LIVRE XLIV
La source de tout ce qu'on lit aux ch. m et suiv. est incontestablement Polybe, qui nous a fait connaître qu'ayant été envoyé comme ambassadeur, mission sur laquelle Tite-Live garde le silence . il fut témoin oculaire de tous les combats livrés aussitôt après l'entrée des Romains en Macédoine. La description si exacte des lieux , qu'oo trouve aux ch. vi et xi, mootre que c'est à son récit que Tite-Live s'attache et Appien qui suit Polybe ( Except. in et xui, p. 529. Schweigb. ). est d'accord avec Tite-Live ( cb. iv et vi ). Le cbap. ix est pris de Polybe (XXVIII, 12). Au ch. xiu Tite-Live signale le dissentiment deValérius Antias. Au ch. xvi il cite Claudins entre plusieurs autres. Le cbap. xxm est traduit de Polybe; seulement Tite-Live omet les noms des otages t Polybe, XXIX, 2). Aucb. xxii, le discours de Paul-Emile est tiré du ch. xxiv {Excerpl. Maii, p. 426). Aux ch. xxv
HISTOIRE ROMAINE. - NOTES
etsulv. (ifc., p. 42R) Applen •'exprime sur les projets d'Eumène (oh. xxv) d'une manière conforme à ce que dit Tite-Li? e, et il a suivi Polybe. Cb. xx», Tite-Live s resserré la narration très-développee de Polybe, an sujet de l'assemblée des Rhodiens, et des harangues qui y furent prononcées (XXIX, 4 et 5 ). Pour le cb. xxx, voy. Polybe, XXIX, Eclog., 5. Au chap. xxxv, notre auteur suit Polybe (XXIX, 26), avec lequel il est d'accord, même sur le nombre des troupes, quoique cependant les a? if fussent di? isé* sur ce point. Voy. dans Plutarque ( Vie de Paul- Emile, ch.xv etsuiv.), la narration deScipion lui-même, que Tite-Li? e et peut-être Polybe semblent n'avoir pas connue. Pour les cb. xxvn et xui, voy. Polybe, chap. vi.
Cbap. I. — Cum quinque millibus. Créfier fait remarquer qu'il manque quelque chose ici , parce qu'un nombre ne se place jamais ainsi d'une manière abstraite, et sans que son unité soit exprimée. En outre, ce nombre parait altéré : car il s'agit ici du supplément de l'armée de Macédoine ; et on a tu plus haut ( XLI1I , 12 ) que ce supplément devait se composer de six mille fantassins romains, six mille alliés latins, deux cent cinquante cavaliers romains et trois cents alliés, en tout douze mille fantassins et cinq cent cinquante cavaliers.
Cbap. II. — Exponerent in concilio. Voyex, dans Drakenborcb, une longue note deGronove, où celuici établit, par de nombreux exemples, la différence qui existe entre concMum et consilium, et d'où il résulte qu'il faut lire ici consilio, et non concilio.
Ibid. — Ad casteUum quod super, etc. « Le pont appelé Lapathas. • CasteUum n'a jamais signifié un pont ; et si par extraordinaire il avait eu ce sens ici , Tite-Li ve n'eût pas dit ensuite : Lapathus vocatur locus. Ce qui a probablement trompé le traducteur, c'est super paludem; mais cela veut dire simplement, le fort qui dominait le marais Ascuris.
Cbap. m. — Cette édition porte , dans le latin et dans le français, Ortolophuset Ortotophe, au lieu de Octolophus. Ce ne peut être une variante; car il n'en existe d'autres que celle d'Octolopus qu'on trouve daos les anciennes éditions et qui a été corrigée par Sigonius. 11 faut donc admettre que c'est une faute d'impression.
Ibid. — Régis... castra. « Où nous avons dit que le roi Philippe avait établi son camp. » Le traducteur a rempli la lacune du texte d'après la restitution de Sigonius : régis castra Philippi fuisse. Cette restitution est mauvaise, elle s'appuie sur une fausse interprétation d'un passage de Tite-Li ve (XXXI, 36 ), où il est bien question d'nn camp auprès d'Octolophe, mais où Sigonius a vu , je ne sais comment , que comme il s'agissait Je la guerre entre Philippe et T. Quinctius, ce camp devait être celui de Philippe. Tite-Live dit en cet endroit qne ce camp était celui de P. Sulpicius, qui fut consul deux ans avant T. Quinctius.
En outre , selon la remarque de Crévier, il résulte du récit de cette guerre entre Philippe et P. Sulpicius, qu'Octolophe ( fora X0901, les huit eminences ) était située dans la partie occidentale de la Macédoine, et fort loin d'Héraclée, de Phila et de Dium, qui sont les premières ailles devant lesquelles dut se trouver Q. Marcius au sortir àts montagnes. Et alors de deux choses Tune : ou il y eut deux villes de ce nom, l'une cnex les Dassarètes, l'autre sur les frontières de la Perrnébie , on le texte est altéré
Cbap. III. — Turrim Eudieru. Si ce nom n'est pas altéré, il aura été tiré de l'abondance des eaux qui se trouvaient dans le voisinage de cette tour, de tu et de Juçoç, humide.
Ihd. — Per invia transfressus. Le consul A. Marcius Philippus avait résolu de porter la guerre en Macédoine, et d'attaquer Persée au centre de $es états. Pour exécuter ce dessein, il fallait traverser nne partie de l'Olympe, dont les passages les moins difficiles étaient gardés par des corps considérables de Macédoniens. Le consul dut donc se décider à prendre sa route par la partie la pins impraticable de ces montagnes, que l'ennemi n'avait pas cm nécessaire de garder. Quoique Tite-Live n'indique pas précisément la route que tinrent les Romains, il en dit assez pour qne nous puissions en inférer qu'ils durent passer è la hauteur de Dium , et non loin du golfe thermalqne. Voyes le générai Armandi, ouvrage cité, cb. tx.
Cbap. V '.— Per proclive, etc. Il est impossible, en lisant la traduction, de se faire nne idée dn moyen employé par les Romains pour transporter les éléphants. En effet, deux loognes poutres enfoncées en terre, et en travers desquelles on pose des planches, ne peuvent constituer un pont. Il faut entendre non pas deux simples poutres, mais deux systèmes de poutres, composés chacun de deux poutres réunies è angle droit; la plus longue s'appuyant sur le sol par son extrémité libre, puis s'inclinent légèrement en suivant la pente , per proclice sumpto fastigio, et soutenue dans cette position , è son autre extrémité, par une poutre plus petite, qui formait comme sa partie inférieure, ex inferiore parte, et qui, enfoncée verticalement eo terre, lui servait de pied; de telle sorte qne le tout représentait nne sorte de triaugle doot la ligne dn sol était le troisième coté. Et c'est sur ces espèces de triangles éloignes l'un de l'autre d'un peu plus que la largeur du corps d'un éléphant, qu'étaient posées en travers les planches recouvertes de terre qui formaient le sol du pont. Lorsque la construction du pont était achevée» on faisait avancer quelques éléphants sur la première rampe et vraisemblablement on mettait en tête les femelles on les plus dociles, et avant qu'ils fussent arrivés è l'extrémité , on retirait les poutres qui servaient d'étal, et, le pont s'aflaissant , les éléphants étaient forcés de se laisser glisser jusqu'au pont inférieur, pour lequel on répétait la même manœuvre, continuant ainsi d'étage en étage, jusqu'à ce que l'on fût parvenu au pied de l'escarpement.
