LIVRE XXI
▲nebap. xlvi, et en plusieurs endroits, Tite-Live ont apprend qu'il a mis plusieurs auteurs à contributioo; et, bien qu'il ait puisé beaucoup dans Polybe ( III, ta. lvu-lxxvii), il a néanmoins suivi aussi Fabius, Cinesss, Gœlius et quelques autres.
An cotnineocement de ce livre (ch. i, fin), quoiqu'il paf«sse s'attacher a Polybe, il a cependant mêlé a sa uarrafioo plusieurs faits puisés à d'autres sources. C'est parce enfila compulsé d'autres annales qu'il ne place pas lecom- — ncupenl de la guerre punique à la même époque que Potjbe; mais il prend pour poiot de départ l'année de la d'Annibal en Italie. Dans d'antres endroits en- », il a coutume de compter les années à partir ducon de Cornélius et de Semprooius( XXIII, 30; XXX, 44) , et il semble en avoir agi de la sorte habituellement •XXXXIII, 24 fin, XXXIV, 42, XXI, 16 et 44). Catou, M litre IV de ses Origines, parait avoir rapporté le comssf acemen t de la guerre punique aux consulats précédents de Saiinalor et d'Êmilius. Car il dit (dans Nonius an moi duodevicesimo), que ce fut vingt-deux ans après si première guerre ( qui se termina sous le consulat de
Manlius et de Lutatius), que la paix fut rompue par les Carthaginois.
Tite-Live avait exposé dans le livre précédent, que malheureusement le temps ne nous a pas conservé , tout ce qui avait rapport aux affaires d Illyrie, et que Polybe a raconté en son lieu (III, 16). Au même endroit Tite- Live faisait mention des colonies conduites à Plaisauce et a Crémone, et dont Polybe nous parle également (III. 40).
Il résulte, de tout ce qui précède, que Tite-Live n'a poiot rapporté dans leur véritable ordre chronologique les exploits d'Annibal en Espagne, et qu'il s'est trompé sur la date de l'année où la guerre éclata. (Voyez plus bas au cb. xv, et cf. Sigou. sur les cb. vt-xu.) Et lorsqu'avec Poljbe (III, 12; cf. II, I ), il nous raconte qu'Annibal Tint en Espagne à l'âge de neuf ans ( ch. I ) ( ce qu'il répète ch. xliii et XXX, 28-57, XXXV, 19 ) ;et qu'il ajoute, d'après un autre auteur i ch. III ), que ce même personnage était à peine parvenu à l'âge de puberté (tandis qu'au contraire il était âgé de vingt-deux ans, voyez la note sur le ch. m ), quand Asdrubal le rappela en Espagne ; il ne nous indique point le moyen d'expliquer ces contradictions. Cœlius, lui, le faisait au premier livre de ses Aunales (cité par Priscien, XIII. p. 960). Il racontait qu'Annibal avait été envoyé d'Espagne en Afrique avant la mort d'Uamilcar, et que dans la suite Asdrubal l'en fit venir de nouveau. Au livre XXVII, cb. xxi, Tite-Live parle des mêmes faits de telle manière qu'il n'y a plna moyen de les concilier : car dans ce dernier endroit il nie positivement qu'Annibal, une fois venu en Espagne à l'âge de neuf ans, en soit sorti. Sur tous ces points U parait avoir suivi Fabius, outre Polybe. Voyez ch. m et îv, et l'opinion de Fabius dans Polybe ( 111, 8 ). C'est encore à cette dernière source qu'est due la harangue d'Hannon, et ce que dit Tite-Live, avec lequel Zonaras (VIII, 22 ) est d'accord , que la guerre n'eut l'assentiment que d'uu petit nombre, tandis que nous lisons dans Polybe qu'elle fut décrétée à l'unanimité pua fvb>u,r,. Fabius avait encore parlé du caractère impérieux d' Asdrubal, et Tite- Live dit que son despotisme était sans frein (imperia im~ modtca) ; il parait aussi avoir parlé dans les mêmes termes , mais sans y ajouter beaucoup de foi , des mœurs, dissolues d'Hamilcar et d'Asdrubal. Peut-être est-ce encore au même auteur que Tite-Live a emprunté, et ce qu'il raconte de l'assassinat d'Asdrubal, qui , selon Polybe aurait été tné la nuit et par surprise, dans une auberge ( hospitio); et ce qu'il dit que, dans l'alliance faite avec Asdrubal , on avait ajouté un article relatif aux Sagontins (ch. u; cf. ch. xvm et iliv, et Appien, Hisp., 7). En effet, si l'on en croit Polybe et Zonaras, il n'était nullement fait mention d'eux dans l'alliance. Mais, dans la suite, les Romains appliquèrent aux Sagontins ce qui avait été stipulé, dans le traité de Lutatius, pour tous les alliés. C'était à ce traité seul qu'ils en appelaient alors ( Polybe , III, 29 , 50 et 21 ; cf., 15 et 15. ) Plus tard on imagina de dire que les Sagontins avaient été nommés dans le traité d'Asdrubal. Malgré l'opinion contraire de Becker ( p. 24 et 50 ), il parait évident que Polybe a dit la Térité, tandis que les autres l'ont dissimulée. Ce qu'il y a de constant c'est que, ni an ch. xxvu du livre II, où il donne l'ensemble de ce traité, ni au chap. xxix, il ne fait mention des Sagoutins (Voy. la note du ch. xxvu, livre VII). Et au cb. xiii du livre II il dit positivement qu'il n'y était point question du reste de l'Espagne.
Au cb. ? Tite-Live suit encore Polybe; mais dans I Tite-Live la description du combat est plus détaillée.
plai étendue et par conséquent a dû être prise ailleurs. C'est sans doute aussi à uu autre écrivain qu'il a emprunté les noms Carteiœ et Cortelanorum et celui d'Hermaniiçœ (cf. Uckert, Géograph., tom. Il, p. 412 ).
