‹ Commentaire sur Tite-Live: Complément de l'édition du Tite-Live de laChapitre 33 sur 158 · XXII · texte numérisé non relu

XXII

Ibid. — Fato, cujus lege hnmobilis rerum humanarum ordo seritur. Voyex les interprètes sur Tadte, Ann., VI, 22; SU. liai., V, 76; VI. 121 ; XV, 57, et Juvénal, IX, 52; XII, 65.

Ibid. — Ubi plus quinquaginta milHa hominum cecideruni. J. Perixonius corrige plus quad>aginta. Voyex XXII, 49. Mais cette correction est inutile. Souvent dans

HISTOIRE ROMAINE. — NOTES

les discours Tite-Live exagère ou diminue les nombres» suivant l'effet qu'il veut produire.

Cbap. VII. — Munere vacaret. Crévier pense , avec raison , qu'il s'agit ici de certaines corvées auxquelles les soldats étaient astreints dans le camp ; comme de porter le bois, le fourrage, l'eau, etc. Quand un soldat s'était distingué en face de l'ennemi, on lui accordait quelquefois exemption de ces travaux, en considération de son courage. Tacite (Ann., I, 17,. et ailleurs) nous apprend aussi que souvent les soldats obtenaient des centurions cette exemption moyennant une somme d'argent.

Ibid. — Lapidibus pluit. Voyez liv. I, ch. xxxi, p. 782. Les naturalistes se sont occupés des pluies prodigieuses dont il est souvent fait mention dans Tite-Live et dans d'autres auteurs. Ils en ont recherché les causes physiques. L'opinion la plus commune est que ces pierres proviennent de quelques volcans, d'où elles sont lancées par la fermentation intérieure, avec asses de force pour être quelquefois portées à de fort grandes distances. Il suffit pour cela qu'il s'opère subitement un dégagement d'air très-violent, par les ouvertures étroites du cratère. L'air, en s'écbappant avec impétuosité , lance dans les airs tout ce qui s'oppose à son passage.

Ce qui semble confirmer cette explication , c'est que ces pluies de pierres semblent avoir eu lieu de préférence dans les contrées qui ont des volcans, dans leur voisinage. La première pluie de pierres dont il soit fait mention dans Tite-Live arriva sous le règne de Tullus Hostilius, dans les environs du mont Àlbain (liv. I, chap. xxxi ). Le fait est rapporté avec tant de détails par l'historien, et le même phénomène s'est répété tant de fois près de la même montagne , qu'il ne semble pas possible d'en douter. Il n'est pas bien difficile d'en déterminer la cause physique. On peut supposer, avec beaucoup de vraisemblance, qu'il y a eu dans les premiers temps, sur le mont Àlbain, uu volcan, remplacé depuis par un lac ; et cette conjecture est assex fortement appuyée pour qu'elle puisse passer pour une certitude. On sait que c'est un effet ordinaire des volcans de lancer dans les airs des pierres et de la cendre qui , retombant ensuite sur la terre à des distances plus ou moins grandes , peuvent être prises, par le peuple ignorant, pour une pluie de pierres, et par conséquent pour un prodige. Quoique dans les temps postérieurs le mont Albain ne jetât plus ni flammes ni fumée , le foyer de ce volcaa subsistait toujours ; la fermentation des matières sulfureuses et métalliques qui y étaient contenues, devait être asses forte pour jeter en l'air une grande quantité de pierres a la fois.

Ibid. — Visum est saxum volitare. Il ne s'agit plus ici d'une pluie de pierres , mais d'une pierre ou d'un corps dur, tombant isolément des airs sur la terre. Ce phénomène est encore plus fréquent et plus général que la pluie de pierres.

L'histoire romaine n'est pas la seule qui bous présente des exemples de pierres tombées du ciel. Personne n'ignore que, la deuxième année de la soixante-dix-huitième olympiade, il tomba du ciel, en plein jour, une pierre, auprès du fleuve Égos , en Tbrace. Pline assure que de son* temps on montrait encore cette pierre, et qu'elle était t magnitudine vehis , colore adusto. » Cet événement devint si fameux dans la Grèce , que l'auteur de la chronique athénienne , publiée par Selden , avec les marbres do comte d'Arondel , en a fait mention sur l'article 58, à l'année 1 1 IS de l'ère attique ou de Cécrops.

