LIVRE I
Tite-Live , dans ce livre où il reproduit les traditions vulgaires, a, comme on devait s'y attendre, fait surtout usage de Fabius Pictor , le plus ancien historien romain ( scriptorum antiquissimus), qu'il se contente de nommer soit seul (ch. xliv), soit avec Pison (ch. lv), et lui accorde , dans le récit des événements les plus reculés , plus de confiance qu'a Pison , qui, faisant disparaître la couleur mythique que Tite-Live a cru devoir conserver, s'était attache à présenter les faits sous un point de vue tout moderne , et avait modifié les mythes en les expliquant , ou même en avait présenté d'autres. Cependant les sources auxquelles U puise ne se bornent pas à ces deux auteurs. Dès le débat il déclare que ses autorités sont nombreuses. (Voy. chap. i , m , vu , xi, xxiv, xxxi, xxxvm, xliv, xlvi, xlviii.) S'attachent surtout aux documents antiques , il néglige les récits plus récents et plus développes que Denys d* Ha béarnaise a admis, et raconte beaucoup de faits tout autrement que lui. Dans l'histoire antérieure à la fondation de Rome, il paraît avoir suivi Fabius ; c'est du moins ce qu'on peut conclure d'un long fragment de cet auteur conservé par Ensèbe dans sa Chronologie (t. I, p.587 et suiv. deled. d'Ancher), où l'on retrouve sur les Troyens, sur Énée, sur la suite des rois albains , des notions conformes an texte de Tite Live, quoique plus étendues, mais entièrement différantes du récit de Denys et des autres historiens. Ds se rencontrent encore en ce point que Tite- Live voit co m m e h » i le miracle des trente nurcassànj llatfcaiion, non
de trente colonies, mais de trente années , interprétation déjà adoptées du temps de Ptolémée Philadelphe par Lycophron (Gassandr. f 255) et par plusieurs Romains.
Do reste , l'origine troyenne de Rome était admise bien longtemps avant Fabius. Le premier monument public ou elle soit mentionnée est , autant qu'on peut le savoir , la célèbre colonne de Duilius. Antérieurement à Polybe, Po stuu iins Albinus avait composé un ouvrage spécial sur l'arrivée d'Ënée en Italie.
Csaf. I.— On comparera avec intérêt les premiers chapitres de ce livre avec les chants I , VI, VII et VIII de T Enéide. Il e liste un etonoant rapport entre les fables du poêle et celles de l'historien.
Ibid. — Sur Pylémène , chef des Hénètes. Voy. Hom. , Iliad. y II , 851 ; il fut tué par Ménélas, V , 576 et suiv.
Ibid. — Sur les Euganéens. Voy. Pline, Hist. nat. t III, 25 et 2A; Silius Italiens , VIII , 604 ; Martial, IV, 25.
Isid. — Pagoque inde trojano nomen est. Pagus répond a notre mot français canton; il était composé de plusieurs villages ri ci. La réunion de plusieurs pagi formait ce que Tite-Live appelle ici gens. Crévibb.
Iiid. — Duplex inde fama est. Des deux traditions rapportées par Tite-Live , la dernière parait être fort ancienne. Y oy ex Ca ton. ci té dans Orig.gent. rom.,c. un.
Cair. II. — Cœre , ville pélasgique, d'abord sous le nom d'Agylla, puis plus tard soumise à l'Étrurie. Aujourd'hui Cerrefri. Il n'en restait que des ruines du temps de Tite-Live. Voy. Strabon , 1. V , p. 220.
Ibid. — Mneas adversus tanii belli terrorem. Comparez ûenys d'Halkarnasse , I, 59 , 60.
Isid. — Numicium flumen, aujourd'hui Rivo di Nemi. Suivant Denys d'Halicarnasse , 1 , 64 , le corps d'Énée ne fut pas retrouvé. Comp. Ovide, Met. XIV, 600 et suiv.;Tibuile,II, V, 45.
Ibid. — Jusque fasque est. L'usage était de changer les noms des mortels mis au rang des dieux. Ainsi Romulus prit le nom de Quirinus ; Mélicerte, celui de Palémon, etc. Cbzvieb.
Chip. III. — Hircine fuerit Ascanius an major quam tue. Fabius ne parle pas d'une double tradition. D'autres historiens le disaient né d'une Troyenne ; mais pour ne pas attribuer aux roi d'Albe une origine étrangère, ils lui donnaient pour successeur son frère Si h i us , ué de Lavinie. (Voy. Fabius, loc. cit. ; Lutatius et Tubero in Orig. gent. rom.; Denys. d'Haï.; Festus, v. Silvii; Catoap. Servium.) Tite-Live, en le faisant fils de Lavinie et père de Silvius, augmente d'une génération la série des rois albains. Quelle autorité a-t-il suivie à cet égard? On l'ignore., Servais (ad £n., I, 274 ) tient cette assertion pour une erreur.
La plupart des historiens prétendent qu'Ascagne continua ta guerre, et que ce fut lui qui donna la mort à Turnus. Peut-être Pisoo racontait-il les faits comme Tite- Live. Ce qu'il y a de certain, c'est que dans son histoire, si toutefois ou peut en croire le témoignage du faux Auretins Victor» Turnus ne mourait pas de la main d'Ascagne, mais de sa propre main. (Orig. cent, rom., c nu. )
Tite-Live adopte sur la fondation de la ville la tradition vulgaire reproduite par Fabius, mais avec plus de développements. {Orig. gent. rom., c. xx ; Scrv. ad j£n. vm, 630; QuintiL Inst. or., 1, 6, 12, et Nonius, p. 518, Mer - [
ccr. Le récit de Plutarque est entièrement d'accord avec celui de Tite-Live. Des historiens pins récents, comiuo Licinius Macer, dans Denys d'Halicarnasse, raconteut les faits d'une manière différente.
Cbap. III.— Ab eo colonies aliquoldeductœ. L'auteur de l'origine du peuple romain (Origo gent. rom., cap. xvu.), nomme ces colonies Préneste, Tibur, Gabies, Tusculum , Cora , Pométia , Coriole [ le texte de l'éd. d'Arntzen porte Lorri ] Crustumium , Caméria , Bovilla?. Virgile ( y£n., VI, 775 et suiv. ) joint aux colonies des rois albains Nomentum , Fidène, Collatia , Castrum lnui et Bola. Crbvimu— Voy. Denys d'Ualic, 111, 51 ei Iieyne, sur l'Enéide, loc. cit.
Ibid. — Prisci Latini appellati. Festus de Verb. sign. . p. 582., Dac. : Prisci Latini proprie appellati sunt ii, qui priusquam conderetur Roma fuerunt. Niebuhr, rejetant cette explication , regarde les deux mots comme l'équivalent de Prisci et Latini, et y trouve l'indication de deux peuples différents. (Voyez 1. 1, p. 112, et t. II, p. 97 de la trad. fr. par M. de Golbéry). M. Leclerc (ouvr. cité, p. 165 ) repousse avec raison cette idée qui est purement arbitraire.
Ch. IV. — in cuslodiam datur. Les accusés, de quelque distinction n'étaient pas renfermés daus une maison publique. Ils étaient confiés à la garde de quelque magistrat , qui les retenait dans sa maison sous sa responsabilité : c'est ce qu'on appelle in custodiam dore. Cic. in Cat., I, 8; Sa Uns Le , Cat. . 47; Tac, Ann. t VI, '5. Lux. — D'après cette observation l'expression française, est jetée en prison, ne serait pas une traduction exacte; mais le mot vinctaest là pour la justifier.
Ibid. — Ficus ruminalis. Paul Diac, p. 478. Dac, Ruminalis dicta est ficus quod sub ea arbore lupamammatn dédit Remo et Romulo. Mamma autem rumis dicitar. Unde et rustici appellant hedos subrumos qui adhuc submammis habentur.— Toute cette fable de l'allaitement des deux jumeaux par une louve parait devoir son origine au désir d'expliquer l'origine inconnue du nom de Home. Les uns le font venir de M»?, courage et force ; d'autres , de Rumo t ancien nom du Tibre , qu'ils dérivent de fo^, fàu, d'autres de Romulus, d'autres encore de ruma , rumis , rumen. Vucil. Ann., XIII, 58, t. Harduin. ad. Plin t XV, 18, 20.
Ibid. — Submissas prœbuisse mammas. Virg. En., VIII, 650. — « On voit encore au Capitole un groupe de bronze représentant la louve qui allaite Rémus et Romulus. Il y fut placé il y a vingt et un siècles par les deux Oliginus, édiles curules, l'an de Rome 457 (avant J.-C, 296 ) . Us employèrent l'argent des amendes à ce monument. Il fut frappé de la foudre sous le constuat de Torquatus et de Cotta , l'an de Rome 686 (av. J.-C, 67 ). On le voit aujourd'hui dans le même état où la foudre le mit alors. J'y ai remarqué avec curiosité et satisfaction le coup de tonnerre qui glissa le long des côtes et a fondu une partie de la cuisse.» Le président de Brosses.— Ce groupe avait été doré. Voy. Cic. m Cat., III, 8.
Ibid.— «Sunt qui Larentiam, etc. Tel était le récit de Valérius Antias ( Orig* gent. rom., c. xxi ) et même d'historiens plus anciens (cf.Cato.ap., Macrob., Saturn., I, 10), Bien que cette explication de la louve paraisse beaucoup plus récente que tout ce qui est rapporté de Larentia , nourrice de Romulus , et des frères Arvales. Ce qu'il y a de certain c'est que Tite-Live, dans la narration rapide que renferme ce livre, ne parait pas tenir comptedes historiens les plus récents. 11 diffère essentiellement des fraf-
menls qui noue restent de Llclnlui Macer et de Yalérlus Anlias. Cf. fr. ip. Orig. oent. rom., c. met ui ; Hacrob. Saturn., 1. 41 « 13. Arnob., Adc. cent. V, I; Plin., Jfitl.
ont. VI, 7; U!, 5 (cf. Tilé-Lite, I, 55, avec lequel Mot d'accord Tac, HiJl., III, 72; Denysd'Hal., IV, 55;, XIII, 13; Pljt., Rom. 14; de Fort. Rom., t. VII, p.21t.Reùk. Ci.V.— Lupcrcai hoc fuisse ludirrimferiml. On sait que les Lu|iercales étaient une fête célébrée eu l'honneur de Pan, surnommé Lycetts. >v*i'f de lfcus.loup, d'où s'était firme le nom de Lapernu (qnasi lupo» a pécore avenu ). Mail ce surnom et celle étvmologie paraissent fautifs et pro> en ir d'une confusion aveclu'aïa; véritable nomde Pan, tiré d'une tille et d'une moniagne d'Arcadie (Ai«««et tfa; Awwr>|, Les prêtres de ce dieu étaient appelés Luptrri. Celle fêle , dont l'origine se perd dans la nui! des temps, lut rétablie par Auguste, cl subsista probablement jusqu'au sisième siècle de notre ire. Au cinquième siècle on la célébrait encore à Rome el dans la Gaule; i Autun, par exemple (voy. M. Desmichcls, Hisl.du Moijen agi. t. I, p. 542 et suit.}. Mon savant confrère et honorable ami, M- le comte Beugnot, dans sou eicellent litre sur la Dp.ilniction du paganisme en Ottidtut. t. II, p. 273-279, a prouvé que le pane Gélase , auquel on attribue l'abolition de celle fête païenne en 495, se borna a défendre aus chrétiens d'y assister, et laissa aui païens lo droit de les célébrer : AuUtts huMUniW. dil le saint pontife, millus rhritfianus hoc celebrtl. std soli pagani quorum rilui psi exequautur. • Sans pouvoir citer, dit M. BeugniK, l'époque précise où les Lu perçai es cessèrent d'être célébrées à Rome, on est d'accord, pour représenter la procession qui a lieu pendant la Tète de la Pnrilication de la Sainte Vierge , et dans laquelle les assistants portent des cierges allumés, fêle qui, pour ce motif, est Dominée Chandeleur, comme ayant êlé établie afin de tenir lieu des Lupercales , pour lesquelles le peuple montrait un si grand altachemcnl. Au lieu d'une cérémonie bouffonne et indécente, on plaça une fête qui , en satisfaisant la passion des Romains pour les solennilés, rappelait A leur esprit des pensées nobles et pures. •
Ibid . — Sur Evandre el sur Carmeula sa mère, voyez Dents oTH.il., I, 51 et suit., le t" exrarius de Heyoe, el ses notes sur l'Enéide, VIII, Si et suit.
Iiid. — Kocarual /uiiuin. Suivant Sertiuiad .-l-.'ii., VI, 775, ab iniuttdo passim cunv omnibus anima/ibuj sir
lniu. — Rmum «pisse. Tite-I.rtes'esl un peu écarté du récit de Fabius, en ce qui concerne l'attaque, par suite de laquelle Rcmulus est Tait prisonnier. Il suppose que Rémus assisse au combat, tandis que, mirant Fabius, il était allé à C.inina offrir un sacrifice (Voy, Denys d'Haï., I, 80.) Plutarqne est, sur ce point comme sur beaucoup d'autres, d'accord atec Fabius. Suivant Tubéron (Denys d'Ual., ibid. ) que Tile-Live parait avoir suivi, Remua fui pris atanl que son frère pût accourir à sou secours.
Ibid. — Faustufo spes /lierai. Spts el sperart, comme Uxlf, Jiiifiiï, ii*ufneDgréc, ne se prennent pal toujours en bonne pari, et indiquent souvent l'attente, le soupçon, la prévision. Voyez Thuc., I, I, et Tite-Lite , II, 5 : Spt om iiiurn sérias fuit.
Ibiu. — Gtminoi esse fratrts. « Quinlilisnus, fiuf. Oral., IX, 14; gtuzdam ordlile permulnto fiunt superea-
vass nddcrenoB r.il nteessc. Hanc tamcu ej M observa tio-
titi/n perpétuant non e»»e, aoa modo kxtu hic Livli, sed
ellam pion alia eiompla dorent ; confer In primis Ot ilii Htroid., XVI, 211. decus ,o prraou csjnno»u« florin raiTaua ; ejusdem lltroid., XVII, 249 ; Metamorahos. IV , HIT ; ita et eodem libro, versa 775, enjus in iniroilu OEUtRis habitasse soioau. Haud aliter Terentius in Heaut. V, I ■ 80. Non ilu me dii ament, audérel factre hœr tlouf utiLitai. > Lias i ai.
Cuir. VI. — Tanpla captent. •Deboul, le visage tourné rers l'immuable nord , séjour des dieui étrusques , l'augure décrit avec le lilum, ou balon recourbé, une ligue ieardo) qui, passant sur sa léledu nord au midi, coupe le ciel en deui régions, la région ratorable.de l'est ; el la région sinistre, deroccidenl.LDCtecondeliguefdecumanus, dérivé du chiffre X) coupe en croii la première et les quatre régions formées par ces deui lignes se subdivisent jusqu'au nombre de seize. Tout te ciel , ainsi dîtisé parleliluus de l'augure, cl soumis a sa contemplation j contcmplari ), détient un temple ( fmplum).
• La volonté humaine peut transporter le temple icibas, et appliquer A la terre la forme du ciel. An moyen de lignes parallèles au cardo el au decumanus , l'augure Corme un carte autour de lui. Varron noua a transmis la formule par laquelle on décrivait un letnplum pour prendre les augures sur le monl Ca|iitolîn. Le temple eiiste également, qu'il soit simplement désigné par les paroles, on qu'il ail une enceinte. Les limites en sont également sacrées, infranchissables. lia toujours son uDii>ue entrée an midi, son sanctuaire au nord. Tonte demeure sacrée n'est pas un ttmplum , un fanum. Le temple élrusqne est un carie plus long que large d'un siiième. Les totnbeaui, souvent même les édifices civils, les places publiques, alTeclenl la même force el prennent le même caractère sacré. Telles étaient A Rome les curies du sénat, tes rosirca el ce qui y louchait dans le Chanip-de-Mars , tout 1'empJaceineut de l'autel du dieu. Les tilles sont aussi des temples ; Rome fut d'abord carrée ( ftoma onadrala) ; la même forme se présente aujourd bui encore dans les enceintes primitives de plusieurs des plu* anciennes tilles de l'Étrurie. Les colonies appliquent la forme de leur métropole 6 leurs nouvelles demeures; et, comme on fail aui jeunes arbres transplantes , elles s'orientent sur une nouvelle terre comme elles l'ont êlé sur le sol paternel. Il n'est pas jusqu'aux armées, ces colonies mobiles qui, dans leur camp de chaque soir, ne présentent pour la forme et la position l'image sacrée du ttmplum d'où elles ont emporté les auspices. Le prétoire du camp romain avec sou tribunal el son au? uranium élail un carré de deux cents pieds.
i Les terres étaient aussi partagées d'après les règles et l'art des aruspices. On traçait les limites des champs d'après les lignes cardo et decumanus. ■ Micuilet, His loireromaine, introduction, chap. V, t. I, p. 51, {''édition. Cf. TSiebuhr Htcmlsche Geschichtt , t. H, p. 7110.
Les passages classiques sur le templum se trouvent dans Varron de l.iug. lut., lib. Vil, cap. 6 et suiv.; Featua aux mots : Conlempfari , i'inistrœ , Posticum oslium, Dtrumamij ; et Hygin, dé Limit., p. 152.
Cm*. Vil. — tiovot Iransifuiise muros. Peut-être ta tradition voulait-elle désigner par celte expression, notai muros, le sillon {primigriilus sufeus) qu'une ebarrué traînée par un taureau et par une vache traçait autour de l'emplacement que devail occuper la ville nouvelle, pour en déterminer les limites. Voyei Festus cl ses coujmentaleurs au mot Primiacnius, et Varron de tangua lallna, V, Iti.Egg.
HISTOIRE ROMAINE - NOTES
Cau». VII.— Condita urbs. Les Romains n'étaient pas d'accord sur la datede la fondât ion de Rome. Caton la plaçait au II des calendes de mai , c'est-à-dire an 21 avril de la première année de la septième olympiade (751 ans •v. J.-C. ). Vairon la reculait de deux années. M. Ideler, dans son Manuel de chronologie, t. II, p. 172, pense que cette dernière supputation doit être , malgré son peu de certitude, préférée* l'autre. C'est celle qu'a suivie Bossuet.
11 est probable, et plusieurs textes le prouvent, qu'avant Romains il avait existé différents établissements sur remplacement des sept collines. Volney, dans ses Recherches nouvelles sur l histoire ancienne (t. II, p. 109 et sniv.), a parfaitement indiqué ce qu'il faut entendre par fondations de vides : « En général, dit-il, ces grandes réunions de maisons que Ton appelle villes, ont en deux manières d'être fondées : 1° la première par un concours lent et progressif d'habitants, que des motifs de défense commune, de facilité de commerce, d'aisance de la vie ont appelés et fixés autour d'un premier noyau d'habitation : à ce premier genre de ville l'on ne saurait presque désigner de fondateur, ni d'époque de fondation.
» La seconde manière se tait par un concours subit de coioos que leur propre volonté ou celle d'un gouvernement engagent ou contraignent à bâtir une ville, comme on particulier bâtit une maisoo : ici appartient et s'applique le nom de fondation, parce que la date est aussi précise que le fait est remarquable.
• Mais si, comme il est souvent arrivé, le lieu choisi pour aoe telle fondation avait déjà nne habitation antérieure, soit village, soit bourgade ; si même il y existait une ville do premier genre, c'est-à-dire sans fondateur connu, actuellement ruinée par la guerre ou par d'autres accidents, cette seconde fondation pourra devenir un snjet de controverse, parce que l'habitation antérieure suppose une fondation originelle , après laquelle il ne doit plus y avoir que restauration. Enfin, si des princes et des rois avaient , par vanité, tait ou simulé de telles fondations pour donner leur nom à des villes qui déjà avaient . on fondateur connu ; si les peuples ou leurs agents municipaux avaient, par adulation, provoqué de telles fondations fictives , on sent qne le mot et la chose seraient tombés dans un désordre assez difficile à éclaircir. Voilà ce qui est arrivé à une foule de villes anciennes, spécialement dans l'Asie -Mineure, la Mésopotamie, \& Syrie, etc. où les géographes trouvent quantité de villes fondées , c'est-à-dire rebâties, restaurées par des rois grecs, par des empereurs romains, dont elles prirent le nom, quand néanmoins il est certain qu'elles existaient longtemps auparavant, qu'elles avaient par conséquent une fondation première, véritable, connue ou inconnue. »
ÏBiD.—Ab Ecandro instituta. Fabius racontait aussi la tradition relative à Évandre et à Hercule. Voyex Victorinus de Orthographia , p. 2468. Polybe et les poètes grecs de r époque alexandrine ne sont donc pas les premiers qui en aient fait mention. C'est ce que reconnaît Niebuhr, L 1, p. 97 de l'éd. ailem., 1. 1, p. 125 de la trad. fr. Caton, d'après le témoignage de Servius et de Solin, Cassius Hemina {Or. cent. rom. cap. vi) et Cincius (Servius ad Virg. Georg. I, 10; parlaient aussi du mythe d'Évandrc. Les livres sibyllins ayant fait connaître Hercule à Rome antérieurement à l'année 556 (Voyez Tite-Live, V, 15), le nom de ce dieu dut de boune heure, et longtemps avant la censure d'Appius Claudius Cscus, se mêler aux fables italiennes. Compares le récit de Tite-Live avec Virg. Jùn.. VIU. 190,
L'historien ne pent être ici taxé de crédulité. 11 se borne A à rappeler un récit qui a cours {memorant) ; et s'il ne fait pas de critique, c'est qu'il respecte une vieille croyance à laquelle ses concitoyens viennent de se rattacher avec plus de force que jamais.
