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Faction, pour action, fait de guerre

72 COMMENTAIRES DE MONTLUG

bonne part au combat qui fut rendu, lequel fut très-beau, et non pour tous. Je l'ai écrit pour m'acquitter de ce que j'ai promis, qui est de déduire ce qui s'est fait là où j'ai commandé, passant le reste bien légèrement, comme je fais le surplus de ce malheureux siège, lequel enfin nous fûmes contraints de lever, M. de Lautrec étant mort, au grand malheur de toute la France, laquelle n'a jamais eu capitaine doué de meilleures parties que celui-là; mais il était malheureux, et mal secouru du roi, après qu'on l'avait engagé, comme on lit à Milan, et puis à Naples. De ma part, avec ce qui se sauva, qui fut presque rien, je m'en revins à pied la plupart du chemin, portant mon bras en écharpe, ayant plus de trente aunes de taffetas sur moi, par ce qu'on me liait le bras avec le corps, un coussin entre deux, souhaitant la mort mille fois plus que la vie; car j'avais perdu tous mes seigneurs et amis qui me connaissaient, y étant tous morts, sauf M. de Montpezat, père de celui-ci, et le pauvre don Pedro, notre colonel, pris et mené prisonnier dans la Roque de Naples, où on le fît mourir, l'empereur ayant mandé qu'on lui fît couper la tête, pour la récompense de ce qu'il s'était révolté contre lui. C'était un homme de grand esprit, auquel M. de Lautrec, qui ne croyait guère personne , avait grande créance : cependant crois-je, et ne suis pas tout seul, qu'il le conseilla mal en cette guerre; mais quoi! nous ne jugeons que par les événements.

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