scimus quoniam coqnovimus eum, si mandata ejus observemus. « Or, ce qui nous assure que nous connaissons Jésus-Christ, c'est l'observance de ses commandements. »

On oe peut recourir à Jésus-Christ, si on ne le connaît pas: maisi] ne suffît pas de le connaître comme les scribes et les pharisiens, qui ne l'ont connu que pour le faire mourir. Cette connaissance, loin de les justifier, les a rendus plus coupables.

Il faut le connaître et croire en lui: il faut le connaître et lui obéir. La connaissance dont parle saint Jean est un acte de l'intelligence qui fait agir la volonté, comme lorsque le Sage dit à Dieu : Vous connaître, Seigneur, est la parfaite justice, Nosse te consummata jastitia est. (Sap., xv, 3.) C'est encore d'une semblable connaissance que Jésus-Christ a dit : Je connais mes brebis et elles me connaissent; elles entendent ma voix et elles me suivent. (S. Jean, x, 27.) La vraie foi, dit saint Grégoire, est celle de l'homme en qui la conduite ne contredit point les paroles Vera fides est, quœ in hoc qnod verbis dicit, moriôus non contradicit. (Homil. in Evang. xxix.j

4. Quidicit se ?iosse enm, et mandata ejus non custodit, mendax est, et in hoc veritas non est. Pour celui qui dit qu'il connaît Jésus-Christ et ne garde pas ses commandements, il est un menteur, et la vérité n'est point en lui. » S'il connaissait la bonté de Jésus-Christ, sa puissance, sa justice, est-ce qu'il l'offenserait ? On peut vraiment dire de tous les pécheurs qu'ils ne connaissent ni Dieu ni son Fils Jésus-Christ. Non noverunt Patremnequeme. (S. Joan., xvi, 3.) Tout homme qui n'aime pas Dieu montre par là même qu'il ne le connaît pas et qu'il ne sait pas combien il est aimable, dit le vénérable Bède. Quisqnis Denm non amat, profecto ostendit quia quam sit amabilis non novit.

5. Qui autem servat verbwn ejus, vere in hoc charitas ûei perfecta est. « Mais celui qui garde sa parole et obéit à ses préceptes, montre que l'amour de Dieu est vraiment parfait en lui. » Le raisonnement appelait cette série d'idées : Celui qui garde la parole de Dieu le connaît. Or celui qui connaît Dieu, l'aime. Car la vraie connaissance de Dieu produit l'amour de Dieu. Celui donc qui garde la parole de Dieu aime Dieu, et celui qui la garde parfaitement l'aime parfaitement. Saint Jean supprime les idées intermédiaires, qu'il laisse suppléer à l'intelligence du lecteur, et il dit tout de suite : L'amour de Dieu est parfait dans celui qui garde sa parole. — Et in hoc scimus quoniam in ipso samus. « Et c'est en gardant sa parole que

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nous savons que nous sommes en lui. » Cette crainte de lui déplaire, cet amour qui nous fait accomplir sa volonté, nous attestent que nous sommes en Jésus-Christ, c'est-àdire ses vrais disciples, unis à lui comme les membres le sont à leur chef, et comme les branches ne font qu'un avec la vigne (1).

G. Qui dicit se in ipso manere, débet, sicut ille ambulavity et ipsc ambulare. Celui donc qui prétend qu'il demeure en Jésus-Christ et qu'il est son fidèle disciple, doit marcher lui-même comme Jésus-Christ a marché. Car Jésus- Christ ne s'est pas contenté de promulguer des lois, comme fit autrefois Fange du Seigneur qui parlait du haut de la montagne aux Israélites. Jésus a vécu au milieu de nous et il nous a montré par ses actions ce que nous devons faire nous-mêmes. Exemplum enim dedi vobis, ut quemadmodum ego feci, ita et vos faciatis. (S. Joan., xin, 15.)

( )r L'exemple qu'il nous a donné, celui qui résume toute sa vie et toutes ses leçons, est d'aimer Dieu et le prochain.

