LIVRE XLIII
Tite-Live, dans ce livre, n'a cité ici ni les autres auteurs, ni Polybe, à qui il fait de nombreux emprunta. Ch. xvn, comparez les cb. m etsuiv. du livre XXVIII. de Polybe qui parle de nouveau du sénatns-consulte au ch. xiv. Néanmoins beaucoup de détails exposés longuement et à plaisir par Polybe, et relatifs aux affaires des Grecs ou a Polybe lui-même, ont été omis par Tite-Live ; par exemple , l'assemblée tenue par les envoyés des villes d'&gium, de Thermes et de Thurium. Les ch. xix et sui?. sont empruntés à Polybe, cb. m. Mais Polybe a mieux fait ressortir les avantages que Persée aurait pu obtenir par quelques sacrifices d'argent.
Cbap. I. — Legatus. Q. Mucius. Voy. XLII, 67.
Ibid. — Carnuntem. Ville de la haute Pannonie , Mule bord du Danube. On en trouve encore des ruines considérables entre Pétronelle et Altembourg (Autriche), snr les confins de la Hongrie.
Ibid. — Coloniam suam novam et infirmam. La colonie d' Aquilée avait été fondée l'an 1 83. Voy . XXXIX, 55.
Ibid. — Carnis. On a cru que le nom de ce pays venait de l'abondance des céréales qui , dans la langue germanique , sont désignées par le mot Korn. Ce qui donne quelque vraisemblance à cette conjecture , c'est qu'une médaille, frappée en l'honneur des victoires remportées par Scaurus sur les Carnes et les Liguriens, présente au revers un Mercure avec une corne d'abondance pleine d'épis.
Ibid. — Frumentum militi datum. Les soldats romains broyaient et convertissaient eux-mêmes en pain le blé qui leur était distribué. Ces mœurs militaires sont bien éloignées des nôtres; et pourtant l'on verra, par la citation suivante, que le plus grand capitaine des temps modernes ne croyait pas qu'il fût impossible de les ramener parmi nous. « Il ne pouvait y avoir de véritable armée, disait l'empereur, avec nos fours, nos magasins, nos voitures. Il n'y en aurait que quand, à l'imitation des Romains, le soldat recevrait son blé, aurait des moulins à bras, cuirait son pain sur sa petite platine. Avec la méthode romaine, ajoutait-il, on allait au bout du monde; mais encore fallait-il du temps pour amener à la transition d'un tel régime ; il ne pouvait s'opérer par un simple ordre du jour. J'en avais eu la pensée depuis longtemps ; mais quelle qu'eût été ma puissance, je me fusse bien donné de garde de le commander. Il n'est point de subordination ni de crainte pour les estomacs vides. Ce n'était qu'en temps de paix et à loisir qu'on eût pu y arriver insensiblement. Je l'aurais obtenu en créant des mœurs militaires nouvelles. • Mémorial de Sainte-Hélène. •
Ibid. — Censuerat. Il vaudrait probablement mieux lire censuerit.
Cbap. II. — Quinos recuperatores ex ordine senaiorio. Ces juges étaient ainsi appelés parce que , selon Théophile ( sur Ut Jnstit. ), chacun, par leur secours, rentrait dans sa propriété. On croit qu'ils pouvaient être choisis da.is la totalité des citoyens romains, mais plus spécialement parmi les juges choisis ( selecti judices )• Cicéron, dans un passage d'une oraison retrouvée par Angelo Mai
HISTOIRE ROMAINE. - NOTES*
fpro TuUio, 8 ) parle des recuperatores comme de juge* auxquels on avait recours pour accélérer les affaires. Recuperatorts dore, ut quam primum res judicaretur. Un passage de Pline le jeune fait entendre qu'ils n'étaient pas nommes d'avance, mais an contraire pris à I'improviste, pour décider sur une affaire. Vt in recuperatoriis judi-
eiis... repente apprehensi sinceri judices fuimus
(Epist.;iu, 20). M. Hugo, dans son Histoire du Droit romain ( I, p. 498), réfute Ernesti, qui prétend ( Clav. Cicer., t. Recuperatores ) que les recuperatores faisaient partie des centuruvirs. Ces derniers juges n'étaient que pour Rome; or on trouve on grand nombre de recuperatores dans chaque province. Ainsi Ulpien dit ( Regul., I, 15) zinprovincia XX recuperatores, cives romani. Toutefois ils n'étaient pas précisément dans tes provinces ce que les centnmvirs étaient à Rome. Dans la capitale comme dans les provinces ils prononçaient en matière de sponsiones ou de contestation sur les gages et cautions, attributions qui paraissent n'avoir pas été dans la compétence des centumvirs.
