‹ Commentaire sur Tite-Live: Complément de l'édition du Tite-Live de laChapitre 54 sur 158 · A.T. KA1 K02TANTI · texte numérisé non relu

A.T. KA1 K02TANTI

o or. T. B.

Évôa x(tï)r(ai)Mx)pt)«Ov^aTr)p l[«|âwcu [x|ûxxi Nt« parc* ($) àXTjatv (èT)TTi rpi» p.T5|vaç) rp(tî)ç xpt[tpa;] iç'm<mrj iTiXtûtrasv pwvôç Eav(ô)uccû &t' t[tjJ {maria Ôvoptow Airç. tc a|t'|xat Kcdravrico ?è p'.

t Ici repose Marie, fille de Jean, appelé aussi Nicéra- • tui. Elle vécut trois ans, trois mois, vingt-six jours,

« elle est morte dans la foi le 24 du mois xantnicus, sous

• le consulat d'Honorius Auguste pour la onzième fois ,

• et de Constance pour la deuxième fois. ■

Il serait impossible d'entrer ici dans de longs détails sur ce monument si intéressant , sous plus d'un rapport. J'en ferai incessa mmeut l'objet d'une dissertation spéciale.

Chip. VI. — Si mens sana fuisseU II semble avoir eu sous les yeux Virgile (Ed., 1, 1 6) : Si mens non taxa fuisset.

Cbap. VIII. — Satin* salvœ? s.e. res sunt. Tite-Live a employé souvent cette locution. Voyez 1,58; III, 26; VI,34;X, 18.

Ibid. — De lucro libi me viteie scito. Le sens de celte phrase devient plus intelligible en comparant ce passage d'une lettre de Cicéron à Papirius (Fatnt/.. IX, 17) : de lucro prope jam quadriennium rivimus, (après la bataille de Pharsale, où ils avaient voulu mourir pour la liberté), si aut koe lucrum est.

Ibid. — Aut hœc vita, superstitem reipublirœ rirere. Le mot superstitem prouve que dans la phrase de lurro vivere il s'agit d'un péril de mort. Les nombreux passages que les interprètes ont comparés, *ont loin d'être aussi précis que celui ci.

IsiD. — Sedco, inquit, miserrimus pater. etc. AogeJo Mai a retrouvé une partie de l'original de ce discours dans Polybe. qu'il sera utile de comparer, livre XXIV . ch. Tiit, a et b de la nouvelle édit. de Polybe, publié par MM. Didot, p. 690.

Ibid. — FraUrna unanimitate. Plutarque, dans son Traité de r Amour fraternel, cite aussi l'exemple d'Eumène et d'Attale. Il rappelle que leur mère Apollonide avait coutume de dire que son diadème et tes richesses ne Ini causaient pas autant de joie et de bonheur que de voir son fils aîné entouré de ses trois frères, qui lui servaient en quelque sorte de gardes du corps, et de savoir qu'il était en sûreté au milieu de leurs épées.

Cbap. IX. — Quod circumventis in solitudine natura ipsa subjicit. Le traducteur s'est trompé eu rendant ainsi ce passage : • S'il m'e&t permis de suivre ce sentiment naturel qui porte l'bomme attaqué dans un désert à implorer le secours de ceux même qu'il n'a jamais vus.» La possibilité d'une telle méprise s'était présentée à l'esprit deDrakenborch, quand il écrivait : « Quomodoinso- Utudine. si adsint hommes ? > D'après l'usage de la langue latine, esse in solitudine ( et en grec t*v spYïjua) signifie être sans amis, sans parents, enfin sans aucune des personnes qui nous sont attachées par quelque lien, fût-on même en plein forum , ou dans l'à-ropà. Voyez les exemples cités par Drakenborcb. Il serait facile d'en ajouter beaucoup d'autres.

Cbap. X. — Discerne et dispire, etc. D'après les manuscrits il faudrait lire ce passage ainsi qu'il suit : discerne, dispice insidiatorem et peUlum insidiis, en omettant le premier et, qui affaiblit la force de ces paroles. Le doute de Dœring, qui ne croit pas que dispicere puisse se construire avec l'accusatif d'une personne, est tout à fait sans fondement. Plus bas, tous les manuscrits doouenl: noxium huic ou htnr esse capul, passage parfaitement corrigé par Rubënius, qui lit: noxium incesse capul. Mais quand YYalcb dit ( Entend. Lirioiia:, p. I Ml) : • Vestigia lilerarum anne suadent noxium tuincesse caput, • il p: ouve qu'il n'a pas eu souvent des manuscrits sous les yeux.