7. Cliarissimi, non mandatum novum scribo vobis, sed mandatum vêtus, r/uod habuistis ab initio : mandatum vêtus est verbum cjuod audistis. Mes bien-aimés, je ne vous écris point un commandement nouveau, que vous ne connaissiez pas, mais un commandement ancien que vous avez reçu dès le commencement. Ce précepte ancien est la parole que vous avez déjà entendue.

Saint Jean vient d'exprimer le précepte de l'amour de Dieu, et il va tout de suite inculquer l'amour du prochain. Ces deux commandements sont semblables et ils n'en font qu'un. L'on ne peut en effet aimer Dieu sans aimer Le prochain, que Dieu aime. Et si l'on aime le prochain comme on doit l'aimer, c'est-à-dire en lui souhaitant l'éternelle possession de Dieu, on aime Dieu.

I double commandement n'est pas un précepte nou- .: que les chrétiens entendent pour la première fois.

(1) Etre an vrai disciple de Jésus-Christ et un vrai chrétien, être en

s-Christ, demeurer en lui, être uni a lui par le baptême, par la foi

et la charité, c'est la même chose ou du moins ce sont des i lées connexes.

1 PITOU s CATHOLIQUES

C'est un commandement ancien, donné par le Seigneur et qu'ils ont reçu dès l'origine, ab initio. Lorsqu'on les a préparés au baptême, on a eu soin de leur apprendre cette parole inscrite dans l'Evangile : « Tu aimeras le « Seigneur ton Dieu de toute ton âme, de tout ton cœur et « de tout ton esprit. Voilà le plus grand et le premier « commandement. Et le second est semblable : Tu aime- « ras ton prochain comme toi-même. Toute la loi et « les prophètes se résument en ces deux préceptes. » (S.Matth., v, 37.)

8. Iterummandatumnovumscribo vobis. « Et cependant je vous écris un commandement nouveau » pour le monde. Il est vrai que Moïse avait dit aux Israélites : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. » Mais ce précepte, inconnu aux Gentils, était presque oublié des Juifs. La crainte dominait chez ce peuple, et il tremblait plutôt devant Dieu comme un esclave, qu'il ne l'aimait comme un fils. Quant à l'amour des hommes, on lisait dans le Lévitique : « Tu aimeras ton ami, comme toi-même » (Lév., xix, 18): d'où les docteurs juifs concluaient qu'on n'était pas obligé d'aimer les étrangers, et qu'on pouvait haïr ses ennemis. (S. Matth.,v, 43.)

Notre-Seigneur promulgua de nouveau le commandement qui ordonne d'aimer Dieu de tout son cœur ; et il perfectionna celui qui prescrit d'aimer les hommes, en déclarant qu'il faut aimer non seulement ses amis et ses proches, mais ses ennemis mêmes, ceux qui nous calomnient, ceux qui nous persécutent : Diligite inimicos vestros, bene facile his qui oderunt vos, et orale pro perse quentibus et calumniantibus vos. (S. Matth., v, 44.) Nous devons aimer nos ennemis et prier pour eux, afin qu'ils deviennent nos frères, dit saint Augustin. Sic dilige inimicos tuos, ut fratres optes. (In Epist. Jo. tract, i, c. 9.) Voilà un précepte admirable, que la terre n'avait jamais entendu. Aussi Notre-Seigneur l'appelle-t-il un commandement nouveau : Mandatum novum do vobis., atdiligatis invicem sicat dilexi vos. (S. Joan., xm, 34.)

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Qaod verwn est in ipso et in vobis. Ce commandement est véritable en Jésus-Christ, il est accompli en lui, puisqu'il a aimé tous les hommes et qu'il a versé son sang même pour ses ennemis.

Et in vobis. Ce commandement est aussi véritable en vous ; car, en devenant chrétiens, vous avez accepté le commandement de la charité, et vous l'accomplissez comme vous l'avez promis (1).

Quia tenebrœ transierunt et verwn lumen jam lucet. Lorsque les hommes étaient plongés dans les ténèbres de l'ignorance et du péché, ils se haïssaient mutuellement. Mais ces ténèbres sont passées pour vous; la vraie lumière de l'Evangile brille à vos yeux, et elle s'étend de plus en plus dans le inonde, en y répandant la charité.