A partir du cb. n t il puise à une autre source. Dans Polybe (III, 15), les Sagoutins. à l'approche de la guerre, envoient à Rome de fréquents messages. Us obtiennent enfin que des députés romains se rendront auprès d'Annitial. (jeux-ci y arrivent l'hiver qui précéda le siège, puis, après av. ir été entendus il est vrai, mais joués par Annibal , ils partent pour Cartilage. Polybe eiplique d'une manière bien plus vraisemblable que ne le fait Tite-Live la conduite d'Annibal ( Cf. Tite-Live lui-même, cb. vi et xn ). Dans Polybe (ch. xv ), Annibal, sous un faux prétexte, sonde le sénat carthaginois au sujet de la guerre. Dans Tite-Live il fait tout sans leçon cours du sénat, comme dans Fabius ; ce qui me porte à croire que c'est surtout de ce dernier que Tite-Live s'est ici serti. L'auteur sur qui s'appuie le récit de Tite-Live ne parle que d' une ambassade des Sagontins; et pendaut que leurs envoyés , qui arrivèrent à Rome sous le consulat de Scipion et de Seuipronius . s'expliquaient dans le sénat, on savait déjà le kiége de leur fille. Ce. écrivain parait avoir eu pour but de dissimuler, par ce récit, l'inertie des Romains < cf. Tite Live, XXXI), qui après tant de délais envoient uon des secours, mais des ambassadeurs (Voy. Appien qui raconte (Ibtr. II) sous quel prétexte le sénat avait tardé à envoyer des secours aux Sagontins). Cenni allègue, pour excuser les Romains, de singulières raisons, dans une m dissertation spéciale à laquelle nous renvo>ons (l)isscrtazioni sopra varj punti delV tstoria liom. Pisloja, an. 1779, in-4° to ne II). Levesque tom. II, p. 65) peuse que les Sagontins avaient été exposés aux hostilités d'Annibal, par les Romains, qui voulaient avoir un prétexte de vengeance. Cela n'empêche pas la vérité de ce que dit Tite Live, savoir qu'à cette époque les Romains étaient distraits ailleurs par les soucis que leur donnait la guerre d'Illyric. ] Peut-é re aussi notre auteur veut -il taire la pénurie des ressources de Rome, et l'impossibilité où ils étaient, par suite de la guerre d'Illyrie, d'envoyer des troupes aux Sagontins. Mais, en adoptant ce récit, Tite-Live s'est engagé dans des difficultés chronologiques inextricables , comme on le voit ch. xv ( cf. Mattbiip, Remarque sur le livre XXI de Tite-Live). Ensuite Tite-Live, ch. ix , raconte que l'ambassade fut envoyée à Annibal, qui assiégeait Sagonte, mais que n'ayant point été admise auprès de lui , elle partit pour Carthage. Ce récit était encore favorable aux Romains , puisque, n'avoir point admis les ambassadeurs, c'était avoir violé le droit des gens ( Cf., ch. x). Plus loin Tite-Live a emprunté au uiéme auteur, qui parait avoir été Fabius, tout ce qui se passa dans le sénat, et (ch. vn-xiv) la description entière du siège. Quant à tout ce que Polybe (111, 16 et 18-19) dit ici des projets et des ressources d'Aunibal, des affaires d'Illyrie , tout cela a été omis par Tite-Live. A ce dernier appartient eu propre le récit de ce que tirent les ambassadeurs a Carthage , le discours d'IIannou (ch. x), dans lequel il lui fait dire, sur plusieurs faits antérieurs, des choses qui s'éloignent du récit de Polybe, comme, par exemple, lorsqu ayant cité Tarente, il se sert contre les Carthaginois de certains faits imaginés par Pbilinus (Polybe, III, 26).
Au chapitre xv il revient au récit de Polybe, et alors il s'efforce de concilier la chronologie de cet auteur avec la tienne ( voyei plus haut ce qui a été dit sur le ch. i >, mais,
d'une part, il ne juge pat très-bien la différence de runeà l'autre, et de l'autre H n'arrive point au but qu'il s'étaft proposé; car Sagonte n'a pu être prise (voy. Sigon.) dans l'année où Tite-Live pense qu'il faut en placer la ruine.
Au chapitre xvi Tite-Live s'écarte du récit de cenxqaf écrivaient que l'on avait alors délibéré s'il fallait entreprendre la guerre ( Polybe, III, 20 ); mais il décrit à mer* veille les sentiments divers des Romains.
Au chap. xvn, sur les préparatifs de guerre de la part des Romains , il suit encore un autre auteur, et au cb. xviii, à l'occasion de l'ambassade, son récit diflère sur tous les points de celui de Polybe. Aulu-Gelle, sur cette ambassade, dit les choses tout autrement encore, d'après de vieux auteurs et d'après Varron X, 27 ). Peut-être a» t-il pris quelques-uns des faits dans Polybe; mais ea d'antres endroits il en diffère complètement , comme par exemple au sujet du traité fait avec Asdrubal.
Au chap. xix , lorsqu'il s'agit d'excuser les Romains, Tite-Live parait s'être appuyé sur les mêmes autorités que Polybe ; car celui-ci dit que les faits ont été ainsi exposés par plusieurs écrivains (III, 29); mais il omet ce que n'a point omis Polybe, savoir : que la cause des Carthagioois était juste, puisque les Romains leur avaient arraché de vive force la Sardaigne.
Ce qu'il dit ensuite de l'ambassade romaine parcourant l'Espagne ( ch. xix-xxi ) et qui ne doit s'entendre, contrairement à sa propre opinion (ch. xix etxxii), que de la partie de l'Espagne non encore soumise aux Carthaginois , ne se trouve nulle part dans Polybe. Ce qo'H avance au chap. xxi, an sujet des moyens de transport qui leur furent donnés , et du départ d'Annibal pour Cadix , est dû à un autre auteur : mais à la fin du chapitre, et dans le chapitre suivant, lorsqu'il s'agit des évaluations en chiffres de l'armée d'Annibal , Tite-Live les emprunte toutes, en omettant les noms de quelques pennies, a Polybe, qui les avait copiées exactement sur la table Laci nien ne {tabula Lariniensi). Mais à la fin dn chapitre II a adopté le sonse d'Annibal , qu'il avait puisé dans les Histoires de Cœlias , ainsi que nous l'apprend la comparaison qu'on en peut faire avec un passage de CicOoa (de Divin a t., cb. i, 24; cf. Rottiger, de Annibalis somnib , qui soutient qu'il n'y a pas lieu de blâmer Tite-Live d'avoir inséré dans ses histoires de semblables fables (p. 10 et suiv. ), et indique le but qu'il a en en le faisant ).
D'autres circonstances de la narration de Tite Lit* paraissent encore puisées à la même source. En eiTet, Polybe ne nous dit rien, ni de ce songe, ni de l'armée rassemblée à Cadix , ni des vœux qui y furent accomplis; à la place de tout cela il donne quelques détails sur les plans d'Annibal , et sur un discours qu'il tint. Quant à ce que Pol>be , et Appien d'après lui ( Iber, 15 1, a rapporté qu' Annibal , étant encore en Espagne , avait envoyé une ambassade aux Gaulois, et qu'il fit explorer les chemins et les passages des Alpes ; Tite-Live a passé tout cela sons silence, ainsi que plusieurs autres détails do même genre.