Cbap. VII. — Genus omne Potitiorum interiit. Voyez IX, 29 et 54 ; Cic. JSat. Deor.. II, 4; Macrobe, aat. III, 6 ; Orig.gent. rom., VIII; et surtout Valëre Maxime, I, i, 17, et les notes des interprètes. L'extinction de cette famille est rapportée à l'an de Rome 441 (512 av. J.-C). La traduction : Ils périrent tous en expiation de leur sâcbilege, fait peut-être dire à l'auteur plus qu'il n'a voulu dire.
Cbap. VIII. — Apparitores et hoc genus. On voit par là qu'il ne faut pas confondre , comme on l'a tait plus d'une fois, les appariteurs et les licteurs. Apparitores était , suivant quelques auteurs , le nom générique donné à la classe des serviteurs publics des magistrats, laquelle se subdivisait en scribœ , prœcones , iictores, accensi , et viatores. On rangeait aussi dans cette classe le carnifex. Voyez Adam's Roman antiquities , p. 161 ,8 e éd., 1819 (T. I, p. 274 de la trad. franc., 2 e édit.); et Fr. Creuzers, Abriss der rœm. antiquilœten , § 173 et 174 , p. 152 de la 2« édit., Leipzig et Darmstadt, 1829. D'autres, et de ce nombre parait être M. Creuzer (ouvr. cité, p. 256), en font une subdivision de la classe des serviteurs publics.
Ibid. — Ab Etruscis finitimis. Ce passage prouve que Tite-Live avait recherché les ouvrages qui traitaient des antiquités étrusques. Nous en verrons encore d'autres preuves.
Ibid. — Denys d'Halicarnasse prétend que Rome , an moment de sa fondation , ne comptait pas plus de trois mille hommes d'iotenterie et environ mille cavaliers.
Ibid. — Ementiebantur. Nouvelle preuve du cas que fait Tite-Live des fables qu'on rencontre à l'origine de tous les empires.
Cbap. IX. — Legatos circa vicinas gentes misit. Tite- Live n'est pas ici d'accord avec Fabius Pictor, dans l'histoire duquel Romulus n'envoyait pas de députés, mais recourait immédiatement à la force ( voyez Plut. Rom., 14; Denys d'Haï., 11,50).
Ibid. — Consualia. Ces fêtes, célébrées le 18 ou le 21 août, tiraient leur nom du dieu Consus, auquel elles étaient consacrées. Suivant les uns , qui ne peuvent appuyer leur conjecture que sur ce passage de Tite-Live, ce nom équivalait à equestrïs; suivant d'autres, il serait l'équivalent du surnom a««jtxfo>v , donné par les Grecs à Neptune, et devrait être rapproché de concussor ; suivant d'autres encore le nom de consus serait le participe d'un vieux verbe conso , le même que consulo , d'où il résulterait que Consus était le dieu du conseil (voy. Plut. Hom., 14 ; Festus, s. v. Consualia; Aroob., Adv. geni., III, p. 1 15 ). Les savants qui ont adopté cette étymologie s'autorisent encore d'un passage où Tertullieo raconte {de Spect., 5 ) que de son temps on avait trouvé, en fouillant dans le cirque, un autel sur lequel on lisait cette inscription : CONSUS CONSILIO MARS DUELLO LAKES COMITIO POTEM ES. Mais l'opinion la plus vraisemblable est celle qui recoonait dans les consualia des fêtes funèbres et qui admet que consus , remplacé plus tard , par conditus , vient de condo , comme clauxus, préféré à clauditus, vient de claudo (Ascon. in Cic. Verr., II, 10). Ainsi Consus, le dieu caché, ne serait autre que Pluton, Jupiter Stygius , que Tite-Live confond avec JVeptunus equestris , sans doute à cause du cheval qui accou>
vaguait la ttalue du dieu. Mil* je croit avoir prouxé ailleurs (Monuments d'antiquité figurée , p. 85 el suir.| d'uue manière évidente que le cheval peut être aussi conildéré comme no attribut du dieu de la mort. Ce qui vient d'ailleurs A l'appui de l'explication qu'Asconius donne du nom de Cousus , c'est que l'aulel de ce dieu restait toujours caché et n'était découvert que pendant lus course» (Plut., Rom., H (.Voyez, sur les consuatia et sur le sens du mot consul. Éd. Jacobi HandaHtrttrb. der ur. nnii rttm. Mythologie, ». v. et surtout J. A. Ilarluug, die religion der Ricmtr, t. II , p. 87 et suiv.
Cltr. IX. — AnlemnaUs. Plutarque ( Itom., 17) ajoute le nom des Fidénates.
Iiid. — Ai rapiendas mrgiuts discurrit. Suivant Dcnys d'IIal. {II , 30), le nombre des feuimes enlevées fut de 6H3 ; suivant uncaulre tradition rapportée par Plutarque | Rom. M , ce nombre se serait borné t 30, et l'enlèvement n'aurait été qu'un préleite pour attaquer les Sabina. Il est certain qu'eu admettant comme véritable cet épisode de l'histoire romaine , on ne peut s'empécber de reconnaître que l'enlèvement des Sa bines prépara la grandeur de Rome en la faisant entrer dans celte voie de guerres el de conquêtes iù elle marcha jusqu'à ce qu'elle eût soumis le monde. Si les peuples voisins avaient accueilli la demande de Komulus , les Romains auraient trouvé partout autour d'eu» des pères, des frères, des parents auxquels ils n'curaienl peut-cire jamais déclaré une guerre parricide. Lerefusqucflrenlces peuples d'admettre Rome dans leur alliance fui cause qu'elle reala toujours comme nn camp ennemi placé au milieu de ces villes pour leur ruine commune. • Romulua et ses successeurs, dit Montesquieu ( Grand, et déc. des Rom., cb. i)> lurent presque toujours en guerre avec leurs voisius pour avoir des citoyens, des femmes ou des terre*. Ils revenaient dans la ville avec les dépouilles des peuples vaincus; c'étaient des gerbes de blé et des troupeaux : cela y causait>une grande joie. Voilà l'origine des triomphes qui lurent dans la suite la principale cause des grandeurs où cette ville parvint. •
Imd. — Nuptlalem hanezoeem faciatn. Voyez, snrl'étvmolugle du mot Talassius, Plut., Ilom., 15; Qutst. Hoir., 50; et Vairon, cilê par Festus, i, v. Tutassio. Ces écriîaius s'accordent pour le faire dériver de raiowi» lanificium, ou ntioywt, corbeille où les femmes déposaient leùrlaiue.
Clip. X.— Komtn ùrainum. Tout ce qui portait le nom de Céniuiens, tout le peuple réuni. Tile-Live emploie souvent cette locution pour désigner tout un peuple : A'omtn Laliiium . Htrnicnm , flomanum . Elritsriim, etc. G. Causer. iVost. bel., Il, 10, prétend que celte périphrase est empruntée a la langue grecque, niais aucun des exemples cites oe latorise cette opinion reproduite par Vechner, HelUnalexia , Il , p. 328.
Ibid. — r'trculn. Quelques manuscrits oui ferctro, qu'il faut peut-être préférer.
Ibiu. — fitna... opima parla mnl spolia. L'an de Rome 51 8 {a<anl J.-C. 435) A. Cornélius Cossus enleva les dépouilles oplmes sur Lars Tolumuius, roi des Vélens , et l'an 532 ( 221 av. J.-C.) M. Clandius Harcdlus obtint le même honneur eu tuant Viridomartua , chef dea Gaulois, cf. IV, 2(1; et Plut, Rom., 1<i. Sur l'élymologie du mol ojiïma, voyez Plut. 1. c. Le général qui avait remporté les dépouilles opiraes entrait dans Rome moulé sur un char a quatre chevaux portant son tropbée i"i sou épaule (Plut., iiid.)
Pour tout ce qui concerne les dépouilles opiraes remportées par Romulus elle triomphe de ce roi, notre historien adopte le récit des auteurs les plus anciens. D'autres, suivis par Denis d'Haï ira masse {II, 34) le font rentrer A Rome traîné dans un char attelé de quatre chevaux blancs (Propert,, IV,i, 12; cl. Plut., Haut., 16 \
Cb. XI. — Per occasionem ar solituditum, c'esl-Adlre per orrasionrai soHfudmU. C'est la figure de langage que les grammairiens appellent l> *<* *»'•-
Isin. — Homana Ifgio. D'après sa division en dix cohortes dont chacune se composait de trois manipules se partageant chacun en deux centuries, le nombre total des soldats de la légion aurait dû être de G, 000 homme*. Mais ce nombre varia a différentes époque*. Suivant Plutarque, la légion était, sous Romulua, forte de 3,000 fantassins et de 300 cavaliers. Depuis Servius jusqu'à la bataille de Cannes, le nombre des soldats légionnaires fut de 4,200 hommes. Du temps de Poljbeilfui porté à 5.200 hommes (Polvb. VI, 19 el suiv.); et euliu Marins, durant sou premier consulat, les éleva tomes à 6,000 légionnaires. Voyez Creuser, Abritt dtrrtrm. Antia., £ 255, p. 367.
Ibid. — In Cruituminum. Le nom de la ville de Cruslumere n'est pas écrit d'une manière uniforme dans tous les auteurs. Virgile [-€n„ VII, 631) l'appelle Crustumeri pour Criistunurii ; Pline (ffist. nof ., 111, 9 et alias). Cnii- Inmerium, Siliui italiens Cruslumium. Tite-Live la désigné indifféremment par les mots Crustunerium. Crustumeria , Cntslamiuin el Criulumtniim , si toulefois dans ce dernier cas il ne faut pas sous-entendre aorun et voir dans Crustuminum un adjectif.
Ibid. — . Irirlilur fabula. Il faut bien se garder de conclure du mot fabula que Tile-Live considère toute cette anecdote comme une fable. Le mot fabula en latin, comme pvhf en grec, aiguille tout récit vrai ou mensonger. Pour tout ce qui concerne Tarpela, notre auteur suit Fabius ( Voyez Denys d'Haï., Il, 40. Cf. Plut. Rom., 17 el Servius ad Ain., 1 , 450) , et laisse de coté Pison , auquel il fait allusion en disant :£unl qui mm rx porto, etc. (Voyez Denys, II, 59. Florui, I, i, 12. etc.) Une telle explication était tout à fait dans l'esprit de Pison (Voyw plus haut, p. 767 cal. <), el plus honorable pour la jeune Romaine. Deux laits que rapportait également Pison, venaient à l'appui de l'opinion émise par cet historien. Tarpeia avait élé, en récompense de son dévouement, ensevelie sur le lieu même où elle avait reçu la mort. Or, si elle eût Irabl sa patrie, bien loin d'obtenir cet insigne honneur sur la montagne sainte (miiwmi rn( Miiaif... iopov ) ses restes eussent été déterrés et jeté* auvem. De pi us, chaque année, les Romains lui faisaient des libations funèbres { Denys, II, 40) et avalent même institué dea jeux en son honneur (Terlull. de Speetae., fi J Cas?. XII. — Stators Jori. Sénèiiue de Benef., IV, 7, donne une autre élymolngie plus ingénieuse que vraie, du surnom de A'tutor donné A Jupiler : • Jovem
• rite (liées Statorem : qui non, ut historié! trailide-
■ runl , eo quod , post volum susoeptum acies Romano-
■ mm fugientium stetit, eed quod stant beneflcio ejus
• omuia Motor slabilitorque est. > On voit encore aujourd'hui, dans le /bruni de Rome, trois colonnes du temple de Jupiter Stator, fondé l'an de Rome 458 (av. J.-C. 2951, sur remplacement même que, suivant la tradition, Romulua s'était contenté de consacrer iTiUs» Lite, X, SI).
HISTOIRE ROMAINE. - NOTES
CMtr.XOI.~Sr sttangmnc. etc. Corneille dans Horace, •de II, scène 6, a imité et paraphrasé ce discourt, niais Il nlraM bien loin ils l'énergique concision du Tile-Lise.
Iiid. — JVsc pactm modo. Virgile (.*$*., VIH, 6S9I Ml de la conclusion de cetrailé l'une des scènes représentées ■et le bouclier d*Éné*.
laiD. — QewtHataurbt. ■ Rome accru! beaucoup ki loroe* par son union avec le» Sabins , penplei durs et belliqiiBui connue les Lacédémouiens dont ils étaient descend os. Romulus prit leur bouclier qui était large, iu lieu du petit bouclier argien dont il s'était servi jusqu'alors (plut. Rom., 31). Et on doit remarquer que ce qui i le plus contribué 1 rendre les Romains les maîtres sa monde, c'est qu'ayant combattu successivement contre tous les peuples, ils ont toujours renoncé a leurs usa- |e* sitôt qu'ils en ont Ironie de meilleurs. Hoktxsociiu , Grand, tt dicad. des Rom., en. i.
• Ckéron . dit Rolliu \Hist. root., t. I) , admire arec raison la profonde sagesse de Komulns dans le traité qu'il conclut ici avec les .'abios, et il ne craint point de dire que ce Irai lé fut la source, le principe, le fondement de toute la puissance el de toute la grandeur romaine, par la coutume salutaire qui s'établit depuis à Télécopie de Romulus, et qui fut in valablement observée dans tous les temps, d'admettre au nombre de* citoyens les ennemis Tiioeos et de leur accorder dans Rome le droit de bour-
liiD. — Lucrncm notninijei originti causa inrertaeit. ■LNiebnhr (tfùl.ron, t. I, p. 529 et sut*.: t. I, p. 417 et mît. de la tr. tr.), pour eipliqner ce mot resté obscur pour les Romains eut- mêmes, fonde, de son autorité privée, une Tille de Lut erum sur le mol Csshos, et en be l'origine au règne de Tnllus Hostilius. (Voyex H. Leclere, ouTr. cité p. MO.) Hais avec un pareil sys Une d'interprétation. Il n'est pas de difficulté historique qu'où *e puisse résoudre. Mieux vaut, ce me semble, s'en tenir t l'explication donnée par Cicéron [di Hep., II, 8). « Roaatuut, dit-il , avait partagé le peuple en trois tribus appelée* du nom de Tatius, du tien el de celui de Lucumou, mort a se* côté* dan* le combat contre les Sabins , • Or urne le mdt même l'indique, un il tant eo croire Denys d'Halicark (II , 57), de la Tille de Solonium pour secourir Roasulo*. Peut-être ce cbel est-Il le même que celui auquel Denys a précédemment (cm. uni) donné le Dora de Cas- Sus, et qui, aTec le* familles don l il avait été suivi, forma au établissement sur celle de* colline» de Rome a laquelle il donna sou nom , établissement qui fut sans doute reoouTrié plus tard par Canes Vibenna ou Viienn*. (Voy. Tac, A»». IV, 65, la note de mon savant confrère H. J. L. Bnrnouf , et le discours de Claude, d «couver 1 à Lyon en 15%. L'étude attentive des premier* temps de l'histoire romaine non* a conduits, mon ami H. Fr. Orioli et moi , a reconnaître que Rome, de* l'origine, se présente avec un triple caractère, latin, sabin et étrusque, que l'élément étrusque resta Tis-a-sii des deux autres dans nu état réel d'intériorité sans le* deux premiers roi*, niai* qu'ayant déjà pris de l'importance dans les dernières arnées de Ruina, il récUnia t sou tour le droit de donner * l'état un roi pris dan* son sein , el qu'ayant ainsi obtenu ce, il ta conserva presque sans interrup-
tion jusqu'à 1 rétablissement de la république. Voyes Annales de ffailtlul archéologique, année 1852, p. M). C'est cet élément étrusque que représente le Lucumou dont parlent Ciceron et Denys d'Halicarnasse.
Cbsp. XIV. — Lariuii ijutim ad toleanc lacrificiamto missel, in fer/ici fur. Tel parait avoir été le récit des historiens le* plus anciens (Plut. Rom., Ï5; Denys, II, 51). Licinius Macer racontait ta mort de Tatiua d'une manière différente. Suivant lui, Romutu* n'accompagnait pas Tatiua qui s'était rendu a Lavinium pour arranger le différend et non pour nn sacrifice solennel.
Ibid. — Fadvs inter Romain Laniniumaue urlif) renoralum «t. • Il n'est pas facile de comprendre comment un traité entre Rome el Latiulum pouvait expier l'outrage fait aui députés, ainsi que le meurtre de Tatius : car ce mot d'eipiation emporte toujours l'idée de cérémonies religieuses. 11 faut qu'elles soient comprises dans Fadut, car Denys d'Ilalicarnasie (II , 55) et Plutarque. Vit de Romulax |c. 21), en tout mention «presse. Ainsi les cérémonies qui accompagnèrent la conclusion dn traité furent destinées s. apaiser les dieux , el les déni peuples, compensant l'insulle par le sang, et le sang par l'insulle, se tinrent pour satisfaits. > Liai.
Ibid. — Vetut ngmiru une irrumpil. 11 est difficile de dire A quelle source Tïtc-Live a puisé pour la prise de Fidènes. Ce stratagème inconnu à Denys d'Halicarnasse (II, 53) cl a Pliilarque, qui {Rom., 25) présente deux traditions différentes, a un caractère beaucoup pins récent el se retrouve dans le récit d'une autre attaque dirigée contre la même Tille,
Cuip. XV. — Toute la narration de la guerre contre Veies a une couleur peu antique. Plutarque (Rom., 9.S) et Denys d'Halicarnasse (il, 54) placent avant cette expédition ta prise de Camerium, où parmi les dépouilles on trouva un dur attelé de quatre obérant que Romutu* consacra dans le temple de Vulcain, où il Ht aussi placer sa propre statue couronnée par la victoire. Suivant Denys, elle élait accompagnée d'une inscription grecque rappelant se» exploita. On a objecté à Denys que cette inscription eut été bien longue et que le* inscription* étendues datent d'une époque beaucoup plus récente. Celle difficulté n'est pas sérieuse. Si cette Inscription a existé , elle devait être en vers, et un distique 1 1' Anthologie grecque eu offre de* prense* nombreuse*) dit en peu de mots beaucoup de choses. Ce qui devait être surtout réTnqué en doute, c'est le groupe de Romulus couronné par 1* victoire. L'art à cette époque était encore dans l'enfance et se bornait a la représentation des dieux. { Voici H. Ch. Ottfr. Huiler Hondduch der archœologu der Kuntt , j 66-72.
Chip. XVIII. — FaltO Samium Pythaporam edunf. Cette critique t'adresse sans doute à Vison et à Valerins Antia* qui admettaient cette tradition (Plin., XIII, t5iTite-LlTe,XL,29).
Ihid. — Disciplina telrica oe tristi teterum Sabmomm. Le* mœurs dures et sévères des Sabins étaient passée* en proverbe. Virgile (Geero., Il, 55!) y fait alln-
Hanc olim Teteres Tltam cosuere Sabloi, ainsi qu'Horace (H, tr. I, Ter*. 33:
Tel Gabils Tel cum rlgldls nquata sabtnls.
lato. — Ut teinplo deseendtl. Toute celte cérémonie dn sacre de Huma prétente nn caractère trop original
pour qu'on la considère comme une pure invention de* histor ieun. Elle devait noir été consert ée clans les annale* tira pontife» on dans le* rituels.
Cfiip. XIX.— Jrailrtimt, C'était une éniineuce a l'orient du mont Palaiin, du côté du forum. Elle tirait son nom de l'argile dont elle était formée | Van-oo. L. L, V, 157 ] et non comme le prétendait une tradition reproduite par Virgile (/En., VUI , 3J5), du meurtre d'un certain Argua tué cliei Evandreet a ton insu :
Rec non et sacri monstrat nemtia ArgUeti , Tettaturqae locum et letuui docet boepltis Ar go. C'était, an temps de* empereurs, le quartier de* li-
Argil* taOaa nuvls babltare tabernai
Cam libi, pane liber, tcrtuia no» Ira •acenl.
Imu. — Simulai ïibi cum ilea Eqtria congressasnocturnos titt.Le mol simulai proaveqneTile-Live ne croit pat aveuglément anx traditions populaire* ; mai* que, suivant lui, elles ont toute* un fondement historique.— On montre encore aux environs de Rome la grotte de la nymphe Égérie.
Cuir. XX.-Firaiti woue Vesta it oit. On allribue généralement t Numa l'inatitution des vestale*; cependant quelque* historiens la font remonter jusqu'à Romulu*. (Vote* Plut. Bons., 22 ; Denva d'Ualic, 11,65.)