Suivant Rollin, il faut supposer, ce que ne dit pas Tite-Live, que chaque pont était capable de contenir tout ce qu'il y avait d'éléphants dans l'armée romaine ; mais cette opinion n'est pas souttmable. Les Romains pouvaient avoir alors au moins nne vingtaine d'éléphauts, puisque Massinissa leur en avait envoyé vingtdeux peu de temps auparavant , conduits par son fils Misagène (Voyez Tite-Live, XLII. 62). On ne pouvait en engager nn aussi grand nombre à la fois sans s'exposer à des accidents qui auraient compromis tonte IVntreprise. D'après la description de Tite-Live, la distance des solives et des madriers qui serraient de support au pont, était calculée sur la largeur dn corps d'un éléphant. Il est donc évident qu'on ne pouvait les faire passer qne sur nne seule file, et non pas plusieurs de front. Or, comme il devait y en avoir au moins une ving taine, il aurait fallu un pont de deux cents pieds de long, ce qu'on ne peut admettre sans absurdité. De la largeur de trente pieds donnée au pont , le général Armandi tire
cette conséquence qu'on devait garnir le pont d'un parapet, pour lui donner l'apparence d'une véritable route.
Cbaf. V. — Fastigio, d'après la remarque de Crévitr, doit s'en tendre, non pas dans son sens propre, celui de toit, ou élévation graduelle de bas en haut, mais au contraire dans le sens de clivus , inclinaison de haut en bas ; ce cjui revient au même, puisqu'un plan incliné, vu de bas en haut, offre aussi l'aspect d'un toit. C'est ainsi qu'on dit indistinctement altum et profundum.
Il y a encore une faute dans le texte de cette phrase. Il faut lire : transversi incumbentes tigni, au lieu de transverso incumbentes tigno.
Giap. VI. — Exsiluisset e solio. c S'élança nt de sa chambre, * Non pas de la chambre, mais de la baignoire. Car solium est le siège, la partie de la baignoire où l'on est assis. Appien, Mac éd. f ch. mi : ô èi igiiXaro tgû u£a-roç, pGÛv, ou éaXwxct irpb rîj; paxtic.
Ibio. — huos ex amicis, etc. Voici la leçon vulgaire :
• Duobus ex amicis Pellam , alterum Asclepiodotum , ubi
• pecnma deposita erat. • Évidemment Pella n'est pas un nom d homme , ni Asclepiodotus un nom de ville , comme le r» marque Gronove qui voudrait lire : t duos
• ex amicis Hippiam, alterum Asclepiodotum ex proesi- « diis revocal », en supprimant • ubi pecunia deposita
• erat, • qu'il regarde comme une interpolation introduite dans le texte , lorsque Hippiam eut été altéré en Pellam. Mais ceci souffre bien des difficultés et ne remédie guère à ce qu'il y a de tronqué et d'incomplet dans la phrase ; pas plus que la leçon admise dans le texte de cette édition. Ce qu'on lit dans Tite-Live , ch. x, prouve qu'il y a ici plus qu'une altération de texte , mais certainement une lacune que Crévier a essayé de remplir, d'après le passage de Ti te- Lire cité plus haut, et d'après Diodore ( Excerpt. Voles., p. 510), et Appien, (Macfd. , ch. xiv.) Voici la restitution de Crévier, que le traducteur a suivie : « Duobus ex amicis fiiciam profl-
• cisci jussit Pellam, ubi pecunia deposita erat, et quid- « quid ejus ibi nancisceretur in mare dejicere : alterum
• Andronicum misit Thessalonicam ut navalia incen-
• deret. Simul Hippiam et Asclepiodotum ex prsesidiis
• revocat. » Appien, Inc. cit., Nixtav xal ÀvJpovtxov iid riv xara7rovria{i.ov tûv xp^âruv xai tov i*pwrpt}<ifjwv tûv vtûv fac7ro(j.<pei. Dans Diodore, loc. cit., INicias est appelé Nicon , et c'est A Phacus et non A Pella qu'il est envoyé : Nbcû»va pttv tov (bi<raupoç6Xaxa i%i-Rtp.tyi, auvTâl-aç TTjv iv tw Qxxxm -pS** xal Ta xp^H-ata xaTairovTÎaai. Mais , selon la remarque de Valois , il est certain que le trésor royal n'était pas A Phacus mais à Pella. Tite-Live, ch. xxiii : « Pellam ad thesauros regios missis qui pecn-
• niam acciperent »; et ch. xlvi : « Et gaza regia in eo
• loco erat ( Pella). Polybe, XXIX, 5 : Tooç fat Taxpii- ^arci iwtpoVraç tt; IltXXav i{i'irifA<|'<v , uç iyjû trapaXïj^ojaiv&uç.
Ibid. — lp$e ab Dlo , etc., auratis ttatuis omnibus
raptis, incolas ejus loci, etc. C'est une correction
peut-être téméraire de la leçon vulgaire, « auratis sta- ■ tuis raptim, ne praeda hosli essent, in classera con-
• gestis, ocius demigrare Pydoam cogit. » Il est vrai que la phrase est incomplète, et qu'on ne sait A quoi se rapporte demigrare ; mais, m'aide d'un très-léger changement, Périzonius la rend acceptable. En lisant cogitât an lieu de cogit, c'est Persée qui songe A se réfugier à Pydna, ce qu'il fit en effet, comme on le voit à la fin du chapitre : ad Pydnam refugil. Toutefois , un passage
de Diodore, que Tite-Live traduit probablement Ici, nous apprend que Persée força les habitants de Dium de se retirer A Pydna avec leurs femmes et leurs enfants, ô «ùro; Toùç x? ua&c î àvJptavToç àva<rira<yaç ix At'cu, iravra; tw; in, Triç ircXsaç àvaXaéùv {/.erà tIxvuv xai TOvatxâv a»i- X«pTJ<nv tî; Ilô^vav ( Excerpt. Voies., p. 310). Peut-être y a-t-il une lacune dans la phrase ; mais c'est bien s'aventurer que de changer in classem congcstis, ocius en tarolas ejus loci, quoique le sens s'y prête. — La traduction n'a pas ici toute l'exactitude désirable.