Une autre pierre, pesant soixante-dix livres, tomba

du ciel au mois de janvier 1706, auprès de Larisse ek Macédoine. Paul Lucas l'avait vue , car il était alors à Larisse. Elle sentait le soufre et avait assex l'air de mâchefer.

Le fameux Gassendi, dont l'exactitude égalait le savoir, rapporte que, le 27 novembre 1627,1e ciel étant trèsserein , il vit tomber, vers les dix heures du matin, sur le mont Vaisin , entre les villes de Guillaume et de Perne, en Provence , une pierre enflammée qui paraissait avoir quatre pieds de diamètre. Elle était entourée d'un cercle lumineux de diverses couleurs, à peu près comme Tareen -ciel. Sa chute fut accompagnée d'un bruit semblable à celui de plusieurs canons que l'on tirerait à la fois. Cette pierre pesait cinquante-neuf livres. Elle était de couleur obscure et métallique, d'une extrême dureté; sa pesanteur était à celle du marbre ordinaire, comme quatorze est à onxe. Voyex d'autres exemples dans mon Dictionnaire de l'histoire de France, au mot Aésouthi-

Cbap. VIII. — Duarum nobilissimarum civitatum.

Il y en avait trois, comme on le voit parle chap. xv, savoir : Tarente , Métaponte et Thurii.

Ibid. — Ex Us tredecim fere nobiles, etc. Cf. sur la trahison qui livra Tarente à Annibal, Appien, Guerre d'Ann., ch. xxxu-xxxiv; Frontin, Stratag., LIT, 5, 6 et surtout Polybe (VIII, 26-56 Schweigh.), qui comme uous l'avons déjà remarqué, est ici traduit littéralement par Tite-Live.

Ibid. — Rico et Philcmenus. Les meilleurs manuscrits ont Philomenus, d'autres Philtmenes, leçon reçue dans les éditions antérieures à Gronove. Polybe les appelle 4nXiif&tvGç et Nîxcûv. Appien et Frontin n'en indiquent qu'un seul qu'ils appellent Kgvcavcu;, ou Cononeus. Peutêtre était-ce le surnom de Philomène, qui était le chef de la conjuration.

Cbap. IX. — Ad portant, Temenida. Le nom qui désignait cette porte venait de celui de Témenus , arrièrepetit-fils d'Hercule qui, conjointement avec ses deux frères (Cresphonte et Aristodème ) dont il était l'aîné, s'empara du Péloponèse , après en avoir chassé les Pélopides, et qui, le premier des Héraclides, régna à Argos. Les rois lacédémoniens descendaient de son frère Aristodème. Or Tarente, comme on sait, avait été fondée autrefois par une colonie grecque de Lacédémoniens. Il y avait aussi à Syracuse, fille fondée par Archias , qui était aussi Héraclide , un Apollon Tèmènit** , qui donnait son nom à un quartier de 1» ville.

Cbap. XL— Ptatistris transveham naves. Près de dixsept siècles plus tard le même moyen fut employé par Mahomet II, au siège de Constantinople. Ne pouvaot percer l'entrée du port, fermée par une chaîne, il conçat le projet hardi d'y faire transporter ses vaisseaux par terre, sur un chemin de madriers et de planches graissées , depuis le Bosphore jusqu'au haut du port. Cette entreprise gigantesque fut exécutée en une seule nuit. Un commentateur moderne , en rapprochant ces deux faits, s'écrie: • Honneur au génie des Barbares! • El pourquoi donc appeler Barbares le vainqueur de Cannes et le conquérant de Constantinople? Annibal pouvait bien être traité de Barbare par les Romains, qui donnaient ce nom à tout ce qui luttait contre eux; les gêna du Bas-Empire avaient assex de vanité pour en user de même envers Mahomet II: mais le Turc et le Carthaginois étaient deux hommes de génie; et le génie n'est jamais barbare.

