‹ Commentaire sur Tite-Live: Complément de l'édition du Tite-Live de la Collection des auteursChapitre 35 sur 159 · LIVRE XXIII · texte numérisé non relu

LIVRE XXIII

Ne perdant point de vue son plan , 'ri te- Lit c a paiié cou» silence, comme ne tenant pas esse u licitement h l'histoire romaine, tout ce que Poljbe avait raconté de la guerre sociale de» Achéeni . de» événements d'Aile et de Syrie, et il* bissé de coté la dissertation de l'historien Crée sur la constitution de la république romaine. Aussi n'a 1 il lait aucun utage du quatrième livre de Poljbe, oi de» suivants, jusqu'au septième. Mais à partir du septième, quoique le malheur survenu à l'outrage grec ne permette pas de porter ces investigation» sur toutes le» partie», néanmoins le» débris qui nous restent démontrent que Tite-Live s'est aidé principalement du secours de Poljbe. A défaut de ces fragments , il y aurait encore de» raisons asae» pLiusibles de supposer qu'il en esl ainsi, pour peu qu'on réfléchit au caractère de l'histoire de Poljbe, et « la manière dont Tite-Live a coutume de s'en servir. Il a aussi comparé dans ce livre plusieur» autres écrivains, et quand il» ue s'accordaient pu, il l'a noté. l'aiTo s il admet ceriains fait» racontés par quelquesuns, mais avec des formes dubitatives ; d'autres fois il les rejette. ( Ch. ti, m, ivi. m, Htm, |

Au ch. ii le long récit, snr l'ambassade de Fabius Pictorà Delphes, parait emprunté aux annales de Fabins lui-même; et c'est aussi l'avis de Dirkaen (Cicilistische Aufs., t. Lp.lt).

Les chapitre» net m sont eo harmonie avec les fragment» de Poljbe.

Cbap. Mit, P..I jbe ( IU, IIS,) place ailleurs la défaite de Postumius, et la raconte plut brièvement. Au chap. mm Tite-Live ne donne qu'eu abrégé la formule du truite; Pnlyt.e le donne in extenso (VIII. ch. u et tuiv. ). Cu ii\ ]. — C«f (ris , Annibal paît diminue m piignam, etc. Presque tous les manuscrits donnent : ■ ftec Aunibal ■ post Caiiueusem pugnam r.ipin ac direpla, ■ un seul : • Annibal poit Cannensem pugnam captit ac direpti». • Je ne sais ce qui a fait adopter la leçon de celle édition. Die laisse quelque chose à désirer, dans ruslris Ramanor«m i et elle D'à pa» même l'avantage d'être fort près de la lettre de» manuscrits, comme celle de Giouove. admise par Drakeuborch : £rU, Annibal pusl Canntnstm pugnam. eaptisac direptis. La première lettre du mot ASHt ayant été laissée A l'enluminure, comme le (ait observer U. Dubois, on conçoit facilement que les dernière» lettre» aient été altérées , lorsqu'un a voulu y voir un mot entier. Eo outre la manière dont le changement s'est fait, la variante portant sur le commencement ou sur la lin du mol, hue, ni», donne l celte leçon toute probabilité cilérieure. Quant au sent, c'est la même ville dont il est iiueslioii au livre XXII, ch. ni , on il faut, avec Poli be, substituer t Arpls le mot .iris, ÀvTiffrpaTsiti'dWi toi; Katfpt&aïkic mpl tk AÛuk «ûcujii'v«( (Polybe, 111,88). I> a illeurs ta position géographique, sur les connus de l'Apulio et du uranium, est tout A fait favorable a cette

conjecture; et de pins, il est certain qu'elle lut an pouvoir des Carthagiooi», puisque Fabius l'atslégeet t'en empara ( lib. XXIV, ch. u. )

M. Dubois traduit le mot .Fris par la £,a. Selon loi, ce seraient trois villes de la Capilauate, dont le» noms moderne* tout Fojgia, Lacera et JUan/rcrfonia. Mai» il ue cite pas ses autorités. AEca est indiqué sur l'Itinéraire d'AulODiu et dans l'fttr Hierns, comme une ville unique. Sickler, Afan. de Géogr. une., I. I, p. 559, conjecture qu'elle occupait l'emplacement de la moderne Troja.