HISTOIRE HUMAINE. - NOTES

Cbap. X. — Cui non solemne lustrale, etc. Mnret (Variœlect.,XlX, 14) trouve ici une imitation manifeste deCicéroo, Catilin.. IV, f; mais en examinant de près les deux passages , on ne saurait partager son avis.

Ibio — Pœnam tibi senatus remisit. Voyez XXXIX, en. xlvii, et Polybe, XXIV, ch. m, g 4-6.

Cbap. XI. — Eum sibi, te abdicato pâtre, etc. Voyez Polybe à l'endroit cité, g 7 et soi?.

Ibid. — Si in medio ponitur {regni eupiditatis crimen). Le sens suivi par le traducteur: • s'il nous est adressé en commun • est à peu près celui de Drakenborch. Mais Turuèbe explique mieux cette phrase, sous le rapport de la latinité : • si ce reproche n'est dirigé ex- • pressentent contre personne je ne le reconnais pas « pour moi. • La métaphore est tirée d'une chose sans mal re , que l'on expose pour être reconnue.

Cuap. XVI. — P. Manlius in ulteriorem Uispaniam , quant et priore preetura provinciam obtinuerat, Tite- Live, en plusieurs endroits (XXIII , 42-43, XXXIV, 17 ; Cf., XXXIII, 56 et XXXIV, 10) dit, de la manière la plus positive, que Manlius avait eu pour province l'Espagne citérieure. Il s'est donc trompé ici , à moins que l'on ne veuille rapporter quam seulement au mot Uispaniam : mais, de quelque manière qu'on l'entende, ce passage dénote l'inexactitude de l'historien. On a recherché quelle pouvait être la cause pour laquelle Manlius avait obtenu une seconde fois la préture ; mais Duker a prouvé , par des exemples ( voy. entre autre XLI, 8 et 28 ; XL II, 9 ) qu à cette époque cette magistrature pouvait être confiée plusieurs fois au même individu.

Ibid. — Oppidum hispanum Urbicuam. Wesseling prend cette ville pour celle d'Urbica, dans l'Itinéraire d'Antonin, p. 447. Sur une médaille d'Auguste on a cru recouuaitre la forme Urbuica. Les manuscrits différent ici tout-à-fait entre eux. Appien passe sous silence cette partie des exploits de Fulvius.

Ibid. — Argentï pondo noretn milita trecenta vig'utti. Environ deux mille neuf cent seize kilogrammes, dont la valeur en argent monnayé équivalait a 621,000 fr.

Ibid. — Auri ocloginta pondo. Environ vingt-cinq kilogr., valant eu ar^eut monnayé 75,704 fr.

Ibid. — Sexaginta septem. Soixante-sept livres d'or équivalaient à vingt-deux kilogr., et représentaient une somme de 62,402 fr. 10 c.

Cbap. XVII. — Alterum {consulem) ctim legionibus mis Pisis hiemare. La suite fait voir qu'il parle de L. JBmilius , et non de Cn. Ba?bius : cependant c'est ce dernier qui passera l'hiver à Pise, ch. xix et xxv. Il parait, comme Duker l'observe, que L. A£miiius resta seul avec tes légions; mais qu'après les comices on jugea à propos de loi envoyer Bœbius pour renforcer son armée. L'opinion de Crévier, que les armées des deux consuls étaient restées en Ligurie, se prête un peu moins aux paroles de l'historien, qui, en tout cas, montre peu d'exactitude et a omis plusieurs circonstances, soit ici, soit an cb. xiz.

Cbap. XVIII. — P. Cornélius Cetkegus. Les manuscrits donnent tous : P. Cornélius Lentulus, Il faut pourtant Cethegus, comme le prouve le marbre des fastes capilolins. Cf. Pline, Hist. Nal., XIII, 13 ou 27 (d'après Cassius Hemioa); Coruélius Képos, Annioal, ch. nu. Ce qu'il y a de curieui c'est que Valère Maxime ( II, 5, 1 ) a copié ussi Lentulus. On serait porté à croire que cette erreur

vient d'un lapsus calami. Le nom de Cornélius Lentulus, si souvent répété par Cicéron , était très-connu des copistes; mais il n'en est pas moins remarquable que les copistes de deux auteurs différents se soient trompés de la même manière. Les autres fautes, Pamphihts pour Tamphilus , et T. pour Ti., 6ont souvent commises par tous les copistes.