9. Qui dicit se in luce esse, et fratrem suum odit, in tenebris est usque adliuc. Mais quiconque prétend être dans la lumière, et cependant hait son frère, celui-là est encore jusqu'à présent dans les ténèbres.

Pour bien comprendre ce passage et d'autres semblables, il faut se rappeler ce que saint Jean et les autres Apôtres entendaient par le mot lumière. Ils le prenaient dans un sens spirituel, employé par les prophètes et par Notre-Seigneur lui-même. Il y a la lumière de la vérité et la lumière de la grâce. Une âme est dans la lumière, premièrement lorsqu'elle connaît, aime et croit les vérités célestes que la foi nous révèle; secondement lorsqu'elle est purifiée du péché et ornée de la grâce sanctifiante. Alors elle brille, étant toute lumineuse de vérité et de beauté. Au contraire, elle est dans les ténèbres, lorsqu'elle ne connaît pas les vérités de l'Evangile, et qu'elle est souillée du péché. L'ignorance et l'erreur l'enveloppent d'une nuit sombre, et le péché la couvre des ombres de la mort, jusqu'à ce que Jésus Christ, qui est le divin

(1) Mai novum scribu vobis, quod est verutn in ipso, ivreXigv

Mctvqv ypoçoj bf£b% c ïz-.u v.'/r/jki iv bùtô. Le pronom 5, quod, ne s'accorde <<.v, qui est du féminin. <m traduit donc : « Je vous écris un commandement nouveau, et la chose qui est prescrite par ce comment est vraie, c'est-a-dire réalisée, dans le Chris! el en vous. »

soleil de justice, l'éclairé en répandant sur elle la lumière de la vérité et la splendeur de sa grâce.

Car ces deux choses sont distinctes : on peut, en ayant la lumière de la foi, être plongé dans les ténèbres du péché. Ainsi un nègre voit avec ses yeux la lumière du soleil; mais il est lui-même ténébreux; car la noirceur de son visage et de tout son corps repousse les rayons de la lumière qui éclaire le monde. (Voyez plus haut, i, 5.)

Fratrem silum. Dans le Nouveau Testament et dans le langage de. l'Eglise, le titre de frère est, en général, réservé aux chrétiens, qui sont frères en Jésus- Christ. Néanmoins il peut s'étendre à tous les hommes, qui sont frères selon la nature, puisqu'ils descendent tous d'Adam et de Noé.

In tenebris est usque adhuc. Si quelqu'un hait son frère, en vain l'Evangile a brillé à ses yeux; quoiqu'il ait la foi, les ténèbres enveloppent encore son âme : il ne sera illuminé de la grâce sanctifiante, que lorsqu'il aimera son frère.

10. Qui diligit fratrem sumn, in lumine manet, et scandalum in eo non est. Pour celui qui aime son frère, il demeure dans la lumière de l'Evangile et de la justice. Il connaît la doctrine du salut et possède la grâce divine. Celui-là est vraiment disciple du Christ, et il ne craint point de scandale. Car le flambeau de la vérité éclaire ses pas, et rien ne le fait tomber pendant qu'il court dans la voie des saints commandements (1).

11. Qui autem odit fratrem smim, in tenebris est, et in tenebris ambulat, et nescit quo eat : quia tenebrœ obcœcaverunt oculos ejus. « Mais celui qui hait son frère est dans

(1) L'Apôtre fait allusion à la parole du prophète David : Pax multa diligentibus legem tuam, et non est Mis scandalum . . (Ps. cxvm, 165.) Il n'y a point de scandale pour ceux qui, selon la loi, aiment vraiment Dieu et le prochain, parce que nulle séduction ne les entraîne au péché, nulle menace ne les fait dévier du sentier de la justice. — Scandalum, vxik'jàxk'jv. Ce mot, qui revient souvent dans l'Ecriture, signifie, au sei'S propre, un piège tendu pour un animal qui y pose le pied, ou encore un obstacle placé frauduleusement sur le chemin pour faire tomber celui qui passe.

