‹ Commentaire sur Tite-Live: Complément de l'édition du Tite-Live de laChapitre 35 sur 158 · LIVRE XX VU · texte numérisé non relu

LIVRE XX VU

Dam le livre XX VII, Tlte-Live a souvent comparé ensemble plusieurs aateurt , surtout lorsqu'il y avait dissidence entre eux sur le nombre des morts (cta. i) ; ou lorsque des faits particuliers étaient rapportés diversement par eux, (ch. xxvi, xxxiu, xxxviu). Au cbap. vu il dit encore que quelques historiens ne sont pas d'accord , et parmi eui il faut ranger aussi Polybe X, 2 (cf. Schweighawsen.Au chap.xv il a traduit Polybe |cf.X,f), maison l'abrégeant. Le cbap. xvn et les suivants sont évidemment calques sur Polybe ( X, 54 et suiv. ) qui, toutefois, place ailleurs les mêmes faits. Cf. Schweighœuser, au passage cité, bien que je soupçonne fort que, dans les extraits , l'ordre ait pu être confondu et changé. Tout est à peu près tiré de Polybe , jusqu'aux cbap. il de l'auteur grec, et xx de l'auteur latin, où s'arrêtent les extraits de Polybe.

Au chapitre xxvm Tite-Live s'eiprime ainsi : • Multos « circa unam rem ambitus fecerim , si qua? de Marcelli « morte variant auctores omnia exsequi velim. C'ilius • triplicem ordinem refert. • — Au milieu de tant de divergences d'opinions, il a cependant préféré le récit que Polybe avait donné, X, 52, et que nous ne lisons plus que tronqué dans les extraits. 11 a puisé certains autres détails particuliers dans d'autres auteurs. Le cbap. xxvm est d'accord avec Polybe ( Fragm. in Spicileg., p. 58, liv. X, ch. xxxiii, éd. Didot ). Ch. xxx, pour la chronologie, il est en désaccord avec Polybe, et il classe autrement les faits ( Cf. Schweigh., ad Polyb., X, 25. ) Ch. xxxvi, il a omis les événements relatifs à Antiocbus, qui se trouvent racontés par Polybe (chap. xxvu et suiv.). Ch. xxxvn, il parait avoir lu, dans les annales, le chant en l'honneur de Junon. Ch. xxxix, en racontant le passage d'Annibal , il s'est conformé à ce qu'on en lit dans Polybe (XI, i). Ch. xlix, au sujet du combat livré à Asdrubal, il s'écarte notablement du récit de Polybe ( XI, 5), quoiqu'il lui ait cependant emprunté la description de la bataille, mais il y a joint beaucoup d'autres détails qu'il a trouvés dans les écrivains latins.

Cbap. I. — In Italia consul Marcellus. S'il n'est pas opportun de reproduire ici l'histoire de Marcellus, il n'est pas non pins sans intérêt de mettre en saillie un certain côté de son caractère, qui se dessine nettement par quelques traits du vingt-septième livre. Marcellus représente à merveille le patricien plein d'assurance et de liste. D ne se croit pas général ordinaire; il se considère comme un homme sûr de la fortune , et, en même temps, comme quelque chose de supérieur à un simple citoyen ; comme le génie tutélaire de l'état, comme une puissance qu'il faut affranchir des règles communes. Cnéius Ful- ? ius Centuroalus va bientôt se laisser battre par Annibal

à Hcrdonée. et périr Ini-méme aveconxe tribuns des soldats et seize mille hommes, selon les uns, treixe mille, selon les autres. A cette occasion Marcellus écrira : « que lui, c'est-à-dire l'homme qui, après la bataille de Cannes, a su rabaisser l'orgueil d'Annibal, s'est mis en marche vers ce dernier , et qu'il va bientôt mettre un terme à sa joie. • Vers la fin de l'été* lorsque le terme de son consulat approche , il n'attend pas qu'un autre fasse voir que l'antagoniste actuel d'Annibal ne saurait être remplacé sans dommage pour la guerre. Il écrit lui-même au sénat qu'il pousse vivement Annibal, et que les intérêts de la république auraient à souffrir si ce changement de général venait ralentir cette poursuite. Au surplus le langage que Tite-Live lui prête , peint mieux son caractère que le récit même de &es démarches. Veut- il rassurer les Romains, il leur dit : • Ceterum , eumdem se , qui post

■ Canneusem pugnam ferocem Victoria Annibalem cou-

■ tudisset , ire adversu» eum , brevem illi laHitiam , qua c exsultet, facturum. » Écrit-il à Rome, pour qu'on lui laisse la conduite de la guerre, voici l'impression qu'il produit :« Se i litterœ Marcelli, negantis e itpublica

• esse, vestigium abscidi ab Ancibale, cui cedenti cer-

• tamenque abouenti gravis ipse instaret, curam injece*

• rant ne aut consulem , tum maxime res agentem , a

• bello avocarent, aut in annum consules deessent. • Les conseils de Marcellus étaient formels, et malgré l'autorité des anciens usages, le sénat se soumettait à cet orgueil justifié par de grands succès. De tels citoyens dans la Rome répuLlicaine agissaient et parlaient en rois.

Ch a p. T. —Maronea et Mêles. Peut être faut-il lire ilfefar, comme plus haut, XXIV, 20, aujourd'hui Molise. Ces deux villes ne sont, je cro s, mentionnées par aucnn autre auteur. La plupart des manuscrits portent Mannort as ou Marmoras.

Ibid. — Tritici ducenta quadraçinta milita modium. Vingt mille sept cent trente six hectolitres , en évaluant , avec M. Suigey, le modiusè huit litres soixante-quatre centilitres.