Ibid. — .S'orra oninja czieripta exrianaluque alfriouit. Pisou , bu rapport de Pline (Mstt. nul., XtJl, 27), racontait , dans le premier livre de son mémorial (primo rommenlorionie*) , c'esl-â-dire dani la partie de s"u ouvrage oit il traitait du règne de Knma, la tradition relative A la découverte des livre* de ce rai, omise ici par Tito-Lire, mai* rapportée par lui A l'époque même où cette découverte eut lieu. Dans ce dernier passage, notre auteur invoque le témoignage deValérina Antias qui avait aussi fait mention de cet événement (Voyez Plut., .\um., !2). Catsius Hemlna en avait ainsi parlé ( Plin. loc. cit. Cf. Florid. Sabin. 5u6secic. c. mi).
Ilid.— /oui Elifio arum m Avcntina dtcucit.— Jupiter Elicius paraît être le même que w* unsmi, dacntor, futgurator, tor lequel on peut consulter la dissertation de Burmann. Il est cependant plus vraisemblable que ce nom vient de l'opinion répandue de* les temps le* plus recules cbes les Etrusques el chez les Romain* , qu'au moyen de certaines cérémonies , de certaines prières, 1* foudre pouvait être attirée ( ciirl i du ciel sur la terre. Cette élymologie, adoptée par Ovide (Fart. UI,S23et luir.), est beaucoup plui vraisemblable que l'explication donnée par Tile-Live. Tout porte h croire que lea Étrusques s'étaient livrés A quelques essais sur l'électricité; c'est du moins ce qu'on peut déduire d'un long passage de Valerius Antias, rapporté par Arnobe (Adv. qtnt. V, p. 154, éd. Lugd. Balav. 1651), et que Plularqne a traduit dans sa vie de rlumB , cb. xt, ainsi quedesdeui passages suivants, emprunté* par Pline aux Annales de Pison :
• Eitat uiinalium mcuioria , sacris quibutdam e preca-
■ tioiiihns vel cogi fulmina vel inipetrari. Velus (mua
■ Etruriaa est , impelratum , Volsinlos urbem agris de-
■ populatis subennte monstro, quod vocavere Voltam. • Evocalumeta Parsenuasuorege. Et anteeuma INuma
■ sœpius hoc faclitalnm , in primo annatium suorum i tradit L. Piso , gravis auctor ; quod imitatum parum . rite Tullnm HotnlIuiD ictum ; fulmine ( 11 , 5* ). ■
• L. Pi»o primo Amialium auctor est Tullnm llosli-
• lium, regem ex librU eodem, quo Itlom, m ■ Jovera cti-'lo derocarc conatum, qnoniam parum rite
• qua>dam fecisset, fulmine ictum (XXVIII. 4). ■ Cf. plu
Plusieurs savants , et entre autres Leni , dan* le .Magasin fur Philologie herausgegrben von Rttperti tend Schtir hthorjt , t. II , p. 48 et suiy., oui soupçonne qu'il est question dan* ces différents passages de conducteurs électriques , et que l'on doit rapporter à la force et A la nature de la matière électrique les flammes qui, au rapport dea historiens anciens , ont apparu tout à coup sur le* mflts de* navire*, sor la pointe des lances ou des étendards enfonces en terre, sur la tête des enfants ou des hommes faits, etc. Toutefois il parait doutent que les hommes , Il l'aspect de semblables prodiges , en aient entrevu la cause et aient été conduits A la déconverte, que le génie de Francklin nous a révélée vers la fin du dernier siècle t cf. Heine, Opiur. Acad., t. II!, p. 125). Ils durent plutôt recourir à des pratiques superstitieuses, A des prières, a des sacrifices pour écarter ces présage*, qu'ils regardaient comme funeste». Le savant M. Liuri qui, t d'autres titres qu'Enniu Qinrino Visconti, mérite d'être regardé comme l'une des plus glorieuse* couquêtes de le France sur la péninsule italique , nie positivement dans son Histoire des sciences m ni h ma lloufi en Italie ( 1. 1 , p. 21 ), que les Étrusques aient possédé le paratonnère; mais il reconnaît qu'il* avaient tait de* observations électrique*, notamment sor l'origine 1er retire du tonnerre qui monte quelquefois de bas en beat. Voyes encore sur cette question tes Élnaqaes de M. Cb. Ottfried Huiler, t. H, p. ili; M. Ed. Jacobi, ffandie. der or. und rtem. Mtjtiiol., t. 1 , p. 298 el t. II, p. 528; et M. Harlung, Religion des Humain*, t. II, p. 12.
Chip. XXI. — JVuma très et quadraginta, • Le règne de huma , long et pariQqtw , était très-propre A laisser Rome dans sa médiocrité ; et, si elle eut eu dans ce temps- 1A un territoire moins borné et une puissance plu* grande, il y a apparence que sa fortune eût été fixée pour jamais.
• Une dea causes de sa prospérité, c'est que se* roi* furent ton* de grand* personnage*. On ne trouve point ailleurs dans le* histoire* une suite non interrompue de tels homme* d'état et de tels capitaine*. > Hontssquuh) , Grand, eldec.de* Rom., eu. i.
> Le* malheurs de* rois qui succédèrent A Numa donnèrent bien plus de lustre A sa gloire. De cinq qui régnèrent après lui, le dernier chassé du trône vieillit dans un honteux exil. Aucun des quatre autres ne mourut de sa mort naturelle : trois périrent dans les embûches qu'un leur dressa, et Tulliia ifostilins, le successeur immédiat de Numa.... fut frappé de la foudre. • Plutisqu* , pie de JVu*w , en. xxii , trad. de Ricard.
Chip. XXII. — Imprritabat him C. Cluiiiui Alba. Le nom que conserva longtemps la fosta Cbtilin ne permet guère d'élever de doute sur tout ce récit. Dents d'Ualicarnasse ( III, 2 ) donne au chef des Albains le nom de ksOj°c et celui de khM« an fossé en question. Mais an livre VIII il l'appelle ka«ai«. C'est ainsi qu'elle est désignée par Plutarque (Corioi., 50), et par Fcstus (t. CIcrHa foita). Il y avait A Albe une famille Clœlia qui fat transportée A Rome après ta ruine d' Allie. Clailius el Clmlius paraissent être un même nom.
Ism — IHrimqut leçali fert tub Wfl» ttarpau ad m repttendtu missi. Ces événements sont racontés de ht même manière , par Diodore de Sicile ( Exccrpta Upalionnm, toi. II , part. II. p. 162, éd. Lud. Diadorf).
HISTOIRE ROMAINE. — NOTES
Or Dftodore te ilFabins. ( Toyei Dodwel de Cycl., p. 581 ; Heyne, Fontes Diodor. in comment, societ. Gott. VI IT, p. H8, soif. ; Niebuhr, 11, p. 79; Fragm. Euseb., éd. Aacher loc. dt.) Il se règle aussi sur l'ère de Fabius : c'est ceque prouve par de nombreux exemples, Petan, Doctr. temp. IX, 55.
Csur. XXHI. — Ibi infit Albanus. Corneille (Horace, 1 , scèœ iv) a imité ce discours.
Que faisons-nous, Romains, Dit- il , et quel démon tous fait venir aux mains ? Souffrons que la raison éclaire enfin nos âmes ; Sons sommes yos voisins , nos filles sont vos femmes , Et rhymen nous a joints par tant et tant de nœuds, Qu'A est peu de nos fils qui ne soient vos neveux. Hous ne sommes qu'un sang et qu'un peuple en deux villes. Pourquoi nous déchirer par des guerres civiles , Où la mort des vaincus affaiblit les vainqueurs , Et le plus beau triomphe est arrosé de pleurs? Nos ennemis commuas attendent avec joie Qu'un des partis défait leur donne l'autre en proie. Lassé . demi-rompu . vainqueur, mais pour tout fruit Dénué d'un secours par lui-même détruit.
Ils ont assea longtemps joui de nos divorces ; contre eux dorénavant joignons toutes nos forces , Et noyons dans l'oubli ces petits différends Qui de si bons guerriers font de mauvais parents. Que si l'ambition de commander aui autres Fait marcher aujourd'hui vos troupes et tes nôtres , Pourvu qu'à moins de saug nous voulions l'apaiser. Eue nous unira , loin de nous diviser.
Nommons des combattants pour la cause commune , Que chaque peuple anx siens attache sa fortune , Et suivant ce que d'eux ordonnera le sort , Que le faible parti prenne loi du plus fort.
Mais sans indignité pour des guerriers si braves. Qu'ils deviennent sujets sans devenir esclaves , Sans honte , sans tribut , et sans autre rigueur Que de suivre en tout lieu les drapeaux du vainqueur, nos deux états ne feront qu'un empire.
c J'ose dire que dans ce discours, imité de Tite-Live, rameur français est au-dessus dn romain, plus nerveux, pins toocbant ; et quand on songe qu'il était gêné par la rime et par on langage embarrassé d'articles et qui souffre peu d'inversions, qu'il a surmonté tontes ces difficultés, qu'il n'a employé le secours d'auenne épithète, qne rien n'arrête l'éloquente rapidité de sou discours, c'est là qu'on reconnaît le grand Corneille. » (Voltaire, observ.
sur Corneille.)
GaiP. XXIV. — Nominum error manet. L'incertitude où l'on était dn temps de Tite-Livc, sur la question de savoir à quelle nation appartenaient les Horace s et à quelle autre les Curiaces, est un des arguments qne les sceptiques ont invoqué contre l'authenticité de l'histoire primitive de Rome. Mais de bonne foi peut-elle autoriser à nier un fait accompagné de circonstances qui avaient dû laisser de profonds souvenirs? Voyez ce qui a été dit plus haut ( p. 761 , col. 2) sur la formule du traité conclu entre Allie et Rome.
ImiD. — Nec ullius vetustior f «devis memoria est. Ce qui soit prouve que toutes les formules employées dans cette circonstance avaient été religieusement conservées par le collège des Féciaut.
Ibid. — Patrem patralum. Le paler patratus était le chef du collège des Féciaux. • Cum... volebant bellum
• indicere , Pater patratus , hoc est princeps Fecialium
• proficiacebatur ad hostiuni fines et prafatos qua?dam
• soiennia, dura voce dicebat : Se bellum indicere profh-
» ter certas caussas ; aut quia soclos laescrant , ant quia » nec abrepta animalia, nec obooxios reddiderant. Et » ha?c Clarigatio dicebatur, a claritate vocis. Post.qnara » clarigationem , hasla in eorum fines missa indicabatur » jam pugos priucipium. Post tertium autem et tricesi-
• mum diem, quam res repetissent ab hostibus, feciales » bastam mittebant. » Servi us, ad Virg. Mn. t XI, 55.
Chap. XXIV. —Verbena captif capillosque tangens. Od employait la verveine dans les purifications. (Voyez Fesius sub voce Sagmina. Plin. , Uist. nat, XXXII , 2 : « Non
• aliunde sagmina in remediis publicis fuere et in sacris
• legationibusqne verbena?. Gerte utroque nomine idem
• significatur, hoc est gramen ex arce cum sua terra » cvulsura. •
Ibid. — Ex illis tabulis cerave. Donc cette formule était écrite , les mois Legibus deinde recitatis ne peuvent laisser d'incertitude à cet égard.
Chap. XXV. — Jacentem spoliât. La dernière partie de ce combat a été imitée par Corneille ( Horace, acte IV, scène u ) :
Resté seul contre trois , mais en cette aventure ,
Tous trois étant blessés et lui seul sans blessure ,
Trop faible pour eux tous , trop fort pour chacun d'eux ,
Il sait bien se tirer d'un pas si hasardeux ;
Il fuit pour mieux combattre , et cette prompte ruse
Divise adroitement trois frères qu'elle abuse.
Chacun le suit d'un pas , ou plus ou moins pressé,
Selon qu'il se rencontre ou plus ou moins blessé ;
Leur ardeur est égale à poursuivre sa fuite ,
Mais leurs coups inégaux séparent leur poursuite.
Horace les voyant l'un de l'antre écartés ,
Se retourne , et déjà les croit demi-domptés ;
H atteod le premier, et c'était votre gendre;
L'autre, tout indigné qu'il ait osé l'attendre ,
Un vain en l'attaquant fait paraître un grand cœur,
Le sang qu'il a perdu rallentit sa vigueur.
Albe à son tour commence à craindre un sort contraire»
Elle crie au second qu'il secoure son frère;
Il se hâte et s'épuise en efforts superflus ;
Il trouve en les joignant que son frère n'est plus.
Tout hors d'haleine, u prend pourtant sa place
Et redouble bientôt la victoire d'Horace.
Son courage sans force est un débile appui . Voulant venger son frère , il tombe auprès de lui. L'air résonne des cris qu'au ciel chacun envoie : ' Albe en jette d'angoisse , et les Romains de joie. Comme notre héros se voit près d'achever, C'est peu pour lui de vaincre , il veut encor braver, c j'en viens d'immoler deux aux mânes de mes frères s » Rome aura le dernier de mes trois adversaires ; » C'est à ses intérêts que je vais l'immoler, » Dit-il , et tout d'un temps on le voit y voler. La victoire entre eux deux n'était pas incertaine ; L'Albain , percé de coups, ne se traînait qu'à peine , Et comme une victime aux marches de l'autel , Il semblait présenter sa gorge au coup mortel : Aussi le reçoit-il peu s'en faut sans défense , Et son trépas de Rome établit la puissance.
« Le récit dn combat des Horaces ci des Curiaces, imité de Tite-Live , est comparable à l'original. Ce n'est pas un petit mérite d'avoir su alors exprimer avec élégance et précision des détails que la nature de notre lan gue et de notre versification rendait très-difficiles. Ceux qui connaissent les entraves de notre poésie, avoueront que Corneille ne fut pas étranger à cet art d'exprimer et d'ennoblir les petits détails, que Racine porta depuis an plos haut degré de perfection. » La Hâbpb , cours de «itièraUte.
Ghap. XXV. — Sepulera exstant. On a prétendu reconnaître le tombeau des Coriaces dans le mausolée à cinq pyramides qu'on voit en sortant d'Albano pour se rendre à Laricia ; mais les détails que doune Titc-Live sur le lieu de la sépulture des cinq guerriers et la forme du mouument qui est étrusque, ne permettent pas d'admettre cette opinion, qui d'ailleurs a été depuis longtemps réfutée. Voyez Christ. Muller, Roms Campagna, t. II, p. 1 49 et suiv.; Ch. Ottfr. Muller Handb.derarchœol. derKunst, $ 170; et Annales de l'Institut archéol., 1855, p. 45.
Chap. XXVI. — Movet feroci juveni animum comploratio sororis. Voyez Corneille, Horace, acte IV, scène t.
Ibid. — Quœcumque Romana lugebit hostem. Corneille
(loc. cit.) :
Va dedans les enfers plaindre ton Curiace.
. , . . Ainsi reçoive un châtiment soudain Quiconque ose pleurer un ennemi romain.
Ibid. — Vel extra pomoerium. Cette antique formule est du nombre de celles qui avaient évidemment survécu à l'incendie de Rome. (Voyez plus haut , p. 76i ) .
Ibiu. — Hunccine, aiebat, etc. (Horace, acte V, scène m). Corneille n'est pas resté au dessous de Tite- Live dans sa paraphrase de ce discours si simple et si énergique.
Romains . souffrirez-vous qu'on vous immole on homme
Sans qui Rome aujourd'hui cesserait d'être Rome,
Et qu'un Romain s'efforce à tacher le renom
D'un guerrier à qui tous doivent un si beau nom?
Dis, Valère, dis-nous , si tu veux qu'il périsse ,
Où tu penses choisir un lieu pour son supplice?
Sera-ce entre ces murs , que mille et mille voix ,
Font résonner encor du bruit de ses exploits?
Sera-ce hors des murs , au milieu de ces places
Qu'on voit fumer encor du sang des Curiaces ;
Entre leurs trois tombeaux . et dans ce champ d'honneur
TOmoin de sa vaillance et de votre bonheur?
Tu ne saurais cacher sa peine à sa victoire :
Danj les murs , hors des murs , tout parle de sa gloire.
Ibid. — Admiratione ma gis virtutis. quant jure causœ. « Tullus, roi de Rome, et Metius, roi des Albains, étaient convenus que celui des deux peuples dont les champions seraient vaincus, demeurerait soumis à l'autre. Les trois Curiaces perdirent la vie. Le dernier des Horaces , demeuré seul, fit passer Métius et ses états sous la domination des Romains. Le jenne vainqueur, retournant a Rome, rencontra nne de ses sœurs qui, accordée en mariage à un des trois Curiaces, pleurait la mort de son époux. Il la tue; et cette action sanguinaire l'ayant fait traduire en jugement, il fut absous après de grands débats, moins par considération pour son mérite, que par compassion pour les larmes de son père.
» 11 y a trois choses à remarquer sur cet événement.
» La première, c'est qu'on ne doit jamais hasarder toute sa fortune avec uoe partie seulement de ses forces.
• La seconde, que, dans une ville bien réglée, les mérites et les démérites ne doivent pas se compenser.
• La troisième, qu'un accord est nécessairement vicieux tontes les fois qu'on doit on qu'on peut douter de la fidélité de l'exécution. En effet, c'est un événement si affreux pour un état de tomber dans l'esclavage, qu'on ne devait jamais penser qu'aucun des deux rois ou des deux peuples consentit à perdre sa liberté par la défaite de trois de ses soldats. Aussi Métins tâcha-t-il de se soustraire au traité; et quoique ce prince se fût confessé vaincu et qu'il eût promis d'obéir à Tullus dans le premier momeut de la victoire des Romains, il ne chercha
pas moins à le tromper, a la première occasion, lorsque les Romains voulurent marcher contre les Véiens. U s'était aperçu, mais trop tard, de l'imprudence de ces conventions. • Machiavel , réflexions sur la première décade dcTite-Lire, livre I, ce. xxn, trad.de M. de Mène Paris, 1782, t. I, p. 249.
« Horace avait bien mérité de la république en triomphant des Curiaces; mais le crime affreux qu'il commit en tuant sa sœur, causa tant d'indignation aux Romains, que , malgré l'éclat prodigieux et le mérite récent de sa victoire, il ne parvint pas sans peine à sauver sa vie. Du esprit léger qui ne verrait que la superficie des choses citerait ce trait comme un exemple de l'ingratitude du peuple. Un observateur plus judicieux, et mieux instruit des vrais principes qui doivent gouverner une république, blâmera plutôt les Romains d'avoir absous Horace, que d'avoir voulu le condamner. En voici la raison. Une république bien ordonnée ne compense pas le mérite et le démérite ; mais après avoir établi des récompenses pour les bonnes actions, et des punitions pour les mauvaises, si un citoyen récompensé pour avoir bien fait, commet une action qui mérite châtiment, elle punira une mauvaise action, sans aucun égard pour les bonnes. Une république fidèle à ce principe jouira longtemps de sa liberté ; elle se perdra promptemeot si elle s'en écarte. • Idem. en. xxiv, 1. 1 , p. 255.
Cnxp. XXX.—Roma intérim crescitAlbœ niinu.% Rome s'accroît cependant des ruines d'Alhe. • Voalet-voos qu'uue ville étende au loin sa domination, employez tous les moyens imaginables pour la peupler extrêmement, car jamais une ville ne deviendra puissante sans cette extrême populutiou. Ces moyens se réduisent à deui, la douceur et la force. Si vous prenez le parti de la douceur, ouvrez toutes vos portes aux étrangers qui voudront s'établir chez vous, rendez-leur cet établissement aussi assuré qu'agréable. Si vous prenez celui de la force, détruisez toutes les villes voisines et obligez tous les habitants à porter chez tous leurs foyers. Rome rat si fidèle à ces principes, que. dès le temps de son sixième roi, elle comptait quatre-vingt mille habitants en état de porter les armes. Elle imitait nn bon cultivateur qui, pour former un élève plus vigoureux, plus capable de porter des fruits et de les conduire à maturité, en retranche impitoyablement les premiers rameaux, et, par <ette utile ri* gueur, retenant la sève dans le tronc de l'arbre, le met en état de pousser des branches plus vigoureuses et plus fertiles.
• L'exemple de Sparte et d'Athènes prouve la nécessité d'employer ces moyens pour fermer un puissant état. Cet deux républiques étaient extrêmement guerrières , elles avaient les meilleures lois : jamais cependant elles ne . s'agrandirent autant que Rome, qui semblait moins bien policée, et gouvernée par de moins bonnes lois. Cette différence ne peut que venir des raisons ci-dessus expliquées , Rome , attentive à augmenter sa population, pouvait mettre deux cent quatre-vingt mille hommes sous les armes; Sparte et Athènes n'ont jamais pu passer le nombre de vingt mille chacune.
• Ce ne fut poiut , en effet, par l'excellence du climat, mais seulement par la différence des principes que Rome eut cet avantage sur ces deux villes.
» Persuadé que rien ne pouvait plus aisément corrompre les lois que le mélange des étrangers, Lycurgue, fondateur de Sparte, disposa toutes choses potir les éloigner de la ville. Peu content de lenr défendre de t'y
HISTOIRE ROMAINE. - NOTES
et leur refuser le droit de bourgeoise, et tous les genres de Maisons qui unissent les hommes entre eux , il voulut que dans sa république on ne fit usage que d'une monnaie de cuir, afin doter à tout le monde l'envie d'y venir établir quelque commerce, ou exercer une industrie. 11 était donc impossible que Sparte fût jamais peuplée.