Chap. XII. - VaUs hic Mordus illustris. Cf. Macrolie SaL, I, 17. Cicéron , de Divin., 1, 40, 50, parie de Mardi fraires, aogores et devins. Voyez Davis, sur ce passage de Cicéron, Lindebr.. sur Ammien Marcellin, XIV, I et Menrsins, CrUic. Arnob., 1, 14.

Ibio. — Amnem Trojugena. Selon la cootnme, cet oracle était en vers. Tite-Live en a un peu dérangé la mesure; Alciat a taché de la rétablir ; mais sa restitution, reproduite par presque tous les éditeurs, ne nous a pas paru asses heureuse pour que nous rimerions ici.

Par les champs de Diomëde , il faut entendre les campagnes de l'Àpulie, où était Cannes, et que les poêles appellent souvent de ce nom, à cause de Diomède, fils de Tydée, roi d'Êtolie, qui après le siège de Troie , errant comme Ulysse et bien d'autres, avait abordé eu Italie, et ayant épousé la fille du roi Daunus, reçut de lui une partie de la Daunie ou de l'Apulie. ( Voyez Heyne, Exe. 1 ., ad Virg. .£n., XI, et Eudocie , Ion,, dans les Anecd. gr. de Villoison, p. 1 15. )

Ibio. — Canna /lumen. C'est ou l'Anfidus , ou une rivière moins importante arrosant Cannes, et dont les autres auteurs ne parlent pas. Parmi les cours d'eau qui traversent les champs de Cannes, on connaît l'Anfidus et le Vergellus, sur lequel ou peut voir Florus, II, 6 et Valère-Maxime, IX, 2.

Ibid. — Ludos prœtor... fadurus. Ce préteur était P. Cornélius Sulla ou Sylla. Voici, à ce sujet, l'étymologie du mot Sylla, telle que nous la donne Macrobe, SaL, I, 7, p. 290. éd. Deux Ponts) : «Bello puuico Illudi Apollina-

• res ex libris sibyllinis prinium sunt insiituti, suadenie *• GornelioRofodecemviro, quipropterea 3ioy//acogoo-

• minatus est, et postes corrnpto nomioe priroum Sylla « cœpit vocitari. • Cicéron ( Ad Ait., XVI, 5) nous apprend que dans ces jeux on représenta des pièces de théâtre grecques. (Dodwell., de Cyclis, biss. IV, g 16. )

Chap. XIV. — Dein postero castris, etc. Ce passage n'est pas très-clair. Quand l'armée romaine eut été ramenée è Bénévent, qui pouvait empêcher les Campaniens de sortir, ou Hannon de revenir? Un manuscrit omet se devant hostium, ce qni rend la phrase un peu plus supportable.

Ibid. — Vibius Acuœus, c'est-à-dire originaire d'Accoa. Hais Accua, comme le remarque Duker, doit être placée en Apulie ( XXIV, 20 ), et non en Campa nie. Or la cohorte en questiou était pélignienne, et l'on ne voit pas pour quel motif les Péliguicns lui auraient donné un chef apulien. Du reste, il ne faut pas confondre es prœfecti avec les douze préfets des alliés qui, suivant Poljbe ( VI, 24 ), étaient nommés par les cousuls. Les uus et les autres sont désignés par le nom de préteurs, IX, 16 et XXIII, 19. Cf. J. Lipse, Milit. rom., I, 7; II, 10.

Ibio. — Hoc signum inira tallum hostium erit. C'est avec raison que l'histoire recueille et consacre de pareils faits d'héroïsme, dont Tite-Live nous a cité plus d'un exemple. (Voyez IV, 29; XXI, 26; XLI, 4.) Mais il est bon de remarquer que notre histoire aussi abonde en traits de courage, qu'on pourrait mettre en parallèle avec ceux-là. Mous avons déjà rappelé le trait du grand Condé, lançant dans les lignes de Fribourg son bâton de maréchal. Qui ne se rappelle un autre héros s'immortalisant par un exploit semblable au passage du pont d'Arcole?

