‹ Commentaire sur Tite-Live: Complément de l'édition du Tite-Live de la Collection des auteursChapitre 71 sur 159 · LIVRE XLV · texte numérisé non relu

LIVRE XLV

Tite-Live doit a Polybe le plus grand nombre des faits qu'il raconte dans ce livre; quelques-uns lui ont été fournis par Valérius Antias et par Caton (ch. xxv). Au ch. i, il cite les opinions diverses des écrivains. Au ch. in, quand il dit : tradidere quidam, on voit, par le ch. vu do liv. XXIX de Polybe. que c'est l'historieu grec qu'il veut citer. Mais Tite-Live ne dit pas que le sénat fit une réponse peu bienveillante aux ambassadeurs, et s'abstint de leur envoyer les présents d'usage. Ce silence lui est ordinaire quand il s'agit de faits peu honorables pour les Romains. Au ch. vin, le discours d'JEmtlius est tiré de Polybe (ExcerpLMaii. p. 435; XXX, 2); pour le reste, voy. Diodore (Exccrpt.Maii, p. 78) qui a suivi Polybe, selon son habitude (cf. p. 83). Le ch. xii est traduit de Polybe (ch. xxix). Ch. xiii, comparez Polybe XXX, 1 1 ; et ch. xix et xx, le même auteur, XXX, 1-4). Polybe n'a point donué place à la harangue des Rhodiens; parce qu'on la t'Ossédait écrite; mais il en a exposé le sujet, et il l'a critiqué. Quant à Tite- Live , il semble ne l'avoir pas lue : il en a composé uue autre mieux adaptée a la circonstance. Il rappelle le discours de Caton, etDuker a remarqué que plusieurs faits avancés par l'historien romain ( ch. xxiv ) en sont évidemment tirés. Ch. xxv, compatex Polybe, XXX, 5. Ch.xxvn, quoique Tite-Live ait parlé avec peu d'exactitude d'Ampbilocbus , il paraît néanmoins , même en cet endroit, avoir suivi Polybe (XXX, 15; Spicil. fragm., p. 41, et Vatic. Excerp. , p. 457 ) , qu'il faut comparer, pour le* jeux donnés par Paul Emile, avec les ch. xxvu, xxxn et xxxiii de Tite-Live. Cb. xivm, ces paroles : nunc vestigiis revulsorum donorum , tum donis diviserai , sont de Tite- Live, et n'appartiennent pas à Polybe. Cb. xxix, et xxx, la description de la Macédoine est tirée de Polybe (Cf. Diodore, Fragm., p. 645 et suiv. Wess. ), ainsi que le triomphe de Paulus (ifeid., p. 645, passage qne n'a point connu l'auteur des suppléments). Les faits rapportés an ch. xxxi se retrouvent dans Polybe , XXX, 10. Cb. xxnv, sur le pillage de l'Épire, voyez Polybe, XXX, 15. Cb. xi.i, le fond du discours de Paul Emile est le même dans Appien, qni l'avait pris dans Polybe (Voyex Appieo, p. 534, Scbweighsuser). Le cb. xui est également dû à Poljbe, XXX, 12. Chap. dernier, Tite-Live a comparé la narra*

tioo des écrivains romains arec celle de Polybe qu'il nomme contre son habitude ; et sa narration est conforme aui récits de Polybe (XXX, 16 et suit. ) et de Diodore ( Excerpt., p. 625, Wessel. ) qui a copié Polybe.

Ce livre, le dernier que nous possédions des cent quarante qui composaient l'histoire romaine de Tite-Live, est rempli de lacunes, dont plusieurs, à en juger par le sens, sont assez considérables. Les commentateurs ont essayé de les remplir ; et leurs efforts ont été plus ou moins heureux; quelquefois ils ont été inutiles, et il a fallu en laisser subsister quelques-unes. On les trouvera indiquées dans le texte de cette éditiou.

Le rôle du traducteur devient ici plus difficile qne jamais. Avec un texte qui lui fait à chaque instant défaut, il est souvent forcé de saisir, pour ainsi dire , à demi mot , un sens qui n'est indiqué que par des lambeaux de phrases presque toujours inintelligibles. On sent qu'avec de telles données il était impossible d'arriver à des résultats qui ne fussent pas quelquefois contestables. Le traducteur nous a paru avoir adopté presque toujours le sens le plus probable. C'est tout ce qu'on pouvait exiger de lui.