Cbap. XVIII . — Promontorium Minerrœ. Aujourd'hui encore Capo délia Mincrra, on Campanella ( entre Sorrento et Salerai. — Barium, terra di Bari. Voir Cluv. # ItaliaanU, IV, 15, p. 1162, et 2, p. 1210.

Cbap. XIX. — In area Vulcani et Concordiœ. Ce sont denx enceintes différentes sur le même emplacement, car Cneius Flavius , comme Tite-Live le dit ( IX. 46 ) : œdem concordiœ in area Vulcani summa inrtdia nobilium dedicatil. Les prodiges rapportés par Jnlius Obsequens, cb. lix, porteraient à croire qu'il s'agit de deux areœ différentes; mais ce sont des prodiges de deux différentes années, qu'il a mal à propos réunis et dont l'nn est raconté par Tite-Live, liv. XXXIX, cb. ilm, l'autre, même livre , ch. lvi et non pas ux, comme l'indique Lemaire , en répétant une faute d'impression qui se rencontre dans Drakenborch.

Ibid. — Hastas tnotas nuntiavere. Voir le ch. lu du livre XXI.

Ibid. — Concidabula. Voyez la note sur le ch. v du livre XXV, 1. 1, p. 915.

Ibid. — Circa omnia pulvinaria. Voyez la note sur le ch. xui du livre V, 1. 1, p. 826. Cf. III, 65.

Ibid. — Jliensibus in Snrdinia. C'étaient, suivant une tradition , desTroyens arrivés dans l'Occident avec Énée, et séparés de lui par une tempête qui les jeta en Sardaigne, où ils restèrent. Le Tait est raconté par Pausanias , X, 17, g 4 ( 6 Bekker. ), qui fait voir en même temps que les toÀouï;, lolœnse* de la Sardaipne étaient di'.férents de ces Men*. Ce passage est d'autant pins important que des savants illustres , tels que Hardouin , les out confondus ou ont voulu les réunir, en dépit des expressions très-précises de Pausanias . àXX&t £c, etc. M. le général de la Marmora , dans son voyage en Sardaigne, t. I, p. i etsuiv. (2 e éd.) et t. II, p. 347, est d'avis, avec Bochart et Monter, qu'il n'a jamais existé de colonies grecques en Sicile , et que le récit de Pausanias doit être rangé parmi les fa h les.

Ibid. — Et leges de ambi tu. La plupart des manuscrits, et toutes les anciennes éditions portent legem de ambitu. On ne peut se prononcer entre ces denx leçons Du reste Duker avoue qu'il n'a trouvé nulle part de plus amples renseignements sur le contenu et la portée de cette loi , ou de ces lois sur la brigue.

Cbap. XX. — Philocles et Apelles. C'étaient ces mêmes amis que Philippe avait déjà envoyés avec Démétrius , qui devait, au nom de son père, répondre devant le sénat aux incriminations des Grecs et d'Eumène (Polybe, XXIV, ch. i,g5).

Cbap. XXI. — Ponticum simul , et Hadriaiicvm mare et fslrum ( car il faut écrire ainsi ) et Alpes conspici posse {ex Homo). Tite-Live (cb. xm)et Strabon (VII, 5 p. 315 ) regardent comme fausse celte opinion admise par Polybe. Vossins ( sur Pomponius Mêla, p. 115-124, édit. de 1 668 ) a fait à cet égard des recherches approfondies, et réfutant d'abord les arguments de Strabon contre Po» lybe, démoulre qu'ils sont inadmissibles; puis, sans oser se prononcer positivement en faveur de Poljbe

et par des exemples de la réfraction des eaux, à une grande distance, alors que cette réfraction n'est pas empêchée par des montagnes, il prouve que l'on ne doit pas regarder comme impossible le fait avancé par Polybe. Nous remarquerons encore que par ce chapitre de Tite-Live et par le suivant, il estcertaiu que le passage de Polybe, conservé par Strabon, devait se trouver dans le livre XXIV, et que Schweighaeuser a eu tort de le réunir avec les autres passages géographiques de Polybe, pour lei insérer dans le livre XXXIV, ch. xji, g I, 2.