Ibio. — Prineeps primas centurio. Juste-Lipse, Afiiit.

rom., II, 8, et Duker pensent qu'il faut lire prineeps primat ou prioris centuriœ ; mais peut-être le mot cen* turio n'ett-il autre chose qu'une glose du mot primus; car de même que le centurion du premier manipule du pilum ou dn rang des triaires s'appelait primi pili centurio ou primus pi/us, de même le centurion du premier manipule des bastats s'appelait primi hastati centurio, on primus Kastatus ; de même aussi le premier de l'ordre des principes pouvait être appelé primi principis centurio, ou primus prineeps. L'ordre dans lequel se classaient les centurions était tel, que le decimus hastatus était considéré comme le dernier de tous ; tandis qne le primus pilus était le premier en importance, et c'est par ce motif qu'on le désigne aussi par l'expression de primus centurio. Voyez VII, 41.

Chap. XV. — Quitus indidem ex Achaia oriundi. Toutes ces villes étaient grecques d'origine; mais Thurii , colonie athénienne . ne peut ici, de même que dmis Scymnus de Cbio, v, 525, être désignée comme d'origine acbéenne , qne parce qu'on aura confondu avec ses habitants les anciens Sybarites, ou eu seulement égard à cenx d'entre eux qui avaient survécu et pris part à la nouvelle colonie. Voyez Heyne, Opusc. Acad., t. II, p. 1 74. 11 y examine quelle fut la véritable origine de Thurii, et s'occupe de Métaponte, p. 205 et sniv., où il avertit que les mots « cognatione juncti erant • ne se rapportent qu'aux Métapontins, et non anx Tarentins, qui étaient d'origine dorienne.

Chap. XVI. — Liberos cum suis legibus, ce qu'il exprime ailleurs par le mot immtines, c'est-à-dire exempts de tributs et d'impôts , et vivant d'après leurs propres lois, iXcuMpcuç, oùtgvo|xcuç. Cf. XXV, 25; XXX, 57; XXXVII, 54; XLIV, 7; XLV. 26. Voyez sur le double privilège de l'éleuthérie et de l'autonomie, Spanheim, de Usu et pr. num., Diss., IX, p. 674.

Ibio. — Contingere dexlram. Usage antique. Voyez Hom. //. B., 541, etEurip., Mèd., 21, avec la note de Porsoo.

Ibid. — Paludamento circum latvumbrachium intort o. Sur cet usage ancien dont les bas-reliefs grecs nous offrent plus d'un exemple , voyez Burmann sur Pètron., ebap. lui, et Schel., sur Hygin, p. 1050, t. X, des.Jnf. rom.

Chap. XVI II. — Eruptione oppidanorum et Magonis. Peut-être faut-il lire Hannonis ou Bostans, que, suivant Tite-Live, XXVI. 5 et 12. il avait laissé à la tète de la gar nison carthaginoise. Au chap. xv et xvi il dit que Magon était dans le Bruttkim , et au ebap. xxi qu'il se trouvait dans l'armée d'Annibal.

Chap. XIX. — Sempronianus exercitus, nii Cn. Cornélius qiisTSlor prœerat. 11 avait été chargé du commandement après la mort de Tib. Semprooius Gracchus. Cf. ch. xvu. Le questeur provincial, comme magistrat du penple romain*, était au-dessus des lieutenants , et , après la mort du proconsul ou du propréteur, et même en leur absence , ou en attendant l'arrivée de leur successeur lorsqu'ils sortaient de fonctions, il les remplaçait comme chef des troupes.