Cbap. U.—Ampliaius. Quand la cause n'était pas assez éclairde, qu'il y avait de nouveanz témoins à entendre, que les juges enfln étaient encore indécis, s'ils devaient absoudre ou condamner, ils donnaient leurs tablettes marquées des lettres N. L. {non liquet ); le préteur prononçait le mot amplius. et la cause était remise à un antre jour, que ce magistrat déterminait. Ce délai se nommait ampliatio. Voy. Cic, pro Cœl., z, pro Cluent., xxzviii ; in Verr., I, 9; Aulu-Gelle, XVI, 1 1 .
Ibid. — Quum dicendade integro causa esset. Voy. Cic, Brut., XXII; Val.-Maz., VIII, I , H.
Ibid. — Omissa ea re. D'antres fois encore le préteur, pour favoriser l'accusé ou ses amis, ajournait la cause jusqu'au moment où il déposait ses fonctions , et s'ôtait ainsi le pouvoir de prononcer sur son sort. Voy. XLI, 22.
Ibid. — I» frumenti cestïmationem magistratus romanus kaberet. Les provinces devaient fournir auz magistrats romains nne certaine quantité de blé pour leur usage particulier. Mais, au lien de la recevoir en nature, ces autres Verres en ezigeaient la valeur en argent , après avoir taxé le blé à un prix excessif. ( Voy. Cic, Verr.. III, 81 ; Rnrm., de Vectig., ch. u.) C'était ce qu'on appelait frumentum œstimatum. Les Espagnols obtinrent que désormais les préteurs prendraient le blé en nature, ou que l'estimation en serait publique et faite d'après le prix courant.
Ibid. — Neve cogeret vicesimas vendere. Les provinces, outre la fourniture dont nous venons de parler, devaient encore vendre du blé auz Romains {frumentum emptum), et le trésor comptait auz gouverneurs l'argent nécessaire pour l'acheter. Mais, pour satisfaire une cupidité effrénée, que nous verrons toujours s'accroître dans les dépositaires de l'autorité , et contre laquelle toutes les lois restèrent impuissantes . ils estimaient le blé à nn prix très-bas, et gardaient ainsi nne grande partie des sommes destinées à le payer. — Voy. Cic, ibidem, 70 ; Bumiann , ibidem.