Cbap. IV. — Ut se suaque omnia tu fidem et clemen- Hampopuli romani permilteret. Persée n'avait garde de s'y laisser prendre. • On sait comment les Étoliens, qui s'étaient abandonnés à leur foi , furent trompés (XXXVI, 28); les Romains prétendirent que la signification de ces mots s'abandonner à la foi d'un ennemi , emportait la perte de toutes sortes de choses, des personnes, des terres, des villes, des temples, des sépultures mêmes. • Montesquieu, Grand, et Dècad. des Rom., f' c part., cb. vi.

Cbap. V. — Sanram hanc insulam, et augusti totam atque inviolati $oli esse. Creuser a consacré tout un chapitre de sa Symbolique aux antiques religions de Saroothrace, et aux mystères que l'on y célébrait. Voyez la traduction de M. Guigniaut, tome II, i n partie, p. 275-525. Cf. Lobeck, Aglaophamus , p. 1109—1548. Cbap. VIII. — Quid vesper ferat. C'était aussi un proverbe. Varron avait en fait le titre d'une de ses satires -. Nescis , quid vesper serus vehat. Voyei Popm., Conject. ad Varr. sot., p. 661 .

Cbap. XI. — Cœlen Syriam. En français, la CèléSyrie. Mous avons fait comme les Romains; nous avons transcrit littéralement, sans les traduire, les deui mots grecs KgiXy) Zupîa, la Syrie creuse. La chaîne des monts Liban, qui traverse la Syrie dans la direction du nord au sud , et qui s'étend entre les parallèles de Saint Jean d'Acre et de Tripoli, se divise à son extrémité septentrionale, et jette au loin deux rameaux, dont l'un, conservant le nom générique de la chaîne, s'étend le long des rivages de la Méditerranée , tandis que l'autre , sous la dénomination d'Auti-Liban , borde les immenses plaines de Damas. C'est a la verte et fertile vallée enfermée entre ces chaînes de montagnes , que les Grecs ont donné le nom pittoresque de Celé-Syrie. (Voy. Mannert, Geogr. der Griech. undRœm., vol. VI, f '• part., p. 541 et suiv.) Ibid. — Rhinocohura. Aujourd'hui El-Arich ou A'rich, château fort situé sur la route de Syrie , au milieu des dunes , à l'embouchure du Torrent d'Egypte. Il n'y a petit être, dans la géographie ancienne, rien de plus incertain que l'orthographe de ce nom. Tantôt oo le trouve an féminin, comme dans Strabon (4 ÊwocoXcupa), tantôt il est au neutre pluriel , comme ici ( rà iHvcxoXoupa ). La plupart des auteurs grecs l'écrivent jkvoxopoupa ; enQn d'autres, en assez grand nombre aussi, en fonthvox*-

Touoa ( Voyex Etienne de Byxance, Ptolémée, Josèphe). Il est probable que cette dernière orthographe est la véritable, ou du moins, celle qui représente, le moins mal possible, la prononciation indigène, et l'on peut supposer que les Grecs ne l'altérèrent , suivant leur habitude, que pour y trouver des racines helléniques. En effet, ftv signifie nez , et il suffit d'un léger changement dans les lettres suivantes, pour en former le thème dn verbe xoXouu, couper, mutiler. De là l'anecdote si souvent répétée , d'un roi de Perse , qui fît couper le net à tons les habitants de ce pays (Senèque , de /ru, III , 20 ). on d'un roi d'Ethiopie qui le peupla de criminels ainsi mutilés (Diodore de Sicile, liv. I). Il est à présumer toutefois, et cela ôte à cette étymologie toute vraisemblance, qu'un roi de Perse ou d'Ethiopie , fondant , a une époque aussi reculée, une ville dans la basse Egypte, lui aurait donné un nom persan ou éthiopien , et non pas un nom grec. Si l'on objecte que kvoxoXoup* n'est que la traduction grecque de ce nom primitif, on répondra que l'auteur de cette traduction aurait dû se conformer au génie de sa langue, et qu'aucune analogie en grec ne peut expliquer l'introduction du p dans la désinence d'un substantif dérivé de xoXcûft). (Voyez les notes de Hardouin et Poinsinet de Sivry, sur le liv. V, cb. iv, de l'Histoire naturelle de Pline ; cf. RelaQd, Palœst. ex vet. monument, illustrât., page 970. )