Chap. XX. — Casilïnum frumentum convectum : ad Vulturni ostium ubi nunc urbs est , caAellum communi tum { ante Fabius Maximus munierat ), praesidium impo situm... /n ea duo maritima caslella , etc. Passage corrompu; car les deux forts maritimes, où Tite-Live nous

HISTOIRE ROMAINE. — NOTES

dit qu'on porta du blé, sont Vulturne et Pnteoli , que Fabius avait fortifiés (XXIV, 7), et ii en dit autant, au chap. xxii» deCasilinum, de Yulturne et de Puteoli. Aussi, après communitum, Cluvier, Ital. ant. t I, 2, insère-t-il Pute o lis. Parmi les différentes conjectures proposées , la plus probable est celle d'après laquelle il faudrait lire ainsi ce passage : « Castellam communitum atque Puteolis « ( Maximus munierat ) praesidium impositum. • Car Fabius , après avoir fortifié Puteoli , y avait placé une garnison ( voy. XXIV, 7 ). En outre Fabius y est souvent désigné par le seul surnom de Maximus. Voyez par ex., XXIV, 12; d'où l'on peut conclure qu'un copiste inattentif a de Puteolis fait Fabius , ou que ce dernier mot , ajouté comme glose à Maximus , est passé dans le texte , après en avoir chassé Puteolis.

Cbap. XXI. — Prima leqio et sinistra ala socialis exercitus. L'armée des allies se divisait en deux corps, Vala dextra et Vala sinistra, et l'ala était pour eux ce qu'était la légion ponr les Romains. Voyez J.-Lipse, Mil. rom. f II, 7. Ce savant nous apprend qu'on donnait le nom d'ala dextra et ala sinistra à denx parties de l'infanterie des alliés, parce que, comme les ailes chez les oiseaux , elles couvraient le corps des légions des deux côtés. Cf. Anlu-Gelle, XVII, 4. De là les expressions cohortes alariœ, ou alares (X, 40), pour indiquer l'infanterie des alliés, et alarii équités pour désigner leur cavalerie ( XXXV, 5 et XL» 40) , pastages où ils sont distingués des legionarii équités.

Sans doute, le plus souvent, le mot ala se dit des alliés; mais quelquefois aussi de la cavalerie romaine. Voyez II, 49; VIII, 59; XXIII, 45; XXIX, I. Quant au motif qui a fait donner à l'une des ailes le nom de dextra» et à l'autre celui de sinistra, on l'ignore, et Polybe ( VI, 26) ne nous apprend rien à cet égard. «Les ala, dit Dulcer, n'étaient pas ainsi appelées à cause du rang qu'elles occupaient dans le combat; car le cbap. n du livre XXVII prouve que la gauche pouvait combattre à l'aile droite, et la droite à l'aile gauche. Je soupçonnerais, ajoute-t-il , que ces noms leur étaient donnés arbitrairement par le général, de la place que chacune d'elles occupait dans le camp. • Cf. XXVI, 14; XXVII, 14 et XXXI, 21.

Chap. XXII. — Conquisitio volonum. Voyez la note sur le chap. lvii du livre XXII.

Cbap. XXIII. — Incertus utrum... an obsidione Syracusas premeret. L'année précédente Appius seul avait assiégé Syracuse , pendant que Marcellus portait ses armes par toute la Sicile, et tenait tête à Himilcon et à Jiippocrate. Marcellus délibère donc ici s'il doit, maintenant qu' Appius a été renvoyé à Rome, se tourner contre les ennemis de l'année précédente, ou rester sur les lieux pour presser le siège de Syracuse.

iBin. — Ad portum Trogiliorum, Trogiliorum est une correction de Cluvier, pour Trogilorum que donnaient les anciennes éditions. Trogilum était un bourg sur le bord de la mer, et ses habitants en tiraient le nom de Trogilii. Le lieu où se tenaient les vaisseaux s'appelait d'eux Portus Trogiliorum. Etienne de Byzance : Tpw*|iXoç- x^pa s*v IixiXta* tô étoixèv Tp«fîXio;. Thucydide, VII , 2 : O TpwfiXo; xaXoôpvoç, ^mp ppax«"*?ov i-{iy*t7Q aùroïç ix t*û {UfâXou XijtévG* im ttjv étepav OâXaaaav tô dirint- XtojAa. Ce port se trouvait prés de l'issue du grand port de Syracuse.