Cadp. XXI. — Ad subsidia spei. Cette phrase s'explique par ce passage de Cicéron ( Pro CluenL, ch. xi ) sur une femme condamnée par les juges, pour s'être fait avorter.

• Neque injuria, dit Cicérou, quae spcm parentis, me- « iii or ia m nominis, subsidium gencns, baredem fami-

• lia?, designatum reipublicœ civem, sustulisset. » Le mot subsidium se trouve encore employé dans le même sens plus haut, livre XXII, ch. xxxn.

Coap. XXII. — Mœdicœ. Il a déjà été question de cette contrée de la Thrace au ch. xxv du livre XXVI.

Isid. — Hœtno. L'Hémus est la plus longue et la plus considérable des cinq chaînes de montagnes qui partent des régions de la haute Macédoine. Elle se dirige droit vers l'est, sépare la Bulgarie de la Romanie ou Thrace; borde la mer Noire de ses rochers escarpés ( Strabon \ hb. VII), et envoie une branche de collines vers Constantiuople et les Dardanelles. Les Turcs rappellent Eminé-DagouBalkan.

D'après les voyageurs modernes l'Hémus présente des rocs escarpes, des défilés compliqués, mais pas plus d'élévation que les Apennins. Comme la neige fond même sur les sommets, l'élévation ne saurait surpasser deux mille trois cents à deux mille six cents mètres. Horace lui donne cependant lépituète de gelidus (lib. III , ode 12).

Jbid.— Deidhelclos. Voir la note sur XXXIX, 55, t. II, p. 849.

Cuap. XXIII. — Pœoniœ jtrœtor. C'était Didas.

Cbap. XXIV. — Astrœum Pcroniœ. Ptolémée (III, 15) la nomme Aforpatov; Etienne de Byzance, Àarpai'a, leçon qui mérite plus de confiance à cause de l'ordre alphabétique de son ouvrage. Il est bien vrai que ce dernier en fait une ville de l'Iïlyrie; mais les limites de ces contrées sont si peu fixées que cela ne doit pas arrêter. Du reste Etienne cite ce vers d'Adrien :

Oî <Tfyov AdTpatav ti Aoêrjpâ t«.

Or Dobère était une ville que Ptolémée place aussi à côté d'Astréa, avec la légère corruption A>i€opa; et sous le nom de Ao€/jpo;, il la désigne comme une ville de la Peonie. Ce rapprochement est un nouveau motif pour rejeter la leçon Aslerinm, adoptée par Sigonius et par Gronove, mais regardée comme peu probable par Drakenborch , à cause du grand cloignement de la Thessalie, à laquelle, selon tous les témoignages, appartenait Astérium.

Ibjd. — Perseum Amphipolin. Presque tous les manuscrits ont : Perseum ai Philippopolin. La véritable leçon est rétablie par la citation qne Priscien fait de ce passage, VIL, p. 738.

Ibid. — Stuberœus. La ville de Stnbéra a été nommée au ch. xxiix du liv. XXXI; elle s'appelait en grec 2t6-

£viga.

Chap. XXVI. — Sarramento rogaret. Voyex II, 24 ; XXII, 58; XXIV, 8; XXV, 5, XXXII, 26 et XXXV. 2.

Cbap.XX VI.— Duumbiri navales. Voy. IX, 30; XII.7; le ch. xviii de ce livre et xi i, 1, 5. Il résulte de ces différents passages que les duumviri navafes n'étaient pas seulement chargés de la réparation et de la construction des vaisseaux , mais qu'on leur confiait aussi quelquefois le commandement d'une flotte. — Sur les noms de ces duumvirs nous renvoyons aux discussions de Drakenborch, p. 482.

Chap. XXVII. ~ Porta extraordinaria. C'est celle qui se nomme plus ordinairement porta prœtoria , et qui était opposée à la porta quœstoria, appelée aussi : dear mana. Les autres étaient principales dextra , et priiiapalis sinistra. Voyez J. Lipse, Milït. Rom., V, 5, et la note sur le ch. v du livre III, t. I, p. 805.

ïbid. — Duœ cohortes et triarii duarum legionum. Ces deux cohortes étaient de l'aile gaucho ; car nous avons vn que l'aile droite était occupée tout entière ailleurs. Si à ces deux cohortes on ajoute les quatre cohortes extraordinaires , qui devaient aussi faire partie de l'aile gauche, on aura six cohortes, taudis qu'il en faut dix pour l*»ilr. Crévier a senti cette difficulté, et Drakeuborch a proposé plusieurs moyens d'en sortir, mais il n'eu est aucuu qu'on puisse adopter avec assurance.