Cbap. XIV. — Ut œdes hospi Tout ce qui suit,

jusqu'aux mots... in quatuor urbanas, est un supplément, et par conséquent n'appartient pas a Tite-Live. On s'est servi, pour le composer, des indications qui se trouvent dans Valère-Maxime ( V, f ); dans Cioéron [de Oratore, I, 9); dans Tite-Live lui-même (IX, 46, et XL V, 15 et 16) ; et enfin dans le sommaire dn livre XX.

Cbap. XV. — Quatuor tribus urbanas. Nous avons déjà eu occasion de dire que les tribus de la ville étaient les moins honorables, ne contenant que les gens de métiers et les ouvriers de Rome; taudis que celles de la campagne étaient composées de citoyens pins considérables, qui possédaient des biens fonds à la campagne , où plusieurs même étaient établis, et on les autres allaient souvent. Cioéron attribue seulement à Tibérius Gracchus la mesure qui avait renfermé tous les fils d'affranchis dans les tribus urbaines , et nous donne une grande idée de la sagesse et de l'importance de ce règlement c Si Graccbns, fait-il dire à Scévola (de Oral., I, 9) n'avait pas transféré les affranchis dans les tribus de la ville, le gouvernement que nous avons tant de peine à conserver, serait depuis longtemps perdu pour nous. • Mais il paraît probable que l'autorité de Tite-Live doit prévaloir ici sur celle de Cicéron , qui faisait sans doute , avec le seul secours de sa mémoire, allusion à cet événement , et ne se rappelait plus qne la première mesure qui avait décidé la question et facilité la décision par suite de laquelle les fils d'affranchis avaient été en quelque sorte parqués dans une seule tribu, l'Esquiline. CM, 45; XXII, 9; XLIV, 16 ; et les sommaires des livres XX et LXXVII.

Ibid. — Flamen martiaiis inauguratus est eo anno L. Postumius Albinus. A la place de P. Quintilius Varus, mort l'année précédente. Voy. XLIV. 18.

Cbap. XVI. — In oppido Minervio. Veliéins Paterculus ( 1, 15 ) fait aussi mention d'une ville nommée Minerrium, où fut envoyée une colonie, l'an 628 de Rome. Serait-ce la ville de Ca labre à laquelle Denys d Halicar nasse, I, 51, donne le nom de ÀftvWouov. qne Virgile

HISTOIRE ROMAINE. — NOTES

I Êatid., m. 531 ) appelle Arx Minmw. et qui au jourd'hui parle le nom de Cadre ?

Soi uni Sesliger et Drakenborch, dont le dernier vent ici lire Minmii, an lieu de Minenio, par le mot oppido, H tendrait entendre la diiiime région de Home, la Rome primitive, la Rome deRomulus; et par Minnrium. un (ample consacré i Minerve, et que pouédail ce quartier. Ib a'appuieut sur on paisaffe de J- Obseqnens (de P-odij.. LXX), qui copie ordinairement Tite-Live, et qui parie )d d'édiflcei lacréi et profane* qui furent atleinla de la foudre lia citent encore P. Victor, mitant lequel il -y avait, dan* la dixième région, nn lemple

Mal* tout cet échafaudage de preaTe» «"écroule de« ni »w «impie observation philologique. C'est que, it dani la pensée de Tite-Live , le mot Minrmum eût désigné la temple, il se «erait servi ensuite dea roots partir ou «Jr». etpurirti*. au lieu de porta el mtri qui «'emploient bien pour une Tille , niais «ont inusités en parlant tan simple édifice.

Casr. XIX. — Prope diras rrsnalurum eunt infirmi- Ittt irtateone Ewnenis. nullum itlrptm tibtrim habtntii («etdniB enim agnorernt ruvn, qui poîtta regnarii) Eunrne eut deui fila, nu fils naturel , nommé Ariitoiilcui , qu'il avait en d'une concubine, el nn fila légitime, de Stralonice.Mled'Ariaratbe, roideCappsdoce, qu'il avait épousée en 561. |Voy. Tite-Live. XXXVIII. 39, et XLII, f (.) C'eat celui-ci qui , tout le nom d'Attale 111 Philométor. succéda à son oncle Atlale II, dont il est ici queition, et qui, en mourant , laissa par tellement le royaume de Pergame aux Romaini.