Au chap. xxiii il revient au récit de Polybe. Cependant vers la fin ce n'est point positivement Polybe qu'il soit, mais les mêmes auteurs qu'avait suivis l'historien grec* Car lorsque celui ci dit brièvement que mille soldats forent congédiés , Tite-Live expose la chose avec bien plus d'exactitude au chap. xxiv. 11 s'est encore aidé d'un antre auteur, où il laisse de côté, dans Polyl>e, la description delà terre. De même, ebap. xxv, passant sous silence ce que Polybe ( III, 40) nous raconte» et qu'il avait
T1TE-UVE.
44k lai -même raconté au livre XX (cf. F.pit. fln. », il à diverses sources , ayant néanmoins sous les yeux Polybe et d'autres annales dont il fait remarquer les vaafais il n'a pas parfaitement réussi à réunir «a concilier ces récits différent», puisqu'il suppose que les envoyés et les tribuns n'étaient pas les mêmes , tandis ffû dit , au ebap. xxv, que les envoyés furent saisis , et , qne cet envoyés étaient les mêmes que les tri- II affirme, en effet v qu'il n'y a pas de doute sur le de C. Lutatiua (cf. XXX, 19 et XXVII, 21 ). Au i, Âaconius Pedianns qui , faisant un récit détaillé de fait tinit. Pison.), nons rapporte que c'étaient Cor- Asina, C. Papirius Masoo etCn. PompéiusouCor- ScipkMi ; Asconiua , dis-je, ne peut pas mieux se avec Polybe. Car il dit que les triumvirs étaient Lataitus et deux prétoriens; or Mason et Cornélius Jstna avaient déjà été consuls. Il parait qu'après la prise des triumvirs, on en élut d'autres dont les noms out ensaie été confondus par quelques historiens avec ceux des premiers Tite-Live est encore eu dissentiment avec Mybe ( 1U, 40) en ce que celui ci dit que 1< s Romains ferait attaqués par les Bofens , auprès de Tanetum , où is étaient enfermés par le Pô (cf. cb. XXVI init.); mais à fartir do 2 5 du même chapitre il suit Polybe en beau- •sep de points.
lien est de même du ebap. xxvi. Il a cependant omis ce qne l'auteur grec favait ajouté au sujet de Sempronius, que ver* la nu du chapitre il a lui-même ajouté cerdetails, qu'il a puisés ailleurs, an sujet des Volsques. Lscnapitre ixvn est pris dans Polybe , à 1 exception de ce •ai rst dit des Espagnols. 11 y a aussi celte différence, ane Tite-Live parle d'un jour de marche» tandis que Polybe parle de vingt-cinq mille pas. Toutefois Matthias pense {ne ce détail a été ajouté au texte de Tite-Live par une ■non étrangère. Tout le reste est presque traduit du grec. Au commencement du ebap. xxv tu, c'est encore Polybe qu'il traduit ; puis il a comparé aussi les autres uistarieua et il nons apprend qu'ils offraient des variantes aa sujet du passage des éléphants. Ensuite, comme Polybe parle en deux endroits des éléphants , Tite-Lhe, rangeant les faits dans on autre ordre, dit d'abord sur le» ckanauts tout ce qu'il avait à en dire : puis il rapporte renvoi des Numides, entretien avec Magale, qui Il cesser les fluctuations et les incertitudes d'Annibal. Dans Polybe cet entretien précède tout le reste; à la fui de l'assemblée et de la harangue d'Annibal les Numides saroeooeoL Du reste Tite-Live a puisé dans Poljbe toute h ratière du cb. xxix. Mais certains passages ont été tranaits par lui avec peu d'exactitude.
Au cb. xxx, dans la harangue d'Annibal , que Polybe place nn peu plus tôt , il prend le fond des choses dans cet écrivain. Au ch. xxxi, c'est encore Polybe qu'il traduit aucralement dès le début; puis il retranche certaine sortie eoatre les historiens qui accueillent des récits fabuleux, mas le sur? ant , an sujet de la discorde des deux frères awbroges, c'est un autre auteur qu'il suit; et depuis le If-lait ajoute certaines choses entièrement omises par Ffttybe.
11 compare ensuite entre eux plusieurs auteurs au sujet en passage des Alpes. 11 passe même en revue, à la fin de soo rrcH. les opinions de Cincius , de Cœlius et d'autres, lia tellement joint ensemble, ou plutôt mélangé les différents récits des historiens, que bien qu'il ne pensât point qu'Annibal eût pris la route indiquée par Poljbe, i a néanmoins pris la description de tout le reste dans cet auteur.
Ainsi , pour les noms et les peuples qui sont mentionnés dans cette marc? e , il les a pris dans les écrivains qui pensaient qu'Annibal avait conduit son armée paries Alpes Cotiennes i mont Genèvre); opinion adoptée par Strabon (IV, 6, g 7), Aramien Marcellin et Silius Italicus , ces derniers probablement d'après Tite-Live. Or, il parait qu'alors, cette opinion , sur le voyage d'Annibal, était celle d'un grand nombre d'écrivains, ou que du moins elle était généralement répandue. Je ne puis en effet me ranger à i'avis de Deluc , Histoire du pnssage des Alpes , p. 219. qui veut que Tite-Live soit l'.uteur de cette opinion ou de c tte erreur, dont il faut lui laisser la responsabilité. Du reste, Deluc ( p. 216 et suit. ) prouve que c'est bien cette route qu'indique Tite Live (cf. Abauzi, Œuvres diverses, II, p. 151 sq.; Gibbon Miscellan. Works, II. p. 182). Plusieurs écrivains modernes, prenant Tite-Live pour guide, ont pensé qu'Annibal avait pris celte route. Telle est l'opinion suivie parFoIard. d'An ville, Guillaume, de Vaudoncourt , le marquis For lia d'Urban , M. Letronne et d'autres énumérés dans le commentaire exact de Zander ( Der Heerzug Hannibals ùber die Alpen, Hamb., 1 825,), Ajoutez-y Fr. Régis, dans les Mém. de l'Académie de Turin, 1809, t. XVII, p. 5i4, et d'antres que nous citerons plus tard.