Ibid. — Centum decem milita hordei. Neuf mille cinq cent quatre hectolitres.

Ibid. — Cn. Fulvius Cenhmalus. Il ne faut pas le con fondre avec Cn. Fulvius Flaccus, qui fut vaincu près de la ville d'Herdonée. Voyez XXV, 21 .

Ibid. — Romanorum sociorumqut quot cœsa, etc. Voyez Plut., Vie de Marcellus, ch.xuv; Frontin, Strat., II, 5, 21 ; Appien, Uann., xliiii; Orose, IV, 18, et Fabricius sur ce dernier auteur.

Cbap. II. — Ex Samnio in Lucanos tratisgressus, ad Numistronem. Noopuorpu* dans Ptolémée, se trouve chea

HISTOIRE ROMAINE. -NOTES

les Bruttiens méditerranéens dont Tite-Live, dans plusieurs passages, attribue la partie supérieure aux Lucaniens. Pline (III, H ou 15) fait mention des Numestiaui. Ciiap. IL— Prior in arieroediur/f.Créviervoit plusieurs diflicultés dans ce passage. D'abord, dit-il, on ne pont comprendre quel était, dans ce combat, ce premier corps de bataille des Romains (prima acies) distinct des deux légions et des deux ailes ; car Marcellus n'avait que deux légions et un pareil nombre d'aHié.s, divisés en deux ailes (voyez XXVI, 28). L'autre difficulté consiste en ce point que les deux premiers corps ajant prolongé le combat jusqu'à la nuit, il ne dut pas rester assez de temps pour que le résultat de l'engagement de la première légion avec le second corps des Carthaginois pût demeurer longtemps indécis, t diu neutro inclinata ste-

• lit », et pour que ses troupes fraîches remplaçassent celles qui étaient fatiguées, jusqu'à ce que la nuit séparât les combattants. Il propose donc de lire ainsi tout le passage : « Romani sinistrum ad oppidum applicareot. Diu

• pugna neutro inclinata stetit. Ab hora terlia quum ad

• uoetem pngnam extendissetat , fessa?que pugnaudo « prime acies ettsent, [qua? scilicet erant] ab Romanis

• [ id est a Romanorum parte ] prima legio et dextra ala, « ab Annibale Lvero, id est ab Annibalis parte] Hispani « milites et funditor baliaris, elepbanli quoque, [ qui] « commisso jam certamine, in prslium acti [fuerant], « prima? legiooi terlia l et] dextrae ala? sinistra tubiit, et « apud hosles integri a fessis pugnam accepere. »

Ibid. — Nox incerta Victoria diremit pugnantes. S'il faut en croire Frontin [Stratag., II, 2, 6), « Annibal ca-

• vas et preruptas fias objf cit a latere, ipsaque loci na- « tura pro munimentis nsus ctarissioium ducem vicit. •

Chip. m. — Locant autem omnem frumento. Je ne pense pas qu'il faille voir là une preuve de la rareté du numéraire à cette époque. Ce passage même semblerait prouver que la location moyennant une redevance en nature u était pas d'un usage comtaut.

Iam. — AZris dena millia. Crévier pense avec raison qu'il s'agit ici d'œs grave. Au taux de 0,48 c. par as , les 10,000 as valaient 4,800 fr.

Chip. IV. — Ad eum litterœjussu senatus ab L. Manlio prœtore urbis missœ, cum liUeris constilis Marcelli, ut ex lis nosecret, qua causa patribus cum potins, quam collegam revocandi ex procincia essel. Dans le principe, quand les consuls partaient pour la guerre, ils remettaient la Tille aux soins d'un lieutenant qu'ils se choisissaient eux-mêmes et qu'ils installaient avec le titre de préfet de la ville. Mais avec le temps le préteur urbain acquit par l'usage le droit de les remplacer. Dans la circonstance qni nous occupe, le sénat voulant douner un caractère officiel au rappel de Valérius, lui fait écrire dans ce but par le préteur de la ville. Lorsque les consuls étaient hors de la ville, le pouvoir executif passait entre les mains du préteur de la ville. Lorsque les consuls étaient à Rome, le préteur n'était plus que le chef de la justice. Voyez la note du ch. xxxv du liv.XXII.

Ibid. — Legati ab rege Syphace. Syphax avait déjà envoyé une députation en Espagne , auprès des généraux romains, Cn. et P. Cornélius, et maintenant il allait chercher, en quelque sorte, à sa source même , l'amitié des Romains. L'existence des clientèles, c'est-à-dire de la forme régulière sous laquelle les familles eterçaienl leur influence , est un des faits les plus curieux qui soient offerts par l'histoire romaine. Tant que Rome demeure

renfermée en elle-même, les patriciens se divisent , pour aiusi dire, le penple romain lui-même, en l'organisait! en clientèles, en donnant à chaque famille noble un certain nombre de sujets. Quand Rome étend ses vues ambitieuses sur le monde, ce système dure encore. C'e*t moins l'état que telle famille qui règne sur tel pajs, but telle ville. Les conquêtes du peuple romain servent à grossir la puissance et l'influence des ma sons aristocratiques. Avant de rechercher l'amitié du sénat, Sjpbax avait voulu d'abord obtenir celle des Scipions.