• Tous nos établissements imitent la nature, il n'est ni possible ni naturel qu'un tronc faible et léger soutienne des branches considérables. Il est impossible de même qu'une petite république soumette des villes ou des royaumes plus étendus et plus puissants qu'elle, sans {prouver le sort de cet arbre, qui, chargé de branches pins fortes que le tronc, se fatigue extrêmement a les soutenir, et se voit briser par le plus petit vent. Tel fut , en effet, le sort de Sparte, après s'être emparée de toutes les vffles de la Grèce; la révolte de Tbèbes entraîna celle de Unies les autres , et le tronc demeura sans branches. Rome ne craignait pas un pareil malhenr : elle avait un tronc assez fort pour soutenir facilement les plus grosses branches.
■ C'est donc à ce principe et à quelques autres que R orne fat redevable de sa puissance. C'est ce que Tite-Live a voulu dire par ces mots : « Rome s'accroît cependant des ruines d'Albe.» Machiavel, ouvrage, cité, livre II, cb. m, t. II. p. 27 et suiv.
l&o.—Eam sedem Tullus regiœ capit. Tullus d'origine étrusque comme l'a prouvé le savant Orioli , Annales dïlnst.archeol. 1832, p. 59 et suiv., établit son palais dans klieu même qu'occupaient les Luc ères, c'est-à-dire les faufiles étrusques , venues à Rome sous le premier roi.
Iiid. — Quœ Hostilia vsqne ad patrum nostrorum etatm appcllata est. César qui l'avait réparée lui avait donné le nom de Julia.
Ibid. — Ad Feroniœ fanum. Au pied du mont Soracte, lojoard'hui Saint-Oresle , et à trois milles d'Aoxur, aujourd'hui Terracine.
Qais Jupiter Anxnrus arvb Praidet, et viridi gaudens Feronia luco.
(Vibo. ifin.VII.799.)
On maunsqne tua Uvlmus , Feronia . lympna ; Miliia tum pransi tria repimus, atque subimus Impositum saxis late candeatibus Anxur.
Hobat. I t sai. V.25.
Chat. XXXI.— Inmonte Albano lapidibus pluissc. Sur ee prodige et sur tous ceux dont parle Tite-Live, tels (nie pluies de sang, comètes , éclipses , apparitions cé- I lestes , etc., voyez , J. A. F. Steger, Von den Prodigie*, Brans?., 1800 et Heyne Opusc. Acad. t. III, p. 198-215 et 255-274.
Ibid. — Fulmine ictum cum domo conflagrasse.
Pline, XXVIII, 2 : « L. Piso primo Annalium auctor » est Tullum Hostilium regem ex Nu ma? 1il>ris eodem , » qno ilhun sacrificio Jovem oœlo devocare conatum, quo- • niam parum rite qu&dam fecisset , fulmine icium. » Ute Live reproduit évidemment le récit de Pison , mais en l'amplifiant à sa manière. Ainsi les livres de Numa deviennent sous sa plume de longs mémoires ( Volcentem eommentarios Numm).
Suivant d'autres récits Tullus malade aurait été tué par Ancns Martios et ses partisans , qni auraient en même tempe incendié son palais, pour mieux cacher leur crime. Cf. Denis d'Haï. III, 55.
Ibid. — Regnavit annos duos et triginta.
« On ne peut considérer attentivement le génie et le ca-
ractère des trois premiers rois de Rome,Romulus, Numa et Tullus, sans admirer le rare bonheur de cette ville. Romulus , prince féroce et belliqueux, eut pour successeur un roi paisible et religieux , suivi d'un prince aussi féroce que Romulus , et plus ami de la guerre que de la paix. Jl fallait en effet que Rome eût, dans les premières anuées de sa fondation , uo législateur expérimenté qui réglât ses mœurs et sa police : mais il fallait aussi que ses autres rois reprissent le génie belliqueux de Romulus , afin de l'empêcher de s'amollir et de devenir la proie de ses voisins. Cette observation nous fournit une maxime: c'est qu'après la mort d'un grand prince, son génie soutient encore son état; et qu'avec des vertus bien moins éminentes, son successeur peut jouir du fruit de ses travaux et se maintenir paisiblement. Mais la ruine de l'état est inévitable si le prince faible règne trop longtemps, ou que ses successeurs ne reprennent point le génie radie et vigoureux du premier. Le roi David fut recommandable par sa vuleur, par ses connaissances, par son jugement : après avoir vaincu par son courage et dompté tous ses voisins, il laissa Salomon , son fils , paisible possesseur de son royaume. Ce prince fortuné jouit sans peine des travaux de son père, et n'eut besoin, pour conserver son empire , que d'y entretenir les arts de la paix et ceux de la guerre, déjà créés par ce grand roi. Il n'en fut pas de même de Roboam son fils ; et comme il n'avait ni la vigueur de son aïeul , ni la fortnne de son père, il ne put conserver qu'avec beaucoup de peine la sixième partie de ses états.
• Bajazet, sultan des Turcs , aima plus la paix que la gnerre : mais les grandes victoires de Mahomet, son père , qui avait, comme David, terrassé tousses voisins. avaient affermi les fondements de son empire; et les arts de la paix suffirent à ce prince pour s'y conserver glorieusement. Mais c'en était fait de la puissance ottomane, si Soliman, qui règne aujourd'hui , avait moins ressemblé à son aïeul qu'à son père. On peut juger que ce prince surpassera son aieul même. Je conclus de ces exemples, qu'après un excellent prince , un état peut se soutenir sous un prince faible; mais qu'il n'en est pas de même, si celui-ci a pour successeur un prince faible comme lui. Je n'excepte de cette règle que les états qui , semblables à celui de France , se soutiennent par la seule force de leurs anciennes constitutions. Or, j'appelle princes faibles ceux qui sont incapables de faire la guerre.
»Je répète donc que le génie belliqueux de Romulus, affermit assez la puissance de Rome, pour que Numa, sou successeur, pût s'occuper longues années à y faire fleurir les arts de la paix. Tullus. qui lui succéda, fit revivre par son courage la réputation de Romulus. Ancus, qui vint après lui , avait reçu de la nature un génie également propre à la paix et à la guerre. Il s'attacha même d'abord à entretenir la paix : mais , voyant que ses voisins le méprisaient comme un prince lâche et efféminé, il sentit que les armes seules pouvaient soutenir la grandeur romaine, et que Rome voulait un prince plus ressemblant à Romulus qu'à Numa.
• Que ce prince serve donc d'exemple à ceux qui gouvernent un état. S'ils ressemblent à Numa, leur trône toujours chancelant s'affermira ou s'ébranlera au gré du hasard et des circonstances. S'ils allient comme Romulus la sagesse avec le courage, le sceptre assuré dans leur main ne pourra en être arraché que par une force excessive. On peut certainement présumer que Rome n'aurait jamais pu s'affermir, ni produire toutes les merveille» dont sa valeur étonna le monde, si elle n'avait pas eu pour le troisième de ses rois nn prince dont le caractère
guerrier sût rajeunir l'éclat que ses premières victoires avaient d'abord jeté. Et ce danger de périr sous an roi faible ou méchant, Rome y rut exposée tant qu'elle eut des rois. • Machiavel, ouvrage cité, liv. I, chap. xix, 1. 1, p. 241.
Chap. XXXII.— Longe antiquissimum ratus. Id est : •Primum et gravissimum, optimum factu, quod maxime cura cordique est, » ut III, 10; VI, 40; VII, 51 ; IX, 51 ; et *p*a*vr*pov apud Hérod. V, 65 et jClian. Var. HULY, 17.
Ibid. — Relata in album. • V album où se promulguaient les actes de l'autorité publique est défini par Servais ( ad An. 1 , 575 ) , tabula a*ealbata ; ce qui fait entendre que ces inscriptions étaient tracées sur du bois peint en blanc. Souvent aussi , principalement dans l'antiquité grecque , elles l'étaient sur la muraille même, à en juger par plusieurs expressions de Platon ( Lois VI, 25 ; IX , 4 ) , de Démostbène ( contre Timocrate, p. 707 Beiske), et par la longue façade destinée à cet usage qu'on voit encore à Pompé! , que Mazois a dessinée , et que M. Letronne ( Recherches sur l'Egypte, p. 427) comparée ces pilastres mentioonés dans quelques inscriptions grecques, **paoTàô*f. Tel est l'usage que Suidas explique au mot Acitayux, muraille enduite de chaux propre à la transcription des actes publics : toixoç y<*Pv
&Xr)Xifi.pÀvcç xpbç ypapiiv mXtrix&v Kpacypdertûv ijcvnhàttoç. A
Rome c'était une tablette de bois simplemeut blanchie nivat, ji«;i«vx<»/iivo$ , comme disaient, en parlant des proscriptions, les historiens grecs Dion Cassius et Jean d'Antioche ( Exctrpt. Peiresc. p. 658 , 798. Hesychius : «tvdxfev , ri XtvxnpM ) , ou recouverte de stuc , si l'on adopte l'interprétation que , d'après Winckelmann ( Seconde lettre sur Herculanum ), M. Fea dans le prodrome de ses Frammenti di fasti consolari, Rome, 1820, donne au mot dealbare qu'il traduit par inionacare di marmo. Ainsi se publiaient l'édit annuel et les autres actes du préteur ( Voyez Plaute, Persa, 1 , 2 , 22 et la note latine de M. Naudet, t. H, de son édition, p. 547 ). On connaît aussi V album des juges , des décurions , des sénateurs , des citharèdes, etc. ( Voyez Mazzoccbi, in Tab. HeracL p. 509 ). » M. Liclerc , ouvr. cité p. 85 et suiv.
C'était sur un album que le grand pontife exposait aux yeux du peuple les événements mémorables de Taunée, t Res omnes singulorum aonorum mandabatlitteris » pontifex maximns , efferebatque in album et propon?- • bat tabulam domi , potettas ut esset populo cogoos- » cendi. • Cic.de Oral. II, 12.
Ibid. — Jus ab antiqua gente jEquicolis quod nunc Fetiales habent, descripsit. — Les féciaux, dont il a déjà étéqueitioo chapitre xxiv, passaient pour avoir été établis par Numa ( Plut. ZYum. 12. Cic. de Leg, 11. 9), qui, suivant Denys d'Halicarnasse (1,21,11,72), aurait emprunté cette institution aux Grecs. Mais il parait que dès les temps les plus anciens , elle était en usage chez les peuples de l'Italie et notamment chez les Albains et chez les Samnites. Voyez chapitre xxiv, et VIII , 59.
C'était du reste une opinion généralement admise que les Ëquicoles étaient les auteurs des formules qui constituaient en quelque sorte le droit des féciaux , Valerius ( Epitom. de prœnomin. ) en attribue la rédaction à Sertor Resius : • Ab A£quicolis Sertorem Resium * qui pri- » mus jus fetiale instituit. »
Les Ëquicoles et mieux Equicules ( Heyne ad Virg., /En., VII, 747) appelés aussi Èques, Equens, Équiculains ( Aîqui, Aquani , Aqnindani) , étaient une race
sauvage , de montagnards établis sur les deux rives de l'Anio, entre les Marses , les Péligniens et les Sabelles.
Ce ap. XXXII.— Filo, id est vitta, infula ut apud Tiball. I, v, 15. Festus : « Flamen dialis dictus, quod assidue • filo veletur. • Varro, L.L.Y, 115 : • Filura, quod » minimum est bilum; id enira minimum est in vestimento. »
Ibid. — Hastam in fines eorum emittebat. Toutes les cérémonies, toutes les formules usitées dans les déclarations de guerre faites par les féciaux portent évidemment le cachet d'une haute antiquité (Voyez, p. 761 ); quelques-unes d'entre elles paraissent d'une haute antiquité , tant en Asie (Hérod. IV, 151 ) qu'en Germanie ( Voyez Grimm, deutsche Rtchts Aller thumer, p.' 164), et se conservèrent même au moyen âge. Ainsi lorsqu'on 1284 les Pisans vinrent jusqu'à Gènes provoquer les Génois au combat, ils lancèrent dans le port des flèches d'argent. ( Gioyanni Villani, daus Af uralori, XIII, 294, cité par M. Michelet, Origines du droit français, p. 288.)
Chap. XXXIII.— Tcllenis, Ficanaque captis...Poliiorium. urbem Latinorum... Medulliam. Sur la position de ces différentes villes, voyez Sickler, Handbuch der alten Géographie, p. 566 et 575.
Ibid. — Ad Murciœ dalœ sedes. — Murcia était une déesse latine identifiée avec Vénus et dont le temple était situé sur le mont Aventin ( Serv. ad An. VIII, 656). On n'est pas d'accord sur l'étymologie de ce nom. Suivant les uns, Murciaoa Murtiaé quivaut à MyrUa et viendrait de ce que près du temple de Vénus, sur l'Aventin, se trouvait uubois de myrtes ( Plin., H. N. XV, 56, 29. Serv. ad An. I, 724. Varre et Festus, sub. voc. Plut. Qwst. Rom. xx). Suivant d'autres il serait dérivé du mot syracusain h-vp**, délicat ( Saumaise sur Solin, p. 657 ) . Enfin d'autres pensent qu'elle avait été ainsi appelée comme rendant lâche et paresseux, murcidus. (saint August., de Civ. D. IV, 16. Arnob. IV, 9). Voy. J. A. Hartung, Religion des Romains, t. II, p. 249.
Ibid. — Quiritium quoquefossa. Niebuhr ( t. H, p. 66, de la tr. fr. ) croit que c'est la Marrana qui fait suite à la fossa CUiilia.
Ibid.— Carcer..., imminens foro œdificatur. Cette prison , le plus ancien monument de Rome , occupe le vide d'une carrière taillée dans le mont Capitolin. Elle fut plus tard augmentée et fortifiée par Servius Tollins.
Chap. XXXIV.— Luctimo. Du mot Lucumo, en étrusque Lauchme , les Latins ont fait Lucmo,
Prima galeritus potuit praetoria Lucmo.
ProperJ.IV, (V,)i.2g,
C'était proprement le titre que portait le magistrat su» préme de chacYrae des douze villes composant les confédérations étrusques (Serv. ad An. VIII, 475 : « Tnscia duode- » cim Lucumones babuit , idest reges , quibus unus praae- • rat »). Mais on le rencontre. souvent chez les historiens romains employé comme nom propre, par exemple dans le passage qui nous occupe et VI, 55, dans Denys d'Halicarnasse, II, 57. M. Ch. Ottfried Muller (Dis Etrusker, 1. 1, p. 365 ) , pense avec beaucoup de vraisemblance que Lucumo n'était pas un nom d'individu, mais nn titre , un surnom qu'on donnait aux fils aines des familles nobles qui par leur naissance pouvaient aspirer aux plus hautes dignités , et que c'est de là que vient le surnom latin de Lucius ( « Lucii (appellati), ut quidam aruitrantnr a Lu*
HISTOIRE ROMAINE. - NOTES
M elruari*. ■ Vil. Msi., de ft'omin. 18.) Voye* i, Hist.rim.. t. I, chap. 2.
Ciir.XKXIV.-DamaralICormfMi/î/iiijrrul.Sieb.
i. 1, p. 395; l. Il, p. 70 delà lr.tr., semble penser que la tradition qui donnait nue origine greoquesTarquin vait été introduite d*ns l'ancienne épopée romaine qne peu dtlnnpaiTant Poljbe. Mail, uni revenir Ici sur ces prétendues épopées qui para isseui n'atoireiislé que dans l'icagination da sceptique allemand (Voy. M. Lee 1ère, ouïr. die, p. II , Ml el piMïm), il est constant qne celle Iradhwn Mail déjà admise quand Fibln* écrivit ion histoire, poàqoe Denysenla rapportant (IV, 6, 50etfi4), cite Iiiikiriléde ce vieil historien. On la trouvait aussi dan* Castro* Ilemina | Macrob. III, 4) et enfln l'empereur Claude dîna M>n discours en faveur de* Gaulois (tab. I, ■oieile-TscitedeM.BiirHouf, t. II, p. SU), en fait Mention, d'après les livre* étrusque*,
Imd. — Piobilemqu* «au imagine Huma esse- Tite- Lise veut faire entendre par U que II noblesse d'Ancus ut datait qne de Piuma, que dans ta généalogie il ne pouvait compter qn'uu degré , ne présenter qu'une seule image. On tait tonte l'importance que les Romains allaitaient in jus imojinum donné par les magistratures israle* ( Cbladeoiui de Genlililot. tel. Rotn., p. 31-10, p. 138 )- Cette institution existait-elle déjà à l'époque de Tarqnin l'Ancien ï Rien n'empêche de le croire, car le droit d'image* parait remonter I l'origine du patririat; sa» on ne petit, è cet égard, tirer aucune conséquence du passage qui non* occupe , car il ett possible qne Tile- LiTe , en partant de La noblesse d'Ancu* , se Mrit servi fine «pression en usage de ton tempe, et ait voulu ùire entendre seulement qu'Ancu* ne comptai! qu'un ancêtre.
Cas». XXX V .— Minonim çmtium runl nppelfnli. Voy. sa njet de celte dénomination une savante note de Llurnoofaur Tacite, Ami. XI, 25, t. m, p. 517 et
iaiD. — Ainoiat. Voyei Pline III, 5, »i Strab. V,
p.!5l;Denj»d'Hai.,IH, p. 186.
lue, — Cirais Muximui . Dans la vallée Morcia , entre l'AFEïitin et le Palatin. Il avait trois stades et demi de long air un de large, et pouvait contenir 150,000 spectateur* 1 même suivant d'antre* 485,000.
Ci.p. XXXVI. -Sobinum bellum eaptis inlrrrenll. nte-Live qui, dan* ce passage, tnlt les anciens auteurs, se perle pas de* prétendue* victoires remportée* par Ttrquin l'Ancien sur les Etrusques (Denvsd'Ilal., II, 33; Or»., II, 4 ), et n'exagère pa* le* «accès que ce prince obtint contre le* Sabins.
Uid. — In comitio. C'était une partie dn forum pré* to rostres, qui conduisait dans la curie. Ce lieu était ainsi •ppete parce qu'on y leoait les comiiia^uHata ( a coeuuto. Vsrro, Ling. /al., IV, 32), et qne d'abord les conflua puis le* préteur* j rendaient La justice. Voyes Àdler, Deseript. de Rome, p. 241 . C'était aussi la qu'on recevait les sœbesssdeurs. Voyei Tite-LIve, XLV , 20.
Casr. XXXV11I. — roreulnliw triumpnan* Bonnsi re*Hil. C'est la première mention d'un triomphe qu'on rencontre dan* Tite-Liveetplnsieuri écrivain* attribuent ■ Tirquin l'origine de cette cérémonie) mai* Denys d'Hilicamasse et Plularque ( Vit de Rom. |, la font reamuler jusqu'à Komulu*.
Ihd. — Cloacis t fattigio in 7'ifcerim rfuriit. Ce moauroent, le plu» Important de Rome an témoignage de Uiw (XXXVI, 15), a résilié au tenir* comme iembli.il
le prévoir le avant Romain ( durant a Tarqulnlo Priseo anni* nec prope inexpugnables ) . Voyei 11 Description il Rome, par MM. Platner, Bunsen, Gerhard et Rceslel t.I,p. IS2etiniv.
Cair.XXOTIH.— Ai œdtmin Cajrtlofio Jnott.Il ne fut cotwtruit qne par Tarquin-le-Superbe. Voye* chapitre lv. Crip. XLI. — Cunt frotta. La trabée était nne robe blanche bordée de larges bande* de pourpre. C'était le costnme de* roia qu'adoptèrent le* consul*. Celle que pur ■ talent les augure* était rayée de pourpre (virgata ou paJmuia ).
Iiid. — .Suris ope* firmatit. • Agripptne u*a du même stratagème pour assurer l'empire 1 Néron. Tacite, .4nn., XII, 66. Racine, Britann., acte IV, te. n. • Lin. le». — Suessam Pomtliam exnJatum itrant. Suessa Pometia était la ville la plu* importante des Volaque*. ( Denys d'Ual., IV , 6; Strab., VI, p. 251 ; Tac, Hist. ni. 72j Virg., En., VI, 770 }. Elle fut prise par Tarquiule-Superbe qui y 01 un bnlin considérable ( voy. cha pitre un ), et conquise une seconde rois par le* consul* Opiter Virgiuius et Sp. Casslui , qni La détruisirent de fond en comble (II, 17 ). Strabon prétend qu'elle exittalt encore de son temps , mais Pline, beaucoup plm croyable, dit [ V, S } qu'elle faisait partie dea vingt-trots ville* qni avaient disparu depuis longtemps de cette contrée et particulièrement de* marais Pantin* , pabtdts Pompttnar, amqaels die avait donné ion nom.
Chip. XLIII.— Qui cenluin miWiutn orrïs. Il est diffielle de déterminer le rapport de cette somme a notre monnaie acluellc , les inêtrologues n'étant pas d'accord ■nr la valeur de l'ai au temps de Servins. S'il fant en croire Denys d'Halica masse, les cent mille as dont parle Tite-LIve valaient 100 mines allique»; or suivant les calcula de H. Saigey, la mine attaque valail7l fr. 87 c; donc la valeur de l'as était de 0, 07 c, o'est-a-dire d'un huitième plu* bible que celle qu'on lui a donnée dans le» table* qui accompagnent le Dictionnaire d'antiquités, par M. Bouillct. Ouadoucpoui la classification de Servins lesrésnltals suivants :
I" classe. 71,870 fr. 00 e.
