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Montluc sert sous le maréchal de Damville. — Mouvements du comte de Montgommery. — Montgommery bat les catholiques et prend Orthez. /
[1569] Puisque j'ai entrepris de laisser ma vie à la postérité et d'écrire tout ce que j'ai fait de bien et de mal depuis tant d'années que j'ai porté les armes pour le service des rois mes maîtres, je ne veux laisser rien en arrière; et encore que ce ne soient pas des conquêtes de Naples ou Milan, je ne les veux pourtant omettre, car tel les lira qui en fera son profit; et les capitaines et gens de guerre peuvent faire leur apprentissage aux petits faits d'armes, car c'est par là qu'ils commencent leur
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leçon. Ceux qui ont aussi le gouvernement des provinces en main pourront, par ce que j'ai fait, prendre exemple au bien, s'il y en a, et laisser le mal. J'avais si bien rogné les ailes aux huguenots, qu'ils ne pouvaient faire grand cas en la Guyenne, ni faire que de bien légères entreprises, et moi par conséquent je ne pouvais aussi que faire ces petites conquêtes, ayant d'ailleurs envoyé beaucoup de forces en l'armée de M. le duc d'Anjou, et réservant l'argent pour son secours. Une autre raison me contraint à noter ces particularités, c'est afin que si le roi prend la peine de voir mon livre (je crois qu'il en lit de pires), Sa Majesté voie combien ceux-là ont parlé contre la vérité, qui ont dit qu'à présentée n'avais souci si ce n'est de vivre en repos chez moi. Oh ! qu'ils me connaissent mal I Si j'eusse eu les moyens que je désirais, et qu'on me pouvait donner, et qu'on m'eût laissé faire sans apporter les empêchements que les édits ont fait, j'eusse bien gardé les huguenots de grainer en Guyenne, et crois que j'en eusse ôté la semence.
Or, pour suivre le fil de mon discours et écrire au vrai ce qui a causé la ruine de cette pauvre Guyenne, je vous dirai que, quelque temps après ces entreprises exécutées, Monsieur m'envoya une lettre contenant ces mots : « Monsieur de Montluc, M. le maréchal Damville a été ici : il s'en va en son gouvernement pour exécuter quelques entreprises qu'il y a; je vous prie, s'il a besoin de