Csir. L — Hirnfnox. Peuple dn Samnium. Les Grecs écrivent ce mol sans aspiration. Ce nom est dérivé , ixo Tcûiamu (Slrab., I. V, p. 350), du nom Samnite du loup. Festin: ■Irplnt adpeilali nomine lupi, quern Ir-

• puni diront Sa mnites. Eum enim docem secuti agroa

• occupa vere. >

Chip. IL — Pacurittt Cataviut. Tout te monde connaît l'élégante imitation en vers de ce passage de Tite-Live, par M. Andrieui. Voyei t. III, p. 194 de ses œuvre».

Cuir, V. — Per ren(»m piope onnot. On plut exactement pendant près desoiiautedii aot, • per annotprope teptuagin ta ,• comme ledit plus lardledépulé romain dan* l'assemblée des Êtolien» i XXXI. 51 ). F.n effet cette guerre commença l'an de Rome 412, sont le consulat de H. Valérius et A. Cornélius, et te termina l'an 479, tous les consuls C.Fabricins et C Gandins.

Itio. — Ilot , infandis jiastos tpulis. Celle croyance populaire , qui faisait des Carthaginois de» anthropophagei , avait probablement pris naiasance dans ce qu'on rapporte d'Auuibal Monouiachus ; savoir, que, dans une délibération au sujet dea approvisionnement! ti difficiles de l'armée, qu'il Allait faire venir i grands frais de l'Espagne a travers tant de populations barbares , U anrail conseillé d'habituer les soldait t manger de la chair humaine, SiJk;<tL ri; Smau.ii; àiBj mires i-fiï* xat tout* ireifioai d'j.iiBu;. Hait, selon Polybe, Aunibal aurait repoussé cette proposition avec horreur (liv. IX, cb. mv, Excerpt.) Vojes aussi Porphyr.,dr .-iliJiii., liv. II, p. 2Z8.

Il en est de ce conte ridicule comme du fameux supplice de Hégulus , que Tite-Live avait aussi raconté ( Eplt., XVIII) el dont les ancien* auteurs, contemporain* de Hégulus, parlaient en tout antre» termes. Toutefoi* Visconli ( leonogr. Rom., p, 38) pense que Tite-Live n'a pas dû donner ce récit, comme incontesté, parce que dans le discours de Manlius ( liv. XXII. 59) l'exemple de Régulas n'est pas cité. Sur le peu de foi qu'il faut ajouter A tous ces récits de la cruauté carthaginoise, on peut consulter la seconde dissertation de Lnchmann, de fr'oistilws Litii, S I.

Catp. VIL — Prafectos tariorun. Selon Crttler, les prtrfeeti socionim étaient Romains. Tons ceui que mentionne Tile Live portent eu effet des noms romain* , L. Arennius et M. Auliu (XXVII, 26 ) ; P. Claudio* [cb. ■u). Ils avalent dan* les troupes alliées le même rang et la même pouvoir que les tribuns militaire* dans la légion.

Ibid. — Devint Magius. Velléius Patercnlnt (II, 16) parie de ce Déchu Magius, qu'il appelle Campanor™ pniii-rjis relcberrimus tt fSdelisiimtis tir, et dont le petitlils, Minatiut Magius d'Atculanum , était un de se* aïeux. — Sigonius voudrait lire Dtcimu Magtut, parce que Der iiu et Magius , étant déni nom* de famille, ne pouvaient se trouver réunit. Hait Vota prétend que toa noble» italien* avaient quetiuefoit déni uotoi de Camille.