Chap. VI.— Cum donis adregemmisit. Les présents que le sénat envoyait à Syphax, la toge et la tunique de pourpre , étaient comme un symbole par lequel les Romains reconnaissaient Syphax comme un citoyen, ou quelque chose de mieux encore, car le simple citoyen ne portait pas la robe de pourpre. Les rois voisins de Syphax, mats qui avaient moins de puissance que lui , sout placés à uo degré plus bas par la nature des dons qu'on leur fait, lia ne reçoivent que la prétexte.

iBin. — Ad Ptotemttwn Cleopatramque reges. C'eat Ptolémée Philopator. Rcgcs e*t ici pour regem et réginam. En Egypte, sous les Ptolétnees, les reines associées an pouvoir étaient nommées dans les actes et sur les monuments publics. Voyez Spanheim, de Usu et prœst. num., Diss. VII, p. 425. La sœur et l'épouse de ce Ptolémée esta tort nommée Eurydice, par Justin (XXX, I», et mieux Arsinoé,parPolybc(V,83, 3; XV, '25, 2; 55. H ci suiv.), et par l'auteur du 3 e livre des Machabees, 1, 1 et 5. Ce Ptolémée avait commencé à régner avant la deuxième guerre puuique. Rome, dans cette circonstance , renouvelle l'allia uce qu'elle avait conclue aire l'aïeul de ce prince, Ptolémée Philadelphe. Noyez Freinsb., Suppl^ XIV, 38, ou Rollin, Hist. rom., t. III, liv. X, cb. v.

Ibid. — Ad compitum anaaninum. Voyez la Table de Peutinger, 17fer Antonin., Wesseling. sur ce dernier, p. 306, et Clavier, Ital. mit., m, 6, p. 982.

Chap. V. — Annos prope LX. Il ne s'en était écoulé que LV depuis que le consul Appius Claudius avait porte la guerre en Sicile.

Ibid. — Patres extra romamim agrum negabant di ctatorem dici posse. Le dictateur ne pouvait pas même conduire une armée hors de l'Italie. On ne connaît qu'une seule infraction à cette loi. Voyez VEpitome de Tite- Live, XIX. Crévier remarque que ce passage doit être entendu de telle sorte qu'auenn territoire hors de l'Italie n'était regardé comme romain , et non que tout territoire d'Italie était tenu pour roman, comme on le voit par le ch. xxix;raais il parait qu'on regardait comme romain tout territoire de l'Italie que Rome avait soumis à sa puissance.

Chip. VI. — Olbiensem primo... Caralitanum agrum. Ptolémée place ces deux villes, Olbia et Caralis ou Caralès (aujourd'hui Cagliari), dans la même partie de la Sardaigne,à l'orient. Comment accorder cette situation avec ce que dit Tite-Live : inde ad alterum insulœ la tus?

Ibid. — Sacerdotcs romani eo anno mortui aliquot sufltetique. Otacilius était mort en Sicile l'an 541 . Voyez XXVI, 22, 23.

Ibid. — Ti. Sempronius, Ti. F. Longus. II fut chargé de deux sacerdoces, comme l'avait été T. Ot'CiliusCrassus, et comme tant d'autres encore. Cf. Spanheim, et Usu et prœsL num., Diss. XII, p. 568 et M an uce, sur «.le.-, Ep. ad. dit., XIII, 68. Mais Drakenlwrch regarde le

membre de phrase Ti. Sempronius... Crassi comme une interpolation, attendu qu'au livre XLI, ch. xn, il n'est fait aucune mention de l'augurât de Sempronius.

Cbap. Yl.—Crassus Licinius, etc. Les censeurs étaient ordinairement choisis parmi les consulaires.

Cbap. VJI. — Ob res féliciter a P. Scipione gestas, supplirahonem in unutn diem derrtvit. Les supplications étaient des cérémonies religieuses ayant pour but soit de remercier les dieux d'une victoire, soit de les prier de détourner quelque calamité. Les supplicaiious d'actions de grâces consistaient en une v isite faite au\ dieux de la première classe, majorum gentium. La procession se composait d'un grand nombre d'entants, filles et garçons, de condition libre , ayant père et mère , couronués de fleurs et portant a la main des branches de laurier. Les enfants marchaient à la tête de la procession en chantant des hymnes à deux chœurs; après eux venaient les pontifes , les prêtres, les magistrats, le sénat, les chevaliers et le peuple, tous vêtus de blanc. Les dames romaines elles-mêmes prenaient part à cette processioo et s'y mêlaient revêtues de leurs plus belles parures.

Ibid. — flaud nescius quosdam esse. Polybe est de ce nombre. Voyez Schweigha?user sur Polybe, X, 2.

Icio. — C. Hosttlius ab C. Lœlorio. ou plutôt L. Velurius. Voyez plus haut, et ch. x et xx.

Ibid. — Eademque legione eademque classe, II n'est parlé que de la flotte (ch. xxn), et dans le livre précédent (XXVI, 20), Tite-Live a dit que P. Sulpicius garda la flotte et renvoya la légion. Ceci est difficilement conciliable.

Chip. VIII. — Primus ex plèbe creatus maxïmus nirio C. Mamiluis Vilains. Un curion, comme nous l'avons déjà vu, était le chef et le prêtre d'une curie. Il était choisi par sa curie. Il en faisait les sacrifices et les repas soiennels. Souvent même il venait présider les repas de famille. Tous les curions étaient soumis à uu curion élu par toutes les curies assemblées ou comices. Ce curion a'appelait Cvrio M eue i mus, le grand curion. Les curions étaient du reste subordonnés au grand pontife.