Cbap. III. — Cum quitus connubium non esset, etc Le mot connubium ne signifie pas mariage, comme on le croit et comme on le dit trop souvent. C'était un droit qui rendait celui qui en jouissait habile à contracter un mariage produisant les effets civils. Et cette définition même est encore trop large, en ce qu'elle indique une capacité générale de former un mariage légitime, dans le sens ri-
goureux du mot, tandis que proprement le connubium n'était qu'une capacité relative de s'allier légitimement à tel ou tel individu, qui lui-même devait être dans une couditionde réciprodté.C'est donc à tort qne les interprètes emploient l'expression jus connuoit, qui ne se trouve pas dans les auteurs. Le connubium étant un droit, il est absurde de dire le droit du droit. Connubium est toujours employé senl ; ainsi la première condition qu'Ulpien exige pour un mariage civil, c'est le connubium : Justum ma* trimonium e»t, si inter eos qui nuptias contrahitnl, connubium sit {Regul., V ). Un des effets du connubium. par rapport aux enfants issus du mariage, est de leur donner l'état civil du père; tandis qu'en l'absence du connubium, ils suivent généralement la condition de la mère : Quum connubianon sint, partus sequitur matrem. Ainsi, pour revenir à notre passage, ces quatre raille hommes, nés de soldats romains et de femmes espagnoles, entre lesquels il n'existait pas de connubium , devaient être de la même condition que leurs mères. Quelle était donc cette condition? Suivant tonte apparence, ces femmes étaient de la classe des peregrini, qui comprenait tout ce qui n'était pas citoyen. Mais il y a uoe difficulté. U est dit que ces hommes pourront être affranchis par le préteur, si quos manumisisset ; pourquoi donc les affranchir s'ils sont de simples peregrini, mais libres cependant ? Sigonius en conclut, sans hésiter, que les enfants issus de l'union de citoyens romains et de femmes ne jouissant pas du connubium, naissaientesclaves.il est inutile de réfuter une erreur aussi évidente. Duker, repoussant avec raison l'opinion de Sigonius, ne voit d'autre moyen d'expliquer cet affranchissement, qne de faire de ces femmes espagnoles des captives et des esclaves , qui auraient ainsi transmis cette condition à leurs enfants. La conjecture de Duker expliquerait sans doute le fait de l'affranchissement, mais elle nous parait tout à fait gratuite. Rien n'autorise à croire que ces femmes aient été dans une condition servile, qne Tite-Live n'eût pas manqué d'exprimer ( et il le pouvait faire d'un mot , captivis ou plutôt ancillis ), au lieu d'indiquer, comme il le fait, le défaut de connubium, qui ne permettait pas auz enfants de suivre la condition de leur père, et d'être citoyens comme eux. Ce défaut même de connubium suppose une possibilité de mariage qui n'existait pas entre esclaves et citoyens romains. D'ailleurs si ces femmes avaieut été des esclaves ; elles auraient appartenu à des maîtres auxquels les enfants auraient été acquis en toute propriété, par le seul fait de leur naissance. Et, dans cet état, ils n'auraient pu disposer de leurs per&onnes et adresser au sénat une semblable réclamation. Reste donc toujours à expliquer cet affranchissement. Nous avons dit qne dans les peregrini étaient compris tous ceux qui o'étaient pas citoyens. Mais des droits très-divers établissaient entre tous ces individus des distinctions parfaitement tranchées. Il y avait des peuples jouissant du droit latin, du droit italique, des peuples diU libres, alliés, fédérés ( Hberi, sorii. fœderati) ; il y avait enfin des dediti ou dedititii. Ces derniers, parmi lesquels il faut probablement ranger nos femmes espagnoles, étaient les peuples révoltés qui , vaincus par les armes romaines et forcés de se rendre à discrétion, ne se rachetaient de la mort ou de l'esclavage que par un abandon absolu de leurs personnes et de leurs biens. Dans la formule de dédition que nous a conservée Tite-Live (I, 58), des députés se livrent, eux et leur peuple, urbem. agros, aquam, terminos, delubra, ntensilia, divina humanaque omnia. Primitivement on les faisait passer sous le joug,
et ils étaient ensuite renvoyés libres , awoXûttv tXtuMpcuç ( Denys d'Halic, Antiq. Rom.. III , p. «59 ). Souvent la république laissait tout ou partie des terres conquises aux anciens habitants , en exigeant une redevance du dixième, ou quelque impôt semblable, tant que durait la possession ; mais la république conservait toujours le do maiue direct , la propriété . et avait le droit de revendiquer la terre et d'expulser le possesseur. Ces dediti restaient à j.-imais dans cette condition, eux et leurs descendants, qui prenaient le nom de dedititii. Il serait curieux, mais non sans difficulté surtout à cette époque, de développer les conséquences légales de cet état. Ce qui est remarquable, c'est qu'après avoir perdu leur propriété par la conquête, ils n'en pouvaient acquérir d'autre ni sur le territoire ni sur les terres de Rome , parce qu'ils ne jouissaient pas du commercium. Il leur fallait donc languir dans la misère. Tout ce qu'ils pouvaient obtenir c'était une possession des plus précaires , qui faisait d'eux une sorte de gens de mainmorte, des Lastbauern, suivant l'eipression de Niebuhr. Et l'avarice des gouverneurs aggravait encore leur position et les transformait en de véritables serfs taillables et corvéables à merci.