Cette route était fort connue des Romains et très- fréquentée depuis que Pomj>ée et César s'en étaient servis, ( cf. pour le premier, kpist. ad senal^m* in fragm. Sallust., liv. III, p. '961; A pien, Belt.civ., I, du 109; Pline , III, 24 ; Cluvier, lia . ant., p. 576; pour le second : César, B. C, 1, H), et une voie romaine avait été pratiquée, au temps d'Auguste , à travers cette partie des Alpes . par le roi Cottus (Ammien, 1. XV, p. 24 ; Cluvier, p. 91 et 537 ). Tite-Live ( I. V, 54 ) a remarqué à peu près dans les mêmes termes , que les Gaulois avaient aussi franchi autrefois les Alpes par ce même point. Ce qui parait l'avoir surtout décidé à suivre l'opinion qu'il préfère , c'e*t que les anciens historiens , et notamment Cincius. disaient qu'Annibal , en descendant des Alpes, s'était trouvé immédiatement dans le pays des Taurini ( ce qui uc pouvait avoir lieu que par ce point) , et qu'il ne paraissait pas vraisemblable qu'Annibal se fût autant avancé vers le nord , lorsqu'il y avait nn autre chemin plus court et plus rapproché , qu'Ammien qualifie de média et compendiuria ria. Néaumous l'opinion de Tite-Live ne saurait cire admise , à cause de l'autorité de Pohbe et de Cœlius; Pompée d'ailleurs fait aussi entendre ( loc. cit. ), dans sa lettre au sénat, qu'Annilal n'avait pas pris cette route. En effet, il dit : per eas { Alpes), lier al nid. atque Anmbal, nobis opportunius patefeci. H y a en outre des choses qu'il serait difficile d'expliquer, par exemple qu'Annibal, qui n'employait que de bons guides, soit revenu sans motif raisonnable de deux cent vingt milles en arrière.
D'autres , induits surtout eo erreur par la ressemblance des noms, ont prétendu que les Carthaginois {Pœni) avaient franchi les Alpes Pennines , c'est-à-dire le grand Saint-Bernard. Telle a été l'opinion suivie plus tard par Pline ( III, 17), Isidore ( 14, Orig.. 8 > et, parmi les modernes , par Cluvier, Gibbon , Witacker. Les partisans de cette opinion invoquent aussi le témoignage d'un grand nombre d'inscriptions (voy. Desaussure, Voyage des Alpes . g 987 ; D'An ville , v. Alpis Pennina, Vallis P. et deuxet mmentaires sur la a allée d'Aoste, par le comte de Loche , dans les Mémoires de Turin, t. XXV, p. 27 sq. (t L. Biondi, in Diss. delV Acad. di archeolog. Rot**.,
HISTOIRE ROMAINE. - NOTES
I, i.p. 166 sq. I.Onnesaitpasanjuilesi Vairon pensai qil'Anuibal eùl franclii les Alpes Colliennes Ou le* Alpe Pennines. Ceile dernière opinion a été celle de Whiiackei- 'Sourit of Annib., 1. 1, cb. iv, i. 21. La première me paritlt plut vraisemblable. Varroo s'écartait de l'opinion de Polybe, lorsqu'il niait qu'Annibal eut passe par le. Alp.'t grecques [Ap. Sert. ACneid.,X. v. 13). Lui-menu fuît connaître lei Alpes Penninei partes vicloiret. On vin parPolyb* |ap. Slrab., IV, 6-7.; Césiir, Btll.qaU.. III, I] <iu'avant celle époque il n'y avait aucun cbemin dans cclti parti a des Alpes.
Tile-Live ( cb. luvin ) a parfaitement réfuté cran qui *e prononça ieul pour les Alpes Penuiucs; ce qui ne l'empêche paa d'emprunter plusieurs détails A ces auteurs , comme par exemple ceui qu'il donne sur la manière dont Annibal fwiilia la route, et l'emploi qu'il lilriu feu. {rh.ini.l
Il est certain que Poljbe (suivi par Tllc-Live, dsw. tout ce qui a rapport auiAlpes) avait Indiqué un troisième passage A travers les Alpes grecque» ( voyes Corn. Sep. Ami. 5). C'est ce qu'ont prouvé Deloe dans l'un, vrage cité plus haut, et les Anglais Cramer et Wickham [Disstrt. ou Oitpauaqi of Hannib., etc.Oiford, IB20|. P. Jme avait auireiois indiqué la même route dans l'histoire de son temps, lib. XV, p,29T; Cb. D. Beck. ■usai (cf. Dumas, Précis, lom. IV, p. S3I (1816 , ei le général RogDiatJ. L'historien latin lui même, nous apprend que C (Eli us , qui avait fait ds nombreuses recherches sur les Alpes partageait celle opinion avec Polybej car il avait écrit qu'Anoibal avait effectué son patsage par le sommet du Crémou (Cramont), c'est-à-dire par les A lues nrccquei (Centroniques, suivant Pline;, que nous appelons le petit Saint-Bernard. (Voyez J. J. Roche , dans son livre intitulé : JYolîrM kistunqurs sur tri aniims t'entrons, avec quelques observations sur In passage d'Annibal. Mou tiers. 181 B ). Ce qui a peut-être empêché Tite-Live de s'apercevoir que tille étail l'opinion de Polybe, c'est que l'écrivain grec ne donne nulle part le nom de l'endroit précis où s'ef eclua le passage. Il s'est cependant trouvé des ailleurs qui out défendu Tile-Live, et qui ont soutenu qae Poljbe lui-même avait indiqué le* Alpes Collicnnea (voici Fortia d Urbain Letrounc, Journal de* Savants, janvier 1819)raiiis ils onl élé relûtes par Deluc dans le même tournai' p.7t7,et tuiv.el dans la Bibliolncquenuiiers. détienne Itom.XII, p. 37,273s XlV.p. I». Voy.awsi tom VJII «7-2J8; tom. XX, p. 238, 1831), cl par Zander, I. Il n ')' a pas a en douier; les deux opinions de Poljbe cl de Tiie-Live, aont complètement inconciliables.