Ibid. — Flaminem in senatum introduxerunt. On donnait le nom de flamine à des prêtres chargés exclusivement du culte d'nn seul dieu. Le flamine de Jupiter, celai de Mars et celui de Romulus. avaient un rang supérieur, et on les appelait grands flamines ; ils étaient tirés de la noblesse. Les autres , au nombre de douze , s'appelaient petits flamines. La dignité de flamine était a vie, excepté pour le flamine de Jupiter, qui perdait sa place quand il perdait sa femme. Ce dernier, le flamine diale, était le plus considéré. 11 portait un vêtement particulier. Il avait la chaise d'ivoire, comme les grands magistrats. Il était astreint à une multitude de formalités très-singulières . qu'Aulu-Gelle et Fabius Pictor se sont plu à détailler. Il lui était défendu de monter à cheval, de voir une année en bataille hors de la ville, de jurer, de toucher un chien, une chèvre, de la chair crue, du lièvre, des fèves, et non-seulement de les toucher, mail encore de les nommer. Si un prisonnier lié et garotté parvenait à entrer dans sa maison, il fallait le délier surle-champ et jeter la corde dans la rue. Il ne pouvait avoir aucun nœud sur lui. Ses cheveux ne pouvaient être coupés que par une personne de condition libre, et ce qu'on eu coupait devait être enterré au pied d'un chêne vert. Il avait une coiffure particulière, etc., etc. Sa

femme , qu'on nommait la flaminique diale , portait des habits couleur de feu. Elle ne pouvait pas porter de souliers faits avec le cuir d'une bête morte naturellement. Elle ne pouvait pas monter pins de trois marches ou échelons. Son mari ne pouvait pas la renvoyer par le divorce. — En outre la dignité de flamine conférait d'importants privilèges. Par exemple, elle soustrayait à la puissance paternelle celui qui eu était revêtu ; faveur déjà bien précieuse en elle-même dans cette rigoureuse organisation de la famille romaine, mais qui le devenait bien plus encore à l'égard du flamine, en ce que ceite émancipation n'avait pas pour lui tous les inconvénients qui y étaient attachés ; c'est-à-dire qu'il ne subissait pas de diminution de tête ( voy. la note du ch. xl du livre XXII, p. 889 t. Ainsi il devenait libre, sut juris. mais sans sortir de la famille où il conservait tous ses droits. Et, à la mort du chef de famille, du paterfamilias , il reprenait sous sa puissance srs propres enfants, restés dans la dépendance de leur aîenl . et qui , d'après la loi , n'auraient pas dû retomber sons celle de leur père émancipé. (Voy. Ulpien, Recul. , X, 5; (iaius, Instit., I, § 59.)

Cbap. VIII. — Divisam quondam romani punicique imperii finibus. La Sicile ne fut jamais divisée en province romaine et en province carthaginoise. Avant la première guerre punique, il y avait le royaume de Syracuse et la province carthaginoise. A la fin de cette guerre, les Romains restèrent maîtres de la partie carthaginoise de la Sicile, qui fut alors divisée en deux parties, le royaume de Syracuse et la province romaine. La quatrième année de la deuiième guerre punique, après la mort d'il éronyrae, petit-fils d'Hieron, les Carthaginois envahirent la partie de la Sicile soumise aux rois de Syracuse ; mais ils furent bientôt expulses de l'île entière par les Romains. Duker, pour lever la difficulté, propose de lire regii au lieu de romani, mais la correction parait superflue : romani est le nom actuel employé pour désigner l'état ancien.

Cb\p. IX. — Trigïnta tum coloniœpopuli romani erant. D'après Tite-Live lui-même, Rome avait al rs au moins trente-sept colonies. En effet, au ch. xxxvm de ce même livre, il nomme sept autres colonies. Du reste, ce n'est point là noo plus le nombre total des colonies fondées par le* Romains. Sigonius, en compulsant Tite-Live et Dcnys d'Halicarnasse, en a compté jusqu'à cinquante-trois. La grandeur de la politique romaine éclate admirablement dans la conduite que le sénat tient envers les colonies récalcitrantes. A celles qui se plaignent, des ordres formels de fournir de nouveaux secours; à celles qui refusent d'en donner, un silence méprisant. Ceci explique comment Rome put soutenir les attaques acharnées d'Annibal , et les malheurs qui en furent la suite. Cette ville avait déjà imprimé à cette époque une forte unité à une grande parlie de l'Italie. Toutes les populations de langue latine la considéraient déjà comme leur métropole. Par ses colonies, elle s'était uni toutes ces populations éparses qni avaient pu lui disputer la suprématie de la race commune, mais qui . après avoir été vaincues , ne pouvaient plus méconnaître cette communauté de race et sentir un énergique besoin de nationalité contre lequel la politique ou la fortune de l'étranger le plus habile devait échouer. Les colonies , fatiguées , opposent nu instant l'accent de la douleur et du désespoir aux exigences dévastatrices de Rome ; mais quand cette mère impérieuse fronce le sourcil, elles obéissent avec empressement comme des filles soumises.

Cbap. X. — Aurum vicesimarium. Voyez la note dn livre Vil, ch. xvi, p. 848. Le produit de cet impôt ( aurum vicesimarium) demeurait en réserve pour les besoins les plus pressants de l'État.

Ibid. — Quatuor milita pondo. 6250 de nos marcs; quingena, 781 marcs, 2 onces; centum, 156 marcs, 2 onces, suivant les calculs de Crévier.

Chip. XI. — De principe legendo. Le membre du sénat, dont le nom se trouvait inscrit à la télé des tablettes du censeur, recevait le tilre de prinreps senatus. Ce fut d'abord le plus ancien censeur, mais nous voyons ici que le choix en Tut laissé aux censeurs. Quoique eette distinction ne donnât droit à aucun commandement, à aucun avantage pécuniaire , on la regardait comme trèsimportante, et elle se conservait ordinairement durant toute la vie. On appelait cette dignité principatus.