4» iï,967 50
C'est inr l'appréciation de Deny* que s'appuie aussi l'évaluation suivie généralement en Allemagne, et dont voici les chiffres :
I" classe. 2,1.12 tbaler*, 2* 1,000
Mai* quel que soit le tbaler pris ici pour unité, celui de Saie 43 fr. 90 c, ou celui de Prune à 3 fr. 71 c, il est évident qu'il y a dans ce* calculs une grave erreur, puisque, quelle qne soit la valeur du lhalerqu'onaeuen vue, ou n'aurait pour les cent mille ai, dans la première supposition, queè.ïlin-. 80c, et dan* la seconde que 7,809 fr. 70 e. sommes environ dis fois au dessous de la valeur réelle.
Feu H. Lies est arrivé dans te* calculs a un résultat d'one nature toute différente, et a obtenu pour la première classe 240,000 h-., somme plus qne triple da celle * laquelle on parvient en prenant 0, 07 c pour va-
Ttt
«**r 4»U**4 u* pru «oins que Iriple en calculant d'a- |ctolivtAittru»ft»c.
Oui, XLIIL— Chfpntm... Scutumpro clypeo. Leciyj»**s* ou rJyjw** était un bouclier rond qui couvrait sufBmumrnt des hommes armés de pied en cap. Le scutum an contraire ou bouclier long couvrait tout le corps et était nécessaire à des soldats qui n'avaient pas de cuirasse. 11 y a entre le clypcus et lescittum la même différence qu'entre r**«f« et le JvjMrfcdes Grecs (voyez Blasius Caryopbilus, deveterum Clypeis, p. 45); de même aussi les ocrta n'étaient autre chose que leurs xrh(u6*<;,
Ibid. — Additœ huic classi duce fabrum centuriœ. Elles furent plutôt ajoutées à la deuxième classe , comme l'affirme Denys d'Halic, IV, 17.
Ibid. — Acctnsi. Paul Diacre : c Accensi dicebantnr, « qui in locuro mortuorum subito subrogabantur ; dicti « ita quia ad censura adjiciebantur. » Varro, de L. L. VI, 5 : «Accensi, ministratores. Ascriptivi dicti quod « olim adscribebantur inermes qui succédèrent armatis • militibus. »
Ibid. — Inde vna centuria faeta est immunis militia. Un passage de Valérius Flaccus (Festus, s. y. Procensu et Procum, p. 585 et et 587 ; Dacier) porte à croire que l'on avait encore du temps d'Auguste la loi de Servius qui divisait le peuple en classes et en centuries; mais, bien qu'à la fin du chapitre lx Tite-Live fasse allusion aux mémoires de Servius (ex commentariis Ser vii TuHii), rien ne prouve qu'il ait consulté ce document pour le chapitre xliii. Il ne dit pas qu'il suit Fabius , bien qu'il le cite au chapitre suivant à l'occasion du cens , et rapporte même quelques-unes de ses paroles. Niebuhr (t. I, p. 478; t. H, p. 175, de la tr. franc.), s'appuie sur la différence des chiffres donnés par Tite-Live et Denys pour révoquer en doute l'authenticité de la constitution du roi Servius ; mais il parait dans l'erreur. La différence tient à ce que Tite-Live suit Fabius, tandis que Denys donne, d'après les tables des censeurs un nombre plus exact, que Paul Diacre représente aussi d'après d'autres sources. Du reste M. Boeckb vient de prouver dans ses Aft/rologische Untersuchungen (p. 427-446), qu'il est fort douteux que les documents relatifs au cens de Servius Tullius soient arrivés intacts et sous leur forme première aux historiens romains on grecs qui nous les ont fait connaître.
Ibid. — Et vis omnis pênes primores civitatis. Servius en décrétant que l'on ne voterait pins par curie, comme autrefois, mais par centurie, livrait à la première classe la décision de toutes les affaires. Eu effet une centurie représentant un suffrage, si la première classe tout entière était d'accord pour adopter ou pour rejeter une proposition, elle devait nécessairement avoir la majorité, puisqu'elle avait quatre-vingt-dix-huit suffrages , tandis que les suffrages réunis des autres classes ne pouvaient jamais s'élever au delà de quatre-vingt-quinze. Par ces changements, qui faisaient passer tout le pouvoir entre les mains de ceux qui composaient la première classe , c'est-à-dire des plus riches . Servius remplaça l'aristocratie de naissance par une aristocratie de richesse. Toutefois c'était un avantage pour les plébéiens : c'était un progrès pour eux ; car dans l'ancien système , ils n'auraient jamais pu aspirer qu'à devenir les clients des patriciens, tandis que maintenant si la fortune leur venait ils pouvaient au moins, à titre de riches, prendre part aux affaires de l'état. La richesse est une chose mobile, qui passe de main en main, qu'on peut acquérir par son courage, son habileté, son industrie. Un plébéien pouvait donc, en surmontant, il est
vrai , d'immenses difficultés , monter peu à peu déclasse en classe jusqu'à la première. Un autre avantage que les plébéiens retirèrent de cette organisation nouvelle , c'est qu'étant enfermés dans une même classe , ils purent se voir, se compter, prendre confiance les uns dans les autres et s'enhardir dans leur lutte contre l'aristocratie, qui les privait ainsi de tout droit politique; d'ailleurs leur nombre venait d'être singulièrement augmenté. Par les lois de Servius, comme nous venons de le remarquer, le client ne connaissait plus son patron , il n'y avait plus que des pauvres et des riches. Tous les pauvres, plébéiens étrangers, clients, affranchis, n'avaient plus qu'un même intérêt. Les lois de Servius peuvent donc être regardées comme des lois populaires, bien qu'elles constituent une forte aristocratie ; elles affranchirent les plébéiens du joug de la curie ; ils n'étaient rien dans l'état , ils furent dès-lors comptés pour quelque chose. Nous les verrons bientôt commencer une lutte de plusieurs siècles, pour obtenir des riches l'égalité des droits politiques.
AGn de prévenir les plaintes que les plébéiens pourraient élever, Servius compensa pour eux la non-participation aux droits politiques par divers privilèges qu'il leur accorda. Ainsi les prolétaires, c'est-à-dire les plébéiens de la sixième classe, furent exemptés de tout impôt et même du service militaire, qui, à celte époque où le soldat était contraint de s'équiper et de se nourrir à ses frais, n'était pas un impôt moins lourd que les autres. Quant aux autres classes , elles payèrent collectivement la même somme, c'est-à-dire que le petit nombre des riches de la première classe paya une somme égale à celle que devaient fournir les citoyens beaucoup plus nombreux , mais moins riches , de chacune des classes inférieures. Les cinq premières classes furent obligées au service militaire, mais ceux de la première classe devaient se fournir d'un équipement plus complet et plus cher qne les autres. Celte équitable répartition des charges pouvait faire prendre patience, pour quelque temps au moins, aux citoyens de la dernière classe.
Cbap. XLI V.—Pomarium profert. Voy. à l'occasion du pomœrium , et mieux , pomenium , les notes de M. Burnouf sur les chapitres xxui et xxiv du livre XII des Annales de Tacite, t. II , p. 550 et suiv.
Chap. XLV. — Diana? Ephesiœ fanum. Le temple de Dianed'Épnèse ne fut achevé qu'entre les olympiades XC et C (Ch. Ottfr. Muller, Archœologie der Kunst t § 80, I, p. 57, éd. II). Or, Pline (XXXVI, 22) nous apprend qu'il fallut 220 ans pour le construire; ce qui placerait l'époque de sa fondation entre 640 et 600 avant J.-G. ; il n'y aurait donc rien d'étonnant que sous le règne de Servius ( 577 à 552), cet édifice eût été assez avancé pour que la renommée de sa splendeur et de son importance politique fût parvenue jusqu'à Rome.
Ibid. — - Ut Romœ fanum Diana populi Latini cumi populo Romano /acfrmf.— Tite-Live passe très-rapidement sur l'un des actes les plus importants du roi Servius, sur la confédération latine formée à l'imitation des Ampbictyonies de la Grèce et de l' Asie-Mineure, et dont les députés se réunissaient tous les ans à Rome, centre de la confédération , pour célébrer dans le temple de Diane , élevé à frais communs, les fériés latines. Voyes Denys d'Haï., IV, 25 et 45-50.
Ibid. — Interea Romanus immolât Dianœ. Cette vieille histoire toute sacerdotale se retrouve, comme
HISTOIRE ROMAINE. - NOTES
son» l'avons déjà dit (p. "62, col. D.daus Valère-Maiirne, TU, 5,1, et dans Plularque (Quant, rom.. 4), qui l'emprante à Juin et n Vairon.
Cair. XLV1. — Filim mepomtftterilpantnliqiul, etc. B bit aJlinioa i Piton , qui mu) de tous les bistorleus (vuy. Deoys d'Haï. , IV , 7, p. 635 | et déterminé par do calcul* ehronolociques , prétendait que Laciut et Aruas étsienlptfi^nliein™ pas MsdeTsiquiE-r Ancien. Cette •eruière opinion était celle de Fabius (DenvB, ibid., 6 et MO, que Tite-Live prend peut-être ponr guide. Plus W, l'opinionde Piton prévalut, commes'nppuyantsurl* ":. (Voyet Denys, Florai, Aurélios-Vlctor, M(pHfifii-.,SI|; le discourt de Claude dans les insmplio*)deGrnler,p.502; Pompon., de Or. Jur., avec ai correction de Hynkershœt: ; Coustaaliu-Ma nasses ; les Fastes. Capitonna. ) La Teniou des écrivains plu» ancien» est également suivie par Cicéron (Brul. H),5lrabon (T, p. 231 1 , Auht-GeUe (XVII, 21 ), etc.
Cas*. XLVIU. — Ad summum Cypritmt ricum. Non Un du poteau delaScenret des Esquille*. Voyet Vairon, L, i*. 52. Douai, de t7ro.Rom.,Ui, q.; Kardini, 111,15.
laie. Deponere eus* In animo haùuij.ic. Les écrivains ptui récents qu'a suivis Dcgjs prétendaient que Ce projet iviiléie ta cause de la sédition qui éclata contre Scrvius.
Cair. XLIX. — Inde Terquinins regnart orro-pil.
•Tarquiu prit ta couronne nm être élu par le sénat ui par le peuple. Le pouvoir devenait bérédîtaire ; il le rentit absolu. Ce* deai révolution* furent bien lût suivies i sue trois if me.
> Son Ois Sestua, eu violant Lucrèce, lit nue chose qui ■ presque -toujours util chasser les tyrans d'une ville où il» ont commandé ; car le peuple, a qui une action pareille fait ai bien sentir ta servitude , prend d'abord une rénbUion extrême. Un peuple peut aisément souffrir qu'où eiige de lui de nouveaux tributs ; il ne sait pas s'il te retirera point quelque utilité de l'emploi qu'on fera te l'irgeut qu'on lui demande j mais quand on lui fait m itfront , il ue sent que ton malheur, et il y ajoute l'idée de tout les maui qui sont possibles.
■ 11 est pourtant vrai que la mort de Lucrèce ne fut anei*occaiioD de la révolution qui arriva; car un peuple 1er, entreprenant, hardi, et renfermé daua des mnrcilla, doit nécessairement secouer le joug , ou adoucir
• D devait arriver de deui choses l'une : ou que Rome changerait ton gouvernement, ou qu'elle resterait une petite et pauvre monarchie.
• L'histoire moderne nous fournit un exemple de ce qal arrivi pour ton a Rome ; et ceci est bleu remarquable : car comme les hommes ont eu dans tous lea temps les mêmes passions , les occasions qui produisent la grands changements sont différentes, malt les causes net toujours les même*.
• Comme Henri VII, roi d'Angleterre , augmenta le pouvoir des communes pour avilir les grands, Servint Tullint , avant lui , avait étendu les privilèges du peuple
sénat : mais le peuple, devenu d'abord
plus hardi , reuvi
■ Le portrait de Tarqolu n'a point été flatté; ton nom ai échappé i encan de» orateurs qui ont eu à parler cou- Ire la tyrannie; mois sa conduite avant ion malheur, qoe l'on voit qn'il prévoyait ; sa douceur pour le* peuples vaincus, sa libéralité envers les soldais , cet art qu'il eut y tant de gens a sa conserva lion , te* ouvrages x dans ton
malheur, nue guerre de vingt ans qu'il fit ou qu'il fit faire au peuple romain tans royaume et saut biens , ses continuelles ressources, font bien voir que ce n'était pas un homme méprisable. Le* places que la postérité donne sont sujettes, comme les autres, aui caprice* de la fortune. Malheur à la réputation de tout prince qui est opprimé par un parti qui devient le dominant , ou qui a tenté du détruire un préjugé qui lui survit I • Mo.n bsoliei, Grandeur et Décadence des Romains, chap. i.
Chip. L. — Ad himm Fertittlna . s. e. squat (voy. cb. li ) , oa plutôt Dca. Ce bois sacré était situé non loin de Fereutinnm, ville du Latium , dans le pays des Héroïques , au pied du mont Albain. C'est la, comme ou le voit dans Denya d'Halica masse (cf. Tile-Live , VU, 25 et Festus), que se tenaient les assemblées fédéra lives des peuples latins. Tarquio les avait convoqués pour délibérer sur la guerre qu'il projetait contre les Sabina, violateurs du traité conclu avec Servins.
Caip. LI. — Craie lupenu injecta. Ce genre de supplice, particulièrement mité chez les Carthaginois (cf. IV, 50; Plant. Pom. , V , 3. v. 65, et la uote de Tantmanu; Tac., Gcrm., 12; Ferrsr., Elert. 11,7; Slewick, ad Vtgtl. III, 4), était exprimé en grec par le mot ■«™™w ( Wesseling. ad Diod. Sic, XVI , 33).
Chip. LUI.— Gobiot propinquam arbtm. Gabies, ancienne ville des Volsques, àdouie millet à l'est de Rome, et à ouïe milles k l'ouest de Préneslc. C'était une colonie d'Alba Longa. Elle était déjà eu ruines sous le règne d'Auguste. Une antique tradition prétendait que ttomulut et Rémus y avalent été élevés.
Case. I.V. — Caput htinumiim. Tile-Live abrège ici Fabius, auquel i] donne plut bas la préférence sur Pison, comme plus ancien et en outre plus digue de fol. Or , Fabius (Arnob. VI, J) entrait, sur la découverte de la tête en question , qui était celle d'un certain Oint ou Aulut (cf. Plln. XXVIII. 2; Sert, ad £n. IX, 448; VIII. 345), dans beaucoup de détails que Pline (loe. ctt. ) dit être roiutanlliiima annaJiunt of/ïrmafio.
Sur l'origine de cette légende et de ses différentes variétés, vovra l'iugénieui article que mon savant ami
M. Orioll a pablié dans les Annales de t imfilul nrtfceologique, 1852, p. 51-60.
lu m. — Quadraginla milita pondu nrjenti. H. Lie» prétend qu'au cours d'alors, ces quarante mille livres d'or valaient 96,000,000 fr., somme , ajonte-t-il, qu'on n'aurait pas trouvée alors dans toute l'Italie. Ni l'une ni l'autre de ces deux assertions ne sauraient être admises. Sons la république, la livre d'argent monnayé valait 69 fr. ( voy. Saigey, onvr. cité, p. 74), donc les quarante mille livres en question ne représentent en franc* qu'une somme de 2,760,000 fr. Quant a la richesse de l'Italie sous le règne de Tarquln, c'est assurément la réduira beaucoup trop que de supposer que dans toute l'Italie ou n'aurait pu trouver une somme de 96,000,000. La grande Grèce , la Sicile et l'Êtrurle, sinon eu numéraire, du moins en métaui confectionné* , devaient certainement dépasser ce chiffra.
Cflir. LVI.—rtnaram Malimnin. Cet égoul Mille encore sous sou nom antique, el semble encore aujourd'hui, suivant la belle eipressiou de H. Michèle!, plut ferme et plut entier que la roche Tarpéienne, qui le domine.
bord do la mer sur la promontoire de Circée, aujoord'bni Muute Circello. Segni eit le nom moderne de SIgnia.
Cmp.LVI.- -Belphoi ad maxime indu lum in Irrrij onteulam milttre statuit. Quoi qu'on ail pu dire iur Bnitn* (TOJ. «ifbuhr, t. II, p. ZftT M 295 de la Irad. franc.; et H. Michelet, qoi renchérit sur les: idées de «on devancier, 1. 1, p. 79 et mil.), les rapport! de Rome avec l'oracle de Delphes, rapporta que Mebnhr ne nie pat, et dont il «e bit même un argument en faveur de ae> Idées mr lea libres sibyllin» (t. II, p. 184 de la trad. franc ; cf. p. 281 ) prouvent en faveur de la civilisation romaine à celle époque et même dans lea siècles antérieurs.
Ibid. — Sorore rtgit nains. La tradition suivie par Denys d'Hallearaaue, et d'après laquelle Tarquinia était la tante du roi et non paa sa sœnr , parait beaucoup pins vraisemblable. C'est le seul moyen d'eipUquer comment les fils de Brutua étaient a peu près du même âge que ceux de Tarquiu , ainsi qu'on le voit dans l'histoire de la conspiration. Resterait la difficulté qui résalle du mot jutenij dont Nlebubr n'a paa manqué de tirer parli. Hais ce mot n'aurait-il pas été pris par Tite-Live dans le même sens que les Grecs donnaient quelquefois au mot •■•nia, et a ses dérivés .«Rude et ïi*v<.£(, celui de fort. énergique, grand (tôt. Plat., A It Ifc. . 1, 2; Plut., Sam. ch. i; Ages. , cb. n; cf.. les gloses des Héroïques de Pbflostrale, p. 484 , éd. de H. Boissouade; Viger, Idiot,, gr. p. IIS, M. Boissonade *or Nicétat, Eugenianus, 483). Juvtnilii a le sens que les Grec* donnaient an mot >aa>fni dans cet iers de Stace (Silr. I , 4 , 50) :
Hoc est ingen* preelpitinm , ingena perieulum, — Certes il fallait il Brulus une grande énergie, une grande force d'rtme pour se résigner au rôle qu'il soutint jusqu'au moment décisif. Et ce qui semblerait prouver encore que Bruina était plus âgé que les fils de Tarquin, c'est qu'il eat chargé de les accompagner. Cornes hii addilus. Si le sens proposé pour jurent* était admis, il faudrait placer une virgule après ce mot.
Cuir. LVII. — Lotur deditam. L'amour des femmes pour les travaux de l'aiguille était regardé par lea anciens comme une grande preuve de sagesse (jtitlh. Pal., VII, 424| ; de la les épitbètea de ^upt* [Anth. Pal.. VI, 241) et **».■«* (Theocr., Idylt. XXVII, I J). L'épilbète de tonifiai est souvent un sujet d'éloges sur les monuments funéraires. Témoin celte inscription citée par Spou dans ses Mise. £rud. antig., p. 151.
HIC. SITA. EST. AMVMONE. MARCL OPTWA. ET.
PVLCHERRIMA LANIFICA. PU. PVDIC A. FRUGLCASTA. DOMISED A
Voy. Grnler, p. 796, 9. Orelli /tuer. (al. telttt. ampl. colltct., a' 4,84» p. S54 et 555. Cf. Warton ad • Theocr,, loc. cil. Falsterl, de lanifidi honore anliouo , dan* ses AmcmU. philal., U II. ch. m. p. IM.
Caip.LIX.— ht orbital* Triripitiiit. C'était le surnom qoi désignait la branche de la famille Lncretin, a laquelle appartenait Sp. Lncretins, père de Lucrèce. Les autres étaient désignées par les surnoms de Cinna, Vespilio, OMIa.
Cur. LX.— Ex comsMKtarff* Senti. Voyes le* notes sur le chapitre au.
Tlle-LlTe a également pour ce second livre c plusieurs auteurs. C'est ce que prouver passages où il rapparie des lait* racontés par certain* écrivains (ch. ili. Lit, etc.), on d'autre* sur lesquels on n'est pu d'accord (voy. cb. iviii, m , ili et ivri. où il dit que daM ses source* le nom d'an consal est omit). Or 11 affirme plu* d'une fois qu'il a suivi le* auteurs les plus anciens (cb. Tilt.iTiti, et mm), et parait avoir eu souvent Fabius sous les y/eux, bien qu'il ne le nomme eiprestementqoo lorsqu'il dirlere des an- Ires (cb. IL). Il n'a pas non plus négligé PtaQfl , qu'il nomme au ch. «in; toutefois dans ce passage il lui préfère la tradition la plus généralement admise (cf Saliust. fr. hist. I, ap. Augustin, de Ci». Dci, II, 18; Jugurlh.. 31. Cic, de Leg. Hi. 8, et le Pieudo-Hessala, ch. is. Il parait que Pisou avait trauaporté a la première sédition ce qui s'élaît passé dans I* deuxième). Tite-LiTs le cite encore, ch. usinât cb. iiitii, où par tes mots sunt oui U parait , a eu juger par le chap. lvmi, où son nom se trouve, vouloir désigner cet historien, avec le récit duquel t'accorde Laurent las Lydoa (de MngUtr., p. 63 et 75).