Niebuhr a parfaitement exposé ce qu'on peut appeler la théorie des rapports de l'état dominant avec l'état vaincu. ■ Quand une communauté de citoyens était contrainte de se rendre au vainqueur, elle se soumettait à lui comme à son maitre, de telle sorte que la république lui remettait sa souveraineté, et les particuliers la libre possession de leurs biens, de leur liberté, de leur vie, sans aucune restriction. L'état vaincu se trouvait alors avec I < J tat dominant dans les mêmes rapports que l'individu qui avait perdu son indépendance par suite de l'arrogation ou du ncxnm (engagement de la personne par dettes). Celui qui cessait d'être son maitre ne conservait qu'à titre de pécule ce qui jusque-là avait été sa propriété. Il en était de même de l'état qui avait livré sa res public a à un maître; de telle sorte que, suivant son gré, celui-ci pouvait prendre ce qu'il voulait, et non-seulement le territoire communal, mais la fortune de chacun. Cette privation des droits ne cessait que lorsqu'un acte semblable à l'éiLancipation avait rétabli la capacité personnelle, » {Hist. Rom., t. II, p. 536 de la tr. fr. Il faut lire aussi son beau chapitre sur le domaine public, t. III, p. 175. )
On doit probablement voir, dans l'affranchissement de ces hommes par le préteur, l'acte d'émancipation nécessaire, suivant Niebuhr, pour les rétablir dans leur capacité personnelle, et leur permettre de s'élever à une condition meilleure. Toutefois il serait peut-être difficile de trouver un autre exemple d'affranchissement solennel appliqué à des déditices. On ne peut non pins donner ici à munumittere un sens général; ce mot étant toujours pris, surtout quand il s'agit d'un magistrat, d'un préteur, dans une acception spéciale, que confirme d'ailleurs pour cet exemple l'appellation de libertorum donnée plus loin à la colonie. Il y a cependant au Digeste un fragment du jurisconsulte Paul , qui pourrait autoriser la conjecture d'une simple déclaration d'affranchissement, sans aucune des formalités ordinaire de la vindicte. Imperator quwn gervum manumittit , non vindictam imponit, sed quum roluit, fit liber U, qui manumittitur. { Digest., XL, i. 14. ) Comme on le voit, la simple volonté de l'empereur suffisait pour conférer la liberté à l'esclave qu'il affranchissait. L'empereur n'avait ce privilège qu'en vertu de ia souveraineté, et comme réunissant en sa personne tous les droits qui appartenaient auparavant au peuple romain. Ce privilège de la souveraineté, le peuple l'exerçait
sons la république; il déléguait au préteur le pouvoir de déclarer libres, par une sorte d'affranchissement, des hommes qui n'étaient pas esclaves. Car les déditices ne perdaient que la liberté civile; ils conservaient leur ingénuité et leur liberté naturelle; et, quelque restreinte que fût cette liberté, c'était encore la liberté, et ce n'était pas l'esclavage ; Pessima deditiornm libertas , dit Gains. On pourrait demander quel avantage ils trouvaient dans celle fiction qui les faisait considérer comme affranchis. C'est que pour les déditices il n'y avait aucun espoir d'arriver à une position plus favorable; tandis que placés dans la condition d'affranchis , n'eussent-ils même* que le droii latin , ils pouvaient s'élever plus haut et entrer dans la cité, en remplissant par exemple quelque magistrature dans la colonie. Et ce privilège ili n'avaient pu l'obtenir que par la faveur que méritait leur naissance.