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les ténèbres, et il marche dans les ténèbres, et il ne sait pas où il va, parce que les ténèbres ont aveuglé ses yeux. »

In tenebris est, il est dans les ténèbres de l'ignorance et dans celles du péché. Il ne voit pas quelle laideur répand sur son àme la haine qu'il nourrit contre le prochain, et il n'aperçoit pas les châtiments qu'elle mérite.

In tenebris arnbulat. Toutes ses actions faites dans l'état du péché sont sans mérite pour le ciel. Parfois même elles sont des œuvres mauvaises, dont lé principe est une pensée coupable.

Et nescit quo eat, « et il ne sait pas où il va. » C'est la condition des mondains aveuglés par leurs passions; ils ne savent pas qu'ils vont à l'abîme. On a beau leur crier qu'ils se perdent, ils ne le croient pas. Car les ténèbres offusquent les yeux du pécheur. Celui qui garde la haine dans son cœur va sans le savoir dans l'enfer, dit saint Cyprien : it nescius in gehennam. (S. Cypr. de zelo et liv.j n i.

12, 13, 1 i. Scribo vobis, filioli, quoniam remittuntur' vobis peccata pnopter nomen ejus. — Scribo vobis, patres, quoniam cognovistis eum qui ab initio est. Scribo vobis, adolescentes, quoniam vicistis maligmim. — Scribo vobis, infantes, quoniam cognovistis Patrem (1). Scribo vobis, juvenes, quoniam fortes estis; et verbum Dei manet in vobis, et vicistis malignum. « Je vous écris, mes chers enfants, parce que vos péchés vous sont remis à cause du nom de Jésus-Christ. — Je vous écris, à vous pères, parce que vous avez connu celui qui est dès le commencement. Je vous écris, adolescents, parce que vous avez vaincu l'esprit malin. — Je vous écris, enfants, parce que vous z connu le Père. Je vous écris, jeunes hommes, parce

S obis infantes, en grec sypctf* b/îi-j nauiet. L'auteur de la

Vulgate a rendu L'aoriste iypovpx (scripsi) par le présent scribo, parce qu*il pense avec raison que saint Jean ne parle point d'une lettre qu'il aurait précédemment écrite, mais de celle qu'il écrit maintenant. En mettant fy»«tf*» il se transporte au moment où sa lettre sera

lue. — I de nouveau : ïypoufa Ei/tlv, notréptg, &xi èyvùx-xzs

I cette répétition qui parait superflue. Les «enl trois fois -, I roia lois ïypx'pa.

que vous êtes forts, parce que la parole de Dieu demeure en vous et parce que vous avez vaincu l'esprit malin. »

Scribo vobis, filioli. Je vous écris, mes chers enfants, T£xvfo. C'est le même mot que nous avons vu en tête de ce chapitre, filioli mei. Saint Jean, Apôtre et vieillard, appelle tous les chrétiens ses chers petits enfants. Il leur écrit pour les féliciter de ce que leurs péchés leur sont remis et pardonnes à cause du nom du Christ. Il dit propter nomen ejus, au lieu de pr opter nomen Christi; car, bien que le nom du Christ n'ait pas été prononcé depuis le commencement du chapitre, il est toujours dans le cœur de l'Apôtre.

Maintenant il va s'adresser d'une manière spéciale aux différents âges : et d'abord aux pères de famille, ensuite aux adolescents, puis aux enfants, et enfin aux jeunes hommes.

Il écrit d'abord aux pères, que leur âge, leur autorité, leur science de la religion rendent vénérables ; et il les félicite de ce qu'ils ont connu celui qui est dès le commencement, c'est-à-dire le Verbe qui était avant toute créature et par lequel a été fait tout ce qui a été fait. Scribo vobis, patres, quoniam cognovistis eum qui ab initio est.

Après avoir salué les vieillards qui connaissent et adorent le Verbe éternel, il félicite les adolescents, parce qu'ils ont repoussé toutes les tentations d'orgueil, d'indépendance et de volupté que le démon suggère à cet âge. Vicistis malignum.