Cbap. XXIII. — JHem festumJHemœper triduum oei. Il ne faut pas prendre dies festus dans son sens rigoureux, car la phrase serait inintelligible. Cette expression ne peut signifier autre chose que la fête de Diane, quelle qu'en fût la durée. Il n'est donc pas nécessaire de re trancher le mot dies, comme le proposent J. Gronove et Crévier. Voyez, sur les ÀpTep.îoia,Meursius, Gracia feriato, 1.

Cbap. XXIV. — Atheniensium classes demersa. Voy. Cic, Verr., V, 57.

Ibid. — Et duo ingentes exercitus cum duobus clarissimis ducibus. Demos thène et Nicias défaits par le Spartiate Gylippe, au temps de la guerre du Pétoponèse. Voyez Thuc, VII, 2 et suiv.; Diod.. XIII, 7 et suiv.; Justin, IV, 4; Plutarque, Vie de Nicias. et Fie d'Alcibiade. Deux autres généraux athéniens , non moins célèbres , Lamachus et Eurymédon , périrent aussi à Syracuse. Voy. Thuc, VI, 101 et VU, 52.

Cbap. XXV. — Ad Euryalum. EùpûuXcç ii dbcpôwoXi; tw ÉmraX£>v, woXtxvtov £è roûro Sup&xourôv àroxfnp.vcv, Etienne de Byzance; cf. Thuc, VI, 97; VII, 2 et 45.

Ibid. — Neapolim et Tycham. Voyez la note sur le chap. xxi du livre XXIV.

Cbap. XXVI. — Accessit et pestilentiœ. Tite-Live, dans la description de cette peste, a eu sous les yeux Thucydide, II, 51 et suiv.

Cbap. XXVII. — Sed iidem venti, etc. Le vent d'ouest les avait portés de Carthage à Pachynum, le vent du midi leur était nécessaire pour se rendre de Pachynum à Syracuse.

Ibid. — Ab ortu solis flore. Donc les vents étalent changés depuis que Bomilcar était arrivé à Pach) ddio: mais de telle sorte qu'ils les empêchaient toujours de doubler le promontoire et de se diriger vers Carthage.

Cbap. XXVIII. — Simul ad eos ab exercitu Siculontm. C'est ainsi que Périzonius a corrigé la leçon ordinaire : Simul ab eo ad exercitum Sic. • Des envoyés, dit-il, avaient été expédiés du camp des Siciliens vers Marcellus, pour traiter de la reddition de la ville, et surtout pour sonder les dispositions des assiégés , avant de rien arrêter définitivement. Les députés n'avaient donc pas besoin de rappeler qu'ils avaient été renvoyés par Marcellus à l'armée , puisque cela n'avait pas eu lieu , et que même , s'il en eût été ainsi , on ne pouvait en conclure que c'était dans le but de rendre la fortune égale pour tous, ce qu'ils affirmaient être l'objet de leur mission. En outre il n'était pas besoin qne Marcellus envoyât à ce sujet des députés aux Siciliens , qui étaient venus d'eux-mêmes lui faire cette demande , et il n'était pas convenable qu'il s'occupât d'un soin qui regardait les seuls alliés de Syracuse, alors dans le camp. »

Cbap. XXIX. — Sub clientela numinis Marcellorum. (Comp. XXVI, 52, Cicér., Verr., 1,51, 55; II, 2, | 21; IV, 54. ) 11 résulte de ce passage que les Marcellus étaient les patrons des Siciliens , comme les Fabius des Allobroges, Cicérondes Campaniens, Caton des Cappadociens et des Cypriotes. ( Sur ces sortes de patronages voyez les commentateurs de Tacite, Ann., III, 55. ) En mémoire delà clémence et de l'humanité de Marcellus, chaque année on célébrait à Syracuse une fête en son honneur, appelée les Marcellea, à laquelle Verres en substitua impudemment une autre appelée Verrea. C'est à peine • si Ton trouve dans Tite-Live quelques mots sur la dé-

menée qui mérita à Marcellus cette distinction honorable ; il raconte même des fait* qui semblent en opposition avec ce caractère généreui (XXIV, 35 ; XXV, 31, 40; XXVI, 26,52}. Plutarque [Marcell., cb. xx et xxm) rend pins de justice an conquérant de Syracuse; et il raconte qu'en considération de la liberté qu'il avait donnée aux Syracusains, et du patronage qu'il leur avait accordé, ce peuple reconnaissant lai a?ait décerné les honneurs dont nous venons de parler et d'autres encore.