Chap. XXIX. — Duœ lapide œ art a. Plutarque rapporte le même fait dans la Vie de Numa. Saint Augustin ( de Civ. Dei , VII, 54 ) nous a conservé uu fragment de Varron, où il est aussi rapporté; Valère-Maiime le raconte également, mas avec une circonstance que Tite- Live n'indique pas formellement : il dit que les sept volumes latins furent soigneusement conservés, et que les sept volumes grecs furent seuls livrés aux flammes, comme contenant des choses capables d'affaiblir la religion dans les cœurs. Cf. Lactance ( Instit., I, 22), Festus (sub v. A'uroa), et surtout Pline (XIII. 13 ou 27). Ce dernier avait puisé son récit dans Cassius Hemiua, L. Pison, Tuditanus, Varron et Valérius Autias. En comparant ces divers auteurs on remarque qu'ils sont peu d'accord sur le nombre et le sujet des livres trouvés. Ce qui commence à répandre quelque doute sur la vérité de l'anecdote.

Mais il y d'autres raisons encore qui ont fait douter à Nardini qu'elle fût bien authentique, et nous avouons que ces raisons paraissent assez graves.

D'abord il demande comment il a pu se faire qne le monument dépositaire des restes d'un roi si illustre et si cher aux Romains, fût resté ignoré depuis sa mort, au poiut qu'où ue sût même pas où il pouvait être.

En second lieu , comment un corps humain , reste dans ce tombeau si bien clos, pendant un peu plus de cinq cents ans senlement, avait pu se consumer au point qu'on n'y ait pas trouvé les plus petits restes d'ossements ; pas même un peu de poussière.

Ensuite, il demande encore comment des livres en papyrus, bien que renfermes avec tant de soins , pouvaient ressembler à des livres neufs.

Enfin, comment supposer que Numa eût écrit ces traités sur du papyrus, lorsque Pline (XIII, H) nous apprend que l'usage du papyrus ne fut découvert, en Egypte, qu'après Alexandre le-Grand , plus de trois cents ans après le règne de Numa; et en supposant que Pline se fût trompé, que le papyrus eût déjà été en usage en Egypte à l'époque du législateur de Rome, comment dans un siècle encore si grossier, où les relations de peuple à peuple étaient si rares et si difficiles, du papier avait pu être

HISTOIRE ROMAINE. - NOTES

apporté d'Egypte dans le Latiom ; et comment , dans ce siècle, la langue grecque pouvait être si familière et si usuelle dans le Lalium.

Tout cela, il faut en convenir , ébranle fortement la certitude du fait, en lui-même, et, au risque d'accuser d'une crédulité excessive tant d'illustres auteurs de l'antiquité, on ne peut s'empêcher de croire qu'il y a dans ce récit une grande apparence de fraude et d'imposture.

Mais supposons qu'il soit vrai ; il faut convenir qu'on reconnaît bien da us la conduite qu'auraient tenue le préteur et les tribuns , la politique toujours prudente des magistrats romains. Ce que Rome était devenue, elle l'était devenue avec son culte et par lui. Tout ce qui pouvait porter atteinte à ce culte lui paraissait funeste. Rien en effet n'est plus facile que d'ébranler un édifice; mais le rasseoir sur sa base, quand il a été ébranlé, est une tentative toujours chanceuse.

Du reste , ces livres pouvaient être opposés au culte dedeui manières; 1° parce qu'ils contenaient des principes plus purs, qui s'étaient altérés avec le temps, ce qui ne serait pas fort étonnant, attendu que l'on remarque une plus grande perfection dans les idées religieuses de tous les peuples, à mesure qu'on se rapproche de leur origine, parce que alors les traditions primitives étaient mieux conservées; 2° ou bien encore parce que ces ouvrages contenaient la négation des grands principes qui servent de base à toute morale ; en sorte qu'ils auraient prêché l'impiété.

Dans le premier cas la conduite des magistrats aurait été purement politique, et nullement religieuse; dans le second, elle aurait été l'un et l'autre.

