‹ Commentaire sur les Epîtres catholiques de S. Jacques, S. Pierre, S. Jean et S. JudeChapitre 72 sur 119 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

ANALYSE

Au premier coup d'œil, les pensées de ce chapitre semblent détachées :jl faut les examiner attentivement pour en découvrir la liaison. Saint Jean se propose d'indiquer les conditions requises pour être véritablement juste et saint devant Dieu. Voici comment il procède :

1. D'abord il rappelle que Dieu nous a adoptés pour ses enfants. Gomme enfants de Dieu, nous verrons notre Père tel qu'il est et nous serons semblables à lui.

2. Quiconque a l'espérance de voir Dieu et d'être semblable A Dieu, doit dès maintenant s'efforcer d'être saint comme Dieu.

3. La sainteté exclut le péché. Or, on pèche en violant non seulement les lois que Dieu a promulguées extérieurement, mais encore celles qu'il a écrites dans nos consciences.

4. Pour être saint et juste, il faut observer les commandements de Dieu. Ils se résument en ces deux préceptes : Croire ce que Jésus-Christ nous enseigne, et nous aimer les uns les autres.

5. L'amour du prochain nous oblige, premièrement à donner, s'il le faut, notre vie temporelle pour le salut éternel de nos frères ; secondement à secourir nos frères dans leurs besoins, par l'aumône, selon nos facultés.

<*.. si nous observons ainsi le précepte de la charité fraternelle, nous aurons une grande confiance en Dieu, et cette confiance nous obtiendra de lui toutes les grâces que nous lui demanderons. Nous demeurerons en lui et il demeurera en nou>.

"/. C'est ainsi qne nous ;injuerrons la parfaite justice, et la société avec Dieu en sera la nVompense.

Telle nous semble ôtre la suite des principales idées que sainl Jean expose dans ce chapitre.

Au reste les pensées qu'il exprime peuvent se lier entre elles de diverses manières, qui toutes sont vraies : en sorte qu'elles forment un sujet inépuisable de saintes méditations.

1. Considérez quel amour le Père nous a témoigné, en voulant que nous fussions appelés enfants de Dieu, et que nous le soyons en effet.

C'est parce qu'il n'est pas connu du monde, que le monde ne nous connaît pas nous-mêmes.

2. Mes bien-aimés, nous sommes déjà enfants de Dieu : mais ce que nous serons un jour ne paraît pas encore. Nous savons que lorsque Dieu apparaîtra, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu'il est.

3. Et quiconque a cette espérance en Dieu se sanctifie comme Dieu lui-même est saint.

4. Tout homme qui commet un péché commet aussi une violation de la loi ; car le péché est la violation de la loi.

5. Et vous savez que le Fils de Dieu s'est manifesté au monde, afin de se charger de nos péchés, et qu'il n'y a point de péché en lui.

6. Quiconque demeure en lui ne pèche point, et quiconque pèche ne l'a point vu et ne l'a point connu.

7. Mes chers enfants, que personne ne vous séduise. Celui qui vit selon la justice est juste, comme le Christ est juste.

8. Celui qui commet le péché est fils du diable, parce que le diable pèche dès le commencement. Et c'est pour détruire les oeuvres du diable que le Fils de Dieu est venu au monde.

9. Tout homme qui est né de Dieu ne commet point de péché, parce que la semence de Dieu demeure en lui ; et il ne peut pécher, parce qu'il est né de Dieu.

Page 1