Cbaf. VI. — Qua exiguumjumenta, etc. Ce récit parait exagéré. Les auteurs s'accordent bien avec Tite-Live sur la longueur du défilé, mais non sur la largeur. Plioe, Hist. Aaf., IV, ch. vm : « Tempe vocantur quinqne t millium passuum longitudine, et ferme sequijugeri la- ■ titudine, ultra visum hominis attollentibus sedeitra • tevaque leniter convexis jugis. Elien ( Var., Hist . III, ch. M : 7b p.cv jmIxgç im TSoaapoxovTa Jixxti o-ra&cy;, T0 T e f*w wXaroç, rfi fiïv Ion irXéOpcu, t-J £t xal xXitw oXiftû. Ainsi IA où , d'après Tite-Live, une bête de somme peut A peine passer, il y a, selon Pline , une largeur d'un arpent et demi, et selon Élien de cent pieds et quelquefois plus. En outre, ces rochers A pic, qu'on ne peut regarder sans vertige, sont dans Pline : /entier contes* juga.
Cbaf. VII. — Et multitudine statuanm. Celaient les statues des cavaliers tués au passage du Granique. Alexandre les avait fait faire par Lysippe, et placer A Dium pour donner une nouvelle splendeur A cette ville, détruite par les Étoliens.
Cbaf. VIII. — Enipei amnis. C'est un fleuve de la Macédoine, qui prend sa source dans l'Olympe et vient se jeter dans la mer, non loin de Dium. Il y avait dans la Tbessalieun autre Enipeus. qui coulait près de Pharsate et se jetait dans l'Apidanus.
Chai». IX. — Bestili omnium gentivm. On a corriger omnium generum ; mais on peut fort bien se passer de la correction. Les magistrats qui donnaient les jeux tenaient A honneur de montrer au peuple, non seulement des bêtes féroces de toute espèce, mais des bêtes féroces venues de toutes les parties du monde. Et c'est ainsi qu'il faut entendre omnium gentium.
Ibid. — Fastigatam sicut tecta œdificiorum sunt. Cf. J. Lipse, Poliorc, I, 5. Polybe, XXVIII. 12: roù; fepsoù; îwwp T7); xsçaXîjç rotTiaavrt; auvtçpa^av, mots rf twv oirXuv ttuxvotyjti xspajACùTw xarappuTa» fî-prtoâat «apaftXiimov. C'est bien fastigatam qu'il faut lire, et non fastigiatam, comme on trouve dans plusieurs éditions» Crévier entre autres. Silius Italiens, V, 50 :
Mediamque per alvum Sensim fastigans . compressa cacumina nectit.
Cbaf. XI. — IVtc minus, quam inclytus magnitudine* Au lieu de inclytus magnitudine, la leçon ordinaire porte, in altum magnitudine. Ces trois mots paraissent, A bon droit, suspects, et Drakenborch est d'avis de les supprimer, comme ayant été introduits maladroitement da»s le texte. Il ne semble pas avoir connu la leçon de cette édition ; leçon qui n'a d'autre inconvénient que celui d'offrir une idée assez oiseuse.
Ibid. — Cervis etiam objectis. C'étaient des pieux fichés en terre et bifurques par le haut , comme le bots d'un cerf, d'où ils ont pris leur nom. Cour. Varrou, liv.
HISTOIRE ROMAINE. - NOTES
V, 117, p. 35 Egper. Us servaient d'étais aux cabanes. Virgile, Eclog.. 11,29:
Atque bomiies habitare casas et flgere cervos. Mais on les employait surtout i la guerre , pour les retranchements , comme on peut voir dans ce passage de César, VII, 72 : « Duas fussas quindecim pedes la ta s, « eadem altitudine perduxit, qnarum anteriorem cam-
• pestribus et dimissis locis, aqua ex flumine derivata ■ complevit. Post eas aggerem et vallum duodeciro pe- « dum exslruxit. Huic loricam pinnasque adjecit, grau*
• dibus cervis eminentibus ad commissuras pluteorum
• atque aggeris , qui adscensum bostium tardarent. * On voit donc qu'ils servaient à la fois à lier et à soutenir les terres et les claies des retranchements, et en même temps à empêcher l'approche des ennemis. Eu outre, quand on voulait interdire l'accès d'un terrain plat, d'une plaine ou d'une route, ou les enfonçait en terre de manière à Délaisse/ sortir que les pointes, qu'on recouvrait eusuite de gazoo et de feuillage pour les dissimuler. C'est ce que Silius Italiens explique fort bien dans ces vers, lib. X, v. 213 :
Quaque patet campus planis iDgreaslbus hosti, Cervorum ambustis imitautur cornua rarais .
Et Milus occulitur, caecum in vestigia telum. D'où l'on a dit rallum cacum; Festus, au mot Cervus , et César, I, 28. Voy. J. Lipse, Poliorc, II, 2.
iait>. — Mon.tr ut i sunt fornices, etc. Le texte, par sa concision , est fort obscur ; et la traduction , qui n'est pas moins concise, u'esl pas moins obscure non plus.* En elfet le préteur demandant où étaient les terres qu'on avait dû retirer du fossé, on lni montra des toutes, dit le traducteur, en lui disant qu'elles étnient loin d'avoir l'épaisseur de l'ancien mur. et qu'elles étaient construites avec un seul rang de briques.» C'est le texte, il est vrai ; rien de moins, mais aussi rien de plus. Le rapport de la réponse a la question n'est pas facile à saisir ; et je ne aais si le préteur dut se contenter d'une réponse aussi laconique. M. Verger traduit d'uue manière plus explicite et plus intelligible , quoiqu'un peu longue : On lui montra des voûtes faites avec ces terres converties en priques.
Cbap. XIII. — Fama fuit. « Le bruit courut alors cm'il y eut des négociations. • Entre qui avaient lieu ces négociations? Le traducteur ne rend pas inter Eumenem et Persea. La chose est cependant assez importante , puisque c'est ici uue assertion isolée, que Ti le- Live jette en passant, et sur laquelle il ue revient que beaucoup plus loin , ch. xxiv.
Cbap. XIV. — Ex viqinti mil lib us philippeorum. Selou Crévier ces 20,< 00 philippes équivalaient o 400 livres romaines , ce qui donnerait une valeur de 378,520 fr., au taux de 946 fr. 30 c. pour chaque livre d'or. (Voy. Saigey , ouvr. cité, p. 74 et 75). Cette valeur est exorbitante. Il y a sans doute quelque altération dans le texte. Drakenborch propose de lire : duobus millibus.