Lea deui phrase» citées en tè:e de cette note août la traduction d'un passage de Polype, qui, «elou tonte apparence, n'a pas été compria par Tile-Life. En effet, cet mot), aeeduat enim ounorrral mm oui poilra rtgtuttit . par lesquels il a voulu rendre ceui-ci , tùSinu -jip àtaitiu-ffint iiirffwn «arà fûeiv uièî à» airû, 4 («ri mûr* 4ïxJi4oi r uvuï rr.y ■»-£».», ne peuvent l'appliquer ni à Atlale Pbiloméior, qui n'avait pu besoin d'être reconnu, ni * Aristonlcnl, qni ue le fut jamais, et qui d'ailleur*, quoiqu'il ait conteaté la validité du testament de ■on frère, ne peut cependant être considéré comme lui ayant succédé.

Il eat pourtant probable que c'eat Ini que Tite-Live avait en nie. et ton erreur a dû provenir de ce qu'il avait donné ans mots xsts y isii uîo'c, le sent de fiti naturel, t/ieailime. D avait sans donte été amené a ce contre-sens en IraduiMUt par nredum aonolus ernt, le* met* qui précèdent, 3&&KM fkç ài^iSa-ff-itcg; itvrjMi , dent le véritable sens eat ici, «uivaut Sctweighaniser, nentum in Imrtm fdilui erol, n'était pa> encore venu an monde.

Voici an rette la traduction du passage de Poly be, qni seul cal raisonnable et d'accord avec tous lea témoignage) historique). • Le roi d'ailleurs , n'ayant pai d'enfant, ue pouvait, quand même il l'aurait voulu , laitier ta puissance a un autre ( car elort son fils légitime qui , pin* tard, hérita du trône, n'était pat encore né), i Vojei Sehweigb. «ur Polybe. XXX, 2. J 6; XXXIII, 16, i ; et Strabon, XIII, 4.

Cnir. XX. — IVo/iriicenlem proirruli «uni. Polybe entre ici dans dea détails que Tite-Live l'etl bien gardé de retracer. Il prétend que le sénat tout entier désirait qu'Anale demandât b partager les états de ton frère, et que, piqué d'avoir é.é trompé dans son attente, il révoqua la promesse qui lui était personnelle, et même, avant

que ce prince fût hors de l'Italie, déclara £not et Maronne villes libres et indépendante) I Voy. Rollin, Uitt. rom., t. VIII, p. Î3S [ cf. Polybe, XXX, S ).

Cuir. XXI. — Quum «tamnarenl.... Nouvelle Iscuue dsns le teii* de Tite-Live ; elle s'étend jusqu'à ces mots, du cb. nu, prc-aerrimiu ne. adhuc ttubium est. On s'est servi, pour le supplément . de Polybe, Exe . Irgat., icm. et de* indudiocs qu'il était facile de tirer du cb. m, ci-

Cair. XXV. — Ipiius oraffo (tripla eitlat. Auln- Gelle (fïuili ail-, VII, 5) nous a conservé plusieurs fragment) de ce discours. Nous allons les citer avec la traduction libre qu'eu a donnée H. Michèle!, dans sou Histoire romaine, I. II, p. IIS. Le lecteur pourra faire nue comparaison, qui ne sera pas sans intérêt, entre cette harangue de l'un des premiers ora leurs de ce temps et celle que Tite-Live a mise dans la bouche de quelques-uns de ses contemporains.

■ Scio solere plerisque Iiominibus rebut secundlialqtM

• proliiis atque prosperis an i m uni eicellere, superbiam

• atque fenxiam angescere atque crescere. Quod mihi

• nuuc magna; cures est , quia base ret tam seconde pro-

• cesait, ne quid in coosuleudo adirrti eveoiat, quod

■ noslra) secondas res confutet; nere tisse Ivtilia uimis

• Ininriote eveniat. Advor»ce rea sedomaoteldoceut quid

• oput sil facto : tecund* res Islilla Iranavonum trudere

■ soient a reete consulendo atque Inlelligendo. Quo mi-

■ jore opère edico snadeoqae, uli hase ret aliquot dies

• proferalur, dnm ei tanto gaodio in potestalem nostram

• redeamu)

• Atque ego qnidem arbitrer Rbodieuset nolulste noa

• ita depugnare nti depugnalum est; neque regem Per-

• sen vicisse; non Rbodienjesid modo voluere, <ed mul- < los populos ac mullat nalionet idem nolniste arbitror.