Il n'oublie pas les enfants, tojuSAx, Les enfants sentent qu'ils ont besoin de leur père selon la nature : c'est de lui qu'ils attendent la protection et tout ce qui est nécessaire à la vie; aussi leur devoir est- il d'aimer l'auteur de leurs jours. Mais les enfants des chrétiens savent qu'ils ont dans les cieux un Père plus puissant et meilleur que celui qui est sur la terre ; ils l'aiment, ils l'adorent, ils l'invoquent avec confiance. Cognovistis Patrem. Charmante attention de l'Apôtre qui écrit aux petits enfants, et qui veut qu'on leur apprenne à bégayer le nom de « notre Père qui est dans les cieux ! »

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Enfin, il écrit aux jeunes hommes, juvene s, parce qu'ils sont dans la vigueur de l'âge et qu'ils consacrent cette force à la vertu ; parce que la parole de Dieu demeure fermement enracinée dans leur cœur, et qu'ils gardent ses commandements; il leur écrit surtout parce qu'après avoir vaincu l'esprit mauvais dans leur adolescence, ils l'ont dompté dans leur jeunesse. Scribo vobis, jiwenes, quoniam fortes estis, et verbum Dei manet in vobis, et vicistis malignum.

Les vieillards sont par leur prudence le sénat de l'Eglise ; les enfants en sont l'espoir; les adolescents pieux en font l'ornement, et les jeunes hommes sont ses soldats et ses héros.

Saint Jean leur écrit donc à tous, et voici l'importante leçon qu'il leur donne :

15, 16, 17. Nolite diligere mundiim, neque ea quœ in itiundo swit. Si quis diligit mundam, non est charitas Patris in eo. — Quoniam omne qnod est in mwido, concupiscentia carnis est, et concupiscentia oculorum, et superbia vitœ ; quœ non est ex Pâtre, sed ex mnndo est. — — Et mundus transit et concupiscentia ejus ; qui autem facit voluntatem Dei manet in œternum.

« N'aimez pas le monde ni les choses qui sont dans le monde. Si quelqu'un aime le monde, l'amour du Père n'est point en lui. — Car tout ce qui est dans le monde est concupiscence de la chair, et concupiscence des yeux, et orgueil de la vie ; ce qui n'est point du Père, mais du monde (1). — Or, le monde passe, et la concupiscence du monde passe avec lui; mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement. »

Nolite diligere mundum. Dieu ne veut pas que nous attachions notre cœur au monde, parce qu'il n'est pas notre patrie, mais un lien de passage : et nous ne devons

(1) Voici la traduction littérale du texte grec : Quoniam omne quod

concupiscentia oculorum, et ■. mm est §x Pâtre, $ed ex mundo est. « Car tout ce qui ina le monde, savoir : la concupiscence de la chair, la concupiscence des veux, et l'orgueil de la vie, n'est point du Père, mais du le. »

point faire servir à nos passions ce que Dieu nous a donné pour nos besoins. Ut non vos illiqent ista dilectione, dit saint Augustin, ne ad fruendum hoc ametis, quod ad utendum habere debetis. (In Epist. Joann. tr. il, c. 12.) User des créatures pour s'élever à Dieu, voilà l'ordre (1).

Neqae ea quœ in mundo sant, « n'aimez point non plus les choses qui sont dans le monde », n'y placez point votre bonheur ; et cela pour deux raisons : premièrement parce que « l'amour du Père n'est point en celui qui met sa félicité dans les faux biens du monde. » Si quis diligit mundum, non est charitas Patris in eo. Il faut rejeter de votre cœur l'affection au monde pour y faire entrer l'amour de Dieu. Votre cœur est un vase, dit saint Augustin ; s'il est plein du monde, l'Esprit-Saint n'y peut entrer. Versez donc la vanité qu'il contient, afin qu'il reçoive la charité qu'il n'a pas. Funde quod habes, ut accipias quod non habes.