Ibid. — Se quoque in gratia reconciliatœ pacis ponerent. Ce passage offre des difficultés. Voici la leçon vulgaire : Se quoque in gratia reconciliatœ pacis posse uti. Je ne vois pas qu'on puisse en tirer un sens raisonnable. Plusieurs variantes ont été proposées; l'une supprimant simplement in, avec ce sens : • Demandant qu'il lui fût permis de se montrer reconnaissant de celte réconciliation, • comme s'il y était intéressé aussi; petere... se posse uti , comme s'il y avait pelcre, ut uti possit. Quelques-uns chan c eut in en ea.
Une autre variante de Gronove est celle-ci : Se quoque in gratia reconciliatœ pacis uti (pour ut) ponerent, avec ce sens, « priant les Romains de lui laisser en partie le mérite de cette réconciliation. «C'est la leçon adoptée dans le texte de cette édition , sauf le mot uti qui est supprimé, je ne sais pourquoi. La traduction suit une leçon toute différente : et leur offrait ses services en reconnaissance d'une réconciliation. Je ne vis pas de variante d'où l'ou puisse tirer ce sens, qni est faux historiquement, parce que les Romains n'avaient pas besoin des services de Prusias , et surtout parce qu'il ne convenait pas à l'humilité de Prusias d'offrir ses services. Car, à cette occasion même, Tite-Live dit que c'était de sa part plutôt une prière qu'une proposition.
Il faudrait traduire, d'après le texte, conjurant qu'on lui laissât en partie le mérite de la réconciliation ; ou plus littéralement, qu'on le fit entrer en partage de la reconnaissance qui s'attacherait à la réconciliation. C'est le sens propre de ponere m gratia . ou in grntiam* expression qu'affectionne Cicéron dans ses lettres, lib. VI, epist. i : • Lepta tna epistola gaudio cxsultat; etenini « scripta belle est, meque apud eum magna in gratia posuit. • Epist. vi : At te apud eum ( Dii boni ) quanta
• in gratia posui. » Célius, ad Ciceronem, epist. vi :
• Aruabo , si quid , quod opus fuerit Appio , faciès, ponito
• me in gratiam. *
Cbap. XV.— Coros et Lycios liberos esse. Les Romains, après la défaite d'Antiochus , avaient donné une partie de la Carie à Eumène, et l'autre aux Rhodiens, avec presque toute la Lycie; mais seulement en qualité de tributaires et d'alliés. C'est du moins le prétexte dont se servirent les Romains pour reprendre ce qu'ils avaient donné. Les Rhodiens tinrent peu de compte de cette condition, et traitèrent les Lyciens de la manière la plus tyrannique. Cf. Polybe, XXX. 5.
Ibid. — Ad utramque gentem sciret indicatum mitti.
Je ne vois pas ce que l'on a gaané à changer scirent, i de la leçon vulgaire , en sciret. L'un n'est pas plus clair que l'autre; et il vaudrait mieux indiquer ici une lacune, à moins qu'on ne voulût lire , comme le proposent Crévier et Drackenborch , senatusque consultum, au lieu de scirent indicatum.
Cbap. XV. — Rhodios nunc in orbe terrarum. Nunc in est une correction de Périzooius , au lieu de nuncio in, que maintiennent cependant, et avec raison, je crois, Crévier, Drackenborch et plusieurs éditeurs plus récents.
Cbap. XVI. — Pone veteres. La traduction omet ces mots. Doujat propose d'entendre veteres , par les vieilles curies. - Il y a, dit Vairon (L. L.. VI» 155, p. 43 Egger), deux sortes de curies; dans les une» , comme les curiœ veteres. les prêtres vaquent au culte des dieux ; dans les aulres,comme la curiahostilia. le séiiBt règle les affaires humaines.» Voici ce que M. Rurnouf dit A ce sujet (Tacite, Ann.. XI l, 24 ) : les curies de la première espèce étaient des édifices où les membres de chacune des curies qui composaient le peuple romaiu . offraient des sacrifices et prenaient des rej»a8 en commun, à certains jours réglés. On appelait vieilles les curies qu avait bâties Romulus, par opposition aux nouvelles qui furent ajoutées depuis. Voy. Festus, aux mots Novœ curiœ.
Donat, de son côté, entend, par veteres les boutiques du grand cirque . qui, dans les auteurs latins , sont désignées par les épitbètes de veteres et de novœ. Tite-Live meutionne des novœ tabernœ . lib. Il 1» 48 : Seducit fiham
ac nulricem prope Cloacinœ ad tabernas , quibus nunc Novis estnomen- Lib. XXVI, 27 : Eodem tempore septem taberna, quœ poste a quinque, et argentariœ, quœ nunc novœ appellantur, arsere.
Cbap. XVII. — Senatus consultum Sulpicius, etc. Drackenborch restitue ainsi le texte gravement altéré : Ad consulem [misit, a quo receptas litteras in senatu ] posl paucos dies recitavit, quibus [ in] ante diem ( ici le jour et le mois ) [ comitia edicijussit : se ante id tempus] in urbem venturum.
Ibid. — Quarto decimo anno, etc. On lit dans la traduction : « dix-sept ans après ■ , cequi ne traduit pas quarto decimo. C'est que le traducteur a suif i la leçon tulgaire septimo decimo, tandis que le texte adopte la correction de Sigouius. Il n'y avait en effet, du premier consulat de Paul-Emile, à l'année 585 où nous sommes parvenus, qu'on intervalle de quatorze ans , ou de qninze ans selon la remarque de Crévier, si l'on compte les deux années qui limitent cet intervalle, c'est-à-dire celle d'où l'on part, et celle où l'on arrive. Mais comme Tite-Live ne compte pas toujours aiusi , il vaut mieux prendre le nombre de Sigonius , à cause de la facilité avec laquelle a pu s'opérer, dans les chiffres, le changement de Xlill en XVII, puisqu'il suffit de changer II en V.
Ibid. — Sortiri placuit provincias. Suivant Plutarque. le peuple ne voulut point abandonner au caprice do sort le département des provinces, et déféra à Paul Emile le commandement des armées de Macédoine. Ce récit parait plus vraisemblable; car le sort aurait pu rendre inutiles toute la bonne volonté et tout l'empressement du peuple. Plutarque ( Paul. .EmiL, cb. x ) : KaW<mjaav uîrarov tô £tÛTtpcv, oùx eaaavTiç xXvipov feve'aôat, xaôârap tîwôei «spl t«v iirapxiûv , àXX* sùôùç èxttvu «j/YiçKjajMvQt toû Maxt^ovtxoû itoXifxou ttjv Vj^ipLOviav.