Oa ait d'ailleurs que les nomi et préaomi ne m portaient pu (Uni le reste de l'Italie de la uième façon qu'n

Ciip. IX. — Alquï perwuam prctas ptten&ns illi tibi. Racine , tpkigmit, acte iv ;

four aller Jusqu'au CŒnr que tous voulei percer, Voili pu- quels chemins Vu* coups doivent paner. Case. X. — ln lempto tnagUlratuum. La traduction seil noe leçon toute differeule, in Irmplo mogisiratuj rtnitdit. C'est la plus généralement adoptée. lViiprèa la t la meilleure leçon , c'est le magistral . pro- 9 préteur Mariui Blotius ( ch. vin j, qui s'ut- ■seduir son tribunal et ordonne aDecîui Magius de comparaître devant lui. Suivant le texte, ce serait Annibal. H. Dubois ( éd. Panck. | traduit in ttmpto , • dani le temple. • C'en le tribunal qui est désigné ici. 7rmp/umse ait non-seulement d'au temple, mail de tout espace couiscré . comme l'était probablement le tribunal , de même qa's Rome les curies et les rostres qui, toutent pour cette hdsoa, sont appelé» ttmpla. ( Votes la note sur le obap. m du livre VLU, le chap. un du même litre, et XXVII, H.Cic, in Futin., X : In florins, in ilto.inquam, inaafsrat» tmi-lo. > Toutefois il faut dire qu'on ne toit nulle part de tribunal consacré. Peut-élre laut-il te contrôler d'entendre trmpfum de tout lieu éleré, avec Gras- Tic, qui corrige ainsi un passage de Florin [11, tu, 2): («us ia tontpretum reniiiei hojlii . in lemplum recepU. Isin. — Qua tum in dilione reoiim front. Jusle-Llpte ptôse qu'il faut restituer après rrgum le mot /Hgijpti, jarw que la Cy rénaîque resta sous la domination rte> rois o' Kg; pie jusqu'à ce qu'elle eût élé réunie parles Romains : la province d'Afrique, liai» Gronove fait observer que (,'rtne eut aussi parfois ses rois particuliers, Magas, fhi'tcuD, Apkm. Voj. Spinbem., ad Catlimach. bymn. m Apolt., v. 68. Il Tant dire cependant que ces roil étaient ou en même temps rois d'Egypte , ou sons la dépendance

Cup. XI. — Q. Fabius Victor. C'est l'historien de la deuxième guerre punique. Voyez p. 76».

lato. — Viitne ru mtlit/rts faeiliarnqat emnl. Cic, i.pitt. (sa., ¥1, S : • Res et fbrtuns tu» mibi mailmas • corsa) «uni, quat quidem quotiiiie faciliores mibi et ■ Méfiera* tideolnr.i Tacite ( Agric, lit ) ; • Augealque «juolidie faciliiatem lmpetii Nerf a Trajauus. ■ Piaule, tarent., V, II, 6 :

M usa* «arris [Cm.) Soi™, nim propler eas ci co facitiut. Epidie-, II.ii.59:

Ouaro/oti/ietqusui forlunateevenltluï.obsfcro, mnlieri. Têrence, Adtlph., III, |t, 56 :

Quan tu factliinu açttti , quaro eslis niuime Potentsi, dites, tortunail , noblles.

Ibiid. — Lucris mtnlij donum mittiluie. « Ru voyez 1 Apollon Py [hien uueoflraude bien mériiec. • Une nffraude méritée ne peut se dire que de celui qui la reçoit, ce qui ne- signifie rien ici et est certainement contraire au teste, quelque obscur qu'il soit. Le sens parait cependant indiqué parce qui suit, et il faut probablement entendre ainsi ces mots tuerit nurilis : • Avec les gains légitimes de cette guerre, avec ce que tous sures acquis par voire murage et avec l'assentiment des dieui, vous enterres sue offrande a Apollon. • Plus bas ( XLV, 59) : Pïctor sa Cnpsiouo, IrinmpAans nd totdem dtoi.quibui vota iladona trarfurif.

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Ca ir . XI .— Dr que prarûa, manubiis. tpolUtqat, etc. Ces trois mots ont un sens distinct, quoiqu'ils soient quelquefois confondus. Voir, pour cette distinction , Aulu-Gelle, XIII, 24. Spofium est lont ce qu'on enlève a l'ennemi ; prœda, est le corps même du butin, I* chute enlevée; munubur. l'argent provenant de la vente du butin, confiée d'ordinaire ans questeurs, ou plutôt eus prafteti œrarii , qui leur étaient subordonnes.

