CHAPITRE II
Campagne dans le nord de la France. — Camisade de Boulogne » Combats près de Calais.
[1544] Le désir de vengeance poussa l'empereur à se rallier et liguer, contre la foi promise au pape, avec le roi d'Angleterre, lequel, par dépit, s'était fait luthérien. Ces deux grands princes avaient partagé, à ce qu'on disait, le royaume, comme le marquis du Guast raconta au sieur de Termes, et depuis je l'appris d'un gentilhomme anglais à Boulogne; toutefois c'était disputer la peau de l'ours. La France bien unie ne peut être conquise sans perdre une douzaine de batailles, vu la belle noblesse qu'il y a, et les places fortes qui s'y trouvent; et crois que plusieurs se trompent de dire que, Paris pris, la France serait perdue. C'est à la vérité le trésor de ce royaume et un sac inestimable ; car les plus gros du royaume y apportent tout, et crois qu'au monde il n'y a une telle ville; on dit qu'il n'y a écu qui