Cbap. XII. — Marcellvs restigiis in st abat. Nous avons remarqué déjà l'assurance et l'orgueil de Marcelin*. C'est un échantillon remarquable de cette aristocratie si fière et si forte qui fit peut-être à elle seule tonte la gloire et toute la fortune de Rome. Il est impossible de ne pas admirer ici l'indomptable courage et l'énergique volonté que Marcellns déploie dans la poursuite d'Ànnibal. Le rusé Carthaginois vent se dérobera un combat; Marcellus l'oblige à se battre. Annibal est vainqueur et se flatte de lui avoir donné une bonne leçon. Marcellns , au lien de se repentir et de s'abattre , gourmande ses soldats avec une telle amertume, qu'ils lui demandent grâct* et mettent leur vie à sa disposition pour le lendemain. Il force Annibal à se battre de nouveau et il le met en déroute. De tels caractères rendaient les soldats insensibles aux fatigues et inaccessibles au découragement. En quittant l'assemblée où Marcellus leur avait parlé avec tant d'amertume, les soldats convenaient entre eux que le jour précédent il n'y avait en que le général de brave dans l'armée, mais que le lendemain il fallait le satisfaire on mourir. Un pareil homme méritait de finir avec plus de gloire qu'il n'y en eut dans sa mort à l'embuscade de Vénousa.

Cbap. XIV. — Cum eo hoste res est, etc. Cf. XXII, 57; XXVI, 42, -Sil. 1UI., III, 384 et suiv.; IX, 546etsuiv, Horace, Od. 11,3,1 et suiv; III, 27,7i;surtout IV, 4, 58- 68, et les notes de Mitscherlich. Voyez aussi Hularque, Vie de Marcellus. ch. xxv.

Cbap. XVII. — Subduclis navibus Tarracone signifie : •Après avoir fait tirer ses vaisseaux à terre à Tarragone. • En effet, si Tite-Live avait voulu dire que Scipion avait conduit sa flotte à Tarragone, il aurait écrit Tarracowm. Voye* VIII, 26.

Ibid. — Scire enim se, transfuges nornen, etc. Tite- Live semble avoir en sous les yeux Thucydide, III, 9: Ta uàv xaOEffrbç toi; ËXXvw vou.ty.cv, d> àv^ptç Aaxt$aujjkovtoi xai £û{ipLax&t, wpiev, etc. « Lacédémoniens , et vous alliés , nous connaissons l'nsage établi chez les Hellènes ; nn peuple, qui se révoltant durant la guerre, abandonne *e* premiers allies , devient agréable à ceux qni l'ont accueilli, en raison de l'utilité qu'ils en retirent ; mais il en est méprisé, parce qu'ils le regardent comme traître à ses premiers amis. Cette opinion ne serait pas injuste, si, entre les révoltés et ceux dont ils se seraient séparés, il y avait réciprocité de sentiments et de bienveillance , égalité de moyens et de pouvoir, et s'il n'existait ancun motif raisonnable de défection. C'est ce qui n'était point entre nous et les Athéniens. Qu'on ne nons croie -donc pas méprisables, si, après avoir été honorablement

traités par eux pendant la paix, nons les abandonnons an moment du danger. » ( Traduct. de M. Ambr. Finnin

Didot, t. Il, p. 15.)

Cbap. XIX. — Sibi maximum nom en imperatorïs es*e quo se milites sui appellassent. Les soldats romains, réunis après une victoire, étaient dans l'usage de saluer leur général du tilre d'imperalor. Le nom de roi était odieux aux Romains. Ils l'avaient pourtant conservé et ils le donnaient à deux sortes de magistrats, l'nn temporaire, l'autre permanent; Vinterrex qui remplaçait les consuls, sorte de charge en attendant que de nouveaux consuls fussent nommés, et le rex sacrorum* qni avait la surintendance des sacrifices.

Cbap. XXI. — Ludi et romani et plebeii eo amnoin singulos dies instaurati. Les jeux plébéiens avaient pour bot de rappeler la conquête de la liberté, faite par le peuple, lors de sa retraite sur le Mont Sacré. On les célébrait d'ordinaire vers le milieu du mois d'octobre ; ils duraient alors trois jours ; l'usage obligeait les édiles de donner à cette époque un repas au peuple. Les jeux plébéiens se distinguaient des jeux romains en ce que les premiers étaient donnés par les édiles plébéiens, et les autres par les édiles curules.

Les jeux romains , ainsi appelés parce que Rofiralos les avait fondés ou même simplement rétablis, et grands jeux parce qu'on les célébrait avec plus de pompe et de magnificence que tous les autres , avaient d'abord été établis en l'honneur du dieu Cousus; mais, par la suite. ils lurent consacrés aux trois grandes divinités, Jupiter, Junon et Minerve. Ces jeux sont plus généralement connus sous un autre nom, celui de r trieuses. Ils furent les plus anciens que Rome eût connus. Avant que Tarquin eût bâti le cirque , on les célébrait dans l'île du Tibre. D'abord ils ne duraient qu'un jour, mais peu à peu le goût du peuple pour ces spectacles devenant plus vif à mesure qu'il était plus satisfait, la prospérité de ta république croissant d'ailleurs, ils furent continués plusieurs jours de suite. L'ouverture en était faite par une procession qui partait du Capitole pour aller finir an grand cirque. Les jeux gymniques formaient le fond do spectacle. On y faisait entrer en outre la course des chars et les représentations grossières de baladins étrusques.