IliD. — i'irul roronalus laurea roronn . Cri usage u'était pas particulier au temple de Delphes, il était général dans tout le culte grec ; et il s'observait non-seulement quand oo venait consulter l'oracle , mais encore dans toute

espèce de sacrifice, comme le prouvent ces paroles du scholiasle de Sophocle [Or-dipt roi, t. 82, ) : oi iiri ttri

Kinu ITipXY IHg'jUVCl SJt Û!>,tp(JV îflT!|l)lÉY01 ITTUlViaiI. Et

ce passage du scholiaste d'Ruripide ( Hippolyte, » . 792 ) i É6o< -[ip i!y.cv ci ifi/ûm TûS», Sri iipx "' ■"* fs««si«(. ioTs^stwfiMsi iffprn, MA «oVn; toû cû«u itposstiïoiii iù-.-.ù;. Voir aussi Schol. Aristopb., Plut. ». 21. Lu couronne était prise d'ordinaire de l'arbre consacré au dieu que l'on venait consulter, ou honorer d'un sacrifice. Lorsqu'on avait obtenu de l'oracle une réponse favorable, on s'en retournait la couronne sur la tète; et on la déposait dans le cas contraire, ou lorsque le retour était marqué par quelque sinistre accident.

Les paroles de Fabius semblent faire croire que celle coutume, générale en Grèce , était nue prescription particulière, I lui failé par le prélro d'Apollon. Mais ou peut se l'eipliquer en pensant que cet usage étail alors ignore A Rome , et que Fabius voulait prévenir ainsi l'elonnement qu'il dut faire uaitre eu paraissant couronné de lauriers.

Iwd. — Cum stx impcraloribus, quorum quatuor rontulei. C'est-a-dire sept généraux, dont cinq ronsuls. Tite-LIte oublie T. Sempronius, taiucu par Aunibal ii la Trébie : car il désigne plus loin, ilans son «numération, le dictateur et lemailre de la cavalerie, Q- Fabius et M. Hinucius; déni consuls tués, C. Flamiuinsel *âi)ilius Paulus; deus autres consuls, dout l'un fut blessé, P. Cornélius Scipion , et dont l'autre s'échappa avec cinquante cavaliers seulement, C. Tércntius Varron. Celle erreur ne saurait être attribuée aui copistes.

Isin. — rertim esse, gratis deij. etc. l'enm a ici le sens d'orqiium. Tile-Live l'emploie encore dans ce sens ;

■ ecterum et socinm audiri postulais remm esse. • { XXXII, 35 ). Cicéron , pro Muretw, iiv : . Cato negat

• oerumesse, allicibeneiolentiaiu cibo. Horace, Epiilol.,

■ I, tu, 98. Meliri se quemque tuo moilulo ac pede r«-

• nim est. >

Chip. XIII. — Priori: punira belle. Gronove voudrait supprimer le mot tniniro , ridicule dans la bouche d'au Carlbnginois. Hais Tile-Live n'est pas atses scrupuleux sur ce point pour qu'on voie là une faute de copiste. Plut haut , ch. il . il éiail déjà tombé daui la même faute : Itrutlios Aputoiqut , partir» Samnitiiaa ac LurnnOrum defecisst ad Panas. Cela prouve seulement que Tile- Live a beaucoup de peine i s'oublier lui-même, quand il

Ibid. — i\am cl rimuilas cum famïiia ftarrina. Sur les véritables motifs de la conduite d'ilannon, consultes lleeren ( Polit, et Comm., t. IV, p. SIS elsuiv.de la tr. fr. ). Au fond de cette opposition , si obtlinée t tous Jet projets à' Aunibal, il y avait certaioemeot autre chum qu'une simple rivalité de famille. Montesquieu l'a bien

HISTOIRE ROMAINE. — NOTES

fait sentir. • Dans quel danger, dit-il , n'eût pas été la république de Cannage, si Annibal avait pris Rome? Que n'eût-il pas fait dans sa ville après la victoire, lui qui y causa tant de révolutions après sa défaite.