Cbap. ni. — Carteiam ad Oceanum. Cartéia ( Rocadillo), ville de la Bétique, au fond du golfe de Gibraltar. Les médailles qu'on a trouvées près de Rocadillo ne permettent pas de douter de son emplacement.
Chip. III et IV. — ( Supplément. » Pour remplir la lacune qui existe ici l'on a suivi Appien (Gurrres puniques); Pliue ( IV, VII); les fastes capitolins Zonaras, Pohbe et Diodorc; les sommaires des livres XLIl et XL VII; Plutarque ( Vie de Paul Emile) et Florus ( II, 17 ).
Ibid. — .4ntium. Aujourd'hui Netluno, sur un rocher au boni de la mer. Selon Strabon , les riches habitants de Rome venaient s'y délasser de la fatigue des affaires. Parmi les beaux édifices dont cette ville était ornée , on remarquait un temple d'Esculape, où séjourna le serpent divin apporté d'Èpidanre en Grèce, par les ambassadeurs romains, l'an 462. On voit encore, sur l'emplacement d'Antium , des ruines remarquables.
Ibid. — Centum triginta millibus ajris : 6,500 fr. de notre monnaie.
Ibid. — Centum milita denarium : 82,000 fr.
loin. — Tritici quinquaginta milita modium : quatre mille trois cent vingt hectolitres.
Chat. V. — Japydum. Les Japydes ou J apodes étaient un peuple celtique, de l'Illyrie, eutre la Save et la mer Adriatique (Croatie ).
Ibid. — Ex binis millibus œris : 100 fr. de ootre monnaie.
Ibid. — Qutnque pondo auri. La livre romaiue étant de trois cent vingt-quatre grammes, cinq livres d'or valaient seize cent vingt grammes.
Ibid. — Viginti pondo : six kilogrammes quatre cent quatre-vingts grammes.
Ciup. VI. — Frumenli centum millia : huit mille six cent quarante hectolitres.
Ibid. — Alabandenses Umplum urbis Romœ. Tacite ( Ami., IV, 56) nous représente les Smyrnéens comme se vantant d'avoir les premiers imaginé cet acte d'adulation, sous le consulat de M. Porcius Caton, c'est-à-dire vingt-cinq ans avant les Alabandiens. Alabanda était une ville d'Asie Mineure, dans la Carie, à quelque distance au sud du Méandre.
loin. — Quinquaginta pondo ; seize k logrammes , plus deux hectogrammes,
Ibid. — Lampsaceni. Lampsaque ( Fcberdak ), sur le* bords de l'Hellespont; ce n'est plus qu'un village.
HISTOIRE ROMAINE. — NOTES
Cbap. VI. — Oetogtnta pondo coronam • vingt-cinq kilogrammes neuf cent vingt grammes.
Ibjd. —Tritici decies centum milita : quatre-vingt-six mille quatre cents hectolitres.
Ibid. — Hordei quingenta ( sons-entendu millia ) quarante-trois mille deux cents hectolitres.
Cbap. VII. — Spoliataque sacrilegiis. Gronove propose de lire : spoliaque sacrilegii.
Cbap. VIII. — Bellum Ptrsi et ante Philippopatri ejus intulisse populum romanum pro libertale Gracia , etc. On voit qne le sénat cherchait, pour le moment, è se ménager l'alliance des Grecs , avec autant de zèle qne Persée mettait d'indifférence à profiter du penchant qui les portait vers loi. En effet, tandis que beaucoup d'autres magistrats avaient été impunément cruels et spoliateurs et soustraits à la justice, Lucrétius fut abandonné par l'aristocratie à la vindicte des lois. — Comp. aussi ch. xvu.