Ibid. —Nec plus quam sex frumentum. Sigonius
remplit la lacune avec le mot dierum, et c'est d'après cette leçon qu'on lit dans la traduction : l'armée n'avait plus de vivres que pour six jours, quoique le texte n'admette pas la restitution et se contente d'indiquer la lacune, et avec rauon , comme le prouve la remarque de Drackenborcb , qu'il est tout s fait invraisemblable que l'armée ne fût approvisionnée que pour si peu de temps; et que ce qui manque après sex exprimait un nombre de mesures de blé, qu'on ne peut déterminer par conjecture.
Chaf. XIX. — Ab Ptolenueo. Ptolémée Èpipbane laissa deux 61s, Ptolémée Philométor, qui avait épousé Bà sœur Cléopâtre, et Ptolémée Evergète ou Pbyscon, qui , après avoir chassé son frère et lui avoir enlevé Cléopâtre, s'était enfermé dans Alexandrie, où Antiochus l'assiégeait. C'est de la part de ce Ptolémée et de sa sœur que venait l'ambassade dont il est ici question.
Chaf. XXI. — Cn. Servilio Galliam obtinenti. C'était un des consuls de l'année précédente qui conservait, comme proconsul, le commandement de la Gaule.
Ibid. — Quas portare in Macedoniam. Ou plutôt en Jilyrie, selon la remarque de Crévier. à laquelle le traducteur s'est conformé. En effet il est dit plus haut : Emu {Anicius) in provinciam lUyricum Ap. Claudio succedere placuit.
Cbaf. XXII. — în omnibus circuits, etcPolybe, Nouveaux fragments du Vatican , p. 75, éd. Geel : Ê?* T à ?
aÙTcoç p-îav ix«v (SWpi&nv xai wapà zkç euvGoeix; x* ff*pà rà; iv toi; TOpuraTCt; ôfwXta;' $i«x«v aùrcùç PwfMi xato]|*tveu; tov i*v Maxe£cvta «oXijmv, etc. On voit, par ce curieux mais trop court fragment , que ce discours de Tite- Live est emprunté presque textuellement à Polybe.
Tbéophraste, Caractères, cb. vin : «... Il assure donc que ces personnes lui ont dit que le roi et Potysperchon ont gagné la bataille, et que Cassandre, leur ennemi , est tombé vif entre leurs mains. Et lorsque quelqu'un lui dit, mais en vérité cela est-il croyable. 9 il loi réplique que cette nouvelle se crie et se répand par toute la ville, que tous s'accordent à dire la même chose, que c'est tout ce qui se raconte du combat , et qu'il y a eu un grand carnage. Il ajoute qu'il a lu cet événement sur le visage de ceux qui gouvernent , qui en sont tout changés; qu'il y a un homme, caché chex l'un de ces magistrats depuis cinq jours entiers, qui revient de la Macédoine, qui a tout vu et qui lui a tout dit. Et, ce qui est à peine croyable , en racontant tout cela , il fait les lamentations les plus naturelles et les plus persuasives. Pauvre Cassandre ! malheureux prince! Voyez ce que c'est que la fortune; car enfin Cassandre était puissant, et il avait avec lui de grandes forces. Ce que je vous dis, poursuit-il , est uu secret, qu'il faut garder pour vous seul, tandis quH court par toute la ville le débiter à qui le veut entendre.
Il est arrivé à quelques-uns de se laisser voler leurs habits dans un bain public, tandis qu'ils ne songeaient qu'à rassembler autour d'eux une foule de peuple, et* lui conter des nouvelles. Quelques autres, après avoir vaincu sur mer et sur terre dans le Portique, ont payé l'amende, pour n'avoir pas compara à une cause appelée. Enfin il s'en est trouvé qui ont manqué leur dioer en prenant quelque ville d'assaut. •
Montesquieu, Lettres personnes , ch. xxx : • Ils conduisent un général par la main , et après l'avoir loué de mille sottises qu'il n'a pas faites, il lui en préparent mille autres qu'il ne fera pas. Us feront voler les armées comme les grues, et tomber les murailles comme des cartons; ils ont des ponts sur toutes les rivières, des routes secrètes dans toutes les montagnes , des magasins immenses dans les sables brûlants; il ne leur manque que le bon sens. •
Cbaf. XXII. — Quam Fabius fuit. Ennius, cité par Cicéron, de Off. t I» 24 , et de Senecl., ch. iv :
Unus qui nobis cunctando restituit rem :
Non ponebat enim rumores ante salutem.
Krgo postque magisque viri nunc gloria claret Cf. Q. Ennii annalium, fragmenta, éd. E. S. Lipsiss, I825, in-8°, p. H 7.
Cbaf. XXIV. — Ad Antiochum communia mandata.
Il y a probablement une lacune en cet endroit. Voyes Polybe, XXIX, 5.
Ibid. — Cydas erat Cretensis. On voit, par plusieurs fragments de Polybe ( Excerpt. Faite., éd. Geel , p. 74 et suiv. ). fragments assex longs et fort heureusement retrouvés, que Polybe avait traité avec un soin tout particulier cette histoire des négociations secrètes entre Eomène et Persée, qu'il dit tenir en partie de la bouche des amis de celui-ci, p. 78 : toutwv $7via pt*v ippuij «apofctôv tov xoupèv, èW £è fUT'&rvw sfe tooç iwtp«xtipiv«#; tô mpaiî çiXou;, wap «v ifipûv îÇtffofaas «odtadeu. Il décrit cette lutte de fourberie entre les denx rois, d'une manière fort intéressante, et qui prouve, ce qu'il dit
HISTOIRE ROMAINE. - NOTES
lui-même, qu'il Tut vivement frappé de ces événements, qui se passèrent de son temps : {tràpx*>v xavà toùç aÙTcùç xoupcù;, xat fxàXXov irt'pou îxirXTirrop.cvc; txaara tûv ^tvop.iWv, ibid., p. 74. Aussi Tite-Live, non content de lui emprunter les faits, copie-t il jusqu'à ses expressions avec une intrépidité qui fait venir la rougeur au front d'Angelo Mal ; pudet me propemodum Livii plagiarii , dit-il dam ses notes. A voir Tite-Live user ainsi sans façon de Polybe, et sans même lui accorder une légère mention, on peut s'étonner de ce qu'il cite a tout propos et Fabius et Claudius, et je ne sais plus quels annalistes. Mais Polybe n'était qu'un Grec , grœculus Homo , qu'on pouvait piller sans scrupule.