« Hannon n'aurait jamais pu persuader au sénat de ne point envoyer de secours à Annibal . s'il n'avait fait parler que sa jalousie. Ce sénat , qu'Aristote nous dit avoir été si sage (chose que la prospérité de cette république nous prouve si bien ) ne pouvait être déterminé que par des raisons sensées. 11 aurait fallu être trop stupide pour ne pas voir qu'une armée , à trois cents lieues de là , faisait des pertes nécessaires, qui devaient être réparées.

c Le parti d'Hannon roulait qu'on livrât Annibal aux Romains. On ne pouvait pour lors craindre les Romains; on craignait donc Annibal.

« On ne pouvait croire , dit-on, les succès d' Annibal; mais comment en douter? Les Carthaginois, répandus par toute la terre, ignoraient-ils ce qui passait en Italie? C'est parce qu'ils ne l'ignoraient pas, qu'on ne voulait pas envoyer de secours à Annibal.

« Hannon devient plus ferme après Trébies, après Trasimènes, après Cannes : ce n'est point son incrédulité qui augmente, c'est sa crainte. » ( Esprit des lois, X, 6. )

Chip. XIV. — Latoque, ut solet, ad populum, ut equum, etc. Quelle était cette loi qui interdisait au dictateur de monter à cheval? Plutarque {Fabius, ch. iv) : IlpwTov p.tv TpnîaaTo ttjv ou^kXtitov, ittît» xpîioOgt irapà 7Ôç arpareias* go fàp IÇ^v, àXX* iinrfoçtUro xarà H nva ffaXauàv vo'ulgv, eirt ttjç àXxvk to irXetarov tv tû toÇw Tidepivov, fat dià tguto tov <rrpaT«f ov ciopivttv £etv wapajxmtv rîi çctXa^t, xai jjlti irpoXsimtv etô'3Ti Tupawtxàv *C âtravTa ràXXa, xat pté-va tô tvî; àpx*K *P*tg; ècrrtv,

^to'fuvov. Ce passage a donné lieu à une erreur assez grave. On a cru, en se fondant sur le mot irpûTov, que ce fut Fabius qui le premier obtint la permission de monter à cheval , chose interdite avant lui au dictateur. S'il en était ainsi, Plutarque n'aurait pas dit irpûrov, mais irp&roc; et ce qui prouve d'ailleurs que irpâ-rov signifie ici d'abord, c'est qu'il amène après lui, quelques lignes plus loin, le motp.Erà raÙTtt, ensuite. Maintenant Plutarque semble en contradiction avec Tite-Live. Selon lui c'est au sénat que Fabius adresse sa demande; selon Tite-Live c'est le peuple qui vote la'loi. Mais on peut les concilier tous deui en disant qu'ici , comme en beaucoup d'autres occasions, la loi fut votée par le peuple d'après un sénatus consulte. Cette apparente contradiction expliquée, reste quelque chose de plus important, Plutarque va plus loin que Tite- Live : il dit que Fabius demanda à se servir d'un cheval pendant la guerre , trapà rà; <rrpaTttaç, ce qui était interdit au dictateur par une loi ancienne, waXaiôv vo'jagv. Tite-Live dit simplement que le dictateur, M. Junius Pera, présenta, selon l'usage, une loi au peuple pour qu'il lui fût permis de monter à cheval; et il ne désigne pas de moment ni de lieu. Cette interdiction faite au dictateur de monter à cheval , même quand il commandait l'armée, peut difficilement se soutenir. La première raison qu'en donne Plutarque, savoir, que l'infanterie étant la principale force de l'armée romaine, on voulait que le dictateur restât au milieu d'elle , sans la quitter ; cette raison est tout à fait vaine. Car le même motif d'interdiction ne subsistait-il pas également pour les consuls et les autres commandants d'armée, qui cependant montaient à cheval? Et pourquoi ce qui était permis à ceux-ci aurait-Il été interdit au dictateur t Car le cheval était