Du reste Tile-Live blamj Ccelim d'aioir suivi celte opinion, par la raison que ce ne fut pas, dans le pays d,s t.aulois Lieiii, mais dans celui des ï'aurini , q„' i na ibal descendit. Unis de ce que Cinciu* dit qu'il Brr iva dans le pa;s des Tanrini, i] ue ,' e ,„ ui | p», quil a - eùt m paravant traversé d'autres pays. A entendre Polybe il descendit d'abord chei les Insuhres ( Lioiril ) qui étaient sea alliés, et après y avoir campé, illafasnaon armée se reposer (III. ch m, Alors, il se louroa do colé de» Taurins, se* ennemis, et qui auraient pu lui faire un mauvais parli, .'il fût descendu de tuile dan. leur contrée, avec une armée fatiguée et délabrée; el comme f !.. ■?? nat '" P remie ™ 4»*H eombaltit , Cincius finit là énuméralion de l'armée (cf. Cbbou. m, sre«. «or*», t. U, p. 185). joigne* a cela que le. tkVw. • apposent autrefois Taurmi, et toute cette contrée
le paya des Taurisçues rCaton ap. Plln., lu, ao-T, et et fut peut-élre la la pensée de Ciueini. TJn antre arremenl de Tile-Live n'est pis plus solide. Il n'est pas vraisemblable, dit il, qu'alors, il y ait en un cheiraa **vert pour aller en Gaule par les pays de* Salasse*. Carte Sa la asra, peuplade féroce, ne furent domptés que du Iras* d'Auguste; principalement par Antisliua. MeiuladYarron (Freinsheim. Suppt. CXXX1, 32; CXXXV,fA.Dl avalent, il est irai, été vaincu* par Applua Claudio* Pnicher (l'on de Rome BI\,Suppùm., LUI, 9). Malins* ' fui que longtemps après qur la roule fnl ouverte. Déàn**s Brutus, lorsqu'il inversa le* Atpeatur ce point, fui fore* de payer aux Salasses un denier par tête. Il est eerlaat que ce chemin était plus Ions et peu fréquenté (cf. Zcaiat» Ht. VI, 2; et Beauwoot, Description de* Alpts, §r . « raH .. lom. I, P. i , p. 58). Or, c'est nue chose contai*, dans tout les auteurs, que le chemin suivi par Annibal M long et difficile ; qn'il choisit ce cbemin , pare* qarU an voulait pas en venir «m nain avec Sdptoa, etaa,1« hâtait de se rendre auprès de sea alliés. Tite-Ltra la*. mémetV,S4, cf., ennject. sur lesGesates, danaladttserlation anglaise déjà citée, p. US et sq. et Mucnar datas le journal A'Iei/er-mirrJiiseae Zrltirhrlfl fascic, 1, p. 18, 1X31 ). Ti e-I.ive. dii-je, a raconté que les Gauloi* avale** aussi opéré par la leur passage. Mais ce ne Tut que aoasi Auguste que l'on fit une voie romaine sur « poM I Slrab., I. c. Bergier, Hiiioirt des grand* ctuMéu. p.IOl).
Quoique l'opinion de Deluc. sur la roule suivie par Annibal, ne soit pas adoptée sur tous les points, cependant toutes les remarques qu'il a fuites aur le* tariastea de Tile-Live el ne Polybe aont fondées. 11 ett maintenant reconnu par le plus grand nombre, qae la roule d'Annibal , jusqu'au bourg de Monlnieillan, est celle qa'a décrite Deluc, d'après Polybe.
L'opinion de Polybe ellc-mènte a été repelée par Reiehard (Sont. Éphemèritt. gioçraph., lom. VII, p. 58, sa. 18201, el avec plus d'aigreur tom. XIV. p. 410, 1814 , où il promet qu'il reviendra sur ce snjet I Voyes anaai Hannerl, Gtogr., loin. IX, i . p. 97-43 1. L'opinion d*Arnetb. an sujet du Simplun {H'ieatr Jakrh., I81S, XXUIi, esl dépourviiede toutes preuves. Elle est réfutée par Zaai- 1er (Aibfioth. rril. HUiet. 1825, p. 34 aq. |
liais pour le surplus de la route, Del ur. abandonné par les savants que nous avons déjà cités, et qui pensent in'A unifiai a franchi le Mont-Cenis (cf. Plata In Seebodii : Voies ptùlohg. 4rriii»., tom. I, p. 1 10, lascicul. S). L'épfleurde Tile-Live (Aug. Taur., 18J5, tom. IV), dan* tua ilissertulion |dr .Inuiba'ii traïuilnt , suit Deluc et dit qt/fl si facile (pelouvrasemiiioncéparM. Walctenaer n'ait |Kiiut encore paru. A la même époque parut A Londres ■ tcriiifolfj-nmiiinliotio/'ii/. Witarktr't Conrtt of Ammitial orrr thr Alpast ctrtainrd, 1813. L'opinion qui tait passer Annibal par le Mont-Cenis a été soutenue, Il y a quelques années, par J. L. Larausa d;>ns son Histoire rrilioue du / assaqt dtt < ipapar Annibal, drpais (es fronMèm d'Espagne jmqu'à Tnriix (Paris, 18J6I ; el par H. de 'jftiain, dans un mémoire lu I l'Académie des Inscriptions et Relies-Lettres, le I7janv. 1828, mail qui n'a paa encore vu le jour. On Ht dans le* mémoires de ftapo léon, par Mnnlbnlon . nue cette oplnlnion était celle de cet illustre guerrier. Qu'il nous suffise d'avoir eipcse ici le sentiment de Tive l.ive, et celui des auteurs d opinion contraire qu'il a cependant suivis dam son rtdt.
Tile-Live. bien .mil eûl embrassé la pi et que Polybe eut embrassé l'anli
TITE-L1YK.