16. En second lieu, n'aimez point ce qui est dans le monde ; car tout ce qui est dans le monde et ce que les mondains recherchent, porte au péché en excitant la concupiscence de la chair, la concupiscence des yeux, et l'orgueil de la vie. Qiioniam omne quod est in mundo, concupiscentia carnis est, et concupiscentia oculorum, et superbia vitœ.

Saint Jean nous avertit que, parmi les objets qui sont dans le monde, les uns charment les sens, amollissent le cœur par la volupté et enflamment la concupiscence de la chair, c'est-à-dire la gourmandise et la luxure. — Les autres excitent l'avarice, irritent la concupiscence des yeux, et entraînent l'homme à vouloir posséder toutes les richesses qu'il voit. L'avare, dit Salomon, ne cesse de travailler, et ses yeux ne sont jamais rassasiés de richesses : laborare non cessât, nec saturantur oculi ejus divitiis. (Eccl., iv, 8.) — Enfin les autres choses qui peuvent

(1) Saint Paul exprimait la même pensée lorsqu'il disait : « Que ceux qui usent de ce monde en usent comme n'en usant pas ; car la figure de ce monde passe. » Qui ittuntur hoc mundo, tanquam non utantur . prœterit enim figura hujus mundi. (I Cor., vu, 31.)

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nous séduire sont les dignités, la puissance, le faste, les honneurs, et toute cette gloire mondaine qui allume l'ambition et nourrit l'orgueil de la vie.

Or, cette concupiscence qui nous entraîne vers les plaisirs, les richesses et les honneurs n'a point été déposée dans le cœur de l'homme par le Père et le Créateur des hommes : non est ex Pâtre. A l'origine, toutes les choses que Dieu a faites élevaient l'homme vers leur auteur, et aucune par elle-même ne le sollicitait au péché. Mais Adam a désobéi à son Créateur, et de sa révolte est née la funeste concupiscence, qu'il a désormais portée en lui et transmise à toute sa postérité.

Voilà comment l'inclination au mal que nous ressentons en nous-mêmes ne vient pas du Créateur. Elle vient de la faute originelle et des objets du monde, qui maintenant irritent nos désirs malgré la loi divine. Non est ex Pâtre, sed ex mundo est.

17. Cependant l'homme qui aime le monde ne saurait y trouver son bonheur. Car le monde passe et sa concupiscence passe avec lui. Et mundus transit et concupiscentia ejus. Le monde et ce qui est dans le monde, plaisirs, richesses, puissance, tout nous échappe ; mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement. Le juste et ses œuvres ne passent point. S'étant attaché à Dieu, il le possède et le possédera toujours. Qui autem faeit voluntatem Dei manet in sternum-. L'homme ressemble à l'objet de son amour. S'il aime la terre, il est corruptible comme tout ce qui est terrestre; s'il aime I >ieu, il participe à la nature divine et en reçoit l'immortalité dans la pureté et le bonheur.

18. Filîolii novissima hora est: et sicut audistis quia Antichristus venit, et nunc antichristi multi facii sunt; unde scimus (juif/ novissima hora est. Mes chers enfants,

st maintenait la dernière heure; et comme vous avez entendu dire que l'Antéchrist doit venir, il y a dès maintenant plusieurs antechrists; ce qui nous fait connaître que nous sommes arrivés à la dernière heure.

a seulement le monde passe et nous passons avec le

monde ; mais nous sommes à la dernière heure de ce monde qui passe. Saint Jean le prouve. Vous avez appris, dit-il, que l'Antéchrist doit venir à la fin des temps : les Apôtres vous Font annoncé de la part du Seigneur. (II Thess., ii, 4.) Eh bien, vous voyez dès maintenant sur la terre plusieurs antechrists qui attaquent la religion du Christ, sa personne, sa divinité, son humanité, la réalité de sa passion et de sa mort. Ils sont les précurseurs du dernier Antéchrist, le fils de perdition qui les surpassera tous en impiété. Puisque ces pervers le précèdent et qu'il doit les suivre, nous devons conclure qu'il paraîtra bientôt.

La dernière période des siècles est commencée : après elle, il n'y aura plus de temps; le monde finira, et ce sera l'éternité.