Cas*. XXV. —Eumcncs neque fbvif, etc. Il est fâcheux qu'Angelo Mal ne soit pas v enu plus tôt , il eût épargné quelque peine aux commentateurs. Voici ce qui éclaircira ce passage mieux que toutes les longues notes qui ont été faites, et qui montrera ce que Tite-Live tire du fumier de Polybe. Ôti pi* Eùpivn; oùx <xv i&uXr.toi lltpata xparfcat tcô TroXîfxo) xat f «vtaôai xupiov tcov 3Xû>v, tùxcpsc xaTa^aÔtiv' x^P 1 » 7*P *** warpix-îi; aXXoTptOTYjToç, xat ^txrpLtviîa;, ^v éi^cv wpo; àXXxX&u;, to -ni; àpx*iç àuo- •yevèç txavôv fa xat àmariav xal froXoTUfriav xai xaôoXcu r»jv ja^ioTW» aXXorpîoTïjTa ffapaaxtuatttv iv aÙTcî;. Et enanite, toopwv fàp Eùpivuç, etc. : et Tite-Live continue : Ctmebal et Persea, etc., et ainsi de suite.
Ibid. — Ne bello interesset miUe et quingenta. Le
texte indique une lacune là où il n'y eu a pas pour la traduction. Et c'est avec raison qu'on a indiqué une lacune en cet endroit. Ce que Gronove et Drackeoborcb avaient soupçonné, d'après Appien, se trouve pleinement confirmé par les fragments du Vatican. Et dans l'état de dépendance où dans toutes ces pages, et ici même, la phrase de Tite-Live se tient de celle de Polybe, on peut restituer avec assez de certitude à peu près comme l'a fait Gronove. Il y a cette différence entre Polybe et Appien, d'après lequel la restitution a été faite, que dans celui-ci. Eumène demande mille talents pour le premier cas, tandis que selou Polybe il n'en demande que cinq cents. Et comme il n'y a pas raison de croire que Tite-Live, si obstiné à suivre les pas de Polybe, s'en écarte eu ce point, il faudrait restituer ainsi : ne bello interesset, quingenta; ut pacem conciliaret, mille et quingenta talenta.
Voici les deux phrases de Polybe et d* Appien.
Appien ( Maced. ch. vti) : TàXavra J'-îjTti ttIç ptèv £ta- Xuatuç x& 1 * xa * irtvToxoata, rîi; £t i&auxi*Ç X& 1 **
Polybe {Excerpt. Vatic. éd. Geel, p. 77) : ô jxtv Eo- (Atvnç ^t« toû ptèv lômixt** 'x ltv xaT " T0 T * T *p TOV fr ^ xal p.ti ou<TTpaTtû<rat K>{j.aîoiç punn xarà pjv ^-nn xarà SaXarrav^tvTaxoataTÔXavTa, toû £è £taXû<7at tov Tro'Xtuov, XÎXia Trtrraxo'fftou II est évident qu'Appien a eu sous les yeux la phrase de Polybe. Dans tout le reste du chapitre, Tite-Live traduit littéralement Polybe.
Ciap. XXVI. — Quum pecuniam tutam et pacem
ac receptus protrahere.... Ce texte est évidemment altéré. Mais je ne puis approuver la traduction qui dit : il pouvait, avec le secours d'Eumène, mettre ses trésors à Cabri. Comment , Eumène, en demandaut 1,500 talents pour le prix de son intervention , ne voulait que mettre a l'abri les trésors de Peraée I En effet ces trésors eussent été parfaitement à l'abri entre ses mains; et Persée pouvait être sûr qu'ils seraient fidèlement gardes. Eumène alors ressemblerait bien fort à ce bon voleur qui ren-
dait anx passants le service de les débarrasser de leurs fardeaux.
Plusieurs corrections ont été essayées. Gronove proposait : quum pecunia tantula aut pacem habere , etc .... aut deceptus protrahere, etc. Duker réfute fort longuement Gronove, avec raison pour la première partie, parce qu'on ne peut pas dire de 1,500 talents, tantula pecunia ; mais a tort pour la seconde partie de la correction . où il maintient receptus , dans le sens de receptus in amicitiam. Et il appuie son opinion d'une explication de tout le passage , qui tombe devant le texte de Polybe. Drackenborch est du même avis que Duker; seulement receptus seul lui semble difficile à admettre, et il propose : quum et pecunia tutam pacem habere per Eumefiem , etc...., et ea recepta protrahere. La première partie peut subsister ; mais pour la seconde il faut revenir à la correction de Gronove , et lire deceptus au lieu de receptus, comme dans Polybe : ii &k toûtij; Ju+tûoém rri; tXirtôc;. Je crois donc que le tout doit être restitué ainsi : quum pecunia aut tutam pacem habere per Eumenem. etc. aut deceptus protrahere inimicum. etc. On est conduit à ce résultat par les nouveaux extraits de Polybe ( Excerpt. Vat.. éd. Geel, p. 79 ) : toû Si Ilipaew; iraXtv rtç oOx âv 6ftuuàattt i7»ç àXXo rt oup.tpopompGv *»5 irpoup^taÏTtpov ivo- |u<ti toû £oûvat t* xpV aTa xat xaTamtîv ià<iat Eùpiv?) to dt'Xtap ; tt p.iv ^àp awiip-jprjaé n twv xaTa Ta; faafft- Xtocç xat £tt'Xu9t tov iwX«{tov, «îç xaXov i& £oai;- et £t Taû-nj; ^le^tutrôn jHç iXirtèoç, iç ft ttàv itpôç t>upia'.ou; t*x6p&v 6fxoXo^ou(xe'vû); àva©av£ôv tfxêtêXtixti. Le sens est bien clair. Persée devait livrer M>n argent sans crainte , ou, comme dit énergiquement Polybe, laisser Eumène avaler l'appét, xaTowniîv to ^i'X«ap. Que risquait-il en effet? Si Eumène remplissait ses promesses, il avait/ pour de l'argent, une paix qu'il n'eût pas trop payée d'une partie de son royaume. Si au contraire Eumène le trompait , n'était-il pas maître de tout révéler aux Romains, et d'at tirer leur colère sur Eumène, h eux âv iJuviifoi xat'oùdtva Tpowov àp.ûvao6at pl*XTtov $ iroXtffitov Trotviaâfuvoc kop-atetç. Or quel plus grand intérêt pouvait-il avoir? et rien pouvait-il mieux servir sa haine contre Eumène que l'inimitié des Romains ?
Cbap.XXVL— NecetiamGentii régis. Polybe, Excerpt. Vatir., p. 80: ÀxoXoudoç &l toutoiç Ilipotù; xal ri irpoç
roXar*; xat Ta irpôç Tiv-rtov • ...
Les frasments du Vatican sont brusquement interrompus ici ; mais il eu reste assex pour voir que nous avons, dans Tite Live, la suite île Polybe.