moins un insigne , un honneur, qu'une nécessité du commandement en chef. On sait d'ailleurs qu'au moins , dans les premiers temps de la dictature, les dictateurs étaient à cheval à l'armée. Cela résulte clairement de plusieurs passages de Denys d'Halicarnasse et de Tite-Live , II, 19 : In Postumium.... Tarquinitts Super bus..,, equum infestum adtnisit, etc. : et ch. xi. Twn ad équités dictatar adcolans. Denys (VII, H et 12) rapporte aussi qu'an combat du lac Régille , le dictateur A. Postumius combattait à cheval au milieu des cavaliers ; au livre X, 24 , il rapporte encore que les députés, envoyés à Q. Cinctnnatus pour lui offrir la dictature, amenaient avec eux des chevaux magnifiquement caparaçonnés.

Quelle était donc cette loi , pour quelle raison , à quelle époque fut-elle portée, et pour quel lieu établissait-elle cette interdiction? On ne peut guère se livrer qu'à des conjectures sur cette disposition législative, dont noua voyons ici la première mention, et qui a laissé si peu de traces dans l'histoire. Voici cependant la plus vraisemblable. Au moment de l'institution de la dictature , un des droits de la puissance suprême du dictateur était de paraître à cheval dans la ville. Bientôt ce droit sembla TupawixÛTtpov; il rappelait trop vivement le souvenir de la royauté. Une loi intervint donc , qui interdit au dictateur de monter à cheval hors du temps des expéditions» et avant de sortir de la ville. Plus tard on le lui permit de nouveau, mais il fallait pour cela une loi expresse du peuple; et à ce qu'il semble résulter de cette expression de Tite-Live, ut solet , cette loi ne fut plus ensuite qu'une simple formalité, qui servait à modérer la puissance illimitée du dictateur, en lui rappelant que pour l'exercer il avait besoin de recourir à l'autorité du peuple.

Il est difficile d'établir quelque chose de plus précis, à cause du peu de données que fournit l'histoire. On peut toutefois appuyer cette conjecture d'un passage de Zonaras ( VII, 15 ), où il dit que la dictature ne différait de la royauté , qu'en ce qu'il n'était permis au dictateur de monter à cheval qu'au moment de partir pour la guerre,

irXl)V 071 JJLT) ècp' CTIfCi) àva&QVOU Q ^UfcTOCTttp Yl^UVOTO, tî (Ml

ixerrpaTEÔeo6ai fotXXt.

Et ce qui montre encore que la loi dont il est ici question n'avait pour objet que de permettre au dictateur de monter à cheval dans la ville, c'est qu'il y eut un intervalle entre le vote de la loi et le départ du dictateur M. Junius Pera. Car, après avoir parlé du vote de la loi, Tite-Live mentionne plusieurs actes accomplis à Rome par le dictateur, et qui exigèrent sans aucun doute plus d'un jour. On peut donc conclure, avec asses de certitude , qu'il n'était interdit au dictateur de monter à cheval que dans la ville seulement , mais qu'a l'armée il pouvait le faire du droit commun de tous les commandants, consuls ou autres.

Cbaf. XVI. — Bigatosque quingentos, 410 fr. de notre monnaie. Voyez la note sur le ebap. lu du livre XXII. Plutarque [Marcel!,, ch. vin) $paxj*àç àppptaj irsvTautoaia;. Si Plutarque compte en drachmes grecques à 69c, les cinq cents ne vaudraient que 310 fr.

Ibid. — Dunmillia et octingentos hostium, etc. Selon Plutarque (Marcel!., ch. xi ) il y en eut cinq mille tués , parmi lesquels cinq cents Romains. Il dit aussi que ce nombre n'est pas approuvé par Tite-Live : Atfovrou înrtp irtvTowrxtXtou; dwreOavsîv, àircxTttvai &t Vwp.aiwv où ffXttou; $ WEvraxoatcu;. Ô £s Ai€to; o5t<ù jxèv cù £taêt6xioûto» -fcvioOcii purfaXtiv T^rra*, cù£è wtoeîv vtxpooç tooôutwç