Mais dix-huit siècles se sont écoulés depuis cette parole ; et rien n'annonce encore la fin du monde comme prochaine. Saint Jean s'est donc trompé ? A Dieu ne plaise que nous supposions une seule erreur dans l'enseignement des Apôtres et dans les Livres saints f Toute l'Ecriture est la parole de Dieu ; par conséquent, elle ne renferme rien qui ne soit vrai. Scripturam esse veracissimam nemo dubitat, nisi infidelis aut impius, dit saint Augustin. (Gen. ad litt., liv. VII, c. xxviii, n. 42.) Cette difficulté apparente se résout par une parole de saint Pierre que nous avons entendue : « Mille ans sont devant Dieu comme un jour. » (II Petr., m, 8.)

Novissima ,hora est. Saint Jean dit aux fidèles que la dernière heure du monde s'écoule, afin qu'ils ne soient pas surpris de voir tant de funestes doctrines s'élever dans le sein de l'Eglise. Car cela est annoncé : Notre- Seigneur a prédit que beaucoup de faux christs et de faux prophètes paraîtraient dans les derniers temps. (S. Matth., xxiv : S. Marc, xm.)

Audistis. Ces prédictions de Notre-Seigneur vous ont été redites par les Apôtres, et vous les lisez dans les Evangiles qui sont entre vos mains.

Antichristi multi. Parmi les hérétiques ou antechrists

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auxquels saint Jean fait allusion, nous comptons Simon le magicien; Ménandre, son disciple; Cérinthe, Ebion et Nicolas d'Antioche, l'un des sept premiers diacres. On y peut joindre Hy menée et Philetus dont parle saint Paul. En outre, les premiers Gnostiques commençaient à dogmatiser.

19. Ex nobis prodierunl, sed non erant ex nobis. Na?n si fuissent ex nobis, permansissent utique nobiscum; sed ut manifesti suit quoniam non sunt omnes ex nobis. Ces hommes funestes sont sortis d'avec nous, mais ils n'étaient pas d'avec nous. Car s'ils avaient été sincèrement d'avec nous, ils seraient demeurés avec nous. Mais ils sont sortis, afin que leur perversité soit manifestée et que l'on sache que tous ceux qui paraissent être avec nous, ne sont pas d'avec nous.

Ex nobis prodierunt. Les antechrists dont il parle sont des hérétiques sortis du sein de l'Eglise. Ils avaient reçu le baptême et professé la même foi que nous, puis ils l'ont abandonnée.

Sed non erant ex nobis. Ils fréquentaient nos assemblées, ils participaient à nos saints mystères ; mais ce n'étaient pas des frères pieux et humbles. Leur cœur était plein d'orgueil et de corruption. Ils étaient la poussière mêlée au bon grain dans l'aire du Seigneur : le vent de la tentation a soufflé sur eux et les a emportés. C'étaient des arbres sans racine, la première tempête les a jetés à terre. Nemo existimet bonos Ecclesia posse discedere, dit saint Cyprien. Triticum non rapit ventus, nec arborcm solida radiée fundatam }>rocella subvertit. lnanes paleœ tempestate jactantur, invalidœ arbores turbinis incursione evertuntur. (De Unit. Eccl. 9.)

« Ils sortent du milieu de nous, dit à son tour saint Jérôme, pour adorer publiquement ce qu'ils adoraient déjà dans leur cœur. » Foras prodeunt, ut publiée colant quod intus venerabantur. « Pécheur, crie saint Augustin à l'avare et à l'adultère, réprime tes passions coupables, si m ne veux pas corriger tes vices, si tu aimes tes péchés, tu es l'ennemi du Christ. Sois dans l'Eglise ou hors

de l'Eglise, tu es un antechrist. bitus sis, foris sis, anlichristus es. (In I Joan. tract, m, 9.) « Ces hommes impurs , dit-il encore, sont dans l'Eglise comme des humeurs malsaines : lorsqu'elles sont évacuées, le corps est soulagé. » Quando evomuntuv, tune relevatur corpus. (Ib., 4.) '

Nam si fuissent ex ?iobis, permansissent utique nobiscum. L'Apôtre ne veut pas dire que tous ceux qui désertent l'Eglise n'ont jamais eu la foi ni possédé la grâce ; mais il fait entendre qu'un esprit de superbe et une vie désordonnée ont précédé leur apostasie. Les âmes humbles et ferventes ne font point de telles chutes, ou si elles chancellent par surprise, Dieu, dans sa bonté, les relève aussitôt.