Ibid. — Tum Gallorum. Ces Gaulois étaient ceux dont on a déjà parlé sous le nom de Bastarnes , colonie gauloise établie sur les bords du Rorystbène, aujourd'hui le Dnieper. Cette nation n'était accoutumée ni à labourer la terre, ni à nourrir des troupeaux , ni à faire le commerce; elle vivait de guerre, et vendait ses services aux peuples qui voulaient l'employer. Voy. Scbweighsnser, sur Appien, Maced., ch. xvi. Quelques auteurs placent ces Bastarnes sur les bords de l'ister. Plutarque ( Paul Emile, ch. xu) : tircxtvet £è xat TaXotTaç toùç irtpl tov îarpov ùxYipivou;, ot Baarapvat xaXoûvrat. On voit aussi dans plusieurs auteurs, Pline entre autres, qu'ils étaient Germains et non Gaulois. Mais, comme on l'a remarqué, au temps de Polybe les Grecs ne faisaient pas de distinction entre les Germains et les Gaulois.
Ibid. — Ad Almanam urbenu C'est la seule mention qu'on trouve de cette ville.
riTE-LIVE.
Cbap.XXVI.— Circa Dtsnidaoam in Jb>dica. Desudaba est un nom de Tille ; Grooove propose MLbj ma, ou JEsima. LaMédique était une coutrée de laTbracc,dont les habitants t'appelaient Mèdes ou Mœdes, Mi&i ou MaiJoi.
Ibid — Ad Bylazora, Pœonice w locus est. Aa temps de Philippe, père de Persée, Bylazora était la plus forte ville de la Péonie; elle protégeait le passage de la Dardanie dans la Macédoine. Polybe, V, 97 : <t>i'x«nro; 6 p<xaiXii* xareXaSiTo BoXa&pa, prfinw oJaav iro'Xiv ttî; naicvtoç, xa't Xîav fùxaîpw; wtfAfivtjv wpo; toç si*€oXà; tÔlç àiw -no; Aap£anx7j; ci; Maw^cvtav.
Cbap. XXVII. — Castra Macedonum qui ea, etc.
Crévier remplit ainsi cette lacune : Quum ex adverse rastra Macedonum [estent. Tanta occasione e manibus amissa, Perseus Romanomm animos confirmant et Macedonum,] qui ea peptnderant spe. La répétition de Macedonum a pu causer l'erreur du copiste.
Cbap. XXVIII. — Hippagogos. C'était une espèce de navires destinés spécialement au transport des chevaux , comme l'indique l'élyraoloaie du mot, rwrreç, «vomtv. Voy. Scheff., d, Milit. naval., IV, î, p. 257.
Ciup. XXX. — Tum classis [novam . etc. Ce supplément est de Crévier. II devrait être indiqué avec plus de soin dans le texte.
Cbap. XXXI. - Ex ea regione in quam missut erat. Ce voyage de Caravantius ne doit pas s'entendre de soa expédition coutre les Cavieus, dont il a été question plus haut. Il s'agit probablement ici de quelque pays ami, où Gcntius avait envoyé son frère pour en ramener des secours. Ces faits étaient peut-être plus clairement développés dans a» passages qui sont perdus.
Cbap. XXXII. — Etlnam uxorem. Elle est nommée plus haut, cb. xxx, Etuta. Peut-être est-ce la même; peut-être aussi la première était-elle morte ou avait-elle été répudiée.
Ibid. — Silws [ligna ferre. Ce supplément est de Crévier, ainsi que tous ceux qui viennent ensuite.
Cbap. XXXIII. — S ru tum in vigiliam ferre. Selon Pluiarque ( Paul Emile, cb. xu ) c'est le javelot, et non le bouclier qu'il ôta aux sentinelles; Tàç vuxrtpivàç «puXoucàs aveu Xo'ixmç çuXârrr.v.
Cbap. XXXIV. — Bucculasque. C'étaient des lames flexibles qui rattachaient le casque devaut la bouche, ob buccam.
Imd. — Morte memorabili f.niluros bellum. Le texte et la traduction ne sont pas d'accord. Quand le texte dit finir, la traduction dit débuter. C'est qu'il y a ici deux variantes, inituros et finituros. Peut-être doit-on lire insignituros.
Cbap. XXXV. — Q. Fabium Maximum filium. II s'appelait ainsi depuis qu'il était entré dans la famille Fabia.
Cbap. XXXVII. — Lnnam defecturam esse. Voici ce que Duker signale à ce propos. On lit dans une dissertation de Reuaudot, Mémoires de l'Académie des Insrr. et Bell. Lettres, t. II, p. 25» édition d'Amsterdam: • Sulpicius Gallus, lieutenant du consul Emilius Paullus, dans la guerre contre les Perses, ? oyant les soldats troublez par une éclipse de lune, les rassura en leur en expliquant les causes. C'est une traduction de Val. Maxime, VIII, i i : Quum L. Paulli advenus regem Persen beilum gerentis (tgatus esset Sulpicius. Cette étrange bévue, qu'on pou-
vait imputer à l'imprimeur hollandais , se retrouve aussi daus l'édition française.
Cbap. XLI. — Legio immiss a dissipavit phalange* : neque uUa evidentior causa, etc. • C'est sur te champ de Pydna que fut irrévocablement décidée ht vieille question de supériorité entre la légiou et la phalange. Ce résultat aurait pu être prévu par tout observateur judicieux , qui aurait examiné sans prévention le fort et le faible de ces deux ordres de bataille. En effet , si la phalange, par la solidité de son ordonnance et par l'ensemble de sou action, était admirablement imaginée pour la résistance, elle perdait beaucoup de ses avantages lorsqu'elle devait se porter en avant pour attaquer. Sa marche était nécessairement très-lourde, les changements de direction étaient difficiles , et pour peu qu'il y eût d'inégalité ou d'obstacJrs dans le terrain, elle ne conservait plus son alignc-nent ni son ensemble. Il s'y faisait alors des vides dangereux dans lesquels l'ennemi pénétrait presque impunément. Si elle avait l'avantage dans le combat, il loi était impossible de s'abandooner à la poursuite sans se rompre et sans s'exposera être battue en détail; c'est ce qui arriva à Pydna. Si au contraire.elfe était repoussée, elle courait encore un plus grand risque, car l'ennemi pouvait l'acculer à des escarpements, à des ravina, à des terrains accidentés, et la forcer à se rompre.