Je dis que dans le premier cas leur conduite aurait été simplement politique et nullement religieuse. Car il s'ensuivrait qu'ayant été éclairés, par la découverte dont il s'agit, sur des abus et des erreurs, ils auraient mieux aimé conserver des erreurs et des abus , sans chances de troubles, que d'essayer de remédier aux uns, et de corriger les autres, au risque de tout ébranler. En voyant dans le culte public une institution puremeut politique, en pensaut que leur religion pouvait aussi bien que toute autre conduire au but qu'il se proposaient, ils devaient se conduire comme ils se sont conduits. Dans ce cas, il y avait indifférence religieuse, mais politique habile.

Cbap. XXX. — «4d oppidum AUburam. Près du Tage. Ptolémée (II, 6) porte Aiêwpx, que Drakenborch chauge en Afêcupa leçon d'Êticune de Byzance. Des géographes avaient déjà reconnu, avant lui, que ce Lifcora ue poufait être qu'AEbura.

Cbap. XXXI. — Quinque millium armatorum, non amplius. L. Acilius avait, outre les six mille hommes auxiliorum procincialïum, l'aile gauche des socii , qui était au moins égale en nombre à la légiou romaine, composée alors de cinq mille bomraes et de trois cents cavaliers. Par conséquent il ne fant pas s'étonner de cette réserve de cinq mille hommes, comme Pont fait ceux qui ne pensaient qu'aux six mille dont Tite-Live donne le chiffre.

Chip. XXXIII. — Contrebia : Ville célèbre des Celtibériens. 11 parait que la prononciation nationale du nom a présenté des difficultés à la langue grecque et à la langue laliue; car Appieu Jiisp.,, en. xlii, xun) la nomme Kcp.nXt'Ya, et daus Ptolémée, qui n'a certainement point passé cette ville sous silence, on trouve plusieurs noms qui en approchent; mais on n'est pas d'accord sur celui

qui désigne Contrebia. Probablement on avait fait différents essais pour reproduire la prononciation qu'avait ce ce mot dans la langue du pays.

Cbap. XXXIV. — Vota erat ab consule L. Porcio LU gustino bello. En effet, Tite-Live raconte (XXXIX, 58) qu'il était allé en Ligurie; mais, chap. xliv, il ajoute: Mail ab eo memorabile gestum. Cependant ce passage prouve qu'il s'était battu; car nous savons que ces vœux se faisaient toujours au moment d'nne bataille.

Ibio. — Qttœ prima omnium in Italia statua aurata est. On aurait dû écrire avec Gronove : statut* aurata est. Avec statua Tite-Live aurait dit ; statua aurata ébat, raison que Gronove n'a pas donnée, et qui eût fait peutêtre adopter sa correction. Valère-Maxime, II, 5, t. rapporte le même fait à sa manière. Tite-Live a déjà parlé de signa aurata (XXXVIII, 35) élevées à des divinités : il paraît donc qu'il faut restreindre ce qu'il dit ici aux statues élevées à des hommes.

iBin. — Mris trecenos : Environ 27 francs de notre monnaie, suivant le calcul de Crévier, et 15 francs seulement suWant M. Saigey.

Ibid. — Cerœ centum millia pondo : Environ trentedeux mille quatre cents kilogrammes.

Cbap. XXXV. — A. Postumium Albinum Lusctim.Le dernier nom i agnomen ) ne parait pas dans les Fastes Capitolins; mais, comme il est répété pins basiXLV, 17), Drakenborch pense qu'il n'est nullement suspect, et cite plusieurs passages où les Fastes Capitolins n'ont pas donné tous les noms.

