LIVRE LXXXIX
SOMMAIRE, — Par ordre de Cn. Paplrics Carbon qui avait abordé a Cossura , M. Brutus se rend à Lilybée , dans une barque de pécheur, pour s'informer si Pompée est en Sicile. Mai", enveloppé par des vaisseaux que Pompée avait envoyés, il se donne la mort en appuyant la garde de son épée contre le bauc des rameurs , et eu se jetant sur la pointe de tout le poids de »on corps, lompée, envoyé par le sénat en Sicile avec un commandement, fait saisir et mettre à mort Cn. Carbon , qui, dans ses derniers moments , pleure et tremble comme une femme. — sylla , nommé dictateur, se fait précéder de vingt-quatre licteurs , ce qu'aucun magistrat n'avait lait avant lui. — Par l'établissement de lois nouvelles il raffermit la république, affaiblit le tribunal et lui enlève toute sa puissauce législative. 11 porte à quinze le nombre des membres qui composent le collège des prêtres et des augures ; remplit les vacantes du sénat en y faisant entrer des chevaliers ; ôte aux enfants des proscrits le droit d'a*pirer aux honneurs , met leurs biens en vente , et s'enrichit luimême de leurs dépouilles. Ces ventes donnent un produit de trois cent cinquante millions de sesterces. — Q. Lucrétius Ofella ayant osé , contre sa volonté , se mettre sur les rangs pour le consulat, il le tait tuer au milieu du forum. Le peuple s'en émeut , mai» le dictateur convoque l'assemblée , et déclare que c'est par son ordre que ce meurtre a été commis. — Pompée passe en Afrique , où le proscrit Cn. Domitius et Hiarbas. roi de Numidie* avaient pris les armes. Il les défait et les tue : ainsi à l'Âge de vingt-quatre ans , n'étant encore que chevalier romain, il triomphe de l'Afrique, honneur jusque-là sans exemple.— Le proscrite. Norbauus, qui avait été consul, se voyant arrêté à Rhodes, se donue la mort. — Un autre proscrit , nommé Mutilus , se présente secrètement et la tète voilée derrière la demeurede sa femme Ba*tia. Elle le repousse parce que, dit elle, Mutilus est proscrit. Alors le malheureux se tue , et arrose de son sang la porte de la maison de sa femme. — Sylla enlève aux Samnites la ville de Noie ; il conduit quarante-sept légions dans les terres confisquées et les leur partage. — La ville de Volaterre qui se défendait encore, est assiégée et se rend à discrétion. D'un autre côlé Mitylène, la seule ville d'Asie qui, depuis la défaite de Mitbridate, n'ait pas déposé les armes, est prise et renversée. ,