• Atque haud scio an partim eorum fuerini, qui non

■ nottrte contumeliae causa id nolaeriol eienire; sed

• enim id metuere, si nemo esset homo qoem verere-

• mnr et quidqnld Inberet raceremut, ne sob siilo impe-

• rio noslro iu servitute nostra essent. Libertalis sus»

■ causa lu ea senteutia fuisse arbitrer. Atque Rbodierues

■ Umen Peraen publice nucquam adjnvere. Coyllata

• quanto nos pritatim caulius facimtu. Nam oousquii-

■ que nostmm, si quis advenus rem suam quid Oeri ar-

• bitratur , «umma vi contra nitilur, ne advertn* ea liât.

• Quod illi tameo nerpessi

• Ea uunederepentetanta nos bénéficia ollro dtroqne i tantam amicitiam relinquemnaf Quod illos dlcimna i voluitte faeere, id not priorea lacère occupabimuif

• Quiacerrimeadversuteoidicil, itadicit: nostetTO-

• laisse Beri. Et quis leodem est nostrum, qal, quod

■ adseattiuet, a^unmcenseatqnemquampœnMdareob

■ eam rem quod erguatur maie faeere coluisse? nemo

■ opinor. Piam ego quod ad me atlinet nolim. . . . ■ Quid nuncF et qua; tandem let est tam acerba, que

• dicat : si quis illud faeere voluerit mille nummi di-

• midium familiae mu lia etto : ti quis plus quingenta ju- > géra biibere voluerit, tanta pœna eato : si quis majorem < pecudum numenim habere voluerit, taotum damai

■ esta. Alqui uotomnia plnrababerevolnmua, etid nobia

■ impune est- . .

i Sed si honorem non aequum est naberi ob eam rem,

i quod bene faeere voluiste quil dlcit neque fecit tamen ;

■ nec Rliodiensibu) oberil, nou quod tnsile (hcerunt, toi

• quia voluisse dicnnlnr fscere

• Rbodienfes superbes esse liant, id ohjectantes qnod > mibi a liberis uni* minime dici velim. Sint s* ne sui perbi. Quid Id ad nos atlinet? id ne irascimiiii li qnis

• superbiurestquam oos?

• Je le voit bien, les Rhodiens n'auraient pas voulu que nous eussions vaincu Persée. Ils ne sont pas les seuls. Bien d'autres peuples ue te souhaitaient pas. Ils pensaient que ai nous n'avions plus personne à craindre, ils tomberaient en servitude. Et pourtant ils n'ont pas secondé le roi de Macédoine. Voyei combien nous sommes plut avides qu'eus, dana nos affaire» privées. Si nous semons le moindre.de nos intérêt! en danger, nous ue reculons devint aucnn moyen de prévenir le dommage.... Les Rbodlens, dit-on, ont voulu devenir nos ennemis. Mali est-M juste de punir la simple volonté? Ne serail-ce pas une loi injuste, celle qui dirait : si quelqu'un veut avoir plus de cinq cents arpents de terre, qu'il paie tant d'amende; telle autre amende pour qui voudra avoir tant de tètes de bétail. Eb bien! nous voulons violer la loi en cela, et nnni le faisons impunément.

Mail, dit-on encore, lit Hhodiens imt suptrbet,

orgueil/eux. C'est nn reproche grave. Je ne voudrais pat que mes enfants eussent sujet de me l'adresser. Cependant que les Rhodiens soient superbesl que nous importe t serait-ce par hasard que noua nous fâchons, quand on est plus superbe que nous? •

Chip. XXV. — Tetrtelum. Polvbe fait souvent mention de ce personnage, elen parle comme del'un des Rhodiens les pins attachés aux Romains. Il mourut à Rome, dana celle ambassade , à l'âge de plus de quatre-vingts ans.