Ibid. — Triumrirum agrarium. Les Romains nommaient souvent des commissaires pour des cas particuliers d'administration et ils leur donnaient le nom de triumvirs, parce qu'ils aimaient à les établir an nombre de trois. Ainsi, quand ils voulaient fonder une colonie, ils mettaient à la tête de l'émigration, et chargeaient de la distribution des terres, des commissaires nommés à cet effet, et qni avaient le titre de triumvirs agraires.

In,,,. —Servilium negabant, etc. Il résulte de ce passage qu'il n'était pas permis au fils d'un esclave d'occuper une magistrature. C'est nn principe qni n'a jamais varié dans le droit romain, que tout prisonnier de guerre devient esclave, et que tout esclave perd ses droits; parce que la perte de la liberté entraîne celle de tons les antres droits. Mais, pour bien comprendre ce passage, il faut savoir que la captivité ne dissolvait pas la puissance paternelle, dn moins immédiatement. L'état des enfants était en suspens, pendet jus liberorum (Voyez Gains, Instit., I, S 129); et, pour déterminer s'ils avaient été fils de famille , ou suijuris , il fallait attendre le retour on la mort du père captif. Au premier cas, le prisonnier rentré dans son pays était supposé n'en être jamais sorti , par

Googîe

conséquent n'être jamais tombé dans l'esclavage. Il reprenait donc ses droits de père de famille, même pour le passé, on , pour mieux dire, il les conservait sans les avoir jamais perdus, et ses enfants étaient sous sa puissance. Telle était la conséquence d'une Action de droit , admise sous le nom de postlim'mium, et dont nous avons déjà parlé dans la note sur la diminution de tète. ( Voyez la note du ch. lx du livre XXII, p. 899.) Si au contraire le prisonnier mourait chez l'ennemi, les enfants qu'il avait sous sa puissance en étaieut libérés et devenaient suijuris. Ici toutefois s'élevait une question.

A compter de quelle époque les enfants étaient-ils mi juris? était-ce depuis la captivité du pire ou seulement depuis sa mort? Cette question était encore indécise au temps de Gains ( loc. cit.). Tripboninus, dans un fragment conservé au Digeste (12, g I , de Capt. et Postl. , liv. XLIX, tit. iv, éd. Kriegel), et Justioien, dans les /nstitutes (I, 12) la décident dans le premier sens. En effet la dissolution de la puissance du père , à l'époque de sa captivité, n'était qu'une conséquence naturelle de l'esclavage qu'il subissait , et dont les conséquences n'étaient effacées par le postliminiutu qu'en cas de retour.

La captivité d'un fils de famille suspendait également la puissance paternelle, sans la dissoudre définitivement, parce que la fiction du postliminium s'appliquait également aux flls de famille.

Cette fiction avait lieu dans tous les cas où le prisonnier revenait , soit après avoir été repris sur l'ennemi , soit en se rachetant ou en échappant d'une manière quelconque, pourvu qu'il ne revint pas, comme Régulus, avec l'intention de retourner chez l'ennemi.

Cosr. XXI H. — Ludi Apollinares. Les jenx a poil inaires, ou en l'honneur d'Apollon, ne prirent rang, comme on le voit ici , parmi les fêtes fixes , que l'an de Rome 514. Ces jeux forent établis sur l'interprétatiou de quelques vers des livres sibyllins. Aussi les décemvirs sibyllins y jouaient-ils un certain rôle. Ce rôle consistait à sacrifier un bœuf et deux chèvres blanches , dont on dorait les cornes. D y avait ce jour-là, dans Rome, des festins publics devaut les maisons. Le peuple se couronnait de lauriers pour assister aox jeux. La cérémonie se passait dans le cirque.

Chap. XXVI. — Cum equitibus ducentis et viginli. Appieo rapporte que l'escorte des consuls était composée de trois cents cavaliers. Plutarque suit Tite-Live. Polybe( XI, 25 ) ne parle que de deux escadrons ou tnrrnœ, en grec CXat ; la turma étant composée de trente et uu hommes , il s'ensuit que Marcellus n'aurait eu avec lui , selon Polybe.que soixante cavaliers. Cette supputation ne s'accorde point avec celle de Tite-Live, qui fait périr plus de soixante hommes dans l'embuscade dont Marcellus fut victime. A moins toutefois que . dans ce passage de Po- !>bc,onne doive lire Tptaxc<jiou; au lieu de Tpiâjcovra. Do reste Polybe nous apprend qu'indépendamment des deux escadrons les consuls avaient emmené des licteurs et des vélitea.

Cbaf. XXVIII. — /M inrentum Marcetli corpus. Selon Appien ( Bell. Annib.t l ) Annibal considéra quelque temps le corps de Marcellus, et le voyant tout couvert de blessures par devant : • Bon soldat, dit-il, mais mauvais général. »

Casr. XXIX. — Dirtaforem in agro romano diceret romdlorum causa. La nomination du dictateur était dans les attributions du consul. Mais, pour exercer ce droit, il fallait que le consul fût sur le territoire de la répu-

blique. Ainsi nons avons vu précédemment . dans uu cas semblable, le consul Valérios être rappelé de Sicile pour venir nommer un dictateur sur le territoire romain. Nulle part les formalités de la légalité et de l'usage n'eurent autant d'empire qu'a Rome. Or la question des lieux était une chose importante dans la définition des magistratures. Le tribun du peuple perdait toute son autorité en mettant le pied hors de l'enceinte de Rome.

Chip. XXX. — Curaione Herœorum, etc. Les combats gymniques célébrés publiquement et aux frais des villes, et donnés en. spectacle public , étaient nne chose universelle en Grèce. Ils avaient lieu à époque fixe. Les plus célèbres et les plus fréquentés étaient les jeux olympiques à Élis les jenx pythiques, à Delphes, les jeux néméens, à Argos, les jeux isthmiques, près de Corintbe. Les jeux béréens avaient été institués en l'honneur de Héra ou Juoon, patronne de la ville d' Argos.