grec la description de la marche d'Annibal, soit par pour l'autorité d'an écrivain qui avait visité les l, soit qu'il ne se fût point aperçu qu'il s'écartait de l'ode Polybe. Il traduit, sans presque rien y cbaoger. !t combat avec les Allobroges (cb. uni, ch. xxxvi), et il l'anet que les détails un peu minutieux de l'auteur grec, ssr les distances , sur le nombre de journées, et tout ce ejri a rapport a la description de l'Ile. Il n'a distribué de k même .manière ni les jours ni les faits (cf. Mattbia?, ouaraye cite); toutefois sur le nombre des jours, il finit par se retrouver d'accord avec Polybe ; enfin il a omis as certain nombre de faits qui ne cadraient point avec saa opinion. Ainsi, chap. nu, après avoir suivi Polybe, jusqu'au | u, il n'a point ajouté ce qui vient ensaHe: qn'Annibal traversa le pays des Allobroges, et aae le chef de ces peuples accompagna sa marche. Car THe-Live avait dit qu'alors Annibal avait changé de i. et s'était replié en arrière. Plus bas, il ne dit pas Polybe, cbap. l) que les Allobroges l'attaquèrent; lorsqu'au chap. uni , il mentionne le fsit . il le nom des agresseurs, et dit en général, les Gauhabitants de ces contrées. Plus bas . au lieu de dire ki Allobroges, il se sert du mot montant, soit qu'il ait parce mot exprimer la configuration de leur terri- !; soit qu'il ait voulu dire qu'ils s'appelaient Montant (cf. Pline, III, 20, qui place les Moutaui dans le voisiaage des Alpes coi tiennes). Enfin, Tite-Live a ajouté détails qui ne peuvent en aucune façon se avec le récit de Polybe; mais qui se trouvaient c o n sig nés dans les auteurs qui avaient embrassé une autre opinion. C'est pourquoi il a écrit qu'An ni bal avait fait ■ détour en arrière par le pays des Tricastins, des Tri- OBriens , des Yocootiens , qu'ensuite il passa le Durance . srtails qui sont tout à fait opposes au récit de Polybe. linu ensuite la description du fleuve, et , si cette description n'a pas été exagérée par Tite-Live, comme plusieurs critiques , et entre autres Folard (IV, p. 90), l'ont pensé, fl (sot admettre que l'auteur qui le premier a fourni ces ésoaees, a en en tue un endroit plus rapproché d'Avifooe, là où le fleuve est plus large. Enfin , ce qu'il a dit 4n fimid extraordinaire, etc. (ch. xxxn.cf. Deluc, p. 206), as se lit nulle part dans Polybe. Mais il s'efforce, par pta t teo rs raisons qu'il donne , d'expliquer certains détails qafil emprunte à Polybe, et qui s'adaptent mieux au tytème de cet historien qu'an sien propre. Par exemple, ers paroles du cb. ixxi : Xon quia récit or ad Alpes rieesset. Or le chemin était réellement plus direct d'après le récit de Polybe, et comme ni les distances, ni le nombre des jours donnés par l'auteur grec , ne pouvaient convenir à ce chemin plus court qu'il fait suivre i Aootbal, Tite-Live a ajouté (chap. xxxv ) qu'Annibal, truntpé par ses guides, s'était égaré; mais des Gaulois avec Magile loi montraient le chemin (cbap. xxix; il le répète cbap. xxxn, voyez aussi Polybe), et il n'est pas vrai aemblable qa'ib l'aient trahi , puisque eux-mêmes et leur nation toi restèrent toujours dévoués dans la suite.
Uy a en outre quelques détails qui se lisent aussi dans ror/be, mais qoe Tite-Live raconte plus au long en suivaat d'autres écrivains ; comme ce qu'il dit de Brancus , se chapitre xxxi. Après ce passage intercallé par Tile Lire, dételle façon qne la route indiquée par Polybe s'en trouve entièrement changée, il continue à suivre Polybe, quoique d'après celui ci Annibal fût à Vienne et, d'après Tite-Live sur les bords de la Durauce. Au chap. xxxn , à pirt les changements que nous avons signalés, tout est tiré de Polybe, et ne convient nul emeot à la
narration de Tite-Live, par exemple le iter campestre , à partir de la Durance, etc. (voyez Deluc, p. 216, sq , et Abauzit, p. 158). Au chapitre xxxvi , traduit pour tout le reste de Polybe, il diffère complètement de l'historien grec, en ce que , dans celui-ci , le cbemiu est rendu impraticable pendant l'espace de 938 pieds par des abattis d'arbres (iÇotto£ept.etv) , tandis que dans Tite-Live, le sol s'était affaissé de mille pieds de proondeur, et que le précipice est adouci au moyeu de chemins pratiqués à travers les rochers, à l'aide du feu , du vinaigre et du fer. Burnet a , suivant sou usage , traité ce sujet à fond (Monboddo : Origin and progrès* of language , V, p. 218) et il a été ensuite réfuté par Deluc, et par les auteurs de la dissert, anglaise déjà citée. Je ne pense pas qu'il y ait ici erreur et invention de la part de Tite-Live; quoique le récit ne cadre pas avec l'emplacement décrit par Polybe et par Tite-Live lui-même, d'après Polybe. Mais, afin d'expliquer l'opinion si brièvement exprimée par le mot t^wxoàcfLr.ae, dans Polybe . Tite-Live parait avoir pris dans un autre auteur tout ce détail, peut-être dans un de ceux qui conduisaient Annibal par les Alpes Pennines. Cnr là on montre encore aujourd'hui un rocher qui, dit- on, fut brisé par Annibal, et sur lequel il avait gravé quelques lettres (Grosley, Mémoires sur l'Italie, tome II, p. 41), et Appien dit que cette route est appelée le passage d'Annibal (voy. Theat. Sabaud. t. via Annibalis, transitwt Annibalis; et Chr. de Loges, Essais historique* sur le grand Saint- Bernard, 1789, p. 39).
11 est donc démontré par tout ce qui précède que Tite- Live , pour tout ce qui concerne le passage des Alpes par Annibal , n'a pas toujours use d'une critique assez sévère , au milieu des opinions différentes des historiens, etqu il a parfois mal à propos, amalgamé des récits contradictoires.
Au chap. xxwiii, ces mots ut quidam auctores sunt doivent s'appliquer à Polybe. Ces autres mots oui minimum, s'appliquent aussi à Polybe (III, 55-56), mais je m'étonne que Tite-Live n'ait pas tenu grand compte de la table Laiinienne, qu'Annibal lui-même avait placée (liv. XX VIII , 40) sur le promontoire d'Italie appelé aujourd'hui cap de la Colonne {copo délia colonna). Il mentionne les opinions de Cœlius et d'autres écrivains, et il les juge. II se sert aussi du témoignage de Cincius en cet endroit , mais je doute fort qu'il l'ait bien compris. Dans tout ce qui suit, il est d'accord avec Polybe. C'est au même auteur qu'il doit plusieurs tiaiîs des harangues d'Annibal et de Se i pion, traits qu'il a étendus et développés; mais il s'est aussi servi d'autres auteurs, de même que Polybe avait lui-même sous les yeux les harangues rapportées par les autre-» écrivains (111, 64).
Au cbap. xlii , il a abrégé le récit de Polybe ; au cbap. xlv, l'envoi de Mabarbal , le sacrifice d'Annibal, le serment prêté à la manière des Romains, et au commencement du chap. il u , les prodiges qu'il raconte , tout cela est tii é d'autres annales. Puis, vient la description du combat, traduite de Polybe; quant au consul sauvé par son fils, à la fin du chapitre, il tire ce fait d'autres auteurs, parmi lesquels il nomme Cœlius , en rappelant leurs variantes à ce sujet.