Cbif. XXVI. — (/nom «om fecit, q«a supra dirlo est. Comme il n'est nulle part question, dans les chapitre! précédents, de cette première division de illlyrie. Crévier pense, avec raison, que l'endroit où il en était fait mention se trouve dans quelqu'une des lacunes que nous avons rencontrées, on que Tite-Live aura passé, sans s'en apercevoir, sur ce détail, d'ailleurs Tort peu intéres

Ciir. XXVII.— Lebaaia quoqut tentplum Jouis Trcpliuuii odiit. Voyez sur l'oracle de Trophonius, sur son origine, sur la manière dont on le consultait, et sur les traditions qui se rattachaient au nomd' Il erryna, Pansaniai, IV, 1G, i; IX , 37, S9ct40; V lutarque, de Gen. i'orrai. : Suidaa.au mot TjcçÛylk; Pline. Mist. JVaf.,XXXI, II, el XXXIV, B ou 19 ; Cicéron, de lïnl. Deor-, III, 23, et de Divin., I, 54 ; sur le sens symbolique de ces différentes traditions, Grenier, Rei. de font., trad. par M.GnigniaDl, tome II, I e * partie, p. 328 et sniv.; enfin sur la topographie rte Ltradie, nom moderne del'ancienueLebadée, lojei te Voyage de ta Grtce, par M. PonqneviUe, t. IV, Hv. IX, ch. tu, ï* édition.

laio. — Cnofcldem ad tpectaculum Euripi , Eutxtaquc insulœ ponte conlinmti jnneta descendit. Cbalcis est sitnée an nord du détroit qui sépare l'Ile d'Eithée de la Béolie. Strabon donne à ce détroit deux plélhres de large | environ trente et an mètres ); on le traverse sm un pont à plusieurs arches, au milieu duquel s'élève, sut un rocher Isolé dans la mer, une forteresse avec des tours. Celte forteresse défend les deui cotes du pont moderne , construit par Mahmoud-Pacha, sur l'emplacement di l'ancien, qu'au temps d'Aleiandre, les Cbalcidient avaient fortifié egal'.ment et réuni a leur ville. Ponqnevllle , tirées piitorfsrjur, p. 218.

, Chip. XXVII. — ^thenoi IndV. Pendant que Paul- Euiile était dans cette ville, il demanda aux Atbéniena le premier de leurs philosophes pour instruire ses entants, el nn eicellcni peintre pour travailler A la décoration de son triomphe. Les Athéniens firent cboii de Métrodore, qu'ils proclamèrent éminemment propre a remplir cette double tâche. Ce tut bientôt aussi l'avis de Paul Emile (Pline, Hist. Nat., XXXV, 40).

Cbip. XXIX. — IVeoue connuMum. Les Romains avaient dej* imposé une pareille loi ans Latins et ans Berniques. VIII, 14, et IX, 43.

XXXIV. — P. Lietafauj. Poiybtj insinue use* clairement que ce tarent les intrigues de ce chef de l'ambassade qai rendirent les Gaulois si difficile»; que l'intention des Romains était d'affaiblir Eumène, et que ce fut par une suite de cette même politique que Liri- □ius eutpécba Altale de l'accompagner dans leur camp, sous préteile que ta présence eut pu aigrir les esprits.

Csir. XXXV. - ToIhs macédonien* txtrcUut tntfierolori rral negligenter arifulurut. Après II débile de Persée, Paul-Emile fit écraser, sous les pieds des éléphants , tous les Italiens qui fureot trouvés dans l'armée macédonienne. Ce fait, rapporté par Valére Maiime (11,7,14), montre jusqu'à quel point pouvait aller la cruauté de ce général ■ et fait comprendre la haine que lui portail son armée.

Chip. XXXVIII — ï'rtumpJtumau* rirai. Ce re frain était : lo Irinmphr, Voies Horace, IV, ode il: lo triomphe !

lel dlcenins, lo triumpbe !

:tvitii ru

loi

Cas». XXXIX — Eoo ad ros mlHIrt. Ici commence une lacune cjui s'étend jusqu'nni premiers mots du ch il, siitiimaraofiinU raptiri, etc. Elle a été remplie au moyen de Plutarqae, dont on a traduit la fin du discours de Servi lius (Paul Emile , eh. mi el suiv. ), des Fastes capilolins;deVelléiusPalercalus,I,9;dePolybe,Ezrerpr. leg., icïi ; de Zonaras , etc.