U ne cite nulle part les historiens plut récents, et c'est sans doute pour cela que sa narration a presque partout une couleur antique. Et en admettant mémo qu'il ait consulté Valerius Antlas, et d'autres encore moin) anciens, 1! ne parait pas le* avoir pris souvent pour guide*. Ou peut a cet égard comparer la description de la bataille du lac Régille(ch. ni et iniv.) avec celle de Denys d'Hallcarnasse | VI, u et suiv. | , qui dans cet endroit suit Gellius et Licinius Macer (cf.Florus 1, 1 1 ), et le passage de Licinius rapporté par Deoyt d'HalicaroasselV, 47) et par Pline (H. N., XV , 29) avec le récit de Tite-Live (II , 16). De la différence qui eilite entre notre historien elPolybe (III, 22), relativement uui contait de la première année, différence parfaitement expliquée par Periioniut (de Rep. Rom., p. 697 el suiv. ) , on ne peut conclure que Tite-Live se soit dans ce passage servi d'historien* récents.
Cmip.II.— QinmnihU aliaiofftndtrit.nomtniKviium dritati fuit. Tilc-Live dans un autre passage (IV 13) donnelemêmenwtifè l'abdication de Collatin:*Nomiois odio abdicari jastum. • A en juger par le témoignage d'Auln-Gelle|XV,29),Pison, qui comme Tite-Live commençait son second livre par l'ei pulsion des rois, attribuait aussi à une trop grande sollicitude pour la liberté la baine dont le nom du collègue de Bru tu* était devenu l'objet. Suivant d'autres, comme Denis ri 'liai ica ruasse (V, 9 et suiv.), Plutarque {Public., cb. ini)iet Zonara* (VU, II), Collalin reste a Rome, et ayant pris la défense, de se* parents devenus le* ennemis de la république, il est mis en accusation, et banni.
Jvsjurantium populi récital - — Celte formule
était vr
il beaucoup moins emphatique que
le serment mis par Voltaire dan» La bonche de Brutut :
Si dans le «Inde Borne II se trouvait un traître Qui regrettât les rois et qui voulût un maître , Que le perfide meure an ralliai des tourments ; Que M cendre coupable, abandonnée aui vents.
Ne laisse Ici qu'un nom plus odleui encore Que le nom des tyran* que Rome anliéra abhorre. YOLTiiaa, BrklVM, act. l,*c. 11.
HISTOIRE ROMAINE. - NOTES
Chip. III. — UbertaUm aliomm in suam vertisse sarttuiem. Justin , V, 10 : • Quasi vero alioram liber-
• Us , sua servitus easet. »
Bit-il donc entre nous rien de plus despotique Que l'esprit d'un état qui passe en république ? Vos lois sont vos tyrans x leur barbare rigueur Devient sourde an mérite . au sang» à la laveur; Le sénat tous opprime • et le peuple tous brave; 11 faut s'en taire craindre , ou ramper leur esclave.
Je sais bien que la cour, Seigneur, a ses naufrages ; Mais ses jours sont plus beaux , son ciel a moins d'orages. Souvent la liberté dont on se vante ailleurs , Étale auprès d'un roi ses dons les plus flatteurs, D récompense , il aime , il prévient les services ; La gloire auprès de lui ne fuit point les délices. Aané du souverain , de ses rayons couvert , ?ons ne serves qu'un maître et le reste vous sert
Nous ne redoutons rien d'un sénat trop jaloux , Et les sévères lois se taisent devant nous.
Voltaire, Bruius , act. IT. se u.
Cbap. Y. — Insulam deinde paulatim... factam. C'est Ule qu'on voit aujourd'hui dans la partie du Tibre qui se détourné vers l'Orient, entre le Champ de Mars et le Jinicnle. Elle fat consacrée à Esculape, qui y avait nn temple célèbre , sur l'emplacement duquel s'élève aujourd'hui l'église de Saint-Barthélémy.
Isin. — Eminente animo patrio , etc. Plutarqne [Vie it Publicola, c. vi) et Denys d'Haï., V, 8, racontent que les traits de Brutus restèrent immobiles pendant lexéention de ses fils. La tradition suivie par Tite-Live est évidemment pins honorable pour le fondateur de la liberté romaine. •
Ibio.— Vindicia liberatus.L* vindicte était une baguette que le licteur, on plutôt le prêteur plaçait trois on quatre fou sur la tète de l'esclave qui devait être affranchi , en pron on çant ces paroles : • Je dis que cet homme est libre et citoyen romain. • Cet affranchissement, par la vindicte, non-seulement la liberté, mais aussi le droit de cité.
Cbap. VI. — Ne se ortum ejusdem sanguinis , etc. On ne peut se le dissimuler, les raisons mises en avant par.Tarqoin sont assez peu persuasives. Denys d'Haï., V, 4, loi prête on langage beaucoup plus habile. Voyez Heyne, Opusc. Acad., t. IV, p. 291 et suiv.
Cbap. VIL— Ex silva Arsia. Valère-Maxime, I, vin, 5, a suivi cette tradition; mais suivant Plutarque, Vie de Publicola, ch. ix, la bataille fut livrée Jv #»/>{«« upoî$, &v
•S piv Oupow dlsoç, rd âk Atoovcrov XêtpuSnot xpoaocfOptiHntovt. Ces
deux noms paraissent corrompus. Peut-être au lieu d'ofyw» hut-fl lire 'Apow. Quant à la prairie Esuvienne , c'est sans doute la même que la prairie Julienne , où Denys (THanc., V, 5, place le lieu du combat, près d'un bois coosacréan héros Horatns. Voy. Cluver., Ital. Ant, III, 2, p. 868.
Isro. — CoUegœ funus , quanto tum notait apparent fecit. Plutarque, Vie de Publicola . ch. x, dit que Valérius prononça, dans cette circonstance , l'oraison funèbre de son collègue, et que de la date l'usage de louer publiquement les grands hommes après leur mort. • Les Grecs, dit RoUin, n'accordaient l'honneur de ce panégyrique qu'aux guerriers morts pour la défense de !• patrie. Quelque estime que les Romains fissent de la nleur, ee n'était pas le seul genre de mérite qu'ils jugeassent dignes de leurs éloges. Tous les grands hommes qui s'étaient distingues ou par leur habileté dans la con-
duite des armées, ou par leur prudence dans les conseils, ou par leur vigilance dans les fonctions de la magistrature, ou par d'autres services rendus à la république, recevaient après leur mort le tribut qui leur était dû , soit qu'ils fussent morts en combattant pour la patrie , soit qu'une fin naturelle et paisible eût terminé leur vie. »
Cbap. VU. — In summa Velia. Vélia était une colline dans le voisinage du mont Palatin, et qui dominait le forum. Voy. Donat., Vet. Rom., Il, 16 ; Nardioi,V, 4, 5 tt Adler's Beschreibung R oms, p. 245. Denys d'Haï , 1, 5, fait dériver ce mot du grec iXo$ marais , et dit qu'en vieux langage on appelait hélies ou vélies les endroits marécageux. Mais cette étymologie ne saurait convenir, puisqu'il s'agit d'un lieu élevé. Varron, de Ling. lai., IV, 8, en donne une autre qui ne paraît guère plus vraisemblable. Suivant lui , le root Vélie vient de ce qu'avant l'usage de tondre les troupeaux, les bergers conduisaient leurs moutons sur cette éminence pour leur arracher (vellcre ) la laine ( vellus ) . — Nous verrons plus bas , liv. VI, ch. xx, que Manlins fut surtout soupçonné d'aspirer à la tyrannie pour avoir bâti sa maison sur le mont Capitolin.
Plutarque, Vie de Publicola. ch. x, dit qu'il fit enlever les haches des faisceaux de ses licteurs, et que dans les assemblées il faisait déposer ces mêmes faisceaux aux pieds du peuple. Cet usage était encore observé par les consuls à l'époque où Plutarque écrivait.
Ibio. — Ubi nunc Vicœpota est Scilicet cèdes; ellipse dont Horace nous offre aussi un exemple : Ventum erat ad Vestes (Serm., I, ix, 55). La victoire était appelée Vicapota a vincendo et potiundo. Vûy. Cic. de Le g. II, Il , et Sénec, Apocol.
Cbap. V1H. — Poslem jam tenenti. • Postem teneri in « dedicatione opportere videor audisse templi : ibi en ira « postis est ubi templi aditus et val va?.» Cic, pro Domo, 46.
Ibio. — Efferri juberet. Efferre et eo grec *v«p«îas« désignent souvent dune manière spéciale ractioo d'enlever les morts pour leur donner la sépulture. On dit dans le même sens en grec ix?ipiï», et en latin export are. Voyez les notes de M. Boissonade sur les Héroïques de Philostrate , p. 451 , 452 : M. Longue ville sur le Panégyrique d'isocrate, p. 112, et le nouveau Trésor de la langue grecque, vol. III, p. 625. C.
Cbap. IX. — Salis quoquevendendi arbitrium. Ce fait et celui qui précède devaient avoir été empruntés aux annales , dans lesquelles de pareils documents trouvaient particulièrement lenr place, ainsi que nous l'apprend Caton (Origin., IV; apud A. Gell., II, 28) : « non lubet scribere , quod in tabula apnd pontificem maximum est , quotiens annona cara , quotiens lunée aut solis lumini caligo autquid obstiterit. » Le sel dont il s'agit provenait des salines qn'Ancus Martius avait établies à 0»tie (1, 55).
Cbap. X. — Incolumis ad suos tranavit. Polybe (VI, 55) en racontant ce fait, pour prouver jusqu'à quel point les Romains portaient le dévouement à la patrie, semble faire mourir Horatius Coclès : x«r* xpoaiptotv /un»AAaÇ« r&* /Stov. Niebuhr en conclut que tout ce récit n'a aucun fondement historique et n'est autre chose qu'un épisode de ces prétendus poèmes doot il fait l'unique source de l'histoire romaine. Mais de bonne foi peut-on tirer nne pareille déduction de cette divergence, qui vient peutêtre de ce que Polybe, pour donner pins de force à l'exemple qu'il citait , altérait avec intention l'acte de dévouement du héros romain , et ne croyait pas nécessaire d'ajouter œ qu'il était détenu, puisque c'eût été
diminuer l'émotion qu'il voulait produire' D'ailleurs, des termes employés par Polybe, il ne résulte pas rigoureusement qu'Horatius trouTa la mort dans le Tibre ; car , comme Ta fort bien remarqué Schweighaeuser xar* npoodpiM /uniJUaÇc r&* fli<r* peut se dire également et de celui qui periculo sponte suscepto succumbit, et de celui qui quum morti se destinasset, incotumis tamen evadit.
Tite-Li?e semble avoir préTU les doutes que provoquerait cet acte héroïque quand il ajoute : • Rem ausus plus famée babituram ad posteros quam fidei. • Tel est aussi le sentiment de Florus, qui étend cette réflexion aux épisodes de Mucius Scévola et de Gélie : • Tune illa Romana prodigia atque miracula , Horatius, Mucius» Clelia:qu»nisi in aunalibus forent, bodie fabula; viderentur. » N'est-il pas évident que par ces mots, in annalibus, il s'agit des grandes annales? car la mention de ces trois personnages dans les annales des historiens postérieurs ne serait pas aux yeux de Florus une preuve d'authenticité suffisante.
On s'étonne que d'une pareille variante et de quelques autres qui n'ont pas plus d'importance, en ce qu'elles ne touchent pas au fond du récit, on tire cette conséquence, que toute l'histoire de la guerre de Porsenna ofTre le caractère d'une épopée, ou a d'abord eu cette forme, et que par conséquent tous les acteurs du drame sont imaginaires. Mais alors comment expliquer la statue élevée à Horalius Cocles dans le Comice, puis transportée plus tard dans le Vulcanal (A. Gel!., IV, 5. Plut. Publ. xvi, et Àur .Victor de Vir. illustr., ch. xi), et qu'on voyait encore à Rome du temps de Pline ( XXXV , 5 ou 15) ? Serait-ce aussi une fiction poétique ?
Ibid. — Agri quantum uno die circumaravit , datum. Niebuhr fait remarquer qu'on aurait rendu Horatius bien riche, puisqu'on lui aurait donné environ une lieue carrée , et qu'alors la république n'avait ni la possibilité, ni même la volonté de faire de pareilles donations. Quelques interprètes, frappés de cette considération, ont entendu circumaravit des détours que fait la charrue pour tracer les sillons. Mais cette interprétation est évidemment forcée, et on répond avec raison que la récompense nationale se serait bornée à un arpent de terre « ju-
• gum vocabatur quod uno jugo boum in die exarari
• posset. » ( Pline, Hist. Hat., XVIII , 5. ) Mais faut-il donc prétendre trouver dans des traditions de ce genre une eiactitude bien rigoureuse ? Quelle qu'ait été l'étendue de terrain accordée à Horatius Cocles, il est constant que son action , attestée par un monument public , méritait une récompense nationale, et que l'usage de déterminer par le sillon d'une charrue , par la course d'un cheval , d'un âne , etc., les limites des concessions de ce genre se rencontre en Asie du temps d'Hérodote ( IV, 7 : &**0m
êk ol 4tà tovto, ôaat d> farç» it fyiip* puv xtpuÂàaip ocùréç) ; en
France sous les rois Francs et sous Charlemagne ; dans les mythes Scandinaves , dans les romances turques, etc. Voyez Jacob Grimm, Deutsche Hechts Alterthùmer, p. 86 et suiv.; M. Micbelet, Origines du droit français , p. 77 et suiv.; Niebuhr, Hist. rom. t 1. 1 , p. 605. C'est le même procédé qu'on employait pour tracer les limites des villes ( Verrius, Flaccus sub voc. Primigenius sulcus , p. 95 , Egger, Varron, L. L.» V, 145, Egger). C'est ainsi que Uomulus, dans la tradition, trace le pomœrium [ PI utarque , Rom., ch. xi.)
Cbap. XI.— Finisque illa tam effuse eragandi Etruscis fuit. « Les poêles, dit Niebuhr (t. I, p. 604; t. II, p. 552 de la tr. fr.), n'avaient pas fait attention à ce qu'il
était impossible que Rome ait pu être réduite à la (aminé par un ennemi qui n'était campé que sur lejanicule, lors même qu'il eût été maître du fleuve. Aussi les annalistes imaginèrent-ils* des excursions sur la rive gauche , et pour obvier à l'inconvénient qui résultait de l'absence des faits , en même temps que pour honorer leurs ancêtres , ils inventèrent un stratagème des consuls pour attirer les Étrusques et leur faire éprouver une grande perte. • Qu'on relise attentivement le chapitre xi et l'on se convaincra jusqu'à quel point cette critique est peu fondée. Où Niebuhr voit-il que Porsenna n'était campé que sur le Janicule? Tite-Live dit précisément le contraire : • Prasidio in Janiculo locato , ipse in piano ri- • pisque Tiberis castra posuit. » Dominant Rome du Janicule, établi dans la plaine et sur l'une et l'antre rive, Porsenua était maître de la campagne et du fleuve ; il pouvait donc facilement affamer la ville. II faut vraiment un besoin impérieux de destruction pour voir une création poétique dans tout cela.
Cbap. XII.— Quum C. Mucius adolescens nobilis, etc. La famille Mucia était plébéienne, puisqu'au 4* siècle un P. Mucius est tribun du peuple ; or, C. Mucius Scaevola est patricien dans le récit de Denys d'Halicarnasse, noble dans celui de Tite-Live : donc toute cette histoire est une pure invention des poètes romains. Tel est le raisonnement de Niebuhr, et après lui de M. Micbelet. Mais qui prouve que la famille Mucia ait toujours été plébéienne? Niebuhr lui-même reconnaît daus un autre passage de son livre ( t. II , p. 56 de la trad. fr.) qu'il y eut à Rome des familles qui renoncèrent librement au patriciat et qui devinrent plébéiennes. Pourquoi les Mucïi n'auraient-ils pas été dans ce cas ?
Ibid. — Trecenti conjuravimus principes juventutis. Niebuhr est encore arrêté par ce nombre de trois cents qui , dit-il , revient toujours partout où se retrouvent les anciens poèmes. M. Michelet , sans doute pour justifier cette observation de son devancier, fait remarquer que Mucius commeuce par coufier son secret au sénat, c'està-dire à trois cents personnes. Ce nombre est sans doute aux yeux des critiques un nombre purement symbolique. Soit ; mais qu'on en tire cette conséquence que partout où on le rencontre on doit reconnaître les traces d'un poème, c'est ce qu'on ne peut admettre. En raisonnant ainsi, il faudra éliminer de l'histoire grecque l'épisode de Léonidas à cause des trois cents Spartiates , effacer des annales de Tnèbes toute la période d'Épaminondas parce que le bataillon sacré se composait de trois cents ' nommes. Conjecture pour conjecture , j'aimerais mieux croire que quelque temps avant l'expulsion des Tarquins, il s'était organisé à Rome une hétairie , à l'exemple de l'héiairie pythagoricienne, alors dans toute sa force , et que celte société secrète , dont les dangers de la patrie entretenaient la ferveur, avait confiée Scévola la mission dont il s'acquitta avec tant de dévouement et de courage. Si cette conjecture est fondée , comme je suis porté à le croire, on s'expliquerait sans peine que le roi étrusque, qui peut-être déjà à cette époque avait imposé à Rome le traité onéreux dont parlent Pline et Tacite, et sur lequel Tite-Live, faute d'avoir connu ce monument, ou dans l'aveuglement de son patriotisme, garde un silence absolu , ait cédé à la crainte d'un danger qui menaçait sa vie à tous les instants, et préféré avoir, dans un peuple aussi jaloux de son indépendance, plutôt des amis que des sujets. Ce serait encore une preuve eu faveur de l'authenticité de cette époque de l'histoire ro-
HISTOIRE ROMAINE. — NOTES
Ce qu'il y a de constant, c'est qne l'influence de la société pythagoricienne se répandit et se maintint longtemps en Italie , en Grèce et même en Asie-Mineure. On peut à cet égard lire ma dissertation sur une inscription de Délos. [Expèd. de Morêe, t. III, p. 24 et soi?., et t. II , p. HO et suiy. du tirage à part.)
Cbap. XIII. — Cognomen inditum. De «af©$ , d'où Scœvus avec l'insertion dn di gamma. L'étymologie du mot Sctrtola . donnée par Yarron ( LL , VII , 95 , p. 113, Egger ) ne se rapporte pas , comme parait le penser Ifîebuhr, au surnom des Mucius , mais est présentée par le ayant Romain à l'occasion du mot obscœnus , qu'il rapproche, on ne sait trop pourquoi, de scawus et scœroto, sorte d'amulette obscène qu'on suspendait au cou des enfants pour détourner les maléfices.
Isio. — Ut paris conditiones ultro foret. Tite-Live parait avoir ignoré complètement qne le traité en question avait été imposé à Rome par Porsenna , à la suite d'ane victoire qui avait rendu les Etrusques maîtres de Rome, fait important sur lequel ne penvent laisser aucun doute les deux passages suivants que Beaufort a cités le premier.
• In fœdere quod , expulsis regibus , populo romano
■ dédit Porsenna, uominatim comprebensum invenimus,
• ne ferro nisi in agri cultura uterentur. Et stylo scribere
• intutum , ut vetustissimi auctores prodiderunt. » Mine , 1/. ZY., XXXIV, 39.
• Sede Jovis optimi maximi quam non Porsenna, de-
■ dit» urbe , neque Galli capta temerare potuisseat. • Tacite, WsL, 111,72.
Est-il vrai, comme l'a prétendu Beaufort, et, comme l'ont répété après lui, MM. Micali, Wachsmutb et d'autres, qne le traiteront parle Pline existait encore du temps de cet auteur? Le passage même que nous venons de citer permet d'élever des doutes à cet égard. En effet, Pline oe parait y faire allusion que sur la foi de très-anciens auteurs, ut vetustissimi auctores prodiderunt; d'où l'on peut conclure qu'il n'avait pas le monument lui-même sons les yeux. Cela posé, on peut se demander quels étaient les auteurs qui lui avaient fourni un renseignement aussi curieux? Ce n'était certes ni Fabius, ni Pisen, que Tite-Live a consultés eu cet endroit , ni Hemina , dont te récit s'accordait avec celui de Tite-Live ( voy. le fragment sur Scsvola dans Nonius , au mot censere ), et que PKne<XIII, 13 ; XXIX , 1 ) qualifie d'auteur très-ancien, bien qu'il fût postérienr à Fabius et à Pison. Peutêtre était-ce Ciucius et Acilius, Cincius surtout, qui poussât si loin-1'exactitude et qui avait eu recours aux anciens traités pour la rédaction de son histoire (voy. p. 769, col. I). Quoi qu'il en soit, il est évident que si la vérité a été altérée en cet endroit , ce n'est pas à notre mteur qu'il faut s'en prendre , mais à ses devanciers.