Cbap. XXXVI. — Sociûm lalini nominis , quantus semper numerus, quindecim millia pedilum et octingenti équités. Duker prouve, jusqu'à l'évideuce, que ce nombre n'a été fixé en aucun temps : il faut donc regarder comme fautif le mot semper. La correction de Juste Lipse sur ce passage a été réfutée par Duker, et l'explication de Crévier, par Drakenborch ; mais ni l'un ni l'autre n'ont cherché à rétablir ce passage. Il y a peut* être un moyen assez simple d'y parvenir. Les mots : et sociûm latini nominis, et les mots : quantus semper numerus, font à peu près deux lignes dans le beau manuscrit uncial de la troisième décade, que conserve la Bibliothèque royale, et qui parait remonter au vif siècle. Admettons que l'ordre de ces deux lignes ait été interverti par un copiste, et nous aurons le texte suivaut : fitnœ legiones romance cum suo equilatu , quantus semper numerus, et sociûm latiiii Kominis quindecim millia, etc. Or avant celte phrase on lit : Aorus omnis exercitus consultons est decretus ; et on décréta de même que les deux légions devaient être quanto semper numéro, c'est-à-dire qu'elles ne seraient pas inférieures en nombre à celles qu'on avait levées jusqu'alors. Cette addition au texte du décret n'était pas inutile dans un moment où la peste ravageait la ville depuis trois ans. Et is ipse exercitus . dit Tite-Live. en parlant de l'armée qui était en Ligurie, œgre explebatur propter pestilenliam , quœjam tertium annum urbem romanam atque ltaliam vastabat. S'il était difficile de compléter les cadres existants, il devait l'être bien plus encore de lever deux nouvelles légions. Ce root semper doit être considéré comme empruuté au décret. Du reste, il ue peut s'entendre que de ce qui était eu usage à l'époque sur laquelle roule la narration.

Chap. XXX VI II. — Taurasinorum. Le nom de oc peuple ne se trouve pas autre part. Les conjectures do

Cluvier, /(al. ant., IV, 8, p. 1.200, à ce sujet ont été réfutées par Ollariot. Grogr. ant., Il, 9, p. 536. On a corrigé depuis Taurianorum. Pline (III, 5 ou 9) parle d'une ville de la Campanie appelée Taurunia,el une région taurienne Taupiawv) x,ûpa est mentionnée par Strabon (VI, I, p. 254); mais on ne peut la placer dans le Samnium. Du reste, Etienne de Byzance, que l'on cite également, au snjet de cette leçon, ne donne pas Taupavtsc, mais Taupaata, iroXiç traXia; , dont l'ethnique est, suivant lui, Taupaotavo;, ce qui est précisément le mot de Tite-Live. 11 ne resterait donc aucun doute a cet égard, si l'ouvrage même d'Etienne nous était parvenu. Après le mot Taurasinorum, les manuscrits offrent une lacune.

Chip. XXX VI II. — Argenti centumet quinquaginta miUia : Quarante-huit mille six cents kilogr., environ 141,930,000 francs de notre monnaie, en sous-en tendant pondo , ce qui, comme on le voit, serait exagéré; et seulement 123,000 francs, en sous- en tendant denarios et mieux bigali ou qiiadrigati, ce qui serait une somme beaucoup trop faible. Il faut donc en conclure que le nombre donné par les manuscrits a été altéré par les copistes. Mous ne parlons pas de l'opinion d'après laquelle il faudrait suppléer sestertium ; ce qui donnerait une somme infiniment plus faible encore. D'ailleurs, dans ce dernier cas, argenti deviendrait inutile.

Ibid. — In notas ades. La conjecture de Grévier, in novassedes, est très-vraisemblable.

Ibid. — Hottes dMti ante nirrum. D n'y avait pas, à proprement parler, d'ennemis. Ce sont probablement , dit Crévier, les douze mille Liguriens qui s'étaient rendus (voyez le commencement du chapitre). Grooove propose de substituer obsides à hostes,

Coàp. XXIV. — Futvius Flaccus proconsul. Il n'était réellement que propréteur; mais souvent les propréteurs, quand on leur continuait le commandement pour l'année suivante, recevaient le titre de proconsuls. ( Voyez Explication des inscriptions de Morèe , t. II, p. 67. ) Drakenborch le démontre par un grand nombre d'exemples» d'où il résulte que cela avait presque toujours lieu pour les propréteurs envoyés en Espagne, et assez rarement pour les autres. On adoucissait peut-être, par ce moyen, les fatigues bien plus grandes auxquelles exposait une guerre en Espagne. Appien parait s'y être trompé: car il nomme {Ilispan., cb. xlii ) Fulvius ôîtxtc;, mot que Scbvfeigba?user retranche, dans l'intérêt de son auteur.

Ibid. — Quodsœpe romanos équités... fecisse memoriœ rotitum est. Par exemple , IV, 55; VIII, 80.

Ibid. — Forlunœ Equestri. Parce que l'armée devait son salut à la cavalerie. Sur ce temple , dédié peu après (XLII, 5), voyez les interprètes de Tacite, .4nna/., III, 71 ;Donat., Urb. Rom., III, 22; Nardini, IV, 5.

Chap. XLI. — Balisiam Suismontiumque. Voy.

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