AUX MÉMOIRES
Stra LES RiciTEB
DE HENRI li; DE FRANÇOIS II, DE CHARLES IX,
DE HENRI m ET DE HENRI IV.
Jusqu'à présetit nous avons été obligés de joindre des supplémens à presque tous les Mémoires que nous avons publiés, parce que ces Mémoires ne présentoiént le plus souvent que des relations détachées qu'il étoit nécessaire d'unir entre elles, afin de leur donner un ensemble complet et régulier. Maintenant une grande abondance succède tout-à-coup à une extrême disette; et la seconde moitié du seizième siècle , époque mé-* morable où Ton. vit nattre et se prolonger les guerres de religion; Où la France fut livrée à des désastres plus terribles que ceux qui Tavoient désolée sous les règnes de Charles VI et de Charles YII ; où les partis opposés virent successivement figurer à leur tête les plus grands hommes ; et qui se termina enfin par une paix géqérale due aux vertus de Henri IV, nous ofire^ depuis la mort de François I, en i547, jusqu'à la réduction de Paris, en 1694, vingt-six ouvrages écritspar des contemporains qui ,. presque tous ^ prirent part aux affaires publiques.
4 iNtRODtJGTION AUX MÉMOIRES
Ces Mémoires , remarquables par la peinture vraie des passions qui animoient .leurs auteurs, par uiie énergie mêlée d'abandon et de naïveté, et surtout par un coloris local dont les historiens modernes liront pu donner qu'une foible idée, contiennent, dans tous ses détails, l'histoire de cette époque, à la fois si brillante , si malheureuse et si instructive. Ainsi, les supplémens devenant à présent superflus, nous devons désormais borner notre travail, sur chaque ouvrage, à des notices, à des remarques et à des éclaircisse* mens.
Mais si le grand nombre des matériaux précieux que nous allons livrer aux méditations des lectelirs, nous dispense d'y joindre de longs dévéloppèmens , cette aiM)ndance même entraîne des inconvéniens qui nous imposent d'autres devoirs. Ces Mémoires, rédigea par des hommes de différens partis , et ne contenant ordinairement que les faits auxquels lés auteurs ont pris part , manquent souvent d'accord ; et un lecteur p«li exercé à ces sortes d'études, pourroit facilement se laisser égarer dans un labyrinthe d'événemens disposés sans ordre et racontés de diverses manières.
Pour aplafiir des difficultés qui, en détruisant ïintérét que doivent inspirer les peintures d'une des époques les plus marquantes de notre histoire, feroient perdre le fruit qu'on peut en tirer, nous avons cru devoir nous livrer, sur tous ces Mémoires, à un travail général, qui a pour but de lier ensemble des matériaux isolés, d'éclairer ce qu'ils ont d'obscur, et d'offrir les moyens de saisir, sans en perdre lé fil, la suite des intrigues , des négociations et des événeméns.
Nous donnerons donc d*abord une idée générale
f DEPUIS i547 jusqu'en >5<)4« 9
I des Mémoires y en ayant soin d'indiquer la position où se trouvoient les auteurs^ leurs cai^aetères ^ leurâ principes et leurs passions -, ensuite nou» tracerons^, d'auprès tous ces Mémoires, un tableau rapide de Fé*^ poque qu'ils peignent d'une manière si fidèle. Dans ce I dernier morceau y nous nous .attacherons h reproduira
tout ce qui peut caractériser les mœurs et Tesprit di» temps y et nous ferons nos efforts , soit pour concilier les divers récits, soit pour leur procurer un ensemble sans lequel ils ne laisseroient que des notions vagues^ et fugitives. Il nous semble qiie Vesécution de ce plan fera disparoitre, du moins en partie, les inconvénien$ qui peuvent résulter de la confusion d'une multitude de relations différentes*, et que les lecteurs, ayant saisi la suite des faits qu'elles contiennent, trouveront plus de facilité à étudier, dans les sources, les ressorts secrets des événemens extraordinaires qui signalèrenlt cette époque fameuse.