Ibid. — Mulclamque decies centum miUium œris : 50,000 fr.
Cbap. IX. — Lunam ( Lunegiano): dans la Ligurie, sur la Macra ( Migra ), avec un port en forme de croissant.
Iiro. — Issam. Ile de l'IIlyrie, dans le golfe Adriatique ( Voy. XXXI, 45 ), anjourdbni Lissa.
Ibid. — Lychnidum. Aujourd'hui Ocbrida , près d'un lac d'où sort le Drilo ( Drin }, sur le chemin de Dyrrachium à Thessaloniqne.
Cbap. X. — Uscana. Capitale des Pénestes ( riverains dn lacTrébouchi), sur les limites de l'IIlyrie et de la Macédoine , dans le Dibra supérieur.
Cbap. XI. — Ante diem quintum calendas. Ces mots sont suivis, dans beaucoup d'éditions, de celui de septembres. C'est évidemment une erreur. Il faut lire : calendas februarias.
Ibid. — Hoc anno intercalatum est. L'année de Numa était lunaire et n'avait que trois cent cinquante-cinq jours. Comme il manquait dix jours cinq heures quarante-huit minutes cinquante-sept secondes pour faire correspondre le cours de l'année avec celui du soleil , on intercalait tons les deux ans un mois extraordinaire entre le vingt-troisième et le vingt-quatrième jour de février. Les pontifes avaient la faculté de lui donner le nombre de jours qu'ils jugeraient uécessaires, et abusaient de ce pouvoir selon leurs intérêts ou ceux de leurs amis. Ainsi les mois se trouvèrent transportés hors de leurs saisons respectives. Les mois d'hiver furent placés eu automne et ceux d'automne en été. Enfin César, pour détruire ce désordre, en supprima la source, l'u>age des intercalations , et régla l'année selon le cours du soleil.
Ibid. — Terminalia. Cette fête tombait sur le 21 février. Elle avait été instituée par Numa en l'honneur du dieu Terme.
Ibid. — Calenda intercalares. On appelait ainsi le premier jour dn mois intercalaire.
Ibid. — Flaminius... pontifices duo, etc. Il parait qu'il existe ici une lacune que devaient combler plusieurs autres noms propres.
Cbap. XII. — Tribunos his non permissum ut consules facerent; populos creaeit. Comp. XLII. 51 rt 55.
Cbap. XII.— Ex Italia. . scribijussit. Ici semble man quer le chiffre des allies levés pour la marine, en Italie.
Cbap. XIII. — In ade primigenim Fortunœ, qxia in colle est. Ces derniers mots servent à distinguer le temple que la Fortune avait, sons ce surnom , sur le mont Qui • rinal, de celui que Servi us Tullius lui avait érigé sur le Capitole. Comp. XXXIV, 53; Plutarque, de Fort. Rom.
Cbap. XIV. — Quod et juninres non responderent. On se rappelle que deux ans auparavant les citoyens s'étaient enrôlés avec le plus grand erapressemeut, séduits par les richesses qne les légionnaires avaient rapportées de la Macédoine et de l'Asie. Voy. XLII, 52.
Ibid. — Magna patrum.... Le mot consensione semble avoir été omis.
Ibid. — Gratiosa missio. On appelait ainsi un congé obtenu, par la faveur du général , avant le temps légal ( vingt ans pour les fantassins, dix pour les cavaliers). Le congé légitimement obtenu se nommait honesta missio.
Cbap. XV. — Indigne patiente pratorum arbttrio. Gronove a corrigé l'irrégularité de cette phrase en lisant patiens au lieu de patiente.
Ibid.— Causam stipendiis (nondum emeriits) missorum. L'intercalation de ces deux mots,eutre stipendiés et missorum, est due à Crévier. Gronove croyait qu'il fallait suppléer seulement emeriiis.