Inin. — Sive peamla eim tpectee. • Pinl-Êmile n'avait pas même voulu voir ces immenses trésors, qu'il avait fait remettre aui questeurs pour les porter dans l'épargne. Il permit seulement » ses Ois, qui aimaient l'élude, de retenir pour eu les livres de la bibliothèque de Persée. En distribuant les pris de la valeur, il ne donna à son gendre Tuberou qu'une coupe d'argent du poids de cinq livres, et ce lut la première pièce d'argent qui entra dans la famille des .CIiU5. De tons les trésors de Persee, remarque Cicéron , il n'entra rien dans la maison de Paul Emile , qu'nnegloire immortelle pour son nom et pour sa vertu.» Routa , llist. Rom., t. VIII, p. 193.

Iiiid. — Tria talenta. . Dacier évalue ainsi, dans sa traduction des ries de Plularque, les somme* d'argent ou d'or ici mentionnées :

• Dans chaque vase il y avait trois talent* d'argent, qui valent dit- huit mille drachmes, c'est-a-dire neuf mille livré* de notre monnaie. Dans ces sept cent cinquante vase*, il y avait donc sis millions sept cent cinquante mille livres.

• Les soiianlc dii-iept vases contenaient chacun trois talent* d'or, el comme alors l'or était estimé dis fois plus

HISTOIRE ROMAINE. - NOTES

que l'argent, les trois talents d'or en valaient trente d'argent. Ainsi dans chaque rase il y avait quatre-vingt-dix Baille litres, et dans les soixante dix-sept, six millions neuf cent trente mille livres, en tout. • *

• A ce compte, tout l'or et l'argent monnayé montait à treize millions six cent quatre-vingt mille livres. Valérins Antias, cité par Tite-Live, liv. XLV, cb. il, porte cette somme à quinze millions; Velléins Paterculus, liv. I, cb. ix, à vingt-six millions deux cent cinquante mille livres; Pline, liv. XXXIII, ch. m, à vingt-six millions sept cent cinquante mille livres. Au reste, il fallait que les sommes apportées de Macédoine par Paul-Éraile fussent considérables, puisque, selon Cicéron, de Off., liv. II, cb. lxxvi, elles suffirent pour abolir les impôts que payait le peuple romain. • Rollm, Hist. rom. t t. VII, p. 299.

Ls évaluations de M. Saigey modifient singulièrement les résultats obtenus par Dacier. Le talent valant 4,140 f. chaque vase contenait 12,420 fr., et les sept cent cinquante vases 9,315,000 fr. Chacun des vases contenant trois talents d'or valait 124,200 fr., et par conséquent les amante-dix- sept vases, 9,503,400 fr. Donc tout l'or et tout l'argent monnayé montait à 18,878,100 fr.

Ciap. XXXIX. — Anligonides , Seleucidesque , et Tkericlea. Athénée, lib. XI, parle de ces trois espèces de Tstes à boire , dont les premiers avaient tiré leurs noms des rois Antigone et Séleucus, et le troisième d'un potier de terre appelé Thériclès , qui n'en faisait qu'en argile, mais dont on imita la manière en or et en argent, eu lirain et même en bois. Le vase théricléen était de forme erisée , assex profond , ayant deux petites anses comme la cylii ( Atben., Le). Sur l'usage et la forme de ces Tases à boire , et particulièrement du théricléen , voyez dans le Journal des Sa rants (janvier 1859) la restitution d'une lettre de Lyncée , de Samoa , par M. Rossignol.

Cbap. XLI. — Per quadrienniutn quatuor ante me consuU*. Il semble qu'il faudrait lire ici per triennium

très consoles En effet, trois consuls seulement avaient

été successivement chargés de cette guerre avant Paul- Emile; c'étaient P. Licinius Crassus, A. Hostilius Mandons et Q. Marcius Philippus.