Pendant que Marcellus était consul pour la quatrième fois , raconte Plutarque , ses ennemis subornèrent des Syracusains qui devaient venir a Rome l'accuser et se plaindre dans le sénat qne, contrairement aux traités, ils avaient été opprimés par les Romains d'une manière indigne. Ils vinrent en effet et se présentèrent au sénat.

MarceUus était alors absent, et occupé d'un sacrifice an Capitole; son collègue, que son absence contrariait, le fait prévenir. Il arrite , prend place sur sa chaise curule, expédie les affaires comme de coutume, puis descend , va se placer dans le lieu réservé aux accusés, laissant ainsi toute latitude aux Syracusains. Ceux-ci exposent leur plainte : Marcellus y répond ; après quoi les accusateurs et l'accusé sortent du sénat pendant qu'on recueillait les suffrages. Marcellus était au milieu de ses adversaires, la figure calme, ne témoignant ni crainte de l'accusation intentée contre Ini, ni irritation contre les Syracusains.

Dès que le résultat du scrutin rat connu, et qu'on sut l'acquittement de Marcellus, on fit ses accusateurs devenir tout à coup ses suppliants, se jeter à ses genoux , le conjurer avec larmes de leur pardonner à eux, et de prendre en pitié le sort de leur malheureuse cité. Mar cellns attendri céda à leurs prières, et ne cessa de combler de bienfaits eux et les autres Syracusains. La liberté qu'il leur avait rendue, l'autonomie, la jouissance des richesses qui leur restaient, leur furent maintenues par le sénat. En reconnaissance de ces importants service* , Syracuse lui décerna de nouveaux honneurs , et ils rendirent une loi d'après laquelle, toutes les fois que Marcellus ou un de ses descendants passerait en Sicile, tons les Syracnsains se couronneraient de fleurs et offriraient un sacrifice aux dieux.

Cbap. XXX. — Ab Arethusa fonte usque ad ostium angiportus. Il y a ici une erreur qui provient du tait de Tite-Live, car il n'y a aucun rapport entre la fontaine d'Aréthuse et Àchradine. Aréthuse est située à l'extrémité de l'ile(Cic, in Verr., TV, 118; Strab., liv. VI, p. 270 et Virgil., Enéide, III, 696, et beaucoup d'autres passages). Il y a d'ailleurs dans le récit de Tite-Live , d'après la remarque dePérixonius (Anim. hist., cb. vm), une inconséquence manifeste, puisqu'il dit ( liv. XXVI, cb. xxi ) que Mericus livre non pas Achradine, mais Nasos (l'Ile). Crévier craint même que tout ce récit de la trahison de Mericus ne soit pas fort exact , et que par conséquent il n'y ait un reproche plus grave à faire à Tite-Live.

Ibid. — Rbmulco. Le mot remulcus vient de pùjxx, cordage, et de tXxw, tirer, ou mieux de pujx&uXxeîv, d'où notre terme de marine remorquer, par le changement si commun des deux liquides X et p. C'était proprement le cordage à l'aide duquel un navire en remorquait un autre, a. XXXII, 16; XXXVII, 24, et Scheffer, de MU. nav„ U, 5.

Cbap. XXXI. — Archimeden, memoriœ proditum est, etc. Cf. Cic, Fin,, V, «9; Silius liai., XIV, 676 et suiv.; Val. Max., VIII, 7 ,ext. 7, et Plutarque i Marcel!.,

cb. xix ) qui rapporte les différents récits des historiens.