Au cbap. xl vu, ce n'est pas Polybe qu'il suit de préférence. H nomme Cœlius ; mais il réfute son opinion, soit par le témoignage d'auteurs auxquels il accorde plus de crédit [poliores apud me auctores), et Polybe est de ce nombre , soit par la uature même du fleuve , qu'il connaissait pour l'avoir vu.
Au-chap. xlviii, il traduit Polybe , quoique l'auteur grec cependant raconte pins au long le carnage que tirent
HISTOIRE ROMAINE. - NOTES
des Romaini le* transfuges gauloit. A la fia du chapitre, il tire d'autre* auteurs le récit de ce qui ie passa auprès de Clasiidium.et (chap. ilii, p. 51] les fait* et Restes de Sempronius. Il diffère de Poltbe, en ce que celui-ci rapporte que l'armée fut conduite à Aritninum, par terre; tandis que lui-même la fait tenir par mer Dans Poljbe, les légions se reudent à Ariminum, par terre, en quarante jours, en passant par Home (chap. livui); et le même auteur, avant que de décrire le combat du Tésin, eipose que Sempronius avait été rappelé par les lettres du sénat (Ill.fili. M. Lacbmann pense que la plupart rie ces détails, ont été pris dans CojMus, parce que c'eut lui que Tile-Live a le plus souvent consulté dans ce livre, et qu'un passage semblable de Cœlius, eiiile dans Cbarisius (II, p. 187, Putsch].
Deschap. Mi-in, tout est presque entièrement tiré de Pulybe: cependant Tite-Live a omis tout ce que Pulybe ■ itil * la louange d Annibal. Il y a ajouté quelques refleiloos de Sempronius , et fait parler directement Annibal avec Magon.
Aux chip, m et Mi, en Méritant ta bataille de la Trebia , Il suit complètement Polybe ; il y joini quelques détails pris ailleurs sur les Cénomans, et d'autres plus noinbreui sur les éléphants. Tout le reste , sur le nombre des troupes, sur l'ordre delà bataille, est puisé daus Polybe. Il omet ensuite (chap, lui) ce qu'on lit dan» Polybe, que, d'abord Tibériua trompa le sénat par une nouvelle Fausse, et il décrit parfaitement, selon sa coutume, le trouble que cause dans Home la nouvelle delà défaite. Il parle des Comices à ta même d.ite que Polybe ; mais il ne dit rien des ren loris envoyés eu Sardaigne et eu Sicile, et des secours fournit par Hiéron.
Toi
irles
eipétlilions d'Anuibal pendant l'hiver, du pillage cruel de Viclumiies, du combat avec Sempronius, est pris ailleurs quedant Polvbe. Il embellit ces faits ,i la manière des poètes (ebap. min , et u'est point d'accord avec Polybe en ce qui concerne les éléphant». ; Voj. Polyb. 111 , 74, cr, 79.) Quant au\ événements d'Espagne, que Pol]be a racontés Immédiatement après le tenue des Comices (cliap. lut et usvii.il les traduit (cbap.Li et lu, dinjid.) de Polybe , avec quelques légers changement* ayant pour objet d'eipliquer les laits.
Depuis la moitié du ebap, lu, sur les actes d'Asdrubal, sur la défaite des llergéles, des Autélans, des Lacélans, par Scipioo, jusqu'à la Un du chapitre, il < lirait uo autre écrivain, qui avait écrit sur les événements d'Espagne, et Becker tp. 62) a prouvé qu'on pouvait duuier de la véracité du récit.
Au chap. un, le récit des prodiges est dû aux auteurs latins. Au ebap. i. un, on ne lit rien dans Polybe de ce qui a trait au consul Flaminina, et Becker p. fS, et suiv.i a démontré que tout ce qu'en dit Tito-Lire est coDlroavé. Ici, Dotre auteur a été trop empressé de croire Fabius PieUir, qui lui * servi de guide.
Tout ce qui précède est emprunté a la deutième dissertation de Lacliniann , de f-onliiiui ïïli Liril. J'ai cru ne pas devoir disséminer , comme je l'ai Tait jusqu'ici , * chaque chapitre , les savantes observations de cet auteur, afin qu'on pût miem juger des rapports et des diiféreuces qu'olfrent le récit de Pohbe et celui de Tile-Live. Nous renvoyons an chap. iiimi l'extrait promis dans la prélace de la dissertation inédite de M. luibert Desgranges sur le passage des Alpes par Annibal.
Chic I. - P.rf.tio ofri.o btUo. C'est celle I, rriW guerre des Mercenaires , qui éclate d'une maniera ai son- i. daine, au sortir de la première guerre punique, soulèv* J toute l'Afrique contre l'odieuse domination des Carthsit- ? noti et les réduit a leurs propres mur*. Le danger Mb L grand qu'il réconcilia on moment, pour la première Mt, L, les deui factions rivales des Barca et des Hannoo. El »-. cette eitrémité Carlbage fut obligée de te jeter dsm kt Cl bras d'Hamilcar, quelle accusait d'avoir allumé crtte j— guerrepar ses promesses eugérée* , et auquel, ends» £__ très circonstances, elle eût réservé pent-étie un satn ^ m sort. Uamilcar. après avoir vainement tenté de raasBM ^. les rebelles par sa modération, en eilermina plu si ^ soiisnlemille en trois rencontres successives; «quin* ssssl rite è cette guerre le nom d'inexpiable. jassE
Cair. II. — Per quinque onnos. ne faudrait pst r- 2 croire, comme semble le faire entendre Tite-Live, qm f~~ cette guerre ait dorée cinq années. Polybe (i, 88), aal ' mérite toute confiance I cet égard , dit qu'elle sa ans et quatre mois iS 15-91 6). D ïi dans ces cinq années tout le temps du séjour d'Handktr en Afrique, c'est-à-dire l'intervalle qui s'écouta depuû b Un de la première guerre punique , jusqu'au passage du général carthaginois eu Espagne.
