SIEGE DE PAVIE
quels me firent cet honneur de venir avec moi, pour nous trouver à la bataille, avec résolution de combattre avec les gens de pied : mais M. de Bourbon ]^ jfa leva son siège, après l'y avoir tenu six semaines. Le seigneur Rance de Cere *, gentilhomme romain, des plus aguerris et expérimentés, et le sieur de Brion, y étaient dedans, avec bonnes forces que le roi y avait envoyées. Ledit sieur de Bourbon se trouva trompé, et ses intelligences courtes : le Français ne savait lors ce que c'était de se rebeller contre son prince. Dès lors qu'il sentit le roi s'approcher, il se retira par les montagnes, et descendit au Piémont par Saluce et Pignerol, non sans beaucoup de perte. Il se sauva à Milan, lequel il fut contraint, et le vice-roi de Naples aussi, de quitter et sortir par une porte pendant que nous entrions par l'autre. Le seigneur Antoine de Levé, qui était l'un des plus grands capitaines que l'empereur ait eus (je crois que sans les gouttes qui le travaillaient fort, il eût surpassé tous ceux de son âge), il fut choisi pour être mis dans Pavie avec une troupe d'Allemands, pour l'opinion qu'on avait que le roi donnerait là, comme de fait il fît. Le siège dura sept ou huit mois. Cependant M. de Bourbon s'en alla en Allemagne, là où il brigua tant avec l'argent que M. de Savoie lui avait prêté, qu'il amena avec lui 10 000 Allemands, et fit venir quatre ou cinq cents hommes d'armes de Naples.