Non erant ex nobis. Selon quelques-uns, saint Jean voudrait dire que ces hérétiques n'étaient pas du nombre des élus. Mais nous ne croyons pas que ce soit la pensée de l'Apôtre. Rien n'indique qu'il ait voulu toucher ici au profond mystère de la prédestination.

Sed ut manifesti sint. Mais il est bon que les hypocrites soient démasqués. Ces hommes vicieux publient eux-mêmes leur honte, quand ils se séparent de nous; et les scandales qui éclatent de temps en temps font voir que tous ceux qui sont membres de l'Eglise ne sont pas des saints. Exeundo manifestantur, dit saint Augustin (in hune 1.). Leur chute nous instruit nous-mêmes : elle nous apprend à ne pas nous enorgueillir, mais à vivre dans l'humilité et la vigilance, pour ne pas tomber comme ces présomptueux.

20. Sed vos unctionem habetis a Sancto, et nostis omnia. « Mais pour vous, vous avez reçu l'onction du Saint des saints, et vous connaissez toutes choses. » L'onction que vous avez reçue du Christ vous a communiqué dans un haut degré la science et l'intelligence. C'est pourquoi vous connaissez tout ce que vous devez croire, et vous êtes capables de discerner la vérité du mensonge. Il vous est donc facile d'éviter la séduction des antechrists.

Unctionem habetis, /y-vp- e^ere, le Christ vous a faits

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participants de son onction. Or, l'onction du Christ est la grâce du Saint-Esprit qui a rempli son humanité dans un degré inaccessible à toute créature. Unxit te, Deas, Deits tuus oleo lœtitiœ prœ consortibus tuis. (Ps. xliv.) De môme, le Christ a répandu dans vos âmes le Saint- Esprit qui les a arrosées de lumière et de sainteté; et vous êtes ainsi vous-mêmes devenus des christs en participant à Fonction du Christ, Fils de Dieu ; car, nous ses disciples, nous avons tous reçu de sa plénitude : de eu jus pleniludine nos omnes accepimus. (S. Joan., v, 1G.)

Et nostis omnia. Chaque fidèle connaît toutes les choses nécessaires au salut ; car on a eu soin de l'en instruire avant de l'admettre au baptême, et il connaît par là même, avec la lumière du Saint-Esprit qui éclaire les humbles, tout ce qu'il doit savoir pour se garder des antechrists et dicerner les faux prophètes. Que si, par ces mots nostis omnia, l'on entendait une connaissance de la religion plus étendue, cette parole ne s'adresserait plus à chaque fidèle, mais aux églises. C'est comme si l'Apôtre leur disait : Vous avez des prêtres et des docteurs, versés dans la science de l'Evangile et très capables de vous en instruire : écoutez-les.

21. Non scripsi vobis quasi iqnorantibus veritatem, sed quasi scientibus eam, et quoniam omne mendacium ex veritate non est. « Aussi je ne vous ai pas écrit comme à des hommes qui ignorent la vérité, mais comme à ceux qui la connaissent et qui savent que nul mensonge ne vient de la vérité. » J'ai donc seulement voulu rappeler à votre mémoire ce que vous avez appris, afin que vous vous attachiez fermement à ces vérités pour les mettre dans votre cœur et y conformer votre conduite. Je n'ai pas non plus besoin de réfuter les mensonges des hérétiques : vous comprenez vous-mêmes que leurs erreurs ne peuvent se concilier avec la vérité qui vous a été annoncée. Car celui qui voit clairement une vérité distingue l'erreur qui lui est contraire, comme une ligne droite accuse tout ce qui dévie de sa rectitude.

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