D'ailleurs le passage de Pline et celui de Tacite ne sont pis complètement d'accord. Suivant l'un , Rome aurait ettayé une défaite qui lui aurait fait perdre l'autonomie; mitant l'autre, elle aurait bien été obligée de se rendre , mais le Capitule, c'est-à-dire la citadelle, serait, comme à l'époque des Gaulois, restée au pouvoir des Romains; car, malgré toutes les subtilités de ISiebuhr pour modifier le sens du passage de Tacite , on ne peut en admettre aucune autre interprétation.
Ainsi le fait lui-même de la prise de Rome par les Etrusques pourrait , d'après les principes de ISiebubr, laisser des doutes , puisque les textes qui le constatent présentent des contradictions. Mais, en admettant qu'il
soit incontestable , et pour ma part je le regarde comme tel, il n'est pas impossible de le concilier avec la tradition suivie par Tite-Live, ou plutôt de reconstituer l'histoire de celte époque à l'aide de ces données en apparence si opposées l'une à l'antre. Essayons de le faire.
Rome expulse les Tarquins. Porsenna prend en main leur défense , et vient avec une armée nombreuse tenter de les rétablir. 11 occupe le Janicule, position importante d'où il domine tous les mouvements de ses ennemis , et, malgré le dévouement d'Horatius Coclès, malgré le succès peut-être exagéré des consuls Herminius et Valérius , il parvient à pénétrer dans Rome et à s'en rendre maître, sans toutefois pouvoir s'emparer de la citadelle, qu'il-doit se contenter de tenir bloquée. Dans cette circonstance, il oblige tous les habitants de la ville à lui livrer leurs armes, comme on peut le conjecturer d'après un passage de Denys d'Halicarnasse (*#*■•« x«i àyopàv , xai tzxa, xai
râXXu, ôaw iâiovro Tv/J/fyvol *apaax«<v ixl tq xatrodfactrovxoAépov
( V, 65 , p. 529, C). Il devient même dangereux de conserver le stylet dont on faisait usage pour écrire. En signe de soumission , le sénat lui envoie un trône d'ivoire et les insignes de la dignité royale (Den. d'Haï., Y, 55 , p. 505 , D.). Toutefois, le roi étrusque ne croit pas devoir s'établir dans Rome, dont le séjour est dangereux pour lui tant que le Gapitole n'est pas en son pouvoir. 11 reste dans son camp de l'autre côté du Tibre , et , pour s'assurer de la tranquillité des Romains, il se fait donner des otages.
Du reste, Porsenna oublie complètement le motif qui lui a fait commencer la guerre : il ne rétablit pas les Tarquins et ne songe qu'à accroître sa puissance au moyen de territoires qu'il se fait céder. Son fils Aruns est-même chargé par lni d'aller soumettre Aricie qui, par sa position inexpugnable , était alors , comme le remarque judicieusement Niebubr, la principale ville du Latium, et que pour ce motif il veut ajouter à ses états.
Mais Aruns échoue dans cette tentative, l'armée étrusque est battue. A cette nouvelle, dont Rome doit peut-être la connaissance à la courageuse fuite de Clélie, l'un des otages livrés à Porsenna , une société secrète , formée pendant les dernières années de la tyrannie , et dont les dangers publics ont resserré les liens , se réunit malgré la surveillance des vainqueurs. G. Mucius , l'un de ses membres , est désigné pour sauver la patrie. Il échoue; mais sa fermeté héroïque, ses révélations effrayantes changent les sentiments de Porsenna, qui ne peut envisager sans terreur le duel opiniâtre dont il est menacé. D'ailleurs, son armée est affaiblie par la défaite d* Aruns; le Capitole résiste toojours, et s'opiniatrer à asservir un peuple si jaloux de sa liberté, un peuple où les femmes elles-mêmes montrent tant de courage et de patriotisme, c'est peut-être vouloir préparer sa ruine. Il se retire donc, se contentant des territoires dont il avait précédemment obtenu l'abandon, et, par là, le traité dont parle Pline se trouve aboli.
Ces conjectures , comme on le voit , s'écartent peu du récit de Tite-Live et changent seulement l'ordre de quelques faits. Elles expliquent comment l'orgueil nationa a pu passer sous silence, sans trop altérer la vérité historique , uoe occupation qui ne fut pas complète , et un traité qui ne dut recevoir qu'une exécution momentanée elles font comprendre enfin comment Rome se vit affranchie de la domination étrangère sans recourir, ainsi que le suppose Niebuhr, à une insurrection sur laquelle les historiens se seraient tus , on ne voit trop pour quel motif, puisqu'elle eût été un titre de gloire.
Quelques écrivains, pour expliquer le silence de Tite-
Lire iar le traite impoié a Rome par Porsenua , ou! supposé qa'il avait été trouvé postérieurement i Ou. sium. Haii cotte supposition parait purement gratuite.
Ciip, XIII. — Qua postea sunt Mucia praln appellata. Suivant une antre tradition rapportée par Deoys d'Uallcarcasse (T, 35, p. SUS. D.), on lui aurai! accorde au deU du Tibre, Il même étendue de terrain qu'a Horatioi Codes. Le récit de Tile-Live n'offre ici aucun caractère d'exagération.
Iiid. — Femlna qtioqut ad pvbllea décora txcitala. Il rat difficile d'admettre que la fuite de Clélie ait eu un pareil motir. La conjecture que J'ai proposée plus haut, bien qu'elle Intervertisse l'ordre de» faits, cit. jecroii, plua vraisemblable. H parait d'ailleurs qne lea historien! romain» n'étaient pas d'accord aur cet épisode. Tlle Liv« a suivi ta tradition la ptua généralement reçue, et qu'il avait retrouvée dans Pisou , aTec lequel il diffère seulement eu ce point que ce dernier faisait élever une statue ï délie par les otage* eui-mémes ( Plin., H. A'.. XXXIV, 13). Va autre récit qu'avait suivi Annius Fellalîi (Plin., itid.), et que Platarque reproduit (de mut. Vin., h), (lisait surprendre Ici otages par Tarqnin , au moment où oo lea amenait dans le camp étrnaque , et tous élaieol tués, a l'eiceptinn de Valérla , fille du consul Publicola, qni regagnait Rome. Pour concilier cette tradition avec la première, il faut supposcrque, parmi Ici otages qui accompagnèrent Clélie, se trouvait une Valéria , qui devint dans tes mémoires de u famille l'héroluo de l'aventure; mais cette substitution de nom*, qui trouva peut-être quelque créance ches certain* historiens , amie de* Valtrii, beaucoup plus pnissanU qne le* Ciuitit, ne put prévaloir sur la véritable tradition, et la gloired'uu génèrent déionement resta à Clélie. J'insiste sur ce point , parce qu'on en peut déduire cette conséquence , qne le* falsification s historiques dont se rendaient coupables les fa mules avaient peut-être moins d'inconvénient qu'on ne l'a prétendu ; en effet, il était bien difficile qu'elles n'eussent pas lieu au préjudice de quelque autre race illustre, dont l'énergique protestation éclairait l'opinion et rétablissait ta vérité.
Cbip. XIV.— ProzitMt» vero est ex ils, qua truduntur. Il est à regretter que Tite-Live ne nous ait pas rail connaître toutes les traditions qui oiistaieut de son temps sur l'usage symbolique de vendre le* biens du roi Porsenna toutes les fois qu'on mettait des biens t l'encan ; car on ne saura II se contenter de l'eiplicatiou qu'il donne comme la plus vraisemblable. Niebuhr, comme nous l'avons dejt vu, 1rs nehu U difficulté en supposant une insurrection qui affranchit Rome de ta domination étrangère. Mai* cette supposition est purement arbitraire. Pour moi, je serai* porté a croire qne toutes les conditions imposées
qu'une partie de* contribution* d'Objets detonte espèce, frappée* par lui sur le* vaincus, n'avait pu être fournie et livrée immédiatement , et que, se trouvant disponible an moment où le roi étrusque se décida brusquement a ta retraite, on prit le parti d'en faire la tente pour éviter un pillage. Quant t la persistance de cet usage, ellea'eipliqne par le désir bien naturel d'effacer le souvenir d'une défaite , eu ne rappelant que la dernière scène d'uu drame qui en déflnltite s'était dénoué t la boute du vainqueur, lain. — Tujcum ricum apprtlarunl. Vairon ( L. L., V, 46) M Tacite (,<nn., IV, SS ) font remonter l'origine de ce nom è l'établissement de Gelïiu Vibenna. V oyei la note de M. Bournouf sur Tacite (toc. cit.).
Cuir. XV. - P. LuertOm istdé et P. Poleriw Publicola contalei facti. Tite-Live parait s'être trompé. D'après les fastes consulaires ( Dénia d'Haï., V, 21; Cas siodore, etc.), le* deux consuls de cette année furent H. HoratinsPnlvillos, pour la seconde foi», et P. Valerins Publicola.
Ibid. — Carton Veienttm restituit. Niebuhr ne croit pas a cette restitution, ■ psrco que, dit-il, au temps de» décemvira ou était si loin d'avoir récupéré le* canton* étrusque* que le Tibre était la limite dn territoire retenir. XVI. — Comuli* M. Pdleritu, P. Poslimiu*. Tile-Live omet Ici les consul* de l'an de Rome 218 (av. J.-C. 305). Ce furent Sp.Lartius et T. Het-minins.
Iam. — Atlas Clautut mi poitta Ap. Claudio fuit Borna nomen. L'empereur Claude prétendait descendre de cet Attus Clausus. • Majores raei, quorum anliquissi- • mus Clausus, origine sabina, simul in dtilatenimna- ■ nain et in familiaa patriciorum ascitus , hortantur. • Tac, Ann., XI , 24.
Virgile {£n.. VII, 706) bit remonter l'origine de celte famille puissante jusqu'au temps de l'arrivée d'Ëoée en Italie :
EcceSablDOrnm prisco de sanguine magnum Agmen agens Clausus , nuuniiqua Ipsesginlnts instar, Claudia nunc a qoo diffundltur et tribus cl gens Per Latlum , poalquam in putem data Koroa Sablnii.
Chip, XVII. — Sitb eorona eenierunt. Cette locution vient, suivant le* uni, de ce i]ue les prisonniers de Ruerre, au moment de la vente , portaient une couronne aur la tête; suivant d'autres, les soldats préposés à leur garde les entouraient comme d'une couronne. Autu-Gelle, qui rapporte ces deux ciplications ( VII, 4), regarde la première comme la seule admissible.
Ibid, — Oppidum dfrufum. Denya d'fialicarnaase ne tait pas mention de cette guerre , qu'il remplace par une victoire de Cassins sur les Sabins ei par d'autre* événements que Tite-Live passe sous silence; et comme d'ailleurs il est encore question au chapitre un, comme au chapitre svt , de trois cents otages livrés par Cora et Pomeria; au chapitre m, de la prise de celle dernière ville . qui certes n'avait pu relever ses murailles en aussi peu de temps , et enlln , au chapitre hvi , d'une guerre contre les Aurunces, terminée par nu seul combat; Drakenborcb , dont Niebuhr etploite les idées sans le nommer, conjecture avec beaucoup de probabilité que Tite-Live fait deux guerres de ce qui n'en était qu'une , placée, ileal vrai , a des dates différentes dans différents historien*. Voyex M. Lachroan , de Fonfitais Tifi- Lirfi , S 47. Du reste , en disposant dans un ordre différent, comme j'aiessayédelefaire plus haut (p. 791, col, 2). les faits rapportés par Tile-Live , on trouvera qu'il est d'accord avec Denya. Cf. de la Corne de Semle-Palaje , Hem. de VAcad. des inscr., L VIII , p. 363 et auiv.
Chip. XVIII. — Dictaloris primtsm rreemdi mentit) orta. t Quelques auteurs uni blême les Romains d'avoir créé la dictature. lia ont prétendu que cette magistrature avait jeté dans Rome les fondements de la tyrannie, puisque le premier qni la subjugua se servit du litre de dictateur, et que , sans ce titre fatal, César n'aurait pu trouver aucun nom honnête pour couvrir son usurpation. Celle opinion, avancée sans eiamen, a été reçue sa os ration. Ce ne lut ni le nom ni le pouvoir du dictateur qui ml reut Rome am fers : ce hit l'autorité usurpé* par quelque*
créé. S'il eo eût été ahwi . le» coniula auraient pn imposer A Rome un magistrat suprême, malgré elle. Toute création de dictateur était donc nécettairemeul précédée d'un lénatus-consulte portant ordre aui consuls de nommer un dietateur.
• 2* Ordinairement tes cousait se concertaient entre eux et avec If sénat sur le choix d'un dictateur, et, par suite, le sénat inQuait sur ce cboii ; mais la chose était de convenance et non de droit. Le droit attribuait le choit et la Domination du dietateur excluait ement a l'un des consuls , tous la condition toutefois de ne parler son suffrage qae sur un citoyen réunissant les qualités d'élittihle.
.3" Deux de ces qualité* étalent d'avoir rempli nue charge rurale et de demeurer en Italie.
■ 4* Si le comnl électeur violait la loi » cet égard , comme le SI Clandiua Pulcber eu nommant Glycia, on tepréparaitarenfreindrp, comme La? ti oui, te sénat pouvait casser la nomination ou recourir au peuple pour la prévenir.
• 5° Quant a la nomination d'un citoyen revêtu de la puissance dictatoriale par l'un des deux ordres, on ne trouve dans toute l'histoire romaine que celle de Fabius. Cette eiceptiou unique, formellement indiquée par la substitution du titre de prodictateur a celui de dictateur, prouvée! confirme la règle générale. >
Cuir. \l"X. - iYihil dtgnnm memorio actum. C'est I cette année que Denys d'Halicarnaste (VI, I). rapporte le sénalus-cou julte ordonnant que tontes les femmes latines marléet A des Romains, et toutes les Humaines mariées A des Latins étaient libres de rester auprès de leurs époui ou da retourner dans leur patrie. Denys ajoute que toute* les Romaine* revinrent a Rome et que toutes les femmes latines , à l'esception de deux , préférèrent leurs maris A leur patrie. On conçoit difficilement que Tite-Live ail passé sous silence , comme peu digue d'être rapporté, ce fait curieux qui devait an plus baut degré Hitler l'orgueil national des Romains. On serait donc tenté d'admettre que ce sénatus-consulle a été inventé par Denys dans un but d'adulation , s'il n'était plu* naturel de penser que les historien* suivit dans Cet endroit par Tite-Live n'avaient trouvé dans les annales que les nom» seuls de* consuls de cette année, et que Denys avait puisé le document qu'il noua fournit * une source différente de celle qu'avait consultée Tite-Live, peut-être dans les archive* publiques (voyei p. 763 1. ou daus quelque historien du droit romain. Niebuhr (t. II, p. 518 de la tr. ir.) tranche la difficulté eu considérant le Tail rapporté par Denys comme un débris de l'ancienne épopée romaine.
Un manuscrit, an Heu d'art tint, lit egrrr, et je préférerais celle variante si elle avait pour elle des autorité* plut nombreuse* ; car elle expliquerait jusqu'à un certain point l'omission faile par Tite-Live, qui s'occupe beaucoup plus des guerres que des événements intérieurs.
lui).- Ailacum Htgillum. Tile-Lite place A l'an 255 la
bataille du lacRégille, bien qu'il prenne pour guide dans tout ce qui suit les historiens qui, comme Denys, la reportaient a l'a nuée 258 , ce que la loi sur les consulaire* rend beaucoup plus vraisemblable. D'ailleurs, au commencement du chapitre xiii , où sont contenus les événements de l'année 259, l'historien représente les Romains comme irrités contre les Volumes qui avaient levé det troupes pour secourir let Latins. Or, celle assertion s'accordait bien avec le récit de ceux qui plaçaient le combat en 258, mais non pas avec les auteur» qui, comme
Tite-Live, supposaient entre le combat et l'année 259 un intervalle de trois an*. Enfla , dans le même chapitre, quand il parle de la défaite det Latlnt an lac Régine comme récente ■ rerens ad RigiUun actrpta ciaàtt , H est évidemment guidé par ceux qui n'admettaient qu'un an entre tes deux guerres.
• La bataille du lac Résilie, telle que ta dépeint Tite- Live , n'est pas, dit Niebuhr, nn choc de deux armée*, c'est un combat héroïque, comme dam l'Iliade. Tous le* chef» se rencontrent en combat singulier, et font pencher la victoire tantôt d'un côté , tantôt de l'autre , tandis que les masses luttent sans résultat. Le dictateur PiHiimiius blesse le roi Tarquin, qui t'oppose A lui de* le commencement de la bataille. T. «butins, le général delà cavalerie, blesse le dictateur latin; mail lui-même, blessé dangereusement, est obligé de quitter la mêlée. Hami* lius , simplement provoqué par ta blessure , conduit A la charge la cohorte det émigrés romains, et rompt lea
la Action romaine ne pouhonneur qu'A det concitoyens, sous quelque* drapeaux qu'ils combattissent. H. Valérius, surnommé Maiimua, tombe en arrêtant leurs succès; PubliutetMareus, let (Ils de Publicola, trouvent la mort en voulant sauver le corps de leur oncle. Mais avec ta cohorte le dictateur tes venge tout : il bat et poursuit lea émigrés. En vain Mamiliua cherche A rétablir le combat ; T. Uerminius e»t percé d'un javelot pendant qu'il dépouille le général des Latins. Enfin, let chevaliers romains, combattant A pied devant leurs enseignes, décident la victoire, puis ils montent A cheval et dispersent l'ennemi. Pendant la bataille le dictateur avait voué nn temple aux Dioscuret : on vil combattre aux premier* rangs dent jeune* guerrier* A la taille gigantesque et monté* sur de* cbevam blancs. Et comme , immédiatement après la mention du vœu , on rapporte que le dictateur avait promis da* récompenses aux deux premier* qui escaladerai enl les remparts du camp ennemi, je soupçonne que le poème disait que personne n'avait reclamé ce prit , parce que ce furent le» Tyndarides qui ouvrirent le passage aux légions. La poursuite n'était pas encore achevée que déjà le» héros , couverts de poussière et de sang, apparurent A Rome; ils se lavèrent eux el leurs armes A la fontaine de Julurns , pré» du leioplo de Vesta, el ilt annoncèrent au peuple assemblé dans ht Comilium l'événement de la journée. Le temple promis par le dictateur fut élevé de l'autre côté de la source , et mit le ebamp de balaille, un pied de cheval imprimé dan* le basalte attesta la présence de ces guerriers surnalu-
• Ceci, sans doute, est riche de beautés épiques, et,' néanmoins, nos historiens ne connaissaient probablement plus l'ancienne forme de ce récit dans toute ta pureté. Ce combat de géants, dans lequel let dieux apparaissent, termine le chaut des Tar quint , et je sais convaincu que je devine juste en avançant que le vieux poème faisait périr dana cette mort des héros toute la génération qui était en guerre depuis le crime de Sexto» , lequel , selon le récit de Deuyt, y péril aussi. Si daus cette narration le roi Tarquin quitte le champ de balaille après avoir été blessé, c'est que l'on a voulu la concilier avec la notion historique qui le fait mourir A Cumes. Mamilius est tué, Marcus Valérius Maximu» est tué, sans préjudice de* traditious historiques qui le fout encore dictateur plusieur» années après; et P. Valérius, qui trouve aussi la mort , n'est pat , A coup sûr, ie fils de Publicola , mais Pnblicata loi méroe. Uerminius ne manque point; bien certaine-
■ni m «'avait paa oublié non plus Lartiu , l'autre campagnon de Codé», et qui certainement c'était pat aWreat du premier dictateur; seulement il est caché, farce que le poème a mû un aalre * la tète de l'armée, Aitâlet mânes de Lucrèce loot apaisées, et les bomrna •es tese» héroïques ont disparu du monde, «tant que •Ma [état qn ils ont affranchi , 1 injustice règne et donne ■ussanee t l'insurrection. . Niebubr, t. Il , p. S-,9 de la k-.fr.
Présentée de cette manière , ta bataille do lac Hégilk s eSMUresneut quelque choie de poétique qui la rapprocardea grande* épopée*. Hait Niebubr est-il de bonne ni quand il prétend qne Tite-LiTe la raconte arec loutei ta circonstance* r Ne loi préte-t-il pai certains détails an' ne ae retronvent que dans ion auteur favori, te rseteor Deniid'Halicarnssie? N'est-ce paicbeicetécri- (VI, tt) que Publias et Msrcus, filsrie irt en voulant sauver le corpa de bar aade F N'eal-ce pai Icd ku] qui fait interTeuir Caitor aPolliiidini la bataille, qui les présente pestant a Rome a nouvel]* de la victoire? N'est-ce pai lui seul enfin qui bit mourir dan* ta combat Seitu* Tarquin , déjà mort ànmi longtemps à Gabiea? Aucun de ces ornements, «senne de ces traditions fabuleuses ne dépare le récit de Tiie-I.ite ; il eut été juste d'eu convenir. Mais il reliait a Mute forte retrouver les traces d'un poème, et l'on a ja|é plm commode de prêter t un historien judicieux ks mensonges d'un Grec qui sacrifie sans cesse la vérité I Tutile plaisir de flatter ira maîtres. Libre d'ailleurs à luebubr de renchérir sur le rhéteur grec, et de supposer qae Lartius , l'on de» deux compagnons d'Hora tins Coclès, t'avait pai été oublié dam le poème , parce que l'autre , T. Henninina , est fan des héros dn combat. Quand on (avance aussi librement dans le champ des conjecture* , n ne doit pas connaître de limites.