Cbap. XVI. — Flammam intidia adjeeere edirto. Les fermiers , publicani, étaient presque tous de l'ordre des chevaliers , et l'on avait pour eux , è Rome , nue grande considération. Cicéron leur donne le titre ô'amplissimi viri, d'honestissimi, d'ornatissimi. Il dit d'eux : «Flot rem equitum romanorum, oroamentum civitatis , flr- « mamentum reipublica?, publicanorum ordine conli- « neri. • Voy. Cic. pro leg. Man.,7; pro Plane, 9. Dans les provinces . au contraire , ils étaient détestés. Les chevaliers qui affermaient les revenus de l'état étaient partagés en diverses compagnies, qui avaient chacune un président , ma gis ter societatis. { Cic, Fam., XIII, 9. )
Ibid. — Publica vertigalia aut ultro tributa conduxissent.Voy. XXXIX, 4i.
Ibid. — Ad hastam suant. Hast a cen^oria ou locationis était une pique plantée, par les censeurs, dans la place publique, quand ils dounaient à terme les revenus de la république. Voy. IV, 55 et la note sur le cb. xviii du livre xxiv, 1. 1, p. 911.
Ibid. — Avocatam a se concionem. Voy. 1, 6. Il psralt que personne n'avait le droit d'usurper la présidence d'une assemblée convoquée par un tribun; ce qui était permis à quelques magistrats, au rapport d'Aulu-Gelle, pour d'autres assemblées.— Voy. Aulu-Gelle, livre» XII et XIV.
Ibid. — Bona consecravit. Les tribuns usaient parfois d'une espèce de confiscation qui consistait à consacrer les biens d'un citoyen à une divinité quelconque. Dès lors le propriétaire n'avait plus aucun droit à exercer sur eux. Cependant l'abns de cette mesure était devenu tel , que le plus souvent on n'y avait plus égard.
Ibid. — Atrium libertatis. Cet édifice était sur le mont Aventin. Les censeurs s'y réunissaient ordinairement, et y déposaient, comme on le voit ici , leurs archive*.
Ibid. — Servis publias. Les esclaves appartenant a la
république serraient dans leurs fonction!, non-seulement les censeurs, mais encore les préteurs, les édiles, les questeurs et les autres magistrats.
Cbap. XVI. — JEx duodecim centuriis. U faut lire : ex octodecim. Voy. I, 45.
Cbap. XVII. — Legati qui m Grœciam missi erant. senatusionsuitum, etc. Comp. Polybe, XX VIII, 5 à 7, 11,14.
Cbap. XVII. — Cephalus , prince des Molosses, poussé par Gbarops à embrasser le parti de Persée. Voy. Polybe, XXVII, 15; XXX, 6 à 8.
Jbio. — Dardanos recens domuisset bello. Le récit de cette expédition se trouvait sans doute dans la portion de ce livre qui est perdue. La Dardante est aujourd'hui appelée le pays des Dibrans.
Ibio. — Stuberam. Voyex XXXI. 59.
Ibid. — Uscanam. Persée attaque ici une ville que nous avons vue, au cb. x, lui rester soumise. Peut-être avons nous perdu le passage où il était dit que depuis elle était tombée au pouvoir des Romains.
Ibid. — Primum arma ademit. Ici manque évidemment nn second membre de phrase , qui suivait celui-ci, et dont le sens devait être qu'il les fit prisonniers.
Cbap. XIX. — Quatuor millia auXem hominum erant. Quelques commentateurs ont pensé qu'un si grand nombre de soldats romaius ne se serait pas rendu aussi facilement. Ils ont supposé que peut-être un copiste avait fait du premier M, désignant le nombre mille, le chiffre 1III, et qu'il fallait lire duo millia.
Ibid. — Oœneum. Dans les déûlés que traverse le chemin de Scadra. C'est aujourd'hi Gidérisso.
Ibid. — In Labeates. Peuple dlllyrie , qui habitait aux environs du lac Labeatis (Zeata), près de la ville de Scodra (Scutari).