ItiD. — Florr ataiit, ait feront, liant t ko ri rmuifianu. Polybe ne dit rien qui paisse venir » l'appui dareprea ha que Tile-Live semble faire ici a Haniilcar, et qu'il fa bientôt (chap. ni) reproduire plus nettement par la bouche d'Hanuon. Corn. Nepui [Hamitr. , 51) mit allusion aux bruit* peu honorable* dont le généra) carthaginois avait été l'objet : ■ Erat prsterea cum en adolescent Qbsstria«
• formosiis; quem nonnulll diliniturpius, quam parent,
• ab Uamilcare loquebautur. ■
Iain. — Fariionis BarHwr. Le sénat de Carlbage était divisé en deui partit toujours hostile* par les deui tatsAles des Hannon et de* Barca. Ceui-ci , qui A Carthage tes plut grands généra ni, étaient se le peuple ; ceui-là, généraui inhabiles et ai âpre* au gain, avaient pour eu chands , tout ce qui faisait fortune et s'occupait de négoce I Carlbage; et ce n'était pas le plus petit nombre.- L'opinillrelé de leur haine semblerait indiquer plu* qu'une rivalité d* familles, peut-être une rivalité de races. Les Barca, comme l'indique d'ailleurs l'origine africaine de leur nom, paraisse! représenter par leur génie militaire le caractère ardent des indigènes, de* Numides; tandis que les liannon , les vrais Carthaginois, comme 1 dit H. Micbelet, représentent plutôt le génie avide et mercantile de la race phénicienne. Quoi qu'il en soft, celle rivalité, qui joue un très-grand rùle dans l'histoire de* Carthaginois fui peut-être le '«lut de Rome , et certainement une cause puissante de ruine pour Carlbage.
Iiitt. — Hospiliii rtgolornnL magu- • ... d'hospitalité formé* avec les petits rois d'Afrique. • Pourquoi le* roit d'Afrique , comme a traduit aussi H. Dubois , éd. Panekuuckcî Tite-Live ne le dit pas, uon plu* que l'olyhe, qu'il reproduit ici teiluellemeat. Car, après avoir dit |ll, 56), qu'Aidrnbal dirigea pendant huit années let affaire* d'Espagne, Polybe ajoute qu il agrandit I* domination de Carlbage, cij^ g'jt&j Sià Tûv 7rt>.i[AÉuv fp-yasv, itç ths^ç ■itfK te.ù; Juviarac tjuXin{. Ce qui s'applique évidemment aui chers des peuplade* espagnoles. Voici d'ailleurs un passage de Diodore (éd. Wesseling. II, p 31 1) plus concluant: -;riu.ï,- St-rtnKÏxa ."js fcrjatipa fJouiAi-«
Kipcu su lui iriiTui rû» tÊilpa* ivitfspiùAn oTpa-nrfàt drufâTdp. • Asdrubal épousa b Bile d'un roi espagnol «-fut proclamé chef suprême par tous le* Espagnols. ■ Ce puuge. qui met ban de doule lei relations intimes d'AséimiiIiiiii lu mil ripnrçnnls. ae prouve pu, H Ml vrai, ■'il n'en ait pai entretenu aussi arec lei rois d' A'ricme. lent même aura naturel de penser qu'il dut conserver ttUas qui eiiataieut déjà eoire cens-ci et la famille Barca, fumier de nouvelles. Hait au moins fallait-il laisser m teita tonte u latitude et ne pas eiclure le» rois etpa- 1s dont il s'agit peut-être uniquement ici. Car Asdrukal était députa fart longtemps eu Espagne ; ily était venu tvee AitiUcar. il T resta pendant les neuf anuéeaducoin- ■amlum ni ila ce dernier, et enfin, commanda lui-même pendant bnit année». Ce long séjour Ini permit difllcile- ■ent d'entretenir des relations personnelle* arec Ici rois /Afrique, ce qu'il put faire avec ceui d'Espagne. Il avait sauteurs nn bien plus grand intérêt à s'assurer l'amitié sa ebeft de ce pays , s'il but croire ce que rapporte Faas» (Poljbe, III, 8); qu'après avoir vainement tenté de dknager i son profit la constitution politique de sa patrie, 1 panait* établir en Espagne une domination indépenaaatede Cartbage. Polybcnoua le montre aussi se ulaisM à être salué du nom de roi, par les Espagnols; se bitassol i Carthagène un magnifique palais , et déployant esta tout le (ute de la royauté.
Cas». III.- i'rœrojniirum mitUartm. etc. Cette nomitatiou dncbef parles soldats était une irrégularité dans la tœsiitutkm de Carlhage. C'était d'ordinaire le conseil fmama) qui procédail le premierau chois des généraux ; «taon ehoii était soumis ensuite I l'approbation du sénat et do pauple. Quelquefois aussi l'anuée procbinait son gésard, et cette nomination irrégnlière était tolérée, mais deiiii cependant être confirmée par le peuple, comme nous le isyou* en cette occasion et comme on peut le soir dans Po- Ijbepiv. 111, chap. nu ■ 'Açucu.riin; $t riiîà-ryiJJaçûtTiiv npcrnrioiri, Sri odjiÊïÎvk ri; juiiusi: su*&j|i«Sà, restai «faTH-[iv 'AwiÊai, mu>WT«>M «WMtsC ' R» >r w vif* «u»(K»i»*iw»m t*» t*< < ■ Des qu'on apprit A Carlbage , que i anucc ami pmdssaé Aonibal d'un consentement unanime, ou réunit ■r-le-cbamp le peuple en assemblée et il ratifia tout d'une wii le choix de* camp*. •
Toutefois il semble que ce contrôle du peuple n'était ta'oue pure formalité, qui donnait A ces nominalioui, sic apparence légale, et il est peu probable qu'elles aient jsjjsJttXs) annulée*.
II». — Vlxtbtm pnbtrm. Annibal était alors pins que saMre: Tite-Live se trompe à cet égard et se contredit Ist-aaème. San* chercher A concilier «et contradictions, ta peut * l'aide de son témoignage, rétablir le* fa ils. Selon nu. c'est à Tige d'environ neuf ans qu'A ouibal Tient en Espagne pour la première fois (annorum ferme norem, XXI, cbip. i ) ; et c'est après la mort de son pire, qui resta Al* tête de l'année pendant neuf années (deuubnonnsii, ebap. nj, qu' Asdrubal, qui commanda ensuite (H* de bnit ansforlo ferme annos, ibid.), le rappelle en ùçssjoe. Or, toujours selon Tite-Live, Annibal servit Irais) ans sou* Asdrubal ( o-iennio mb Asdniliaie mrrutt , cusp. n) ; ce qui place son retour en Espagne A b cinpD*me année du commandement de celui-ci. Ce* cinq MstteafMitéeaauidii-bultauiqu'Annibal pouvait ils mort de sou père, nous donnent si ngt-deni oui treajans. Cet Age, qui s'accorde beaucoup miens a rteil que nous (ait Tite-Live de la fie laborieuse ri'Anni-