Eu défendant Tite-Live contre le* attaques de la cri tique allemande , je ne prftends pas affirmer que le récit île rhiitorten romain soit exact en tout point et n'ait pas rteuqoelqctesen)belMisemeuti;inaii U s'arrêtent me* conttsnont. Un combat (nui décisif, puisqu'il mit ta confédération latine sous la dépendance de Home , devait avoir anasé nu profond son venir chez le* deui peuple* et dans I* famille* qui s'y étaient distinguées. Il avait rendu pojauaira* les nom* d'fbultui , de Poslumius et d'Her n>iaùa, et le temple des Dioseores, élevé pré* de ta fontaine aeJntnnsa, en avait éternisé la mémoire. Bien plus, l'utile secours de la cavalerie dans cette journée célèbre était rappelé chique année par une fête qui avait lieuaux Ides dcQuiutilit, data de la bataille, et dans laquelle les chevaliers, après an sicrifice solennel, offert parle* principaux senibresde l'ordre équestre, couronnés d'olivier, velus de La trotwa. divisés par tribus et par centuries , monté* nr leur* ehevau i et n ugé* comme s'ils revenaient d u combtt, partaient du temple de M a ra , situé hors des mura , parcouraient ta ville , et, traversant le Forum , venaient défiler devant le temple de Castor et Pollui , portant tous les insignes qu'Us avaient reçus de leurs généra m comme récompense de leur valeur. Cette imposante procession, où figuraient souvent jnsqn S cinq mille chevaliers, avait Ben encore du temps dèDenys d'Halicarnassc ( VI, (S), uni juge ce spectacle digue de la grandeur de l'empire ; . au. rsfi mt**wc rti *,tiLt.i*t.
Chip. XX. — Coftorfi w«. Il s'agit de ta cohorte pré torleone, dont l'organisation ne date , à proprement parler, que de Scipiou le finmanlin. Vojw Lipse, .Wifii.
irn inplicant temporutn ■ etc. Ce xm sur lesquels le* adversaires de insisté. 11 prouve sans doute que la des lacunes que présen-
Cbip. XXI. — fils eomatibus trie* Salvnto dedlcala , aie. Cette éniiméralion sommaire de* éténementa parait avoir été directement empruntés aux anuaiea.
Ibid. — Tonti en passage est l'un de Tite-Live ont le plu chronologie romain
taient certains documents , et qui devaient avoir donné lieu à la différence des ères, n'était pas, au temps de Tiie-LIve, G xée d'une manière certaine et incontestable; mai* on n'en peut tirer aucune conséquence contre la véracité de l'historien. La franchise avec laquelle il convient de cette difficulté prouve au contraire qu'il ne se fait pas illusion et qu'il ne cherche pas a tromper ses lecteur*. On ue saurait non plus admettre que, d'une différence de iroia années dans la date d'un événement, il résulte de toute nécessité que le récit de cet événement est purement poétique. On en peut uniquement tirer cette conséquence que les document* chronologiques sont insuffisants ou ineiacts. Plusieurs dates des époques où la caractère potllirde l'histoire n'est l'objet d'aucun doute sont encore aujourd'hui soumises a la discussion; s'en suit-il que les faits auiquelles elles se rapportent doivent être regardés comme fauxr Kt pour ne citer qu'un seul esempie , la chronologie de Guillaume de Tyr est sonvent fautive ; en conclurons-nous que l'histoire de* Croisades, où d'ailleurs les combats singuliers et les grands coups de lance abondent t n'est aulre chose qu'une réunion indigeste de débris poétiques ?
Casr. XXIV. — Libérai nepottne tjut morartlur. Suivant les lois romaines , le* pères avaient droit da vie et de mort sur leurs enfants; ils pouvaient donc le* vendre ou tes engager. Le* aïeux avaient le même droit sur leurs petits -enfants ; par conséquent le* créancier* pouvaient les retenir comme gage de leur créance.
Cuir. XXVI. - Tumu/tus fuit rertaj ouo» bttlum. La mot alerte, emploie dans ta induction pour rendre lumu/tus n'est pas suffisamment esact. Cic, PHI,. VIII, I {cf. V, 12-19) :■ Potest bellum esse sine Utraultu, lu-
■ multus esse sine beltu non polest. Quid est enim alind
• tumufiui, nlsi perturbatio tanla, ut major limor
■ oriaturr (leg. lumor, cf. Gerb. Joan. Voisiusadb. 1.)
■ TJndeettamuomenductumesttumultus. Itaquemajores
> noslri tnmultum Italicum quod erat domeslicus ; tu-
• mullum Gallïcum , quod erat Boilimus , prêcterca nul-
• lum nominabanl. Gravius aulem tnmultum esse, quam
• bellum , hinc intelligi licet , quod bello racalioue* va-
> lent, tumullu non valent. ■ Les soldats levés dans tes cas de tumulte étaient appelés tumu/tuarii milites. Cf. Festus ad h. v. — Tiie-l.ive, au chap. xvi du livre XXI, reproduit la même pensée, nuis en des termes plus énergique* : • Cum Gaîllt tumulluatam magis, quam belli-
■ geralum est. •
IaiD. — .ttiiilfo pirftctoqw bello Sabina. Licuiiu* Macer ( Denys d'Haï., V, «; Pline. XV, 39) donnait beaucoup plus d'importance S la guerre contre les Sabim.où les Romains s'emparèrent de dix mille arpents de terre ( Denis d'Haï., V, 19 1.
Cbip. XX VII. - Uler dedieartt Mrrcurii onfem. Tite- Live a déjà fail mention an chap. in de la dédicace dn temple de Mercure; il est probable qu'en répétant ainsi an même fait il a suivi deux autorités différentes. En effet , au chapitre m , il se borne à renonciation du fait, tandis qu'ici il l'accompagne de circonstances détaillée*.
Cbap. XXVII. — Primipili cennirtoni. « Cet officier commandait la première centurie du premier manipule des Triaires, appelés aussi pilani , parce que leur arme était le dard , pilum. C'était le plus considérable de tous les centurions d'une même légion ; il avait place au conseil de guerre avec le consul et les autres officiers généraux. 11 avait en garde l'aigle romaine, la déposait dans le camp, et l'enlevait quand il fallait marcher, pour la remettre ensuite au vexillaireou porte-enseigne.* Cbbviei.
Cbap. XXIX. — P. Virginivs rem non vulgabat.
Comme P. Virginius à cette époque n'était pas encore parvenu aux honneurs , et que le droit de donner son avis dans le sénat n'appartenait , à en juger par les temps postérieurs, qu'aux sénateurs les plus éminents eu dignité, Duker a proposé de lire Titus an lieu de Publius, T. Virginius étant alors consulaire (voyez ch. xxi), comme Lartius et Ap. Claudius.
Cbap. XXX. — Sed fractione , etc. La même pensée se retrouve dans Diodore de Sicile, livre XVI, p. 527.
Ibid. — Manium Valerium dictatorem, etc. U était frère de Publicola et de Marcus Valérius , tué à la bataille du lac Régille. Les plus anciennes éditions portaient Marcum Valerium, et l'on s'était demandé comment il était possible que Marcus, tué en 255 on 259, fût devenu dictateur en 260. Denys d'Halicarnasse, livre VI, 590, p. 571, et les fastes capitolins ont levé la difficulté eu prouvant qu'il fallait lire M', et non M. (que j'invite à corriger dans le texte), c'est-à-dire Manium et non Marcum. Niebuhr, comme nous l'avons vu plus haut , n'a tenu aucun compte de cette correction due à Pighi {Ann. Rom., ad ann. CCLIX ) , et se fait une arme de ce passage pour prouver que le récit de la bataille du lac Régille est purement poétique et partant inadmissible. Et cependant, il faut le reconnaître, le récit de Tite-Live, tout en offrant ce caractère héroïque propre aux époques de lutte opiniâtre, né peut donner lieu à aucune objection sérieuse et ne choque en rien la vraisemblance historique.
Cbap. XXXI. - Médius Fidiut. Ce serment s'écrit aussi en un seul mot , Mediusfidius; mais il vaut mieux le résoudre en trois mots : Me Dixis fidius , sous-entendu juvel ou omet. Car je ne partage pas l'opinion de ceux qui voient dans me l'équivalent de la particule grecque p* dans »* Ai«, particule qui , si je ne me trompe, n'a dû être autre chose, dans l'origine, que le nom de la grande déesse , de la mère des dieux , qui était appelée m& en Lydie. Voy. Stephan. Ryz. de Urb. s. v. Mdorov^a; le Corpus inscr. gr. de M. Boeckb , n. 2509, et M. Ch. Lenormant, Nouvelles annales de l'Inst. arch,, t. I, p. 225 et suiv.
Les Romains n'étaient pas d'accord sur l'étymologie de la formule me Dius fidius. Varron , L. L. V. 66 : ■ AHius
■ Dium fidium dicebat Jotis filium , ut Graeci Aiàoxo/»* » Castorem, et putabat hune esse Sancum ab Sabina
■ lingua et Herculem a Grsca. » Paul Diac. s. v. :
• Médius Fidius compositum videtur et signiûcare Jovis
• filium , id est Herculem , qnod Jovem Graeci a/« , et nos
■ Jovem; ac fidium pro filio qnod saepe antea pro L lit- » tera D ntebantnr. Quidam existimant jusjurandum este » per divi fidem, quidam per dinrni temporis, id est » diei fidem. • Les Grecs , de leur coté , toutes les fois qu'ils rencontrent ce serment dans les historiens latins traduisent Dius fidius par z«4s Mon*. Ainsi me Dius filius, signifiait ou par le (Us de Jupiter, c'est-à-dire par Hercule ou Saucua , ou par la foi de Jupiter, ou par
la foi du jour, ou enfin par Jupiter protecteur de la bonne foi. An milieu de cette diversité d'opinions, il est bien difficile de se prononcer. Je crois néanmoins que Dius fidius n'a jamais été l'équivalent de Jovis filins, que fidius est un adjectif en rapport avec fiées comme more©* avec nconc , et que Dius est l'équivalent de Deus , qui le remplace quelquefois. Voyez Plant., Asin , I , I, 8; Voit.. apud Non., VIII , 95. Quant à l'identité de Dius fidius et de Sancus , le passage suivant d'Ovide ne permet pas de la révoquer en doute :
Quaerebam Nonas Sanco • Pidiove referrem :
An tibi , Semo pater ; cum mibi Saocus ait :
Cuicumque ex lllis dederis , ego munus babebo. Noroina trina fero : de voluere Cures.
FasU, VI, 215.
Maintenant Sancus est-il le même qu'Hercule , c'est ce qu'on croyait certainement à Rome du temps de Festus. a. Propert., IV, 9, 74; Silius Ital. f VIII, 421; Lactant., 1 , 15, 8; d'un autre côté, les Grecs ne se sont-ils pas mépris en traduisant Dius par ztitç , et peut-on admettre qu'Hercule était considéré à certains égards comme la même divinité que Jupiter? J'avoue que les raisons avancées par M. Hartung [Relig. des Rom., t. II, p. 44 et suiv.) a l'appui de cette opinion , offrent beaucoup de vraisemblance, et je crois devoir y renvoyer le lecteur.
Ce serment , suivant Charisins ( 1 , 185 ), était particulier aux hommes. On ne pouvait le proférer qu'en plein air. Plut. Quœsl. rom., ch. xxvm ; Varr., L. L., V, 66.
Cbap. XXXII. — In consulum terba jurassent. Quand la levée des troupes était achevée , un tribun des soldats prononçait la formule du serment imposée par le consul, et tout le reste de l'armée jurait après lui. Chacun en défilant devant le général, disait idem in me. Paul. Diac, s. v. Prvjurationes. « Prœjurationes facere dicuntur n ,
■ qui an te alios conceptis verbis jurant , post quos in ea-
■ dem verba jurantes tantum modo dicunt : Idem in me.» Voy. ch. xlv , III , 20 ; XXII, 58; Polybe, VI, 22 ; XI, 50 ; cf. Lips. Milit. rom., 1,6; Nast's ro?m. Kriegsalt., p. 58 et suiv.; et Laehr, Kriegswesen der Gr. und Rcem., p. 8 et suiv.
Ibid. — In sacrum montem. « Ce nom ne rat donné qu'après coup, soit parce que le lieu où le peuple s'était retiré fut consacré lors de son retour à Rome , soit parce qu'on y porta la loi sacrée. » Voyez ch. xxxut. Cievieb. Festus : « Sacer mous appellatnr trans Anie-
■ nem, panlo ultra tertium milliarum ; qnod eum plèbes»
• cum secessisseta patribns , creatis tribunis plebis , qui
• tibi essent auxilio, discedentes Jovi consecraverunt»
Ibid. — Jn Aventinum secessionem factam esse. Suivant Cicéron ( ftep., II , 55 ), les plébéiens s'emparèrent d'abord du mont Sacré, puis du mont Aventin. Salluste {Fragm. I, hist., p. 246) fait entendre que les deux montagnes furent occupées simultanément , et ce doit être ainsi qu'eut lieu l'événement. « U n'est pas supposante , dit Niebubr (t. II, p. 444 de la tr. fr.), que la commune n'ait point fait occuper par des hommes armés ses quartiers fortifiés dans la ville ; puisque , autrement , il aurait fallu que les femmes et ceux qui étaient sans défense prissent la fuite ou servissent d'otages contre elle. »
Ibid. — Ad plebem milti Menennium Agrippant. • Cicéron, qui suivait en tout des annales entièrement différentes de celles de Tite-Live, parle {Rrut., 14 al. 54) des négociations du dictateur M' Valérius avec les émigrés comme d'un fait indubitable , et lui attribue la gloire d'à-
HISTOIRE ROMAINE. - NOTES
voir rétabli la paii, i nUoo de quoi , «t non pour de* victoires, le surnom de Maximus loi serait échu en partage. • Nïebtthr, t. II , p. 413 delà tr. fr. — Je ne pense fat qu'il nulle voir id, comme le pense le critique nlle, mud, une inconciliable contradiction. Si, comme ton! porte i le croire. Cannée occupa le mont Sacré, tandis aae le peuple te fortifiait itir le mont Aventin , le sénat dot m trouver dan» l'obligation d'entamer une double négociation. Dix ambassadeurs , t ni Ta ni Denya d 'Ha !i carsuse ( VI, 43 et mut., 49 et sulv-, 68-70, 81-87), furent ruiojci au peuple, et parmi eui il cite M' Valeriut et HeMnius Agrippa. On peut supposer qu'ils se partagèrent me lâche aussi difficile ; que M" Valérius se chargea de rivenlïn et Uenenioa dn moût Sacré. Le titre de dictateur, que lui donne Cicéron ne peut prouver, surtout ttn* uo auteur qui sans doute citait de mémoire , qu'il NI encore revêtu de cette dignité.
IaiD. — Qitod iwfe oriundui trat, pltbi carum. Cretier conjecture qu'il était dn nombre de cem que (ratus atait pria dans l'ordre des chevaliers pour comaKter le) sénat. Celle opinion est partagée par Dnker. Dn reste , Menenius était alors patricien et avait déjà été «ml en 291. Voyei ch. m. La même dignité tut accardée-4 son (lit et i son petit-OI*. Voyez ch. u et IV, IS.
Citf. XXXIII. — Ut pUbi tui ntagittratui ttteid «To«nirti . • Si Rome n'eut point on législateur tel que Lycurgue , qui lui assurai , dès sa naissance, une longue aile de siècles de vigueur et de liberté , la désunion dn Naat et du peuple produisit des événements si exlraordioires, que le hasard Bteu sa faveur ce que la loi n'avait point fait. Les loi* qu'elle eut d'abord, quoique défeelanisrs. étaient cependant dans les principes qui pou nient les conduire à sa perfection ; Romulus et let antres lob loi en donnèrent an asset bon nombre de trèt'Conietablet a. an peuple libre. Mail comme l'intention de cet princes était de fonder une monarchie et non pas une république, Rome, devenue libre, manquait encore des établissement* les plus nécessaires û la liberté; établissements que let rois s'étaient bien gardés déformer. Lorsque eesu-d furent chasses, de la manière que l'on sait, lé nom de ta royauté fut aboli , mais la puissance royale resta toute entière ions le nom de consulat. Legouvernesssnt. composé des consuls et dn sénat , devint un mélange de monarchie et d'aristocratie ; il ne lui manquait pour être parfait que d'emprunter quelque chose de l'état démocratique. L'insolence dea nobles souleva bientôt k peuple. Pour ne pat perdre toute leur puissance, Ut furent contraints de lui en céder une partie. Hait le aénat cl let consuls en conservèrent toujours asseï pour tenir leur rang dans l'état.
■ C'est t celte époque, c'est-i-dire i U création d et tribuns du peuple, que la constitution delà république, réunissant les trois formes dn gouvernement , prit une assiette plut assurée. Admires le bonheur qui la conduisit dans ces différents changements ; l'établissement dn pouvoir de* grandi ne détruisit point la royauté, l'autorité de la multitude ne détruisit point l'aristocratie. La constitution , en uo mot , se perfectionna par la combinaison des trois puissances.
• Les uoerelloidn peuple et du sénat furent le principe de cette perfection.
• Quicooqne veut Kinder une république doit supposer les hommes méchants et toujours prêts à déplorer leur méchanceté dès que l'occasion t'en présentera. C'est une vérité deenootrée par loua let continues et attestée par
toute l'histoire. Cette méchanceté peut rester cachée par des causes inconnues; on ne la connaît pas, parce qu'elle n'a pas en occasion de se montrer : mais le temps , qui est le père de La vérité , la met ensuite dant le plut grand jour.
■ L'expulsion de* Tarquins laissait en apparence le sénat et le peuple dans la plus parfaite union. La fierté dea grand* semblait avoir fait place a un esprit populaire , et que même les pins petits pouvaient aisément supporter. Cette fausse apparence trompa tout le monde. Tant que les Tarquius virent la lumière, leur nom servi! toujours i épouvanter la nation; et IS crainte qu'elle conçut que le peuple maltraité ne se rangeât de leur parti l'obligea de mettre dans tes manières tonte la douceur imaginable. Quand la mort des Tarquius eut délivré let nobles de cette crainte, cette fierté longtemps contenue rompit promplemcnt ses digues et se répandit eu mille outrages. Preuve certaine de la maxime qne let hommes ne font le bien que forcément, mais que d'tbord que leurs passions oui la liberté de se déborder, elles portent partout le détordre et la confusion.
> C'est ce qui a fait dire que la pauvreté ouvrait ani hommes l'intelligence, et qne les bonnes lois les rendaient honnêtes. Si d'heureuses circonstance* produisent le bien sans effort , on peut se passer de la loi ; mais leur in Qneuce vient-elle a cesser, le frein de la loi devient nécessaire. Ainsi la fierté des grands n'ayant plus , après ta mort ries Tarquins, de barrière capable de la retenir, il fallat trouver des moyens dont l'action fût aussi puissante que l'avait été la peur des tyrans. Après bien dea trouble», des tnmnltea, det périls occasionnés par les excès où le sénat et le peuple te portèrent, on établit les tribun) pour la sûreté du peuple. On leur accorda tant de prorogatives, ou rendit leur personne si sacrée, qu'ils furent en état de tenir la balance entre let deux ordres , et d'opposer les pins fortes barrières à l'insolence de la noblesse.
■ Je me garderai bien de passer sous silence les troubles excités i Rome depuis let Tarquins jusqu'à la création det tribuns du peuple. Je veux réfuter ceux qui prétendent que la république romaine fut toujours le théâtre de la confusion et du désordre , et que sans le bonheur et la discipline militaire qui corrigeaient ce défaut , elle n'aurait mérité que le dernier rang parmi les autres républiques.
■ L'empire romain , j'en contient, fui l'ouvrage du bonheur et de la discipline ; mais on ne voit pat que la discipline suppose l'ordre , et qu'il n'est pas possible qne le bonheur ne marche ordinairement i sa suite. Entrons cependant dans let détails : je, soutiens â ceux qui blâment les querelles du peuple et de la noblesse , qu'ils condamnent ce qui fut le principe de la liberté; et que, trop frappes dea cris et du bruit dont ces querelles firent retentir la place publique, ils oe voient pat let bont effets qui en résultèrent.
■ II y a toujours deux partis dans une république , celui des grands et celui du peuple ; et du choc de cet dem partis naissent les lois les plut favorables a la liberté. Il est aisé de s'eo convaincre par rapport a Rome. Il eat prouvé que dans l'espace de trois cents ans, depuis let Tarqnins jusqu'aux Gracqaet, les troubles de Rome n'occasionnèrent qne fort peu d'exils , et qn'ilt coûtèrent encore moins de sang. Hais peut-on regarder comme nuisibles les trouble* d'une république qui, durant le cours de lanl d'années, volt a peine exiler huit ou nix du tee citoyens, n'en lait mourir qu'un tret-pelit nombre.