Ibio. — Macedonum reg>$ ex ea civitate orimndos. Caranus, premier roi de Macédoine, était d' Argos. Cf. XXXII, 22; Justin, VII, 1; Velléius Paiera, I, 6; Euseb., Chron. gr., p. 45; Julien, Ep.. XXXV, et Or., III, p. 106.

Cbip. XXXÏ. — Per maritas domos. « Pénétrer dans les maisons pour outrager les maris. • Maritas domos, c'est tout simplement les maisons conjugales, c'est-à-dire les maisons habitées par des époui. Rhenanus corrige per matitimas domos. Cette correction, mauvaise en elle-même, n'est nullement nécessaire. Maritas domos n'est pas plus étrange que legrmarita dans Horace (Cartn. sccul., 20 ).

Cdip. XXXIII. — Cornu altrrum ga'eœ perfregit Ces cornes veulent dire de véritables cornes , en forne de cornes de bœuf. Les successeurs d'Alexandre adoptèrent, comme insigne, un casque à deux cornes. Voyez Spanheim , de Usn et prvst. num., Diss. VU, p. 587 et 399 , ou Diss. V, p. 367 et suiv.

Cn4P. XXXIV. — Pedbius in sentent am ihot.... stantem corçit sententiam dicere. Les sénateurs émettaient leur opinion, sententiam dicebant, en se tenant debout, stautes : de là on disait d'un sénateur qu'il s'était levé, e*citari. Mais cela n'avait lieu que lorsqu'ils étaient in* ités à donner leur avis. Quand ils se bornaient à adopter l'avis d'un autre ils restaient assis. Pour rendre un décret on recueillait les voix , per discessionem , c'est-à-dire que le président faisait placer d'un côté de la salle ceux qui étaient de l'avis du décret, et d'un autre côté ceux qut étaient d'un avis contraire : Qui hoc censetis, illuc transite; qui alia otimia. in hanc parfrm. De là ire pedibus in sententiam alirnjus ; et discedere in alia omnia.

Les sénateurs qui votaient sans avoir rien dit, ou selonquelques-uns , ceux qui avaient le droit de voter , et non. celui de parler, s'appelaient pedarhi (Festus; Aulu- Gelle, III, 18), parce qu'ils n'eiprimaient leur opinion qu en passant du côté de ceux dont ils approuvaient l'avis.

Ibio. — Quia duos palricios creari non liwet. Les patriciens, en appelant une illégalité la création des deux consuls patriciens , ne faisaient pas une concession aux circonstances. Sigonius remarque qu'à celte époque on ne trouve, dans aucune année, deux patriciens consuls en même temps.

Cbip. XXXVII. — lterum novemdiale sacrum instauralum. On donnait, dans le principe, le nom de noremdialia à des sacrifices qui avaient précisément pour but i'expiatioo des prodiges. Le premier exemple en reraou-

HISTOIRE ROMAINE. — NOTES

tait a Tullns-Hostilius. Celui-ci ordonna probablement des expiations après a? oir appris qu'il était tombé sur le moût Albain une effroyable pluie de pierres. Ces expiations durèrent neuf jours, et cette cérémonie put aiusi, dans le moment, s'appeler novemdiale. Dans la suite le nom resta, quoique la durée de la solennité variât au gré du gouvernement politique ou pontifical. On donnait aussi le nom de novenidialia à des sacrifices que l'on faisait avant de renfermer les cendres d'un mort dans son tombeau ; cette cérémonie avait lieu neuf jours après le décès.

Ch4P. XXXVII.— Armilustrum. C'était un lieu sur l'Aventin et dans la treizième région de la ville , où chaque année, le xiv des calendes de novembre, on célébrait Yarmihtstrium, fête qne les Romains célébraient en armes. Voyez sur cette fête, les deux passages assez obscurs de Festus et de Varron, de L. L., V, 155 ; VI, 22.

Ibid. — Aruspires ex Etrvria acciti. L'aruspicine, ou science des aru>pice<, était originaire de l'Éirurie , d'où elle avait passé a Rome. Dans une foule de circonstances, les Romains se croyant moins habiles que les Étrui irus , appelaient des aruspiecs étrusques. Cicérou , daus le ÏVaifé de la Divination, et Ovide, dans les Mètamorphoses, racontent comment l'aruspicine prit naissance en Élrurie. Un Étrusque labourait son champ près de Tarquinies ; un homme sortit de terre à côté du soc. Cet homme s'annonça sous le nom de Tagès ; il avait les traits d'un eofaut. La nouvelle de cet événement s'élant répandue en Etrurie , toute la population accourut. Tagès conversa avec l'Élrnrie entière, pendant plusieurs jours, et ses entretiens furent employés uniquement à enseigner aux Étrusques l'aruspicine. On fit un recueil des préceptes qu'il avait donnés, et ce recueil se conserva. Anlistius Labeo composa sur ce recueil un très-long comiii maire. Ce révélateur de l'aruspicine , ce Tagès, était, «m le conçoit, un petit-fils de Jupiter.

