Les États d'Orléans
2 COMMENTAIRES DE MONTLUG
de n'être embarrassé parmi les uns ou les autres; car on m'y avait déjà trouvé contre toute raison, aussi vrai que Dieu me soit en aide. Cela fut cause que, prenant congé de Sa Majesté, je lui dis ces mots, ne la voulant entretenir longuement à cause de son mal : « Madame, je m'en vais en Gascogne avec délibération de vous faire toute ma vie trèshumble service. Je supplie très-humblement Votre Majesté croire que s'il y advient quelque chose qui mérite que vous ayez affaire de vos serviteurs, je vous promets et vous donne ma foi que je ne tiendrai jamais autre parti que le vôtre et celui de messeigneurs vos enfants, et serai aussi soudain à cheval que vous me le commanderez. » Le jour propre que le roi François était mort, la nuit, je lui en avais donné toute telle assurance; alors elle me fit cet honneur de me remercier. Madame de Crussol, qui était au chevet de son lit, lui dit : « Madame, vous ne l'en devriez pas laisser aller, car vous n'avez point de plus fidèles serviteurs que ceux de Montluc. » Alors je répondis : « Madame, vous ne demeurerez jamais sans avoir des Montluc, car il vous en demeure encore trois, qui sont mes deux frères et mon fils ; nous mourrons tous à vos pieds pour votre service. » Sa Majesté me remercia fort : elle, qui avait beaucoup d'entendement et Ta bien montré, voyait bien qu'ayant tant d'affaires sur les bras parmi la jeunesse de ses enfants, elle aurait affaire des personnes. Elle se souviendra de ce qu'Ole me dit, et si j'ai manqué