‹ Commentaires (volume 2)Chapitre 29 sur 105 · Le seigneur de Candale · texte numérisé non relu

Le seigneur de Candale

qui le sut, redoubla son courage, et connut par là que les eaux françaises étaient basses, puisqu'un tel prince venait en équipage, comme si c'était seulement pour venir voir le monde. Il ne s'en fallait prendre à lui, mais à ceux qui l'envoyaient.

C'est une grande faute aux rois et aux princes qui entreprennent de grandes choses, de tenir si peu de compte de ceux qu'ils savent engagés en entreprise de conséquence, comme était celle (Judit sieur de Lautrec ; car la prise de Naples assurait fort l'état de la France, laquelle eût eu pour longues années les coudées franches. Nous l'eussions longuement disputé, si une fois il eût été à nous; car nos pertes précédentes nous eussent fait sages. Une autre faute fit notre roi, de n'envoyer quelque belle troupe de noblesse et de gens de pied avec ledit sieur prince; car cela, comme j'ai dit, fit croire à nos gens, ou qu'il ne faisait pas grand état de nous, ou qu'il était empêché ailleurs. Ce n'était pas la faute dudit seigneur de Lautrec, qui ne cessait de faire dépêche sur dépêche, pour avertir le roi de tout. Mais je retourne à moi; car, comme j'ai toujours protesté, je ne veux faire l'historien : j'y serais bien empêché, et ne saurais par quel bout m'y prendre.

Or voilà la dernière faction * où je me trouvai, et, encore que je ne fusse pas le chef qui la commandait, avais-je charge d'une bonne troupe et

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