Cbap. XXXII. — Ad urbem Anitorgin. On n'en connaît pas la position, à moins qu'il ne faille lire Conistorgin, ville forte des Celtiques ou de la Lusitanie, que Strabon , il est vrai ( III, 2, p. f 4f ), appelle Kovi<rr«p<nç, mais qu'Appien ( B. Hisp., lvii et suiv. ) désigne sous le nom de Kovîorop^i; on Kamoropapç. Le même auteur parle d'un peuple de Cunéens, du pays et du promontoire Cunéen. Voyex Strabon, liv. III, pr.; Plin., IV, 22; Pomp. Mêla, III, I. Cf. XXVIII, 57.

Cbap. XXXV.— Asdrubalem H ami l caris, Sous -en tendez filium. Voyex XXVI, 17. De même on trouve Asdrubal Gtgonis, XXV, 57; «XXVI, 20; XXVIII, 12, et peut-être Seleucus Antiochi, XXXVII, 1 8. Cf. Duker, sur Florus, II, 16; Burmann, sur Suétone, Cœs., iv, et Gramm., x.

Cbap. XXXVI. Omnesquc intus, etc. C'est la tradition adoptée par Appien (Hisp., xvi) : Tôv irûpfov tvurpaaav ot Aîêotç, xai 6 Sxiirtwv xartxxuÔYî (trrà rûv a'Jv&vraiv. Cf. Sil. Ital., XIII, 688.

Cbap. XXXVIII. — Ex omni profecto sœvitia fortunœ emersuram esse. Cf. II, 29 et Horace, Od. t IV, 4, 65 et suiv.

Cbap. XXXIX.— Claudius qui annales Acilianos, etc. Voyex sur Acilius , p. 769, col. 1.

loin. — Cftjpenm argenteum pondo CXXXVM cum imagine Barcini Asdntoalis. Cbex les Grecs et cbex tes autres peuples de l'antiquité, après l'érection d'une statue , la récompense la plus honorable était un bouclier sur lequel ou faisait peindre ou graver l'image de celui auquel il était décerné. Cf. XXXIV, 52; XXXV, 10; XXXVIII, 55; XL, 51; Tac, Ann,, II, 85; Pline,

XXXIV, 45; XXXV, 2 et suiv.; Dodwell Prœlcct. ad Spartian. Hadr., p. 6 et mon explication des Inscr. gr. et lat., recueillies par la commission de Morée, t. II. p. 89. — Les cent trente-huit livres que pesait le bouclier en question équivalaient a quarante-quatre k il. sept cent douze grammes, en adoptant, avec M. Saigey, trois cent vingt-quatre grammes pour le poids de la livre romaine.

Cbap. XL. — Inde primum initium mirandi gracarum artlum opéra. Ce goût pour l'art grec s'accrut encore après la prise de Corintbe. Cf. XXXIX» 6; Cic, ad Uiv.. VIII, 14, et Manuce sur ce dernier passage.

Ibid. — Templum id ipsum primum, etc. Le temple de r Honneur et du Courage» comme l'a remarqué Duker. Plutarque \V\e de Marcell., ch. xxvm ) dit que Marcellus le bâtit avec le butin rapporté de Sicile, et que, voué par lui dans son premier consulat et au combat contre les Insubriens à Clastidium ( voyez Polybe, II, 1 1 ), il (ut dédié par son flls, près de la porte Capène. (Voyez Tite Live, XXVII, 25 et XXIX, 11.) Les mêmes auteurs ont rapporté qu'un seul temple avait été voué par Marcellus, mais que dans la suite, sur l'avis des pontifes, ou en éleva deux qu'on réunit comme pour indiquer, ainsi que le dit Symmaque tEp., 1, 14), que là où il y a des actes de courage il y a aussi d'éclatants honneurs. Voila pourquoi il est question, tantôt d'un seul temple et tantôt de deux, comme deux lignes plus bas : Adportam Capenam dedicota a Marcello lempla. Cf. Cic, Verr. t IV, 54 et Pline,

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