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Mnsstmjiii y comme il se voiJ de certaines coninfes, ^ui produisent aucuns fruicts en abondance , lesquels viennent rarement atUeùrs, il semble aussi que vostre Gascogne porte ordinairement un nombre infiwjr de gmnds et valeur reuar capitaines , comme unfndct qui li^ est propre et mu iurel; et que les autres provinces y en comparaison tfelley en demeurent comme stériles, C*est celle-là qui afaict naistre avec tant de réputation ces redoutables et illustres princes de la maison de FoiXj d^Albret^ d* Armaignac ^ de Co^ minge, de GandalCy et Captause de Buch. Oest elle qui a eslevé Pothon et La Hire^ deux fatales et bien-heu^ reuses colomnes^ et singuliers omemens des armes de la France. Cest elle qui en nos jours a faict cognoistre à toutes les nations estrangeres le nom des seigneurs de Ter* mes y de Bellegarde, de La F'alettCy d*Ossun, de Gondri^f Terriiiej RomegaSy CossainSy GohaSy ThillàdetySarlabouSj et autres gentils-hommes du pur etvrœy terrouerde la G^is* cogne ; sans mettre en conte ceux qui vivent aujourd'hui^ lesquels , ardamment incitez des. trophées et beaux gestes de leurs prédécesseurs^ s*esvertuent, comme ils survivent h leur beUe mémoire y d'en rapporter aussi une gfoiMf pa^ Veille, C'est vostre Gascogne, Messieurs y qui est un ma*
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gàzin de soldais y la pépinière des armées ^ la fleur et le chois de la plus belliqueuse noblesse de im terre y et Ves^ sain, de tant de braves guerriers, qui peuvent contester t* honneur dfi la vaillance avec les plusjameux capitaines grecs et romains qui Jurent oncques*
Mais entre tous ceux qui extrdicts de voslre noblesse ont jamais porté espée^ nul a devancé la prouesse y Vex* perience et la resolution de cet invincible chevalier Blaise *Wî Mo^TUJCy mareschal de France. Ceste prérogative d^ honneur ne lUy peut estre disputée ^ nou plus que celle que le ciel k^ avoit donnée d^ane prompte et merveilleuse vivacité d'entendement; d'une souple et neanimoins trèsretenue prudence, qiCil desçouvroit sur le champ au maniement.des affaires; d'une mémoire admirable et si riche, qu'il ne s'en void presque point de semblable ; d^une parole aiséçyfortfi et courageuse , et pleine d'esguillons d^honneur parmi l'ardeur des combats et aux affaires dfestat; d'un langage rassis^ rehaussé de pointes de, raisons , et d'ar^mens : le tout accompagné d'un jugement ^i cler «< si mf, quores qu'ilfust destitué de lafav&ir des lettres, j si est-ce que la lumière de son esprit offusquait la clarté' de ceux qui avoient joint à une longue expérience une parfaicte et recherchée cognoissance d'icelles.
La plus part de vous, qui Vavez cogf^eu, et qui avez combattu sous son enseigne j n'en desirez point de tesmoi" gnage; mais la jeunesse qui n'a point veu c€ ^and homme, outre ce qu'elle en peut avoir appris^ l'entendra au vray par ces siens Commentaires ^ qu'il vous avoit de son vivant vouez j qu'il dicta estant malade^ et languissant de ceste grande arquebusade qui àty froissa le visage au siège dç
A LÀ NOBLESSE DE GASCOGNE. dlQ
RabastenSf ou pour sa dernière main il servit son Rqy de
pionnier^ de soldat ^ de capitaine^ et de gênerai tout eW*
semble j ne pouvant ceste ame généreuse entre le lict et le cercueil encor trouver repos. Oestoit, disoit-ily son ennenvy capital: aussi-, tirant à la mort y il commanda quon mist sur son tombeau ces vers :
Cjr dessous reposent les os
De Mo NTLUC, qui n'eut onc repos.
H estoil raisonnable, puis que^ soustenu de l'effort de vos courages j il avoit si hautement parachevé tant de glorieux^ faicis d*armes>, que V adresse vous en Just Jaicte , et que vous eussiez le/ruictet le plaisir de le ramentevoir dans sesescritSf et y voir tiré du crayon d'honneur le nom et de vos ayeuls et de vos peres. Et, si je ne me trompe , il ne se' trouvera point histoire plus diverse, plus agréable et plus riche d'enseignemens pour la conduitte et direction de lapaùt et de la guerre , que celle^cy* On y remarquera , comme je croy , la différence qu^Uy a d'une qui est com^ posée par un homme oyseuxj nourry molement et deli* càtement dans la poussière des livres et des estudeSy à celle qui est escrite par un vieux capitene et soldat j eslevé dans la poussière des armées et des batailles^
Je ne sçay quelles histoires anciennes apportarent ce profit k aucun j qui en firent soigneusement la lecture y de les rendre en peu de temps tressages et tres'odvisez con^ ducteurs d'armées. S'il est ainsi , celle-cy sur toutes autres pourra aisément obtenir cet advantage , et vous instruire {à généreuse noblesse ) de tous les bons et mauvais evene* mens qui suivent t heur et le mal-heùr, la valeur ou las-
320 £PITEE A LA. HOBLEME DE OASCOeiTE.
cheléy prudence ou inconsideration de celujr qui est chef lou gênerai d'une guerre, ou qui est prince eimaislre d'un gmnd Estaté Vous avez i<^ de quoy contenter vostre esprit y asstigir vostté valeur j aguerrir vostre prudence ^ et Jbr* mer le vray honneur d!une escole militaire. Les Comment taires de cet autre César vous en apprendront la mais* trise ; ils vous y serviront de modèle , de mirouer et d^ exemplaire. Ils n'ont point de poUssure qui soit fardée^ Jt artifice qui soit exquis j d'ornement qui soit esttangery de beauté qui suit empruntée; c'est la simple vérité qui vous y est nuement représentée*
Ce sont icy les conceptions d! un fort , sain et pur est(h mach y qui ressentent leur origine et leur terroer; con* ceptions haidies et vigoureuses y retenant encores thaleine, ia-vi^eur et la fiereté de tautheur. Cest li^ le premier^ qui^ estant parvenu ouf este de tous les degrez et dignitez de la guerre y a grandement exalté vostre patrie y et par ses armes et par ses escrils; qui feront que le nom des Mont tues vivra glorieux dans la mémoire longue et bien" heureuse de la postérité y tesmoignant sans ew^ie aux sie» clés à venir que vostre capitaine et historien n'a sçeu moins sagemçnt entreprendre y hardiment exécuter y que verita* hlement et judicieusement escrire.