• On ne pouvait donc regarder la phalange comme invincible que sous une condition unique: celle de l'immobilité ; celle précisément sur laquelle on peut le moins compter à la guerre. Tout l'art de l'ennemi consistait à la forcer de se déplacer, à l'attirer sur un terrain difficile ou elle était obligée de se subdiviser et de prêter le flanc. Corius Dentatus fit une application heureuse de ce principe à la bataille de Bénévent (Voy. Frontin, Stalag., lib. II, cb. u, g 1 ). Alexandre lira un immense parti de ta phalange dans les vastes plaines de l'Asie, ou il pouvait manœuvrer librement en tout sens, sans rompre aou ordonnance. Philippe, au contraire, ayant accepté pour champ de bataille le terrain ondulé et les crêtes des Cynocéphales, y vit sa phalange rompue et ses soldats exterminés presque sans pouvoir se défendre. On dirait qu'il avait prévu lui-même la cause de sa déroute, car il s'était vanté précédemment que sur un terrain uni et dans un combat régulier la phalange macédonienne aérait invincible: Macedonum phalangem... loco aquojnstaqne pugna semper mansuram inviclam ( Tit.-Livius, H*. XXXIII, ch. iv). Mais le locus œquus et (ajusta pngna lui manquèrent, car il s'exposa sur un mauvais terrain, et il se laissa prendre en queue.
« La légion n'offrait à la vérité ni la masse , ni la résistance passive de la phalange , mais elle avait l'immense avantage de s'accommoder facilement au terrain, et de se prêter à tous les mouvements. Déployée sur trois lignes par manipules, avec des intervalles égaux au front de ces subdivisions, elle était également propre à attaquer avec vivacité , eti résister avec énergie; chaque soldat étant indépendant dans le maniement de ses armes, ne s'associait au mouvement général qu'autant qu'il le fallait pour en tirer du secours , mais jamais au point d'en être gêné. La légion pouvait facilement gagner du terrain sur ses flancs , ouvrir ou serrer ses distances, et exécuter des changements de front sans déranger son ordonnance. Si la première ligne était poussée trop vivement, elle se retirait par les intervalles de la deuxième, soit pour s'y encadrer, soit pour se rallier derrière; et quand même cette seconde ligne aurait été forcée, tout n'était pas perdu, car lestriaires, arrivant avec leurs
HISTOIRE ROMAINE. - NOTES
forées intactes» rétablissaient songent le combat. La phalange n'avait pas de réserve, et si, par malheur, le désordre se mettait dans les premiers rangs, tout était compromis. La légion au contraire , selon la juste remarque de Machiavel, pouvait livrer trois combats successifs; il fallait que la fortune l'abandon net trois fois avant qu'elle fût décidément vaincue ( Arte délia Guerra, lib. III ). Ajoutons que la légion pouvait au besoin se donner un front aussi continu que la phalange, soit en intercalant les manipules des princes dans les intervalles des hastals, soit en faisant serrer les intervalles de la première ligne, tandis que la deuxième et la troisième, appuyant obliquement a gauche et à droite, venaient former les ailes du nouveau front de bataille. Nous avons des exemples de ces deui évolutions dans les guerres des Romains.
■ Une autre considération, faite pour frapper tous les esprits, c'est la supériorité individuelle du légionnaire sur le phalangite, supériorité qui tenait à la différence de l'armement. La sarisse devenait non* seulement inutile, mais embarrassante dans un combat corps à corps «tandis que le légionnaire pouvait se servir du pilum et de la pique, soit qu'il fût dans le rang, soit qu'il se trouvât isolé; et, si cette arme venait i lui manquer, il avait, indépendamment de son épée, un second javelot en réserve, et même deux plus petits, logés dans l'intérieur de son bouclier. Celte considération a fait dire au maréchal de Puységur que • la force des Romains était dans l'imitai dualité. • [Art de la guerre. )
Si , après avoir posé et discuté la question par le raisonnement, nous voulions la trancher p«r l'autorité des anciens eux-mêmes ; nous n'aurions rien de mieui i faire que de citer le jugement de Polybe, qui donne ouvertement la préférence à la légion (liv. XVII, en. xiv et suiv. à l'occasion de la bataille des Cynoscéphales). Cet écrivain , dont le bon sens et l'indépendance sont reconnus, était certainement bon juge en fait de guerre ; mais, ce qui donne plus de poids encore à son opinion , c'est qu'il était Grec, et qu'on ne saurait le soupçonner de partialité pour une tactique opposée à celle de son pays. D'ailleurs il ne se borne pas à prononcer un jugement , il en expose les motifs puisés dans la nature des deui ordonnances qu'il connaissait à fond, puisque, après avoir combattu dans les rangs de ses compatriotes, il avait suivi les armées romaines, et avait été l'ami et le conseiller du second Africain. Ses raisons sont tellement convaincantes que la plupart des écrivains militaires se sont rangés de son avis. « La phalange, dit Plutarque( Vie de Flamininus ), • peut être « comparée à un corps armé qui, pour exercer ses forces,
• a besoin de l'intégrité et du concours de tous ses mem- « bres. Une fois cette unité rompue, il n'y a rien de
• bon à espérer.* C'est presque dans les mêmes termes , le jugement porté par Tite-Live dans le passage qui fait le sujet de cette note.
« Les meilleurs tacticiens modernes se prononcent également en faveur de la légion, entre autres Puysêgur que nous avons déjà cité, a La phalange, dit le « savant Guischard , était uu corps trop artificiel , et le
• moindre désordre entraînait d'abord de mauvaises
• suites. » (JVote* sur la tactique d'Arrien). Ailleurs il met en évidence la supériorité de la légion* sur la phalange, en parlant de la défaite des mercenaires de Carthage sur les bords du Macar (Jtfêro. milit, ch. m, p. 68). Le célèbre Montécuculli donne également la préférence à l'ordonnance romaine. « Il faut, dit-il , que
• l'armée soit partagée en corps nombreux , et pas trop
• forts , qu'on puisse facilement réunir ou séparer, comme
• l'étaient ceux des Romains; formation préférable à celle
• des Macédoniens, qui péchait par trop d'immobilité , et
• que le moindre accident pouvait déranger. * {Opère militari, lib. I ) Carrion Nisas, également partisan de la légion , termine ses observations par une remarque qui me parait aussi juste que caractéristique. • Le génie de
• la tactique grecque, dit cet auteur, était la résistance,
• celui de la tactique romaine était l'attaque. • ( Histoire générale de l'art militaire. )
• Enfin les faits, si nous les prenons en masse, viennent à l'appui du raisonnement. Les légions vainquirent la phalange de Pyrrhus à Bénévent, celle de Philippe i Cynoscéphales , de Persée i Pydna , d'Antiochus à Magnésie, et chacune de ces batailles mit une fin glorieuse à une guerre importante. La phalange faisait aussi la force principale des armées carthaginoises et de celles de Mithridiate. Il est vrai que ces deux ennemis furent ceux dont Rome eot le plus de peine à triompher ; mais plus la lutte a été longue , plus les deux ordonnances on été en présence, plus on est fondé à accorder la préférence à celle qui est demeurée victorieuse en dernier ressort. • (Extrait de 17/isloire militaire des éléphants par le général Armand!, ch. vi. )