Ibid. — Conditum ab Liviopoeta carmen. Ce Livius est le célèbre Livius Andronicus. Il est fâcheux que Tite-Live n'ait pas transcrit le poème dont il nous parle ici. Festus ( p. 21 y, éd. Egger.) « Se ri bas proprio Domine antiqui - et librarios et poetas vocabant. At nunc dicuntur scriba; « quidem librarii, qui rat ion es publions scribuut in ta- « bulis. lisque cum Livius Andronicus bello punico se-

• cundo seripsisset carmen, quod a virginibus est canta-

• tum, quia prosperius resp. populi R. geri co?pta est, « publiée adtributa est ei in Avcotino œdis Miuervœ in

• qua liceret scribis histrionibusque considère ac dona « poucre in honorem Livii , quia is et scribebat fabulas « et agebat. • Au chap. xh du livre XXXI Tite-Live fait mention d'un semblable poème compose par uu autre poète, et chanté aussi par trois fois neuf vierges.

loin. — Per manus reste data, virgines sonum vocis pulsu pedum modulantes incessfrunt. C'est-à dire exprimant en dansant le sujet des chants qu'elles faisaient entendre, comme daus la danse grecque appelée cordax. Voyez Tereuce, Adelph., IV, 7, 54; Casa n bon et Fischer, sur le septième car actère de Théophraste ; Meursius, Orrhc>fia. au mot Kop&aÇ; Rambacb, sur l'Archéologie crecque de Potier, t. III, p, 655. —Per manus data signifie, non pas que les danseuses se transmettaient une corde de main en main, mais que chacune tenait l'extrémité d'une corde dont l'autre extrémité riait entre les mains de sa voisine, pour qu'elles ne formassent qu'une seule ligne. Sur l'usage de la corde dans la danse voye* les commentateurs d'Horace, Lp. 1, 10, 48, deTéreuce,

an passage cité plus haut; Gronove, dans le prologue du t. VU! des Ant. Gr„ N'aou. Mise. IV, 22 et BroJ. Mise, I, 29.

Chap. XXXVIll. — Sacrosanctam vacationem direbantur habere cdoni maritimi. Ces mots, sarrosunctam vacationem, veulent dire seulement que l'exemption avait été accordée, par les Romains, sous la foi du serment. A quel titre les colonies maritimes avaient-elles obtenu de ne point fournir de levées, et par quel motif le peuple romain avait-il fait serment de u'en point exiger? Cela ne peut se résoudre que par conjecture. Le brigandage maritime était porté autrefois à un degré d'audace dont tous les temps modernes n'ont jaunis offert d'exemple, excepté du temps des Normands. Hais il y a, entre les ravages exercés par les Normands et les dévastations des pirates anciens , cette grande différence, que les Normands n'avaent devant eux que des côtes assez peu peuplées et manquant à peu près absolument de grande» villes : en Italie, au contraire, la côte maritime offrait une suite presque non interrompue de cités, dont toutes valaient fort la peine d'être pillées. La perpétuité du danger ne leur faisait-elle pas une loi de ne jamais envoyer à l'intérieur leurs moyens de défense? D'ailleurs en leur qualité de ports, elles avaient plutôt des marins que des soldats de terre. Cette double circonstance avait dû porter de bonne henre les colonies maritimes à demander l'exemption de la contribution militaire en hommes, et Rome ne pouvait avoir aucune bonne raison de la refuser.

Ibio. — Senensis est l'ethnique de Sena ( ch. xlvi j ou Sena Gallica, et Seno-Gallica en Ombrie, aujourd'hui Sinigaglia. Srnxnsis , au conttaire. se rapporte à Sena Julia, ville d'Étrurie, aujourd'hui Sienas.

Chap. XXXIX. — Quœ antea inria (aérant. Tite-Live est ici eu contradiction avec lui-même ; car, aux ch. xxr? et xxv du livre V, il reconnaît que les Gaulois avaient souvent psse les Alpes antérieurement à l'expédition d'Anuibal. Sur l'époque la plus ancienne où les Gaulois franchirent les Alpes, \ojez César, liv. VI, Pline, XII, i, et Strabon, liv. IV.

Chap. XLIV. — Sine viribtts, sine imper io, sine auspu rio. Telles étaient les mœurs romaines, qne la religion intervenait dans toutes les affaires, et prétait des formules indispensables à toutes les actions publiques ou privées. La sanction de la religion était donc réclamée par le peuple avec une vive sollicitude et loi inspirait autant de confiance que de respect. C'était donc là un moyen d'influence politique; aussi les patriciens et les magistrats, ce qui fut longtemps la même chose, s'en saisirent-. ls. Dans la circonstance donnée, le droit de rechercher et d'appliquer la sanction religieuse, les auspices, apparteuait à uue seule personne, au consul, et, cette personue manquant, les auspices n'étaient plus possibles ; ils étaient partis avec elle, le camp n'avait plus d'auspices.

Cbsp. XLV. — Damnarenturque ipsi rotortem. Les Romains étaient fort enclins à faire des vœux; cela est attesté par des preuves nombreuses qui nous sont fouruies oon-seulement par les historiens, mais par des inscriptions et des médailles. Le passage de Tite-Live, sur lequel nous nous arrêtons ici, est remarquable en ce qu'il prouve que l autorité religieuse intervenait dans les vœux, et que des vœux, faits ainsi publiquement et solennellement, devenaient un devoir dont l'État exigeait l'accomplissement.

Coap. LI. — Ad Mulrium nsqne pontem. S'il est vrai, comme le disent Aurélius Victor, de Vir. UL, ch. lxxii, et Aramien Marcellin, XX Vil, 3, que le pont Mulviui ait été construit par &milius Scaurus, il y aurait là un anachronisme de cent ans au moins.

Ibid. — Agnoscere se fortunam Carthaginis. Conf. XXVIII, 12; Horace, Od. IV, 4, <9 et 69, et les notes de Mitscberlich.

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