Ciap. XLII. — Persea regem cum Alexandro filio Albam in custodiam duceret. Des trois enfants de Persée, deux , sa fille et Philippe, son fils aine, moururent peu de tempe après le triomphe. Le troisième, Alexandre, gagna d'abord sa vie au métier de tourneur, puis ayant appris la langue latine et «'étant rendu habile dans la calligraphie, il fut nommé à l'emploi de scribe des magistrats de la ville d'Albe. Il l'exerça, dit Plutarque, arec beaucoup d'intelligence.

Quant au roi de Macédoine, il fut chargé de chaînes et jeté dans une prison souterraine, au milieu des immondices et des insectes les plus ignobles. C'est dans ce cachot infect qu'il passa sept jours entiers avec des criminels destines au dernier supplice. Privé de tout secours, et même des choses les pins nécessaires à la vie, il y serait bientôt mort de faim , si ses compHgnons de captivité, émus de compassion à la vue d'un si grand revers de fortune, n'eussent partagé avec lui leur nourriture.

Panl-Émile eut aussi pitié de lui : il parla en sa faveur an sénat, et obtint un adoucissement à son supplice. Il fut transféré dans une prison moins horrible, et là on le lit mourir d'une mort moins affreuse peut-être» mais avec no raffinement inouï de cruauté. Les soldats qui le gar-

daient avaient ordre de n'exercer sur lui aucun mauvais traitement . mais de l'empêcher de dormir et de le tenir constamment éveillé, afin sans doute qu'il ne pût échapper un seul instant au sentiment de son malheur. Ce supplice dura jusqu'à ce qu'il mourût d'insomnie et de fatigue. ( Voyez Plut., Paul-Émile, ch. xxxvu. )

Dans quelle agonie de terreur la chute de Persée fitelle tomber tous les rois de la terre , c'est ce qu'on ue saurait imaginer. • Rien ne servit mieux Rome, dit Montesquieu (Grand, et Dècad.des Rom., ch. vi), que le respect qu'elle imprima à la terre. Elle mit d'abord les rois dans le silence et les rendit comme stupides. Il ne s'agissait pas dn degré de leur puissance; mais leur personne propre était attaquée. Risquer une guerre, c'était s'exposer à la captivité, à la mort, à l'infamie du triomphe. Ainsi des rois, qui vivaient dans le faste et dans les délices , n'osaient jeter des regards fixes sur le peuple romain ; et, perdant le courage, ils attendaient de leur patience et de leurs bassesses quelque délai aux misères dont ils étaient menacés. » Voyez, snr la guerre de Macédoine et sur les différentes circonstances de la conquête de la Grèce par les Romains , le beau chapitre que M. Micbelet, dans le deuxième volume de son Histoire romaine . a consacré an récit de ces grands événements.

Cbap. XLII. — lnu>ilatœ magnitudinis. Pour les Romains ; car Ilicron avait une galère à vingt rangs de rames , Ptolémée Philadelphe , deux à trente . et Ptolémée Philopator, une à quarante. Voyezd'ailleurs,liv. XXXIII, ch. xxx, où Tite-Live parle d'un navire d'uue égale grandeur.

Ici s'arrête ce que le temps nous a conservé des Histoires de Tite-Live, ou plutôt ce qu'un heureux hasard a dérobé au zèle aveugle du pape saint Grégoire le Grand, qui, dit-on, fit brûler tous les manuscrits de Tite-Live qu'il put découvrir, jugeant cet écrivain dangereux à cause des fréquents prodiges qu'il raconte. Au delà dn livre XLV, comme pour la deuxième décade, il ne nous reste plus , si nous voulons nous faire une idée du travail de notre historien, que quelques fragments, dont un seul est d'une certaine étendue, et YEpitome, dont nous avons fait ressortir l'importance dans le volume précédent ( 1. 1, p. 875 ). C'est à l'aide de ces faibles restes, de ces débris mutilés et incertains, que l'érudition et la critique ont pu chercher à reconstruire l'édifice élevé par Tite- Live à la gloire de Rome. Nous continuerons donc, comme nous l'avons fait pour la première lacune, à mettre sons les yeux de nos lecteurs la traduction du sommaire de chacun des livres qui nous manquent, en le faisant suivre des fragments qui appartiennent à ce livre. On nous saura gré sans doute de ce travail, que n'ont entrepris aucun des précédents traducteurs de Tite-Live , bien que ce soit un accessoire indispensable de toute édition complète.

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