Cur.XVUI.— Majiuque id ptaatnm ducit, etc. • On fit encore qu'Annibal Bl une grande faute de mener ion année* Cspoue.où elle t'amollit ; mais l'on ne considère point que l'on ne remonte pu A la Traie came. Les soldatt de celte armée, devenus riches après tant de victoire», n'aéraient- il* pu trouvé partout Caponeî Aleiaudre.qni eonaMadait A aet propre* sujets, prit, dans une occasion pareille, on expédient qu'Annibal , qui n'irait que dea transes mercenaire* , ne pouiait pas prendre: il Bt mettre le (eu an bagage de ica soldats et brûla loutea leurt rithata elle* tienne». On nocu dit qne Kouli-Kan, après Isoooqnètedeslndei, ne Initia a chaque soldat que ceut roupie* d'argent. •

■ Ce furent le* conquêtes mime* d'Annibal qui cora- ■BMereut * changer la fortune de cette guerre. Il n'agit pu été envoyé en Italie par le* magistrats de Carthage ; il recevait très-peu de secours, «oit par la jalousie d'un parti, soit par la trop grande confiance de l'antre. Pends ut qu'il resta avec sou armée enierobte, il battit les Romains; mai*, lorsqu'il fallut qu'il mit des garnisons dus tontes les tilles, qn'il détendit ses alliés, qn'il assiégeât le* places ou qu'il les empêchât d'être assiégées, tstfbrces se trouvèrent trop petite», et il perdit en détail bm graide partie de son armée. Les conquêtes sont aisées iftire, parce qu'on le* fait arec toutes ses forces; elle* tout difficile* a cooterier, parcequ'on ne le* défend qu'aies une partie de tes forces. > Hoarssguiiu, Grandeur ri il fils fin.

Cur. XIX. — A'ofanonm atqve Acsunoiu*. repentant la Tille d'Acerra availéié prise, pillée et brûlée par Auaibal (eh nu), et set habitant» s'élsient dispersés d»n»lesville«del»Campanie, demeurerai fidèles aux Romains. On a proposé Alxllatwrum ; Justin, XX, l :• Jam JfaJisd, tiolani, Abtllani nonne Chalcidensium coloni snntT • Silïus Italiens , VIII, 515: • Surrentumetpauper • sold eerealis Abellu. ■ Hait tous les manuscrits s'accordent pour donner Actrranonn», et peut-être est-il question de* habitant* d'Acerra , réfugiés à Kola.

lato. — latenliore mslodia, etc. Selon Kronlin (Slrat., III. 14), ce fut en tendant une chaîne dans toute la lar-

I»it>. — Suces imit fuite, etc. D'où le* Prénestins furent appelés ensuite tiueula. Fettus : • Prœuestiuos JVu- ■ culot dicte* esae, quod inclusi a Ptenis Caailmi fumem m mseihus luslentarin t. >

Imd. — Net tmtriou* adore animali , etc. C'est au sttége de Casillnum qu'il faut rapporter l'histoire de cet aisre, qui Tendit cent on déni cents deniers un rat qu'il a t»U pris. Loi même mourut de faim et l'acheteur surrtrut. Frontin, strutag.. IV, S, 20 ; Val-Mai., VII, 6, 3 et Strabou, V, 4, 10, p. 249, eu admettant la correction d* susot, an Ken de usoipveu : «Weeus* Jpimûv tpuBi»toç tu**.

Jbid. — Stptaneei auri. La livre d'or, son* la république romaine , Talant, sui Tant les calculs de M. Saigey, • 16 fr. GO c, les sept once* équiTalalent 551 fr.GOc.

I«». — Tum refaits! Cumas m« fidt. Tile-Live n'a pas parlé de Cornes précédemment ; et il n'en parle pu non pin» dans la suite. Comment se fait il que ces hommes ■aàenl envoyés dans cette tille, puisque la plupart tout de* Prénetlini, Pnmeitini maximit pars (aère? En outre, si l'on admet qu'ils soient envoies» dîmes, il faudrait , ce me semble , demitsi ou emissi , comme an livre XXIV, eh. iliii : Emissions mm fide incolumci ad

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