Ibid. — Dracidacum. Dans les mêmes déniés qu'Oa?-
Imd. — Amnis Artatus. C'était probablement un affluent du Drin.
Ibid. — Aputewn. Ce nom est sans doute altéré. Polybe appelle ce Macédonien , Adaeus, et Reiske pense que le manuscrit dont Tite-Live a fait usage portait ÀPPI- AAION.
Cbap. XX. — Scordi montis. Le mont Scordus ou Scodrus sépare la Dardanie de la Mœsie. Il est appelé actuellement l'Argentaro.
Ibid. — Scodram. Cette capitale de Gentius est maintenant le chef-lieu du Sangiac de la haute Albanie , et porte le nom de Scutari , devenu célèbre dans les guerres civiles dont l'Albanie a été le théâtre.
Ibid. — Lissi. Aujourd'hui Alessio, petite ville de 111lyrie, sur les frontières de la Macédoine, près du Drilo ( Drin ).
Ibid. — Ancyram. Ce nom est probablement altéré. Aucyre ne figure nulle part au nombre des villes d'D- Jyrie.
Cbap. XXI. — Dyrrachium ( tum Epidamni magis célèbre nomen Gracis eral ). Cette ville célèbre, aujourd'hui Durasxo, était située sur la côte de lUlyrie ( Dalmatie ), au sud du Drilo ( Drin ). Lorsque les Romains y
établirent une colonie ils changèrent son premier nom d'Épidamne, qui leur paraissaitde mauvais augure, parée qu'il semblait renfermer le mot damnum. et l'appelèrent Dyrrachium, du nom de la presqu'île sur laquelle elle est bâtie.
Cbap. XXI. —Phanotem Epiri casUUum. Ses ruines se trouvent près de Conispolis , à peu de distance de la Sevonia, sur le territoire de Bouthrinto, l'ancienne Buthrotum.
Ibid. — Stratum. Les mines de cette ville sont encore considérables, et se nomment Porta.
Ibid. — Citium montem. Aujourd'hui le mont Metxovo, entre la Macédoioe et l'Étolie.
Ibid. — Nicœum. Ntxaîov , victorieux. Ce temple devait se trouver dans la vallée de Janina.
Ibid. — Ad Arachtum. Voy. XXXVIII. 5. L'Arachtos ou Aréthon se jette dans le golfe d'Ambracie ( golfe de l'Arta ). C'est aujourd'hui le fleuve Rogous.
Cbap. XXII. — Pelilarum amnem. Le Pétitaros était une branche de l'Achéloûs, appelé maintenait Aspro- Potamos.
Ibid. — Epirotarumque transfuges. Les Epirotes du parti deCéphale (Voy. ch. xvm). Mais peut-être aussi pourrait-on lire de préférence : Mtolorumque.
Cbap. XXIII. — Rex cum minore vexatione, etc. D'autres lisent : rex non minore , etc.
Ibid. — Superatis angustiis in campo quem Elœona vocant. La ville d'Eléoute, dont cette plaine était sans doute voisine, se nomme maintenant Pahea-Avli. Elle occupe le sommet d'un mamelon dépendant de la chaîne de Delvina.
Ibid. — Agrum Antigonensem. Antigonie était en Cbaonie, près de la ville moderne deTébélen, dans le défilé de Cormovo.
Ibid. — Per Parthinorum sodas urbes. Les Parthiniens habitaient le pays qui dépend aujourd'hui d'Elbassan.
Ibid. — Sacrificii causa. Voy. IV, 2.
Ibid. — Cassandriam. Ville de Macédoine, dans la Cbalcidique. Elle occupait et formait presque tout l'isthme de la presqu'île de Pallène. Elle avait primitivement porté le nom de Potidée ; mais Cassandre , usurpateur de la Macédoine, la fortifia, l'embellit et lui donna son nom.